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Essai comparatif - l'Alfa Romeo 4C contre l'Alpine A110 2019 : un duel ?

Pour ce tout premier comparatif, Motors Inside a opposé deux modèles aux caractéristiques assez proches : L’Alfa Romeo 4C et la nouvelle Alpine A110.

© Gary Eisinger - L'Alfa Roméo 4C en duel avec l'Alpine A110© Gary Eisinger - L'Alfa Roméo 4C en duel avec l'Alpine A110

Sur une période de cinq jours, deux de nos essayeurs se sont relayés au volant de la française et de l'italienne et ont échangé leurs avis afin de les départager le plus objectivement possible.

Si nos rivales battent des records de légèreté dans le simple but de malmener la concurrence, leurs conceptions diffèrent. La Dieppoise se pare d’Aluminium tandis que la Milanaise revêt du carbone. Laquelle se retrouvera dans le rétroviseur de l’autre ?

Le dossier :


Alfa Romeo 4C - Le rouge et le noir pour héritage


Bien que la 4C ne date pas d’hier (2013), elle occupe toujours une place à part au sein de la gamme Alfa Romeo et y tient un rôle déterminant.

Elle porte à elle seule la mémoire du constructeur italien à l’heure où les SUV sont légions et la conduite autonome est sur toutes les lèvres. Ce coupé revendique haut et fort ce que doit être une vraie Alfa Romeo et elle le fait avec brio.

La 4C se moque des conventions, elle est politiquement incorrecte, déraisonnablement bruyante et peu pratique. Dès les premiers kilomètres parcourus, la barquette se révèle brutale et exigeante mais dans le même temps, elle vous gratifie de sensations authentiques et incomparables.

Ses lignes, de prime abord complexes, révèlent en réalité des proportions idéales. Le rouge flamboyant de sa carrosserie si singulière contraste avec le noir du carbone omniprésent dans l’habitacle.

La “Quattro cilindri” (4C pour “Quatre cylindres”) rend un hommage honorable au passé mais comment s’inscrit-elle dans son époque?

L'Alfa Roméo face au Lac d'Annecy


Alpine A110 - Réinterpréter le passé


Faire renaître Alpine signifiait faire renaître son modèle emblématique : l’A110. De notre point de vue, celui de nos confrères et d’après les réactions du public, on peut parler d’une vraie réussite.

Cependant, le choix du style néo-moderne pour le design extérieur mène à un constat : le dessin de l’Alpine A110 n’est pas transcendant, outre les multiples clins d’œil à son aînée.

Oui les optiques avant et arrière sont un succès, tout comme certains éléments de carrosserie tels que la baguette chromée qui surligne la nervure centrale du capot, les flancs creusés ou encore le design concave du spoiler avant. Pour autant, la ligne globale de l’auto est résolument ancrée dans le passé mais ce choix de la nostalgie est-il vraiment une mauvaise idée ?

L'Alpine A110


Vie à bord


Alfa Romeo 4C


S’installer au volant de l’Alfa requiert une certaine condition physique : il faut tout d’abord s’agenouiller au raz du sol, se plier en deux pour épargner à votre tête de percuter le pavillon, puis enjamber le large seuil de porte pour enfin venir s’échouer dans l’étroit siège baquet ; le tout sans essuyer vos chaussures sur les buses d'aération. S’extraire de l’habitacle n’est pas beaucoup plus simple à moins de s’enfuir “à quatre pattes” ; votre dos vous en sera alors probablement reconnaissant mais pas forcément votre égo.

Une fois assis dans de très jolis sièges “noir-tabac”, on découvre un habitacle spartiate. L’instrumentation digitale derrière le volant est la seule concession faite par la 4C à la modernité. Elle dispose d’une climatisation manuelle, d’un régulateur de vitesse et d’un superbe autoradio bluetooth (de marque Alpine…).

Si l’on se lasse assez vite de la présentation générale du tableau de bord ou que certains ajustement laissent à désirer, on ne peut pas en dire autant de l’effet procuré par le carbone apparent qui enveloppe les deux occupants du coupé italien.

Alpine A110


Si pour l’extérieur il fallait regarder dans le rétroviseur côté design, l’intérieur, lui, devait partir d’une feuille blanche. On retrouve dans l’Alpine A110 des prestations dignes d’une voiture de Grand Tourisme, tournées vers le confort et le luxe.

Les sièges matelassés Sabelt en cuir brun et surpiqûres bleues offrent un réel confort et la prédominance de cette même nuance brune dans l’habitacle avec le tableau de bord, le volant, la console centrale et sur les contre-portes dans un motif diamanté apporte de la chaleur et du standing.

