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Chine : le point de vue des pilotes

« Amusant », « Unique », « Inhabituel », « Imprévisible », « Impressionnant » ! Les pilotes de Formule Un ne manquent pas de vocabulaire pour qualifier le circuit de Shanghai dont le gigantisme est à la mesure de l’Empire du Milieu. Les pilotes apprécient notamment les enchaînements rapides que propose le tracé ainsi que les multiples opportunités de dépassements qu’il offre.

© Sutton / HRT© Sutton / HRT

Sorti de l’esprit – parfois fertile – d’Hermann Tilke, le circuit hôte du Grand Prix de Chine s’inspire de l’idéogramme chinois 上 (shang) servant à écrire le nom de Shanghai, qui signifie « au-dessus de la mer ». A l’image de la Chine, géant démographique et économique, les installations du Circuit International de Shanghai sont démesurées à un point tel que, faute de fréquentation, une partie des tribunes, pouvant accueillir plus de 200.000 personnes, a dû être fermée : « Le circuit est unique à cause de sa taille. La largeur de la piste laisse suffisamment d’espace pour les manœuvres de dépassement et […] même les stands, traditionnellement exigus, sont très spacieux à Shanghai » explique Sebastian Vettel. Jenson Button rejoint l’Allemand en évoquant des « installations incroyables » et « un circuit superbe et très moderne ».

Si le pilote McLaren indique que « c’est un circuit [qu’il] apprécie particulièrement », Nico Rosberg assure qu’il « adore » le tracé pour « ses longs et uniques virages », Nico Hulkenberg avouant pour sa part que le Grand Prix de Chine n’est pas son épreuve favorite même s’il reconnaît qu’ils « ont fait du bon travail pour construire des installations impressionnantes » et qu’il s’agit d’une « piste amusante. »

Pastor Maldonado abonde dans le sens du pilote Force India : « Shanghai est l'un des mes circuits préférés donc j'attends vraiment avec impatience la course. Il propose une belle combinaison de virages à basse et moyenne vitesse et de beaux enchaînements qui sont amusants à piloter. » Le Vénézuélien évoque également un circuit exigeant « car il est difficile de rester proche de la voiture de devant pour prendre l'avantage dans la longue zone DRS. »

Le circuit offre en effet deux visages. Technique avec des virages interminables dans les deux premiers secteurs, il offre les principales opportunités de dépassements dans un troisième secteur où il convient de privilégier la vitesse de pointe : « Le circuit est un mélange de virages à basse et moyenne vitesse, il y a une très longue ligne droite avec un virage serré au bout qui offre un point naturel pour les dépassements, et quelques virages serrés complexes que vous avez l'impression de ne jamais prendre correctement. Ce n'est pas trop dur pour les freins, mais vous avez besoin d'avoir une monoplace stable au freinage pour pouvoir attaquer dans toutes les zones de freinage, et vous avez besoin d'une bonne motricité pour bien aborder les virages lents » analyse Heïkki Kovalainen. Le Finlandais juge ainsi que l’enchaînement des virages 11, 12 et 13 sera probablement l’une des clés de la réussite à Shanghai : « Il faut s'assurer de bien freiner au 11 pour conserver un maximum de vitesse pour les virages 12 et 13 et bien aborder la ligne droite. Bien réussir cela vous donne une chance de vous battre en bout de ligne droite.»

Alors que Paul di Resta souligne que « la piste a quelques endroits inhabituels [notamment] le très long virage 1 où on a l'impression qu'il ne va jamais s'arrêter », Jenson Button pense quant à lui qu’il « n'y a pas un virage qui ressort en particulier », ce qui est le signe que les architectes du circuit « ont fait du bon travail avec le tracé dans son ensemble.»

Si Kamui Kobayashi confie qu’il « aime vraiment le circuit de Shanghai parce [qu’il] apprécie les virages à très haute vitesse », il estime par ailleurs que le tracé devrait convenir à la Sauber. Un avis partagé par Sergio Pérez qui pense cependant que « la longue ligne droite ne devrait pas être la partie la plus facile » pour l’écurie suisse.

