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Les cinq légendes : McLaren

La chronique Pitstop reprend du service et poursuit son petit voyage dans l'histoire des grandes écuries de la Formule 1. Cette semaine c'est McLaren qui est à l'honneur.

© McLaren - Retour sur l'épopée de l'équipe de Woking© McLaren - Retour sur l'épopée de l'équipe de Woking

L'histoire de McLaren en Formule 1 débute en 1966. Bruce McLaren, Néo-Zélandais féru de sports mécaniques depuis son enfance, accède à la catégorie reine avec la M2B à moteur Ford issu de l'Indy. Ce bloc constituera le principal point faible du team qui le troquera rapidement contre un Serenissimo dérivé du propulseur Ferrari et qui permettra à l'équipe de marquer son premier point en championnat. Mais dans l'ensemble cette première campagne n'est pas un franc succès, pas plus que la suivante d'ailleurs. Il faudra attendre 1968 pour voir une McLaren sur un podium. Cette année-là, les voitures orange sont motorisées par Cosworth et Bruce McLaren fait appel à Denny Hulme, fraîchement titré pour l'épauler. Au total ils collectionneront six podiums dont trois victoires (1 pour McLaren, 2 pour Hulme) et terminent 3ème et 5ème du championnat des pilotes tandis que le team est deuxième dans celui des constructeurs derrière les intouchables Lotus. On croit alors la machine lancée mais en 1969 l'écurie doit essuyer l'échec des 4 roues motrices et doit faire face à une certaine dispersion. McLaren est en effet représentée en F1 mais aussi en CanAm, en F5000 et prépare son entrée en Formule Indy. Denny Hulme décroche néanmoins une victoire au Mexique. Ce sera le dernier succès auquel assistera Bruce McLaren qui trouvera la mort l'année suivante à Goodwood alors que la partie arrière de sa M8D se détachait en pleine accélération. Orpheline de son créateur, l'équipe se retrouve entre les mains de Teddy Mayer – avocat de formation qui avait cofondé McLaren Motor Racing Ltd quelques années plutôt. Malgré la présence de Denny Hulme, la descente dans la hiérarchie fut inévitable et il faudra attendre 1972 avant de revoir une McLaren remporter une course. Ce sera le début du retour du team à l'avant du peloton. En 1973, la M23 dessinée par Gordon Coppuck – et qui sera alignée durant 5 saisons – se montre d'entrée compétitive et permettra à Fittipaldi de décrocher le titre la saison suivante alors que Hulme quitte la F1 au terme du championnat.

L'édition 1975 est dominée par Ferrari et Lauda qui sont tout bonnement intouchables. Ils seront également de redoutables adversaires en 1976 au court d'une saison disputée dans une tension permanente entre les deux teams. Cette saison sera marquée par de nombreuses plaintes extra-sportives, souvent à l'encontre de McLaren et Hunt, mais aussi par l'accident de Lauda au Nürburgring qui provoquera le forfait de Ferrari pour la course suivante, en Autriche alors qu'aux Pays-Bas, seul Regazzioni est aligné, ce qui permet à Hunt de refaire son retard qui était pourtant conséquent. Lauda reviendra à Monza et le titre se jouera lors de la dernière épreuve au Japon disputée sous des trombes d'eaux. Lauda jugera les conditions bien trop dangereuses et abandonnera volontairement dès le deuxième tour laissant le titre à Hunt.

Pour 1977, la valeureuse M23 cède sa place à la M26 qui ne se montre pas particulièrement digne de son aînée. Les nombreux problèmes de fiabilité ne feront que miner le moral de Hunt, qui n'avait pas forcément besoin de ça. L'année suivante n'est guère plus glorieuse et McLaren ne peut rien faire face à la domination des Lotus. 1979 sera également à oublier tout comme 1980, malgré l'arrivée de Prost qui a impressionné son monde lors d'essais privés. Mais face aux problèmes à répétition, le Français quittera vite le navire pour rejoindre Renault dès 1981. C'est à ce moment là que Marlboro – sponsor de l'écurie depuis 1974 – décide de faire appel à Ron Dennis pour prendre les commandes. A seulement 33 ans, l'Anglais se retrouve donc à la tête de McLaren aux côtés de Mayer qui lui revendra ses parts deux ans plus tard. Sous l'impulsion de Dennis, le team fondé par Bruce McLaren va revenir aux avant-postes. L'Anglais fait venir John Barnard pour concevoir les futures McLaren. Bonne pioche puisque c'est à lui que l'on doit la première F1 avec une monocoque en carbone : la MP4/1 qui se montre performante d'entrée de jeu.

