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Räikkönen et Grosjean sont sereins avant Melbourne

L’écurie britannique entame 2012 avec la ferme intention de partir sur de nouvelles bases après une saison 2011 chaotique. Satisfaite de ses deux pilotes, Lotus convoite ainsi une place parmi les quatre premiers du championnat constructeur et annonce quelques surprises sur sa E20, pour Melbourne.

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A Melbourne, Kimi Räikkönen retrouvera pour la première fois depuis plus de deux ans l’ambiance des grilles de départ d’un Grand Prix de Formule Un, et pour son retour dans la reine des catégories, le Finlandais veut simplement essayer de faire de son mieux et voir où cela pourra le mener alors que les performances réelles de chacun font encore l’objet de nombreuses spéculations : « Pour la première course, en Australie, nous voulons surtout un week-end sans ennui majeur ni erreur. Je ne sais pas vraiment où nous nous situerons sur la grille, personne ne le sait. Si vous regardez les temps des essais d’hiver, vous constatez que c’est très serré. Nous ne savions pas comment travaillaient les autres, avec quelle quantité de carburant et cela fait une grosse différence. Nous aurons une idée plus précise après les essais libres à Melbourne et nous saurons exactement où nous en sommes à l’issue des qualifications. »

Si le champion du monde 2007 confirme se sentir très bien au sein de sa nouvelle équipe, il ne cache pas que quelques journées d’essais supplémentaires n’auraient pas été malvenues alors que Lotus a été contrainte d’annuler une de ses trois semaines de tests pour pallier à une défaillance rencontrée dans la conception de ses suspensions avant : « On voudrait toujours avoir plus de temps pour se préparer. Mais c’est ainsi et il faut faire avec. […] Maintenant, il ne reste plus qu’à tout mettre en ordre et à m’assurer que je presse bien le bon bouton au bon moment. Peut-être quelques jours d’essais en plus n’auraient-ils pas fait de mal. Mais je suis confiant. Tout ira bien, le moment venu. »

Bien que la Formule Un ait quelque peu évolué depuis son départ vers de nouveaux horizons, Kimi Räikkönen répète à l’envie que ces changements ne l’affecteront pas plus que ça : « Le DRS et le KERS sont juste deux boutons sur lesquels il faut appuyer. En essais, il arrive de presser dessus trop tard ou trop tôt, mais cela ne changera pas grand chose. Les arrêts au stand sont un peu plus courts qu’avant, mais rien de fondamentalement différent. Vous arrêtez la voiture et vous repartez. […] Bien sûr, je trouve que cela a un peu changé par rapport à ma première période, avec les dépassements, mais globalement, le sport reste le même. Cela s’annonce excitant et ceux qui sauront le mieux exploiter les pneus seront probablement en position de force. »

En Australie, l’Homme de glace retrouvera un circuit qui ne lui est pas inconnu puisqu’il y a marqué ses premiers points en championnat du monde et y a signé sa première victoire dès sa première course pour le compte de Ferrari. « Le circuit n’a pas changé alors je sais où je vais, » assure le Finlandais qui estime que la Lotus E20 devrait se sentir à son aise dans l’Albert Park : « C’est un circuit qui réclame une bonne motricité et les conclusions des essais nous disent que c’est une des qualités de la E20. Une bonne maniabilité et un freinage efficace sont aussi nécessaires et je me sens à l’aise avec la voiture dans ces domaines. Alors je pense que nous serons bien. La piste peut se révéler un peu glissante au début du week-end et le climat de Melbourne n’est pas toujours très chaud. La météo peut même être un peu compliquée. […] Mes ingénieurs ont mené des simulations et, d’après les données enregistrées en essais, nous avons une idée de la façon dont la voiture peut se comporter à l’Albert Park. Mais nous n’aurons aucune certitude avant d’entrer en piste. C’est très difficile de l’évaluer, mais je crois et j’espère que nous serons en bonne position. »

Romain Grosjean, qui n’a disputé que sept Grands Prix, découvrira quant à lui, pour la première fois, le circuit de l'Albert Park au volant d’une F1 : « Je ne suis venu qu’une fois en Australie, en 2009, quand j’étais troisième pilote de l’équipe. Le pays est fantastique. J’adore Melbourne et j’espère que le circuit me conviendra. Il a l’air magnifique en tout cas. L’ambiance est très spéciale aussi. C’était un de mes circuits préférés même lorsque je ne pilotais pas. Alors j’imagine ce que cela peut donner quand je roulerai là-bas. » A défaut de pouvoir utiliser le simulateur d’Enstone, qui n’est pas encore opérationnel, le pilote Lotus a dû trouver des palliatifs pour préparer sa première course sur le circuit temporaire australien : « J’ai regardé beaucoup de vidéos de caméras embarquées. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec mes ingénieurs à décortiquer les données du circuit de la saison dernière. Je vais rouler le plus possible lors de la première séance libre pour apprendre le tracé, accumuler les kilomètres et me donner une connaissance de la piste. […] D’après ce que j’ai vu sur les caméras embarquées, la piste me semble bien et elle a l’air fun à piloter. J’espère qu’elle conviendra à la E20. »