Du côté de l’équipement, l’A110 ne se refuse rien. Ordinateur de bord avec écran tactile, instrumentation digitale, commandes au volant, climatisation automatique, frein de parking électrique, connectiques USB dissimulées dans l’arche centrale ajourée.

Quelques touches sportives sont à noter avec du carbone sur le pont central et le bouton « Sport » disposé sur le volant. L’A110 reflète-t-elle vraiment la sportivité ?

L'intérieur de l'Alpine A110 L'habitacle de l'Alfa Romeo 4C


Comportement routier


Alfa Romeo 4C


Pour un véhicule à vocation sportive, contenir son poids aux alentours de la tonne est un impératif. Sur ce point, l’Alpine fait figure de bonne élève avec ses 1 123 kgs, mais l’Alfa s’impose par KO avec plus de 100 kgs de moins sur la balance ! (895 kgs à sec). Son secret ? La conception unique de son autoradio. Plus sérieusement, cette prouesse est due au traitement dépouillé de l’habitacle, à l’absence de direction assistée et surtout à la coque en fibre de carbone. Elle fait ainsi passer son opposante pour un pachyderme qui mise pourtant sur un matériau réputé pour sa légèreté : l’aluminium.

Contact et le 4 cylindres révèle un timbre de voix rauque et caverneux. Les manoeuvres à basses vitesses vous font regretter d’avoir résilié votre abonnement à la salle de sport mais l’absence d’assistance s’oublie à mesure que le rythme s'accélère. La direction est dure et ne pardonne pas la moindre erreur. Il faut tenir fermement le volant à méplat pour inscrire et maintenir le train avant dans la trajectoire qui épargnera le plus vos lombaires. Attention cependant à ne pas appuyer par erreur sur une des deux palettes.

Le moteur en position centrale arrière est logé juste derrière les appuies-têtes et libère ses plus belles vocalises dès lors que le mode “Dynamic” est activé. La ligne en titane Akrapovic conduit alors les râles du moteur vers sa double sortie d’échappement centrale, tandis que le turbo souffle avec vigueur. Seule la boîte de vitesse automatique parfois hésitante vient gâcher la fête.

L’Alfa est radicale mais enivrante là ou l’Alpine est incisive et joueuse. La barquette ne fait aucun compromis et son 1 750 cm3 turbo de 240 ch la catapulte d’une courbe à l’autre à des allures inavouables.

Alpine A110


Comme le laisse sous-entendre le standing de l’habitacle, le comportement de l’Alpine A110 s’oriente plus vers le Grand Tourisme avec un confort qui prend le pas sur la sportivité. Pour autant, il serait réducteur de la résumer comme tel car elle se montre joueuse sur les parcours sinueux, à l’image des routes de col que nous avons empruntées lors de notre essai.

Le train avant est précis, la direction est facile et légère. S’inscrire en courbe est un plaisir. Le freinage est performant mais on ressent quelques moments de lourdeur sur les phases de freinage, peut-être liés à la synergie négative entre la hauteur de caisse et une suspension en manque de fermeté.

Le vrai point négatif est la boîte de vitesse automatique EDC7 qui, même en mode séquentiel (double pression sur le bouton « D »), intervient trop souvent à l’insu du conducteur. À cela s’ajoute un positionnement trop lointain des palettes au volant.

La Renault Alpine A110 vue de dos et l'Alfa Roméo 4C en fond

4C v/s A110 - Le choix de la rédac’


Peut-on vraiment choisir ? Honnêtement ? Non.

Similaires sur le papier au regard de leurs caractéristiques, l’Alfa Romeo 4C et l’Alpine A110 se révèlent être incomparables du fait de l’éloignement de leurs philosophies.

L’une joue la carte de la radicalité et de la sportivité décomplexée en réduisant le confort à sa plus simple expression, quand la seconde lui oppose de la polyvalence et du dynamisme dans un raffinement peu commun pour cette catégorie de véhicule.

Le choix de la raison se porte sur l’A110, bien plus adaptée à un usage quotidien, mais celui de la passion revient à la 4C, taillée pour la piste . Si vous le pouvez, offrez-vous les deux.

En conclusion, ces coupés coup de coeur sont différents à bien des égards mais ils ont un point (un devoir) en commun : donner un sens à l’expression “plaisir de conduire”.

Article co-écrit avec Benjamin Estève. Photos par Gary Eisinger.

Le design de l'Alpine et de l'Alfa Romeo comparé en video




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