En 1982, Dennis continue à mettre ses pions en place. Il fait revenir Lauda en F1 et commence à faire la cour à Porsche pour la fourniture d'un futur moteur Turbo. Le constructeur se montre d'abord réticent, mais Dennis parvient à débloquer 5 millions auprès de Mansour Ojjeh (impliqué en F1 via le sponsoring de Williams par Saudia Airlines) et convainc ainsi la marque allemande de franchir le pas. Il faudra cependant attendre la fin de la saison 1983 pour voir le bloc Porsche propulser une monoplace blanche et rouge. L'association entre les deux parties sera particulièrement prolifique. En 1984, Prost – revenu de chez Renault – et Lauda dominent les débats avec 12 victoires sur 16 possibles et se battent pour le titre jusqu'au finish avec une victoire finale pour Lauda pour un demi-point face au pilote français qui prendra sa revanche en 1985 et 1986.

1987 pourrait être considérée comme une année de transition. Barnard quitte le navire pour officier du côté de Maranello, tandis que le moteur Porsche commence à sentir le point des ans. Dennis se tourne alors vers Honda pour 1988 tout en s'assurant les services d'Ayrton Senna pour épauler Prost. Comme avec Porsche en 84, 85 et 86, McLaren va à nouveau dominer la concurrence. En 1988, elle s'offre 15 victoires en 16 Grands Prix, faisant mieux qu'en 1984, offrant à Senna son premier titre de champion du monde. Ce sera au tour de Prost en 1989 mais l'ambiance entre les deux hommes est de plus en plus tendue et le titre se termine par un accrochage au Japon et le départ de Prost pour Ferrari. Ce qui n'empêchera pas le conflit de se poursuivre en 1990 avec le remake de Suzuka un an plus tard mais cette fois à l'avantage de Senna qui provoque l'incident. Le Brésilien s'imposera à nouveau en 1991.

En 1992, McLaren ne peut rien face aux Williams-Renault bourrées d'électronique. Déçu, Senna essayera même de rejoindre Ferrari. La saison 1993 ne sera pas des plus tranquilles. Propulsée par un Ford client, la MP4/8 décrochera 5 victoires grâce à Senna dont une restée dans toutes les mémoires : Donington. Ce qui n'empêchera pas Senna de partir pour rejoindre Williams en 1994 tandis que McLaren s'associe pour 4 ans avec Peugeot. L'association tournera cependant rapidement court et c'est avec un bloc Mercedes – revenu en F1 avec Sauber – que l'équipe de Woking s'aligne sur les grilles en 1995. Cette année-là, Mansell fait son retour, mais ne sachant pas entrer dans le baquet de la MP4/10, c'est Brundell qui participe aux deux premières courses de la saison avant que Mansell ne prenne le relais pour Imola et Barcelone. Le moustachu se rendra vite compte qu'à 41 ans sa carrière en F1 est derrière lui et rangera définitivement son casque après l'épreuve espagnole.

Après trois ans sans victoire, McLaren renoue avec l'ivresse du champagne en 1997. David Coulthard s'impose en Australie et à Monza avant d'offrir la victoire à Hakkinen à Jerez en assurant le doublé. 1997 est également l'année de l'arrivée d'Adrian Newey à Woking. L'ingénieur anglais permettra à l'équipe britannique de remporter les titres pilotes et constructeurs en 1998 ainsi que le championnat des pilotes en 1999. En 2000, la MP4/15 était également très performante mais la fiabilité lui fera défaut, laissant filer les lauriers chez Ferrari. 2001 ne sera pas mieux, loin de là, ce qui poussera Hakkinen à prendre sa retraite. 2002 est également à oublier malgré l'arrivée du jeune Räikkönen qui a fait forte impression chez Sauber l'année précédente. Le Finlandais qui sera en lice pour le titre en 2003 malgré le fait que McLaren aligne une MP4/17 modifiée pendant que son département technique essaye tant bien que mal de mettre au point la MP4/18 qui ne sera jamais alignée en course. La MP4/19 ne sera pas un grand succès non plus. Avec une seule victoire et des abandons à répétition, McLaren termine le championnat 2004 au 5ème rang du championnat des constructeurs ce qui ne lui était plus arrivé depuis 1985.