S’il assure, naturellement, se sentir très bien au sein de l’écurie, Romain Grosjean se fixe pour objectif de donner le meilleur de lui-même « à chaque fois [qu’il] monte dans la voiture » : « Je veux marquer des points chaque fois que l’opportunité se présentera. Mais je ne me suis pas fixé d’objectif précis, comme une position. Je veux seulement faire du mieux possible, bien faire mon travail et apporter de bons points à l’équipe » espère le Français qui « bout d’impatience d’y être ! »

Pour sa part, Eric Boullier aborde la nouvelle saison de « manière positive » après une campagne 2011 parfois qualifiée de chaotique : « Après la difficile saison 2011 – c’était ma deuxième année en Formule 1 – je me sens d’humeur beaucoup plus positive et je suis encouragé par tout ce que je vois dans l’équipe. Nous allons dans la bonne direction. L’an dernier s’est révélé être une dure expérience dont chacun a tiré les leçons. Place à la course ! […] Les designers et toute l’équipe ont fait de l’excellent travail cette année. Les tests ont montré que la voiture est un vrai progrès, en termes de forme et de finition. Elle s’est montrée également fiable dès le début. Nous ne récupérerons jamais les quatre jours perdus à Barcelone, mais c’est déjà derrière nous. Nous avons beaucoup roulé à Jerez et pas mal à Barcelone lors de la deuxième session. La voiture est fiable et nous avons tiré le plus possible des huit jours d’essais avant de partir à Melbourne. »

S’il reconnaît que la continuité a parfois du bon, le Team Principal de l’écurie britannique se félicite cependant d’avoir engagé deux pilotes fantastiques : « Kimi est un champion du monde, son retour est bon pour la Formule 1, pour les fans et formidable pour l’équipe. Son expérience est inestimable et son implication plus forte que jamais. Il mène l’équipe dans la bonne direction. Et en Romain, nous avons un pilote de grand talent qui a déjà démontré qu’il saisit la chance qui lui est offerte. Il progresse à grande vitesse et je pense qu’il va faire du bon travail encore cette année. Nous avons un superbe duo de pilotes. »

James Allison, directeur technique de l’écurie, ne tarit pas non plus d’éloges sur ses pilotes : « Je dois dire que cela a été un plaisir immense lors des tests hivernaux [de travailler avec Räikkönen]. Il a été capable de soutenir une distance de course dès son premier jour sans aucun signe de lassitude. Il était clair, d’emblée, qu’il est revenu dans une forme physique impeccable et avec un enthousiasme de junior pour réussir. C’est un vrai plaisir pour les ingénieurs de travailler avec lui, il donne un feedback très clair et d’une manière très civilisée. […] Romain est un jeune talent plein de fraicheur. A Jerez, il a montré ses capacités à réaliser des chronos très respectables. A l’évidence, il a assimilé toutes les informations que nous lui avons données après ces premiers tests et il a tout appliqué la fois suivante à Barcelone. Cela a été une très agréable surprise de trouver un pilote aussi réceptif à notre apport et qui se montre capable de réagir et de mettre en application les enseignements aussi vite et de manière aussi intelligente. »

Par conséquent, Lotus entend se comporter « comme un des top teams de ce sport ultra compétitif » : « Pour moi, cette année sera placée sous le signe des progrès que nous accomplirons au cours de la saison. Ce sera bien plus encourageant que tout espoir de résultat ou autre. Si nous pouvons terminer l’année plus haut dans le classement, je serai ravi et ce serait la meilleure récompense pour nos sponsors et pour l’équipe. C’est clairement un but. Nous voulons faire mieux, nous voulons être meilleurs, nous voulons plus de podiums et si nous avons la chance de gagner une ou des courses, je serais plus qu’heureux. La progression au cours de la saison sera l’objectif principal » indique Eric Boullier.

Mais pour le Français, les hommes d’Enstone ont d’ores et déjà eu l’occasion de prouver leur valeur à l’occasion du problème rencontré sur les suspensions avant de la Lotus E20, lors de la première séance d’essais privés de Barcelone : « C’était un problème inattendu et nous aurions préféré nous l’éviter. Mais il est clair que la manière dont l’équipe a réglé ce problème nous a montré sous notre meilleur jour. Tout le monde s’est attelé à la tâche et s’est focalisé sur la solution, pas sur ce qui n’avait pas fonctionné. Notre approche pour résoudre le problème a été bonne. Tout a été modifié très rapidement et avec le même souci de qualité que nous voyons partout sur la E20. Cet ennui est désormais derrière nous et cela devrait être tout pour les surprises. »

Par ailleurs, James Allison confie que les nouveaux pneus Pirelli ont l’air de bien fonctionner avec la Lotus E20 : « Nous avons pu réaliser des bons chronos et nous avons constaté une bonne mise en température. La dégradation semble aller dans le sens des courses que le public apprécie. Les pneus ne se détruisent pas trop vite pour éviter que les courses ne deviennent une litanie insensée d’arrêts aux stands. Mais ils proposent un écart de performance suffisant entre les différents types de gommes pour que le spectacle reste intéressant. »

L’ingénieur britannique, qui confie avoir prévu quelques petites surprises pour l’Australie, assure que l’objectif reste d’intégrer le Top 4 du championnat : « C’est ce que nous visons et je crois que nous pouvons dire haut et fort que nous en sommes capables. Cela dit, la hiérarchie de la grille est notoirement difficile à lire d’après les essais hivernaux. »


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