> > > > Canada : Chiffres et données techniques

Canada : Chiffres et données techniques

Petit tour d'horizon des contraintes techniques qu'impose le circuit Gilles Villeneuve sur le châssis, le moteur et les pneumatiques des monoplaces de Formule Un.

© GEPA© GEPA

Le Circuit Gilles Villeneuve accueille ce week-end le Grand Prix du Canada, septième manche de la saison 2012 de Formule 1. Le tracé canadien pourrait s'inscrire dans l'Histoire de la F1 si un septième pilote venait à gagner cette septième course de l'année - Michael Schumacher par exemple qui s'est montré compétitif à Monaco et qui détient le record du nombre de victoires sur ce tracé (7).

Le circuit montréalais est un tracé unique, notamment parce qu'il a été construit sur une île, l'Île Notre-Dame. Le tracé présente de nombreux défis pour les pilotes, les ingénieurs et les monoplaces. Il y a plusieurs lignes droites, ce qui oblige les ingénieurs à mettre peu d'appuis aérodynamiques sur les monoplaces. Mais le défi est de trouver le bon compromis avec les virages lents, du type Monaco.

Le Circuit Gilles Villeneuve, avec ses différentes lignes droites qui aboutissent sur de gros freinages, sera un test pour les freins. Toutes les équipes tenteront de maximiser au mieux leur refroidissement pour qu'ils soient pleinement efficaces tout au long de la course.

Un autre élément sera à prendre en compte au Canada, ce sont les vibreurs. Pour gagner du temps, les pilotes doivent empiéter sur les vibreurs et ils ont donc besoin d'une monoplace dont les réglages sont prévus pour. A noter que cette année, tous les vibreurs et les lignes de délimitation du circuit de Montréal ont été peints avec une peinture antidérapante, pour éviter les problèmes en cas de forte pluie comme en 2011.

La météo pourrait être un facteur ce week-end, même si a priori, elle pourrait perturber les essais, d'après les premières prévisions, la course devrait se dérouler majoritairement, voir même totalement sur le sec. Cela devrait mettre à rude épreuve les pneumatiques, qui se dégradent généralement très vite à Montréal car le tracé est un circuit temporaire, certaines routes étant ouvertes au public le reste de l'année.

Le Grand Prix du Canada offre généralement des courses intéressantes pour les fans et téléspectateurs, notamment parce qu'il est plutôt aisé de dépasser. C'est peut-être pour cela que la FIA a décidé de ne mettre qu'une seule zone DRS à Montréal, contrairement à l'année dernière où il y en avait deux.

Montréal côté châssis


Gianpaolo Dall’Ara, Directeur Technique de l'écurie Sauber F1 :
« La piste de Montréal est étroite avec les murs qui sont très proches à certains endroits. Elle offre des défis intéressants. Le premier est de trouver le bon équilibre aérodynamique, parce que le niveau d’appuis et la trainée sont plus faibles que sur la plupart des autres pistes. Le temps passé dans les lignes droites nécessite de maximiser la vitesse, alors que les virages, à vitesse lente, se caractérisent par des changements de direction. Par conséquent, la voiture doit être bien équilibrée au freinage, elle a besoin d’une bonne traction et doit être réactive.

L’autre défi intéressant concerne Pirelli qui a décidé de nous proposer les pneus Super Tendres et Tendres, comme nous avions à Monaco. On ne s’attend pas à rencontrer de problèmes avec les Super Tendres en qualifications, mais après, le plus difficile sera de trouver la bonne stratégie de course pour tirer le maximum des pneus »

Montréal côté moteur


Rémi Taffin, Responsable des opérations de piste chez Renault Sport F1 :
«Les circuits de Monaco et du Canada ont des tracés très différents. Montréal est une des pistes qui met le plus en valeur la puissance des moteurs. C’est même un facteur déterminant. Le temps passé à pleine charge n’est pas aussi important qu’à Monza ou Spa, mais les longues lignes droites réclament de la puissance à haut-régime sur de longues distances.

Avec de grosses zones de freinage à l’épingle et à la chicane, le RS27 doit également proposer un frein-moteur efficace. Ce n’est pas sans raison que cette piste est connue pour être "casse-moteur". Il n’a pas le temps de souffler ! Le défi est de trouver le bon compromis entre la performance maximum et une fiabilité de 100%. Comme à Spa et à Monza, les risques que nous pourrions prendre doivent être justifiés par des progrès tangibles.

