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Adrian Newey, les ailes de Red Bull Racing

Adrian Newey fait partie de ces ingénieurs de génie qui ont marqué l'histoire de la Formule 1. Depuis 2009, la réussite de Red Bull Racing doit beaucoup à ses créations. En cette fin de saison, l'ingénieur britannique fait encore l'étalage de tout son talent. Grâce au travail de son équipe technique, la RB8 domine ses rivales. Si Sebastian Vettel a un très bon coup de volant, Adrian Newey a un excellent coup de crayon.

© GEPA - Adrian Newey, un des visages à l'origine du succès de Red Bull Racing.© GEPA - Adrian Newey, un des visages à l'origine du succès de Red Bull Racing.

Cher Adrian,

Savoir créer une machine à gagner dans un encadrement de règles très strictes. Ce n'est pas sous cet angle que la Formule 1 est évoquée la plupart du temps ; le pilotage est roi. Et pourtant. Une alchimie parfaite entre pilote et voiture reste la recette la plus sûre pour remporter le titre de champion du monde. Sur le papier, la meilleure combinaison est censée gagner. C'est pour cela qu'avoir une excellente équipe technique est primordial dans le succès d'un pilote. Et depuis 2009, Sebastian peut te dire un grand merci, Adrian. Avec ton équipe de techniciens, tu as forgé les ailes de Red Bull Racing. Quoi de plus logique pour un ingénieur aérodynamicien ?

Et tu n'en es pas à ton coup d'essai. Dans les années 1980, après avoir obtenu ton diplôme d'ingénieur aéronautique sur les bancs de l'université de Southampton, en Grande-Bretagne, tu fais tes classes chez March. En 1988, ton premier bébé, la March 881, pilotée par Ivan Capelli et Mauricio Gugelmin, pointe le bout de son museau en signant deux podiums dans le sillage des intouchables McLaren-Honda de Prost et Senna. Débauché par Williams en 1991, ton talent prend toute sa mesure sous la coupe de Patrick Head. Cinq titres de champion du monde des constructeurs plus tard, tu te lances dans l'aventure McLaren pour assouvir ton ambition de devenir directeur technique. Patrick l'inamovible te bloquait le passage chez Williams. Et à ton arrivée chez les Gris, rebelote, Adrian.

Dès 1998, les MP4 reprennent une vigueur que l'on ne leur avait plus connu depuis 1993. Deux titres pilotes et une couronne des constructeurs en deux ans. Ta renommée est entérinée. Une première brèche apparaît en 2001 dans le couple que tu formes avec McLaren. Ron Dennis réussit in extremis à t'arracher des griffes de Jaguar. Mais ce n'est que partie remise. Fin 2005, tu es à la recherche d'un nouveau challenge, incarné par Red Bull, qui vient de racheter... Jaguar. David Coulthard, pilote Red Bull, que tu as côtoyé pendant sept ans chez McLaren, t'encourage à déposer tes cartons dans l'écurie autrichienne. Le succès n'est pas immédiat mais tu profites du changement de réglementation de 2009, le plus grand chamboulement technique depuis 1983, pour mettre Red Bull Racing sur les premières lignes de la grille. Pas de titre cette année-là. Mais une domination quasi sans partage les deux saisons suivantes. Un marchand de boisson qui se joue des plus grands constructeurs de la Formule 1, il fallait le faire, Adrian. Et l'histoire ne fait que commencer.

Le détail cocasse dans ce monde où la technologie prévaut, c'est que l'un de ses plus grands créateurs travaille toujours avec un crayon à papier sur la dernière planche à dessin de l'usine, à Milton Keynes. « Il ne sait pas comment allumer son ordinateur », plaisante un de tes ingénieurs. Mais avec ton crayon à papier, tu fais des miracles. Travailler dans un cadre aussi réglementé que la Formule 1, cela représente un défi pour les ingénieurs. Même si tu le regrettes parfois. « C'est dommage qu'elles [les règles, ndlr] soient aussi strictes, cela ne fait aucun doute que cela étouffe les esprits créatifs. » Mais dominer dans la difficulté, c'est un bon kif, non ? Puis cela te sied à merveille. « Il a toujours un mois d'avance sur nous », concède Christian Horner, ton boss.

Une avance qui t'amène parfois à avoir certains travers, Adrian. Tes idées sont brillantes mais parfois peu pragmatiques. En 1990, tu as conçu une March passée à deux doigts de la victoire sur le billard du Castellet. Deux semaines auparavant, elle était incapable de se qualifier sur le circuit bosselé de Mexico. On se rappelle aussi du manque de fiabilité des McLaren que tu as dessinées. Cette année, tu es pour quelque chose dans le début de saison moyen de Red Bull Racing. Les solutions apportées n'ont pas su totalement pallier la disparition du diffuseur soufflé. Mais, à force de patience, avec ton équipe technique, vous avez amené la RB8 au même niveau que les RB5, 6 et 7 : devant tout le monde. Après avoir tenu la barre d'un bateau pas encore lancé à pleine vitesse en début de saison, Sebastian n'a plus maintenant qu'à se baisser pour récolter les fruits de votre travail. C'est pour cela que tu restes un des ingénieurs les plus convoités.

Cette année, Mercedes et Ferrari se seraient intéressés à ton cas. Pas sûr qu'un jour tu rejoignes la Scuderia, comme le confesse Luca di Montezemolo. « J'ai eu une réunion avec lui [Newey], en 1997, qui n'a pas exactement été très positive. L'idée que son épouse avait de l'Italie nous ramenait plutôt au Tiers-Monde. Mais s'il était à nouveau disponible et changeait ses idées sur notre pays, alors pourquoi pas ? » Les bruits de couloir amènent Sebastian chez Ferrari pour 2014. Alors, est-ce que l'envie pourrait te venir à ce moment-là, Adrian ? Il ne faut jamais dire jamais. En attendant, les ailes de Red Bull Racing se déploient plutôt bien sous ta direction. Et ça, personne ne peut le nier.


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