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Accident de Pérez, quelque chose de Wendlinger...

Il y a 17 ans, Karl Wendlinger subissait un accident sensiblement similaire à celui de Sergio Pérez. A l'époque, l'incident de l'Autrichien s'inscrit dans une phase difficile de l'histoire de la Formule 1 et a sans doute conditionné le destin du jeune Mexicain.

(c) LAT - Wendlinger côté à côté avec Prost en 1993, à Monaco(c) LAT - Wendlinger côté à côté avec Prost en 1993, à Monaco

Samedi, aux alentours de 14h57, lorsque la Sauber de Sergio Pérez s’est encastrée dans les barrières de protection de l’entrée de l’échappatoire de la chicane du port du circuit de Monaco, les yeux du monde de la F1 se sont immédiatement braqués sur le casque du pilote mexicain. Rituel immuable à chaque accident violent. Les commissaires s’affairant autour de l’épave, l’intervention rapide des équipes médicales, le cordon de protection, les draps, l’ambulance… Cela ne rappelle jamais de bons souvenirs à la F1. Une fois rassuré, le cirque de la Formule 1 reprend sa routine, tout en se souvenant.

Et ils sont nombreux les mauvais souvenirs. La vision de cette Sauber blanche en glissade à la sortie du tunnel rappelait immanquablement celle d’une autre Sauber, noire, qui était elle aussi venue percuter ces mêmes protections. Enfin, si l’on pouvait appeler cela des protections. Deux rangées superposées d’un mur de protection, à peine 1m50 d’épaisseur. Une autre époque…

Dans la voiture après l’accident, un casque jaune. Et bleu. Nous sommes le 12 mai 1994. Il y a moins de deux semaines, Senna et Ratzenberger se tuaient, Barrichello se blessait sérieusement. Et il n’est toujours pas sorti, Karl Wendlinger. Les secours se précipitent. Il est inconscient et le monde de la F1 est sonné.

La malchance ? Certainement. La malédiction ? On finit par y croire. La loi des séries ? On en est sur. La sécurité ? Parlons-en de la sécurité. Après le week-end d’Imola, la FIA s’est réunie à Paris, pour discuter cette fameuse sécurité. Deux ou trois mesures sont prises : réduction des performances des voitures, modification hâtives des circuits... Rien de bien concluant. La mort, ça arrive.

Mais si Wendlinger est là, dans le coma, c’est surtout à cause de la sécurité. Sans protections sur les côtés du cockpit, le haut des épaules apparent, les pilotes sont à la merci du moindre contact latéral. En plus, l’Autrichien est grand. Au moment de l’impact, sa tête a heurté les barrières. On l’extrait du cockpit, on le dirige vers l’hôpital de Nice.

Ça commence à faire beaucoup, ont dû se dire les hautes instances de la discipline reine. Cette fois des mesures seront mises en places. Concrètes, nettes, pérennes. Des règlementations vont êtres élaborées, des changements vont avoir lieu, la protection des pilotes va devenir la priorité aussi bien dans la façon de concevoir les monoplaces que dans la manière de construire ou de refaire les circuits. Il fallait donc que la F1 soit en danger dans son pré carré, dans l’écrin de la Principauté, là où, plus qu’ailleurs, on ne tolère plus la mort dans le glamour.

Deux semaines plus tard, c’est à Barcelone que les clowns tristes du cirque se retrouvent. Premier signe d’une prise de conscience : une chicane provisoire, faite de deux murs de pneus, est installée sur le circuit. Malheureusement, le cauchemar n’est pas fini et c’est l’inexpérimenté Andrea Montermini qui tutoie la mort au volant d'une Simtek déjà meurtrie. Il s’en tirera avec des fractures aux pieds.

Wendlinger, toujours dans le coma, ne se réveillera que dans quelques semaines, à Innsbruck, où il a été placé en coma artificiel. Nouveau destin brisé, il ne reviendra jamais au niveau qui était le sien. Lui, l’un des jeunes loups du trio Frentzen-Schumacher-Wendlinger soutenu par Mercedes, n’aura plus jamais l’occasion de donner le meilleur de lui-même. Il oscillera ensuite entre endurance, avec une victoire de prestige aux 24 heures de Daytona en 2000 et quelques participations aux 24 heures du Mans, et grand tourisme, où il sera lauréat du championnat FIA GT en 1999.

Karl Wendlinger était peut-être devant son écran samedi, mesurant les progrès effectués dans la sécurité des pilotes. Un peu grâce à lui.


Vidéo : Accident de Wendlinger au GP de Monaco 1994



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