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Talents perdus

Nick Heidfeld a une opportunité formidable et rare cette saison. Il lui est donné une troisième chance de prouver son talent, et qui plus est, au volant d’une voiture compétitive. La Formule 1 regorge d’histoire de pilotes qui sont passés à côté d’une carrière fructueuse, par manque d’opportunités, de chance ou tout simplement de talent.

(c) Sutton - La chance d'avoir une autre chance...(c) Sutton - La chance d'avoir une autre chance...

En 1993, un jeune pilote américain au patronyme renommé, allait faire ses débuts chez McLaren-Ford aux côtés du très réputé triple champion du monde brésilien, Ayrton Senna. Michael Andretti, un des fils de Mario Andretti, titré en 1978 au volant d’une Lotus (les vrais Lotus de Colin Chapman, pas de doutes à l’époque…) ne savait alors pas que sa carrière en Formule 1 allait être très brève.

Handicapé par la restriction des essais privés d’intersaison, le pilote américain qui s’était fait une réputation enviable dans le championnat IndyCar outre-manche allait rapidement sombrer.

Présent dans une multitude d’accrochage en début de saison, écrasé par la personnalité et le talent de son coéquipier, Andretti montera quand même sur un podium, au grand prix d’Italie, avant de laisser sa place d’un commun accord avec Ron Dennis, alors à la tête du département sportif de McLaren, à un Mika Hakkinen chanceux qui deviendra lui, plus tard, double champion du monde.

Andretti est l’archétype même du pilote talentueux, annihilé par une pression trop grande, des attentes insurmontables et un contexte peu favorable.

De part cette approche, son histoire ressemble précisément à celle de Sébastien Bourdais, pilote Toro Rosso en 2008 et 2009, placé dans le baquet de l’écurie de Faenza par les grands soins de Gerhard Berger, avec une réputation de Michael Schumacher américain, ayant gagné autant de légitimité en IndyCar que son homologue allemand en Formule 1.

L’histoire balbutia une fois encore et Sébastien Bourdais ne tiendra pas plus d’une vingtaine de courses avant d’être limogé par son équipe faute de résultats probants. Malheureusement pour lui, il avait croisé sur sa route le futur champion du monde 2011, Sebastian Vettel.

Au début des années 2000, le colombien Juan Pablo Montoya était lui aussi précédé d’une réputation hautement favorable. Il s’est d’ailleurs attelé au début de sa carrière en Formule 1, à maintenir le niveau d’exigence nécessaire pour toucher du doigt la victoire. Las, après quelques saisons frustrantes au sein de l’écurie Williams durant lesquelles il aura croisé la route des frères Schumacher, il répond aux chants des sirènes de l’écurie anglo-saxonne McLaren. La rigidité et l’ambiance froide de l’équipe de Woking ne lui conviendront pas et il stoppera sa carrière, dans la série phare du sport automobile, en plein milieu d’une saison marquée par trop de rebondissements extra sportif. La lassitude et la nonchalance du colombien auront participé à sa perte. Il ne reste plus de lui, dans les livres d’histoire de ce sport, que le souvenir de ses quelques victoires, de certains de ses virils dépassements et surtout de son inconstance et de son inadaptabilité au milieu si particulier du grand cirque de la Formule 1.

A ce propos, la carrière de Giancarlo Fisichella reste une énigme. Comment ce pilote si réputée au début de sa carrière, a-t-il pu passer à côté de la chance qui lui était donné de conduire deux des meilleures monoplaces du moment, en l’occurrence les Renault de 2005 et 2006 ?

Certes, l’équipe encore managée par Falvio Briatore, concentrait essentiellement ses efforts sur l’autre pilote, futur double champion du monde, Fernando Alonso. Mais Fisichella, peu à son aise dans un environnement qui ne lui est guère favorable, ou tout du moins, sans une équipe entièrement vouée à sa cause, a sombré peu à peu en ne gagnant qu’une poignée de courses.

Sa chance est sûrement survenue trop tardivement pour le pilote romain, qui avait attendu son heure de nombreuses années, en végétant dans des écuries de secondes zones comme Benetton ou Jordan. Son talent, mis en exergue au sein d’écuries peu compétitives n’a jamais su se révéler lorsqu’il en a eu la réelle opportunité.

Au sein du plateau 2011 de Formule 1, certains correspondent à ce profil de pilotes dont la chance risque de leur passer à côté sans avoir l’opportunité de prouver leur talent entrevu au début de leur carrière. Si Nick Heidfeld a sûrement sa dernière chance en main, Adrian Sutil, Sébastien Buemi ou dans une moindre mesure Nico Rosberg ou Felipe Massa, pourraient se rajouter à la liste de ces talents perdus.


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9 réactions sur cet article Donnez votre avis
ren or
ren or :
Axel n'aime pas les Lotus verte on dirait :)
Il y a 101 mois
Benoit Fraikin
Benoit Fraikin :
Perso je te trouve dur avec Massa. C'est vrai que depuis l'arrivée de Zozo il n'est plus que l'ombre de lui-même, mais je trouve qu'il fait un peu "tache" à côté de Fisico ou Heidfeld qui eux sont vraiment passés à côté d'une belle carrière (Heidfeld peut encore se rattraper)
Il y a 101 mois
pepin
pepin :
Massa est effectivement un pilote rapide ; à un poil près il etait champion du monde au bout d'une saison semée d'incidents non provoqués par lui mème....et effectivement zozo est arrivé et là....ce qui fait plaisir c est que cette annèe encore une fois avec une voiture peu performante il est devant zozo.....et lui a le courage de ne pas manier trop la langue de bois comme le fait zozo devant la presse. Backstage zozo hurle et essaye de fédérer l'équipe mais ....
bon wait and see comme on dit....DD
Il y a 101 mois
Depy
Depy :
C'est dommage pour ces pilotes, de passer à côté d'opportunités comme ça.

