> > > > Monisha Kaltenborn ne veut pas « coller d'étiquette » aux pilotes payants

Monisha Kaltenborn ne veut pas « coller d'étiquette » aux pilotes payants

Dans l’éternel débat autour des pilotes payants, Monisha Kaltenborn estime qu’il ne faut pas systématiquement coller une étiquette aux jeunes qui arrivent en Formule 1 avec le soutien de sponsors. La directrice de l’écurie Sauber ne souhaite pas incriminer les écuries et insiste sur l’importance de réduire les coûts en Formule 1 qui ne sont pas étrangers à la promotion de pilotes payants.

© Sauber - Monisha Kaltenborn, directrice de l'écurie Sauber© Sauber - Monisha Kaltenborn, directrice de l'écurie Sauber

En annonçant il y a quelques semaines leur séparation d’un commun accord avec Timo Glock, en ne cachant pas que cela était motivé par des raisons économiques, Marussia a ravivé le débat sur les pilotes payants alors que certaines écuries ont préféré recruter de jeunes pilotes richement dotés plutôt que de prolonger des pilotes expérimentés mais sans le sou : « En comparaison de l’année dernière, cette année, la Formule 1 a perdu sept ou huit pilotes, y compris un type qui est monté sur le podium très récemment [Kamui Kobayashi, ndlr], » analyse Olivier Panis, manager de Charles Pic, auprès de nos confrères de F1news.ru. « C’est un sport difficile et tout ne dépend pas du pilote. C’est triste, mais c’est la réalité. »

Si certains regrettent en effet amèrement que les écuries de Formule 1 cèdent davantage aux sirènes de l’argent qu’apportent certains pilotes, Monisha Kaltenborn, directrice de l’écurie Sauber, tient à faire la part des choses : « Ce que nous voyons ce sont de nombreux partenaires ou sponsors qui soutiennent les pilotes dès leurs débuts. Un bon exemple est Sergio (Pérez). Il a fait partie de l’Escuderia Telmex qui est une académie de course. Ils l’ont soutenu dès ses débuts et c’est naturel que, lorsqu’il entre dans le pinacle des sports mécaniques, ils viennent avec lui. Vous avez tellement de pilotes dans le paddock qui sont également venus avec des partenaires qui les ont soutenus dès le début. On ne parle pas de pilotes payants dans les séries de promotion parce que c’est normal qu’un pilote ait des partenaires qui le soutiennent. Pourquoi ne devrait-on pas appliquer le même principe en Formule 1 ? On n’aurait plus toutes ces discussions sur les pilotes payants. »

Pour l’Autrichienne, c’est avant tout le train de vie de la Formule 1 qu’il faut réformer alors que les mesures pour la diminution des coûts restent timides et marginales : « Bien sûr, ce serait bien que la Formule 1 prête un peu plus d’attention aux coûts. Nous devons faire quelque chose. Au cours des années, nous avons vu que nous n’échappions pas au contexte économique, pas uniquement les petites équipes mais tout le sport. Dans cet environnement, nous ne pouvons pas nous attendre à toujours avoir un haut niveau des revenus commerciaux de la F1. Nous devons vraiment trouver une manière de réagir. »

Monisha Kaltenborn reconnaît cependant qu’il y a de quoi s’inquiéter si l’absence de soutiens financiers est la raison réelle qui a mis certains pilotes au ban de la Formule 1 : « Ça ne serait pas une bonne évolution parce que la Formule 1 a besoin d’avoir les meilleurs pilotes et pas nécessairement ceux avec de l’argent. Mais il faut être juste avec les jeunes pilotes qui arrivent et ne pas immédiatement leur coller l’étiquette de pilotes payants. Il y a toujours eu des fluctuations sur la grille et personne ne rabâchait sur les pilotes payants. Tous ceux qui viennent en Formule 1 sont de haut niveau et s’il y a un nombre limité de places, alors évidemment chaque écurie cherche la meilleure option. Qui ne le ferait-pas ? »

Certains émettent ainsi l’idée d’instaurer en Formule 1 des frais de transferts, à l’image de ce qui peut se faire dans certains sports, afin d’encourager les équipes à miser sur les pilotes les plus talentueux dans l’espoir d’en tirer une plus-value lorsque des écuries de pointe les débaucheront. Bien que Sauber ait historiquement contribué à la promotion de nombreux pilotes qui ont par la suite été recrutés par des écuries telles que Ferrari ou McLaren, Monisha Kaltenborn s’oppose à cette idée : « Pour nous, la pression doit plutôt être sur nous pour que nous développions une voiture qui est suffisamment compétitive pour que les pilotes restent avec nous. Nous devrions être suffisamment compétitifs pour que les pilotes voient leur avenir chez nous. C’est ce que nous avons déjà réussi à faire avec des pilotes qui viennent chez nous, nous n’allons pas les chercher. Tous ceux qui sont passés chez [Sauber] sont venus vers nous. C’est déjà quelque chose de bien pour l’équipe. Maintenant, nous devons franchir la prochaine étape. »


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pignon
pignon :
Elle n'a pas tord! Sa venue à la direction d'un team fait du bien à la F1
Il y a 85 mois
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