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N'enterrons pas Ferrari trop vite

Les premiers essais de la Ferrari F2012 n'ont pas été exceptionnels et il reste encore beaucoup de travail avant de faire de la dernière née de Maranello une machine gagnante. Mais les essais hivernaux, surtout ceux de Jérez ne sont pas un bon indicateur des forces en présence. Il ne faut donc pas enterrer Ferrari trop vite...

© Lefebvre-Fan-F1/ Ferrari n'est pas encore sortie de l'ombre© Lefebvre-Fan-F1/ Ferrari n'est pas encore sortie de l'ombre

Plus que toute autre écurie du paddock, la Scuderia Ferrari déchaine les passions, que ce soit en bien ou en mal. La presse italienne est spécialiste pour ce qui est de l’encenser après une victoire comme du pire dénigrement en cas d’erreur de la part de sa chère Scuderia. D’ailleurs à une époque les décisions étaient prises en fonction de ce qui se disait dans la presse. Que la « Gazetta dello sport » demande la tête du team principal sur un plateau et Enzo Ferrari la lui servait, bien souvent. Aujourd’hui les décisions sont plus pragmatiques mais la presse transalpine n’est pas plus tendre.

Alors qu’elle n’a plus remporté de titre depuis 2008, les fans du cheval cabré commencent à trouver le temps long et à se demander si Stefano Domenicali est la bonne personne pour diriger l’équipe sur les Grands Prix. D’aucun se plaisent d’ailleurs à dire que 2012 pourrait être une année cruciale pour lui au sein de la mythique équipe italienne.
Après plusieurs saisons à suivre le mouvement sans sembler prendre trop de risques, Ferrari a décidé de se retrousser les manches pour 2012. Le résultat est une F2012 loin d’être esthétique (mais aucune monoplace 2012 ne l’est vraiment pour le moment, hormis la McLaren) et comportant pas mal de nouvelles idées par rapport aux précédentes créations de Maranello.

Comme nous l’évoquions la semaine dernière (lire : « Les goûts et les couleurs »), la plus belle voiture est sans doute celle qui gagne. Et pour gagner des courses il faut pouvoir aller vite. Les premiers essais allaient donc être cruciaux, du moins pour les fans assidus qui piaffaient d’impatience à l’idée d’enfin savoir ce que valait cette voiture rouge. Après ces quatre premiers jours de roulage il est un fait qu’ils sont déçus. Lors du live organisé par Fan-F1, de nombreux lecteurs ont posé des questions sur la Ferrari, dont certains trouvaient qu’elle ne roulait pas assez vite, d’autre pas assez tout court. C’est vrai que la Scuderia n’a parcouru que 270 tours à Jérez ce qui la place avant-dernière devant HRT. Mais si on se penche sur le bilan des essais de Jérez, on constate que Red Bull n’a pas roulé beaucoup plus, la RB8 ayant bouclé 296 tours. Webber a été retenu aux stands à cause de pièces qui n’arrivaient pas tandis que Vettel a perdu du temps à cause de soucis de fiabilité. Et comme Ferrari, Red Bull n’a pas explosé le chrono. Mais la Scuderia c’est la Scuderia, alors on s’emballe pour un oui ou pour un non.

La vérité, c’est que les essais hivernaux ne veulent pas dire grand-chose, surtout ceux de Jérez qui est un circuit atypique, un peu comme le Paul-Ricard. Une voiture qui marche bien à Jérez ne marchera pas forcément bien sur un autre circuit. C’est pourquoi ce premier contact avec la piste avait avant tout pour but de dégrossir le travail en vue des essais de Barcelone qui est une piste dont on dit, traditionnellement, qu’une monoplace qui se montre performante là-bas le sera partout. Et avec une F2012 radicalement différente de la 150°Italia, les hommes en rouge ont sans aucun doute pas mal de travail sur la planche comme l’a souligné Massa au terme de ses deux journées d’essais.

Il est évident que Ferrari n’est pas exactement là où elle voulait pour débuter ces premiers essais, mais il n’est pas pour autant nécessaire de déjà tirer la sonnette d’alarme et de parler de crise au sein de la Scuderia. Il reste encore deux séances à Barcelone pour commencer à aller chercher la performance et pour mieux comprendre la F2012. Le dernier chrono de Fernando Alonso, vendredi, aura un peu rassuré les aficionados du Cavalino Rampante, et le double champion du monde a noté des progrès importants lors des quatre jours passés à Jérez de la Frontera.

Ce qui est certain, c’est que la F2012 devra se montrer performante à Melbourne si Ferrari ne veut pas s’attirer les foudres de ses fans à travers le monde, mais comme le souligne Alonso : « La route est encore longue avant le Grand Prix d’Australie. »


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1 réaction sur cet article Donnez votre avis
Eric Jo
Eric Jo :
Il est vrai que les essais hivernaux ne veulent pas dire grand-chose, mais nous pouvons je pense avoir un aperçu relativement solide de ce que valent la base des voitures dans leur configuration actuelle. En effet, lorsqu'on entends L. Hamilton dire être déçu de sa monture, il ne faut pas s'alarmer mais il ne faut pas non plus prendre ce commentaire à la légère et ce même si McLaren font le coup de 2011. Je pense donc que Ferrari, n'a pour l'heure, pas trouvé la base dont ils auraient souhaité et ce pour une seule raison: la F2012 est un concept complètement nouveau et nécessite une compréhension jusqu'à l'écrou. Les essais de Barcelonne nous donnerons un meilleur feedback, mais à ce stade, ils ne peuvent prétendre avoir une base comparable à celle de la Lotus ou Red Bull.
Il y a 98 mois
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