Je pense que Massa pour l'instant est un peu le Fisico de Ferrari, souvent peu à son aise et trop souvent mis au second plan par rapport à Alonso. Tenir la comparaison avec Alonso n'est pas forcément chose aisée, autant sur la piste qu'en dehors.

Montoya, c'est comme Raikonen mais dans un autre sens j'ai envie de dire :p

Pour Rosberg, je pense surtout que même s'il n'a pas encore fait de coup de maitre, il peut quand même gagner des courses. Il est très discret mais la Williams n'a jamais été une monoplace taillée pour la victoire, tout comme la Mercedes pour l'instant. Ce ne sera peut être pas un pilote charismatique comme ceux qu'on connait, mais ce n'est pas pour ça qu'il ne fera pas un bon bous de chemin. Et je ne crois pas que Mercedes l'ai pris pour faire figuration...



Et maintenant, avec tout ces pilotes qui ont peut être ratés leurs chances... Trois monoplaces par écuries ? Cette une idée à laquelle je suis relativement réfractaire, mais il faut choisir entre une homogénéité plate ou une diversité parfois excessive.

Les places dans les top team sont trop souvent verrouillées je trouve. McLaren, Rbr ou Ferrari, tout ça est verrouillé... Un Kubica peut faire des coups d'éclats avec une Lotus Renault, mais imaginer le dans une Reb Bull. Ce ne serait pas aussi un potentiel gâché si la Lotus Renault ne reste qu'un outsider de luxe ?

Faut il préférer trois voitures par écuries et avoir de bons pilotes dans des écuries de pointes ou garder cette formule avec des bons pilotes qui sont dans des écuries peut être trop juste pour leurs calibres ?
Il y a 101 mois
pepin
pepin :
des talents perdus il y en a dans tous les métiers - et les musiciens?? combien tentent combien réussissnet (fin du hors sujet)
bon pour le moment c est Massa qui dame le pion à Alonso (assez exceptionnel pour le noter) . le tout sans faire de vagues....

3 voitures par ecurie ? c'est le dada de Montezemolo...je n'en vois pas l'utilité...qu'ils gèrent déjà bien deux voitures en étant capables de faire des stratégies adaptées pour chacune des deux voitures et après ils la ramèneront avec 3 voitures....certaines écuries savent faire, mais pour le moment les rouges n'en sont pas capables.....
Raillonen s'ennuyait en F1 et il veut s'amuser ailleurs ....la F1 trop structurée..
d'autres noms sont cités dans l'article je ne vais pas tous les reprendre mais beaucoup des noms cités n'avaient pas ou n'ont pas un talent tel de le définier comme gaché...enfin avis perso bien sur .
Il y a 101 mois
Bilo
Bilo :
Concernant les pilotes actuels :
- Massa n'est pas un talent gâché, il a montré à tout le monde qu'il pouvait être champion du monde, et il a un palmarès dont 85% des pilotes rêveraient.
- Rosberg entame sa 6e saison, donc c'est un peu tôt pour prédire quoi que ce soit, mais il lui faut impérativement une bonne voiture pour qu'il se mesure aux meilleurs sur la durée.
- Heidfeld, effectivement, fait partie de cette catégorie pour le moment. Il a une opportunité de se montrer sur sa fin de carrière, qu'il la saisisse.
- Buemi n'a pour l'instant pas la voiture pour prouver quelquechose, donc j'attends qu'il soit dans une grande équipe.
- idem pour Sutil, mais lui, c'est plutôt mal parti. Un débutant lui dame le pion de façon bien correcte, il aura encore moins la cote.
- si il ne se remet pas de son accident, ça risque d'être la même chose pour Kubica (comme talent gâché)
- on peut aussi citer Glock, trentenaire sans avoir jamais piloté une très bonne voiture.
-
Il y a 101 mois
Axel B.
Axel B. :
Quand je parle de talent perdu, je ne veux pas dire que les pilotes cités n'ont pas de talent...juste qu'ils ont peut être laissé passer leur chance et qu'elle ne se représentera plus pour x raisons ;)
Je suis prêt à parier que Massa n'aura plus l'opportunité de se battre pour le titre dans les années à venir. Il ne représenta pas l'alternative victorieuse pour les écuries de tête. McLaren et RedBull ne parlent pas de lui (un échange Hamilton, Vettel serait déjà plus d'actualité dans leur propos) et Ferrari se focalise à 100% sur Alonso...c'est un signe.
Il y a 101 mois
Fab007
Fab007 :
Très bon article !

Quelle est longue cette liste... Après je ne suis pas certain qu'un pilote comme Heidfeld soit à proprement parlé un talent perdu. Il est surtout un très bon pilote mais sans étincelle, personne ne s'est jamais dit "un jour il pourra jouer le titre", même chose pour Fisichella me semble-t-il.

Un autre pilote qui me vient à l'esprit, c'est Jean Alesi : il avait certainement les moyens de se battre pour le titre, mais son talent n'a pas fait le poids face à des choix de carrière malheureux (enfin, UN choix de carrière malheureux qui lui a couté le reste de sa carrière : Ferrari).
Il y a 101 mois
Axel B.
Axel B. :
Ouais, d'ailleurs il s'en mord toujours les doigts au point d'envoyer tous les ans du vin à Frank Williams depuis 20 ans !!
Il y a 101 mois
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