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Tête-à-tête avec Sam Bird

Fan-F1 continue à vous faire vivre le Grand Prix de Grande-Bretagne au plus près des acteurs qui comptent. Ce matin, nous sommes donc partis à la rencontre de Sam Bird, troisième pilote chez Mercedes et aussi titulaire en GP2 chez Russian Time.

© Fan-F1.com - Nous avons rencontré Sam Bird dans le paddock GP2 de Silverstone© Fan-F1.com - Nous avons rencontré Sam Bird dans le paddock GP2 de Silverstone

Sam, commençons par évoquer les qualifications de GP2 d’hier où vous avez terminé deuxième. Vous saviez que ce serait une séance difficile avec l’arrivée de la pluie prévue au milieu de la séance. Vous deviez donc faire le meilleur temps possible le plus tôt possible.

« Oui, cela a été une séance difficile pour tout le monde. Quand la météo change comme ça, il faut que vous soyez à votre meilleur niveau dès le début, que vous soyez en mesure de tirer le maximum de vos pneumatiques tout de suite. Nous avons été en mesure de le faire. Je suis un peu déçu de ne pas finir en pole position mais la première ligne est quand même très bien. Avec un bon départ, nous pouvons clairement espérer nous battre pour la victoire cet après-midi. »

Après deux saisons en Formule Renault 3.5, vous faites votre retour en GP2. Quelles sont les différences principales entre les deux catégories ?

« Oui, j’ai fait une saison en GP2 avant de passer deux ans en World Series. En fait, la plus grande différence que vous voyez tout de suite, c’est qu’ici, en GP2, vous êtes vraiment dans la catégorie pour arriver en F1. Tous les yeux sont tournés vers vous. Vous êtes devant les personnes que vous voulez impressionner pour le reste de votre carrière. Il y a donc cette petite pression supplémentaire pour réussir. Donc si vous êtes capables de gérer cette pression alors tout va bien. C’est la principale différence. Après, c’est sûr que les voitures sont différentes. Ici vous avez les pneumatiques Pirelli qui sont utilisés en F1. Tout est fait pour vous permettre de passer d’une GP2 à une F1. »

Quels sont vos objectifs pour le reste de la saison ? Même si vous êtes troisième au championnat en arrivant à Silverstone, vous êtes déjà très loin de Stefano Coletti et Felipe Nasr, qui collectionnent les victoires et podiums depuis le début de la saison. Le titre est-il encore jouable pour vous ?

« Oui, tout à fait. Le championnat est encore très ouvert, il y a encore sept week-ends de course, ce qui fait beaucoup. Nous ne sommes même pas à la moitié du championnat. Les deux devant moi auront à un moment un mauvais résultat, un mauvais week-end. Cela arrive à tout le monde en GP2. Cela s’est toujours passé comme ça et ça se passera toujours comme ça. Vous ne pouvez pas avoir une saison parfaite, en finissant toutes les courses dans les quatre premiers. Lorsqu’ils auront ce mauvais week-end, il faudra que je sois en mesure de capitaliser dessus. Je vais tout faire pour finir devant eux autant que je le peux. »

Depuis le début de la saison, vous avez déjà remporté deux courses, dont la prestigieuse course principale à Monaco. Est-ce que vous vous attendiez à de tels résultats si vite alors que la présence de l’écurie n’a été officialisée que tard au cours de l’intersaison ?

« Je m’attendais à ce que nous souffrions un peu plus que ça mais j’ai toujours eu confiance dans l’équipe que nous serions en mesure de réussir. Cependant, nous avons été compétitifs dès le tout début de la saison, ce qui est génial. Même en Malaisie où le résultat n’a pas été extraordinaire. Nous étions les plus rapides lors de la première course, j’aurais dû être sur le podium lors de cette course sans mon drive-through. La performance était clairement présente dès le début mais nous avons aussi beaucoup amélioré la voiture. Il y a encore beaucoup de travail pour être les meilleurs mais on y arrive progressivement. »

En parallèle de votre engagement en GP2, vous êtes le troisième pilote de Mercedes en F1. Vous semblez être la victime collatérale du « Tyregate » , qui interdit à Mercedes de participer aux essais de jeunes pilotes prévus à Silverstone le mois prochain. Quel est votre sentiment par rapport à cette décision ?

« En tant qu’équipe, nous avons fait ce que nous avions à faire. C’était une situation difficile pour nous mais nous sommes parvenus à éviter une punition trop sévère, ce qui était juste à nos yeux. Donc d’un point de vue de l’équipe, ça va. »

De par les relations de plus en plus étroites entre Mercedes et Sahara Force India, est-il envisageable que vous fassiez ces essais pour jeunes pilotes au sein de cette écurie ?

« A l’heure actuelle, nous avons prévu de nous concentrer sur le travail en simulateur, ce genre de choses. Je ne suis au courant d’aucune discussion pour me mettre dans une autre voiture. Voilà ce que je sais à l’heure actuelle. »

Pouvez-vous nous expliquer les différentes tâches que vous effectuez au sein de Mercedes ? Est-ce que vous effectuez un gros travail sur le simulateur de l’écurie ? Quelle est votre intégration au sein de l’écurie ?

« Je suis au cœur du développement, tout le temps. Je suis très impliqué dans la manière dont nous structurons notre développement. Pour les différents composants de la voiture, nous allons avoir une idée de développement. Il y a ensuite une ligne de progression où le travail en simulateur est assez loin sur cette ligne de progression, avant que cette nouvelle pièce soit physiquement produite et ensuite intégrée à la voiture en course. Là où je rentre en compte est de voir sur le simulateur si les chiffres qu’ils auraient pu voir sur ordinateur se confirment une fois qu’on intègre la modification dans le simulateur. »

Vous faites partie de Mercedes depuis un certain temps maintenant. Quelles différences avez-vous noté cette année avec l’arrivée de Lewis Hamilton par rapport à l’année dernière avec Michael Schumacher ?

« Il y a surtout eu une évolution, avec de nombreuses personnes qui sont arrivées. Nous avons maintenant Paddy Lowe, avec Aldo Costa, Bob Bell. J’ai travaillé avec Nick Fry, Ross Brawn. Ils sont parmi les meilleurs ingénieurs avec lesquels j’ai travaillé au cours de ma carrière. Il y a donc eu une évolution de nouvelles personnes de premier rang, qui sont arrivées dans l’équipe, pour faire évoluer la direction dans laquelle nous travaillons et la manière dont nous travaillons. Cela permet d’évoluer progressivement vers une équipe de nouveau championne du monde. »

Quelles sont vos perspectives à l’avenir ? Avez-vous des pistes pour arriver en F1 alors que vous voyez nombre de vos anciens rivaux en GP2 être désormais en F1 ?

« C’est difficile à dire, c’est vraiment difficile à dire. De nos jours, accéder à la Formule Un est quelque chose d’extrêmement difficile. J’ai déjà un pied en F1 en tant que pilote-réserve, ce qui est fantastique. C’est en quelque sorte un rêve qui devient réalité de pouvoir travailler avec une équipe de F1. La prochaine étape dans ce rêve serait de pouvoir courir en F1 et devenir un vainqueur en Grand Prix. Mais ce n’est pas le cas à l’heure actuelle. Ce que je dois faire maintenant c’est me concentrer sur mon travail en GP2, essayer de gagner autant de courses que possibles. A commencer par la course de cet après-midi. C’est le plus loin où je peux regarder à l’heure actuelle. »

De notre envoyé spécial à Silverstone


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