Mark Webber se range d’ailleurs à l’avis du Mexicain : « Ce sera intéressant de voir quelle incidence aura la longue ligne droite sur les forces et faiblesses de chacun en termes de vitesse de pointe, [mais] le rythme imposé par le reste du circuit est quelque chose que j’apprécie vraiment. »

Pour la course, Timo Glock estime qu’il est « difficile de faire des prédictions parce qu’il peut faire assez froid et parfois très humide » à Shanghai. Jenson Button partage l’opinion de l’Allemand est estime que même sans la pluie, la course pourrait être intéressante : « L'usure des pneumatiques devrait être un facteur important - l'année dernière, nous avions vu une vraie différence entre les gommes - donc bien se préparer sera crucial. »

Côté français, Shanghai ressemblera à un rendez-vous en terre inconnue pour les trois pilotes tricolore, à commencer par Romain Grosjean : « Je vais rouler pour la première fois sur le circuit. J’ai regardé quelques vidéos de tours embarqués et il a l’air assez sympa. J’espère qu’il conviendra bien à la Lotus E20. » Si Charles Pic a « vraiment hâte de rouler à Shanghai, pour de vrai, pour la première fois », Jean-Eric Vergne précise que « c’est toujours excitant et sympa d’apprendre de nouvelles pistes », ajoutant qu’en simulateur, le circuit « a l’air plutôt sympa. »


Quelques repères chronologiques :

2004 : Rubens Barrichello (Ferrari) s’impose en qualifications et en course pour le Grand Prix inaugural, ce qui restera comme sa dernière victoire pour le compte du Cheval Cabré.

2005 : Fernando Alonso (Renault), déjà assuré du titre, s’impose lors de la manche de clôture de la saison qui sera également le dernier Grand Prix – sous leurs noms respectifs - pour Minardi, Jordan et BAR, mais aussi pour Sauber avant qu’elle ne fasse son retour en 2010.

2006 : Michael Schumacher (Ferrari) remporte sa 91ème et dernière victoire à ce jour. Il s’agit également de son 154ème et dernier podium.

2007 : Alors que le titre de champion du monde lui tend les bras, un exploit pour un pilote débutant, Lewis Hamilton, les pneus Bridgestone laminés, échoue sa McLaren dans l’étroit bac à graviers en rentrant enfin aux stands. Le Britannique laisse la victoire entre les mains de Kimi Raïkkonen (Ferrari), avant de concéder bien plus qu’une victoire au Grand Prix suivant. En 2008, le pilote McLaren empochera en Chine une victoire précieuse dans l’accession au titre de champion du monde.

2009 : Après Toro Rosso, c’est au tour de Red Bull de faire son entrée au palmarès de la F1 grâce à Sebastian Vettel. L’Allemand offre ainsi à l’écurie autrichienne sa première pole position et sa première victoire dans la catégorie reine alors que la deuxième place de Mark Webber permet aux hommes de Milton Keynes de signer le premier doublé de leur histoire. L’organisation se trompe d’ailleurs d’hymne lors du podium, diffusant le God Save The Queen britannique alors que l’écurie roule sous licence autrichienne.

2010 : Après s’être imposé en Australie, Jenson Button empoche une deuxième victoire pour le compte de McLaren, réalisant, avec Lewis Hamilton, le premier doublé britannique depuis le Grand Prix d’Autriche 1999 avec Irvine et Coulthard. La Russie connaît aussi son jour de gloire, Vitaly Petrov inscrivant en Chine les premiers points pour un pilote russe en Formule Un.

2011 : Lewis Hamilton devient le premier pilote à s’imposer une deuxième fois en Chine, après sa victoire de 2008. Le Grand Prix de Chine est aussi, cette année-là, le théâtre d’un nombre record de dépassements depuis le Grand Prix disputé à Long Beach en 1983, record qui sera ensuite pulvérisé par le Grand Prix de Turquie. Avec 23 pilotes à l’arrivée, l’épreuve chinoise s’empare du record du plus grand nombre de pilotes à l’arrivée, détenu jusque-là par le Grand Prix de Grande-Bretagne 1952, avant d’être à son tour détrôné par le Grand Prix d’Europe 2011.


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