En 2005, la MP4/20 se montre la plus rapide du lot mais sa fiabilité reste son point faible et c'est Alonso sur sa Renault qui succède à Ferrari et Schumacher. En 2006, c'est de nouveau Alonso qui domine le championnat mais McLaren n'est plus dans le coup. Le départ de Newey pour Red Bull n'y est sans doute pas étranger. Pour 2007, Ron Dennis attend beaucoup du duo Hamilton-Alonso qui tournera au cauchemar avec le départ de l'Espagnol qui retournera ronger son frein chez Renault pendant deux ans ainsi que l'exclusion de son team du classement du championnat du monde suite à l'affaire d'espionnage avec Ferrari. 2008 reste à ce jour le dernier titre de McLaren qui se sera battue jusqu'au bout face à Massa et Ferrari. Ce duel aura sans doute impacté la préparation de 2009 qui voit l'arrivée d'importants changements dans la réglementation. Hamilton parviendra tout de même à s'imposer à 2 reprises, en Hongrie et à Singapour. En 2010, l'écurie joue le titre face à Red Bull et Ferrari tandis qu'en 2011, elle doit se contenter de la deuxième place dans les deux championnats dans lesquels Red Bull n'a laissé que des miettes. Pour 2012, McLaren disposait indiscutablement d'une voiture capable de se battre pour la couronne mondiale mais suite à des problèmes dans la gestion des ravitaillements et une fiabilité toute relative, ni Button ni Hamilton ne pourront défendre leur chance face à Vettel et Alonso.


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6 réactions sur cet article Donnez votre avis
arkansis
arkansis :
Les années Prost Senna étaient exceptionnelles, et voir Hakkinen tenir tête sans complexe à Schumacher valait son pesant de cacahuètes !
Il y a 89 mois
QuentinF1
QuentinF1 :
En tant que Fan de Lewis Hamilton je suis content que, (malgré le fait qu'il parte chez Mercedes) le dossier sur McLaren, l'écurie qui lui a permis d'être champion du monde, soit publiée le jour de son anniversaire !! Happy birthday Lewis ^^
Il y a 89 mois
Frans
Frans :
Très bon article, comme toujours.
Mais, je nuancerais le passage : "Pour 2007, Ron Dennis attend beaucoup du duo Hamilton-Alonso qui tournera au cauchemar avec le départ de l'Espagnol ...".

Précision : Hamilton a fini 2ème et Alonso 3ème du championnat pilotes et McLaren aurait terminé championne du monde des constructeurs si elle n'avait pas été disqualifiée par la FIA pour l'affaire d'espionnage. J'aurais trouvé utile de mentionner ce fait qui reste un cas unique je crois dans l'histoire de la formule 1.
Il y a 89 mois
Depy
Depy :
Quand je lis ce genre d'article parlant d'histoire, je n'ai qu'une envie... Me regarder des grands prix des décennies précédentes !

Ne fut ce que pour voir Hakkinen, je n'ai plus que de vagues souvenirs de cette époque là mais il me faudrait pas mal de temps pour me refaire toutes ces courses.

Par contre, FRANS fait bien de le dire, c'est un détail non négligeable fait que Mclaren n'a eu plus de titre pilote depuis beaucoup plus longtemps. Reste que cet article est tout de même bien rédigé, merci :)
Il y a 89 mois
B971
B971 :
Mc Laren est une sacrée équipe et loin devant Ferrari si on tient compte du nombre de victoires depuis son apparition proportionnellement.

Chez eux, pas de pilote n°1 et de porteur d'eau! les Massa n'existent pas chez Mc Laren!
Il y a 89 mois
mrglm1978
mrglm1978 :
Parfaitement exact!
Il y a 89 mois
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