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Hongrie : Le point de vue des pilotes

Circuit court et lent, le Hungaroring a, selon certains, des airs de Monaco, le Casino et la vue sur la Méditerranée en moins. En réalité, le circuit hongrois dispose de son identité propre et réserve une multitude de défis aux écuries et aux pilotes. Ces dernières apprécient d’ailleurs tout autant la ville que le tracé magyar.

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En 1986, la Hongrie entrait dans l’Histoire de la Formule Un en devant le premier pays à organiser un Grand Prix au-delà du Rideau de Fer, un des signes annonciateurs du déclin futur de l’Empire Soviétique. Vingt-six ans après la première édition, le Grand Prix Magyar figure toujours au calendrier de la discipline reine des sports mécaniques bien que les caractéristiques propres au Hungaroring ne soient pas censées privilégier le spectacle.

Le circuit hongrois, niché dans la périphérie nord-est de Budapest, plait aux pilotes, en partie pour le défi qu’il offre : « Le Hungaroring est l'un des circuits les plus difficiles du calendrier. Techniquement, c'est un vrai test et c'est un tour assez lent qui me rappelle un peu Monaco sur certains aspects. C'est également difficile physiquement parce que les températures sont souvent élevées et vous avez du travail à faire derrière le volant donc vous vous fatiguez vite, » indique Bruno Senna (Williams).

Mark Webber (Red Bull), qui estime que « le deuxième secteur est très, très prenant pour le pilote » et qu’il faut « un bon équilibre en haut de la colline », abonde dans le sens du Brésilien : « La piste en elle-même est l'une des plus lentes de la saison, mais en tant que pilote, il ne faut pas la sous-estimer, car il y a beaucoup de possibilités de faire des erreurs. De plus, il y a beaucoup de bosses et vous êtes donc secoués très fréquemment. » Pour Nico Hülkenberg (Force India), le Hungaroring ne laisse en effet pas la moindre place à l’erreur : « Bien que ce soit un circuit assez lent, c’est très difficile de faire un bon tour parce qu’il faut enchaîner tous les virages à la perfection, alors c’est assez compliqué. »

Si pour Paul di Resta (Force India), le Hungaroring est « très exigeant pour le pilote, physiquement et mentalement », Michael Schumacher (Mercedes) ne s’ennuie jamais au volant d’une F1 sur le tourniquet hongrois : « J'attends ce week-end de course avec impatience car j'adore le Grand Prix de Hongrie. C'est un circuit où les pilotes sont occupés pendant tout le tour, c'est vraiment exigeant et il n'y a presque pas de moment pour reprendre votre souffle. »

Les températures, souvent caniculaires à Budapest à ce moment de l’année, n’arrangent d’ailleurs rien : « Parfois la chaleur peut être intense, un peu comme à Valence, » note Timo Glock (Marussia). « Physiquement, cela peut être très fatiguant, notamment si ce temps persiste tout au long du week-end. »

Ainsi, pour Kimi Räikkönen (Lotus), « ce n’est que lorsqu’on gagne que l’on ne souffre pas sur le Hungaroring ». Et le champion du monde 2007 d’ajouter : « C’est un circuit si lent et tortueux qu’il y a deux choses extrêmement importantes pour réaliser des tours rapides : une bonne entrée dans le virage et une bonne traction. Si vous réunissez ça, vous avez une voiture compétitive là-bas. »

Comme Bruno Senna, de nombreux pilotes n’hésitent pas à établir la comparaison avec le circuit de Monaco : « Le Hungaroring est un circuit très spécial. C'est un peu comme le circuit en ville de Monaco avec beaucoup de changements de direction, et le deuxième secteur est particulièrement délicat, » analyse Sergio Pérez (Sauber) alors que Nico Rosberg (Mercedes) note surtout la présence de « virages serrés et sinueux » et de « peu de lignes droites ». Pour Paul di Resta, « tous les virages semblent s’enchaîner avec fluidité alors il faut trouver le bon rythme. »

Cela est d’autant plus important que, comme le souligne l’Ecossais, « à cause de la nature du circuit, il n’y a jamais eu beaucoup de dépassements ». Le DRS sera donc un facteur décisif de la course, mais la qualification sera également cruciale d’après Fernando Alonso : « Budapest est un circuit très particulier, court et tortueux. J’imagine qu’il pourrait y avoir en qualifications deux ou trois dixièmes d’écart entre les dix premiers. Ce sera donc important de bien se préparer pour cette course, nous devrons réaliser un week-end parfait sans commettre d’erreur. Ne pas partir aux avant-postes pourrait devenir un désastre. »

Kimi Räikkönen partage l’avis de son successeur chez Ferrari et souligne l’importance, particulièrement à Budapest, du positionnement sur la grille de départ où il est souvent coutume de voir les pilotes situés du côté impair de la piste, mieux s’élancer que ceux du côté pair : « C’est un de ces circuits où il est très difficile de dépasser. Evidemment, il faut être devant en qualifications et on veut aussi, dans l’idéal, éviter la partie sale de la piste. […] Ce ne serait pas la fin de monde si nous ne nous qualifions pas devant, mais ça ne nous facilitera pas non plus les choses. »

Mais au-delà même du circuit et des défis qu’il impose aux pilotes, pour Sebastian Vettel c’est avant tout l’atmosphère et le cadre de la course qu’il préfère : « La course de Budapest est très populaire et la ville ainsi que le Danube offrent beaucoup d'opportunités pour les fans en dehors du circuit. J'aime beaucoup la ville et j'ai fait mes débuts en 2007 avec la Scuderia Toro Rosso au Hungaroring. »

Pour Kimi Räikkönen, le Grand Prix aura des airs de course à domicile : « C’est toujours chouette de voir le drapeau bleu et blanc [de la Finlande] dans les tribunes. C’est ce qui se rapproche le plus pour nous, les pilotes finlandais, d’une course à domicile et de nombreux finlandais sont présents chaque année. »

Timo Glock se sent lui aussi à son aise en Hongrie : « J’ai toujours ressenti quelque chose de spécial au point d'avoir presque le sentiment que c'est ma deuxième course à domicile. J'ai beaucoup de fans, notamment depuis mon premier podium en F1 acquis là-bas en 2008. Chaque fois, j'attends ce rendez-vous avec impatience parce que pour certaines raisons, je semble m'acclimater très rapidement à la piste et j'ai toujours réalisé de bonnes courses grâce à cela. »

Mais pour les pilotes, à commencer par le champion du monde 2007, la Hongrie annonce également le début des vacances : « C’est aussi la dernière course avant la trêve estivale et c’est une super ville pour finir la première partie de saison. » Ce sera en tout cas l’occasion pour Nico Hülkenberg de faire du tourisme afin de découvrir la sombre et riche histoire de Budapest : « J’ai hâte d’y être parce que j’aime la ville de Budapest : c’est juste un endroit sympa à visiter. »


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