Avec l’Australie, la quantité d’essence au départ est l’une des plus importantes de la saison. Ce paramètre dépend également de la stratégie de course et de la météo qui, comme nous avons pu le vérifier l’an passé, peut brusquement changer. Montréal n’est peut-être pas aussi spécifique que Monaco en termes de préparation, mais de bons réglages peuvent faire la différence entre les avant-postes et le milieu du peloton. Surtout durant une saison aussi serrée que celle que nous vivons en ce moment !»

Montréal côté pneumatiques


L'avis de Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport : « Nous passons de Monaco au Canada, soit deux des courses les plus spectaculaires de la saison. Montréal n’est pas uniquement un superbe endroit pour organiser une course ; c’est également un splendide circuit. Les pneus Tendres et Super Tendres devraient encore plus illustrer leurs caractéristiques naturelles qu’à Monaco, où les pilotes étaient maintenus à des vitesses moyennes faibles sans pouvoir vraiment aller chercher la performance dans les pneus. Cela leur a cependant permis de réaliser de très longs runs avec les Super Tendres, ce qui ne sera pas le cas à Montréal, où les pneus doivent plus travailler.

Les pneus ont joué un rôle traditionnellement important sur cette course, particulièrement en cas de pluie. Nous avons vu à quel point chausser les bons pneus au bon moment a permis à Jenson Button de remporter le Grand Prix du Canada l’an dernier, même après six passages aux stands. Cette course fut loin d’être typique, mais nous n’avons pas encore fait courir le supertendre par conditions normales au Canada. Les essais seront vitaux pour les équipes, afin de leur permettre de comprendre exactement comment fonctionnent les gommes avec des réservoirs pleins en particulier. Nous pensons voir différentes stratégies à l’ouvrage, certaines équipes pouvant adopter des stratégies différentes sur les deux autos pour couvrir toutes les possibilités. »

L'avis de Jaime Alguersuari, pilote d'essais de Pirelli : « Le Canada est un circuit fantastique et j’y ai fait une superbe course l’an dernier, partant de la pitlane et arrivant huitième. Les pneus y sont absolument cruciaux : on y court avec de très faibles appuis pour obtenir une bonne vitesse de pointe dans les lignes droites, et il faut donc beaucoup plus de grip mécanique qu’aérodynamique. De ce fait, et en raison de la surface de la piste, je m’attends à voir beaucoup de glissades de toutes les voitures durant le weekend, ce qui accroît également l’usure des pneus.

La combinaison des Super Tendres et des Tendres sera très appropriée pour Montréal : les températures y sont généralement assez basses et les niveaux d’adhérence sont également faibles. Prendre soin du train arrière est particulièrement important. Si l’on pilote comme il faut, on peut cependant trouver un avantage : il y a clairement de bonnes opportunités de dépassements à Montréal et je suis sûr que ce sera une course très excitante. »

Montréal en chiffres


1:13.622 : C'est le record du tour, signé par Rubens Barrichello au volant de sa Ferrari en 2004. Pour comparaison, Sebastian Vettel avait signé la pole position en 1:13.014 l'année dernière, mais avec une course perturbée par la pluie, le meilleur tour en course avait été réalisé en 1:16.956 par le vainqueur, Jenson Button.

3.6 : C'est le nombre maximal de G encaissés par les pilotes sur le Circuit Gilles Villeneuve.

4h 4 minutes et 39,537 secondes : C'est la durée du Grand Prix du Canada 2011 de Formule 1, la course la plus longue jamais disputée dans l'Histoire du championnat du monde de Formule 1. Depuis cet épisode, la FIA a décidé d'imposer une durée maximale de 4 heures pour les Grand Prix.

7 : C'est le nombre de victoires remportées par Michael Schumacher au Canada, le septuple champion du monde est le pilote qui détient le record de victoires dans sur le circuit Gilles Villeneuve.

66 : C'est le pourcentage du tour (selon McLaren) pendant lequel les pilotes sont à fond, ce qui fait du tracé canadien un tracé plutôt exigeant pour les moteurs de Formule 1.

324 : C'est la vitesse maximale que devraient atteindre les pilotes sur le Circuit Gilles Villeneuve selon McLaren.

1995 : C'est l'année lors de laquelle Jean Alesi a remporté sa première et sa seule victoire en Formule 1, c'était à Montréal à l'occasion du Grand Prix du Canada. La Ferrari du Français était tombée en panne lors du tour de décélération et il avait été "pris en stop" par Michael Schumacher au volant de sa Benetton Renault.

[A partir des communiqués publiés par la FIA, McLaren, Pirelli, Renault Sport F1 et Sauber F1]


Vidéo : Pirelli : Le tour du circuit de Montréal



Preview, Montreal et Technique Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.

Ce site internet est non officiel et n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group. Plus d'information dans nos mentions légales.