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Hongrie : Chiffres et données techniques

Petit tour d'horizon des contraintes techniques qu'impose le circuit du Hungaroring sur le châssis, le moteur et les pneumatiques des monoplaces de Formule 1.

© Mercedes AMG - Direction le Hungaroring ce week-end© Mercedes AMG - Direction le Hungaroring ce week-end

La Formule 1 se rend en Hongrie ce week-end sur le circuit du Hungaroring, surnommé le "Tourniquet hongrois". Le circuit, situé près de Budapest, est présent sur le calendrier du championnat du monde depuis 1986 et va donc accueillir son 28ème Grand Prix de Hongrie ce dimanche.

Le circuit est très technique, avec de nombreux virages, ce qui oblige les équipes à rouler avec beaucoup d'appui, presque autant qu'à Monaco. C'est également un tracé où il est difficile de dépasser et donc une bonne position sur la grille est importante.

Michael Schumacher est le pilote qui a le mieux réussi en Hongrie, avec 4 victoires à son actif devant Ayrton Senna avec 3 victoires autant que Lewis Hamilton. Du côté des équipes, c'est McLaren qui a connu le plus de succès en Hongrie avec 11 victoires devant Williams (7) et Ferrari (5).

Le tracé hongrois a été le théâtre de moments importants de la F1, comme la première victoire d'une monoplace équipée d'un KERS en 2009 suite à la victoire de Lewis Hamilton. C'est également sur le Hungaroring que Damon Hil a décroché sa première victoire en F1 en 1993 au volant de sa Williams devenant ainsi le premier fils d'un champion du monde à remporter un Grand Prix.

Peu de pilotes hongrois ont pris part à leur Grand Prix national, le premier et pour l'instant le seul a été Zsolt Baumgartner en 2003 au volant de la Jordan. Il avait remplacé Ralph Firman qui avait eu un accident en essais libres. Le Hongrois s'était qualifié en 19ème position (sur 20 pilotes). Il avait ensuite dû abandonner après 34 tours suite à un problème avec son moteur Ford.

Dépasser n'est pas une chose aisée en Hongrie et la FIA a ainsi décidé de mettre en place deux zones DRS pour ce Grand Prix avec un seul point de détection, ce dernier est situé avant le virage précédant la ligne droite. La première zone DRS se trouve sur cette ligne droite et la seconde dans la foulée du premier virage. Toujours du côté de la FIA, ce week-end on retrouvera Alan McNish en tant que pilote-commissaire. Du côté de la météo, il devrait faire beau et chaud tout le week-end avec des températures dans l'air allant jusqu'à 36°C dimanche voir plus.

Le Hungaroring côté châssis


Tom McCullough, Responsable de l'ingénierie de piste de l'écurie Sauber F1 Team :
« Le Hungaroring est un vrai défi pour les pilotes et les ingénieurs, car c'est l'un des circuits les plus techniques du calendrier. Le tracé du circuit résulte en un fort pourcentage de temps passé dans les virages. Cela signifie que le niveau d'appui nécessaire est similaire à celui de Monaco. Il y a beaucoup de longs virages qui sont fluides, avec la majorité pris à vitesse basse et moyenne. La position en qualification est importante, car dépasser est toujours difficile même avec l'utilisation du KERS et du DRS. »

Le Hungaroring côté moteur


Rémi Taffin, Directeur des opérations en piste de Renault Sport F1 :
« Ce circuit sinueux de 4,381 km est souvent comparé à une piste de karting, avec un virage lent qui s’enchaîne avec un autre. Cette nature débouche sur une vitesse moyenne extrêmement basse, avec seulement 182 km/h. Il s’agit du tracé le plus lent de la saison après Monaco. En fait, avec seulement 55% du tour passé à pleine charge, les besoins de cette piste permanente sont très similaires à ceux d’un circuit urbain.

La puissance délivrée par le moteur n’est donc pas un problème majeur. Le V8 n’est exploité à son régime maximum qu’à deux endroits : la ligne droite de départ et la ligne droite de 790 mètres qui relie les virages n°3 et 4. Nous utilisons généralement des moteurs pour leur troisième week-end de course et nous travaillons sur la réponse du couple à bas régime et sur la facilité de pilotage.

Avec autant de phases accélération/freinage, la consommation au kilomètre est élevée et la quantité d’essence embarquée au départ est assez lourde. Ceci est atténué par la température ambiante, généralement autour de 30°C, voire même 35°C.

Tout en réduisant la consommation de carburant, les hautes températures mettent le système de refroidissement à rude épreuve. La dissipation thermique est un point-clé, surtout en considérant que le moteur n’a que peu de temps pour respirer entre les virages. Malheureusement, les gros appuis nécessités par ce tracé ne nous autorisent pas l’adjonction de prises d’air dans la carrosserie. Nous avons donc préparé minutieusement ce rendez-vous sur les bancs d’essai à Viry, travaillant particulièrement sur les bas régimes avec une température ambiante élevée.

Traditionnellement, le Hungaroring a toujours souri au moteur RS27, qui se comporte bien sur les circuits sinueux nécessitant une grande facilité de pilotage. Nous chercherons à tirer parti de cet avantage avant la pause estivale. »

Le Hungaroring côté pneumatiques


Les gommes disponibles pour les pilotes au Hungaroring sont les suivantes :
  • Tendres (flancs jaunes) ;
  • Mediums (flancs blancs) ;
  • Intermédiaires (flancs verts) ;
  • Pluie (flancs bleus).

L'avis de Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport :
« La Hongrie marque le premier événement de notre toute dernière spécification de pneus P Zero, consistant en une alliance des structures 2012 aux composés 2013. Ces pneus ont été testés par les équipes à Silverstone au cours des essais Jeunes Pilotes, offrant une opportunité aux monoplaces d’adapter leurs réglages de la meilleure façon possible en fonction des nouveaux pneus. Les voici maintenant en compétition pour la première fois, sur le Hungaroring où les qualifications sont particulièrement importantes. Le travail effectué lors des essais libres sera donc très important. Dépasser sur ce circuit n’est jamais une tâche aisée, et les équipes utiliseront les meilleures stratégies pour maximiser leurs chances de gagner des positions sur la piste.

La sélection de pneus tendres et mediums devrait les aider pour cela, sur la base des données réunies par toutes les équipes avec différentes charges de carburant en essais libres. Les températures peuvent être très élevées en Hongrie, et il s’agit d’un facteur influençant les niveaux d’usure et de dégradation. La traction et le freinage sont deux aspects critiques de la performance pneumatique en Hongrie, les équipes utilisant des réglages destinés à améliorer ces domaines-clés. Avec des niveaux d’énergie latérale relativement bas, la performance pneumatique plus que la durabilité sera le facteur posant des limites et cela constituera la base du choix des stratégies. Les équipes tenteront d’utiliser les pneus dans leur fenêtre de fonctionnement optimale aussi longtemps que possible. Le design de nos derniers pneus devrait leur permettre d’y parvenir. »

L'avis de Jean Alesi, ambassadeur Pirelli :
« Le Hungaroring est un circuit sur lequel il est difficile de dépasser, bien qu’ils aient un petit peu allongé la ligne droite il y a quelques années pour fournir plus d’opportunités de dépassements, ce qui aide un petit peu. Cela signifie que les qualifications peuvent également être très importantes. On y trouve de la dégradation pneumatique, mais cela provient plus de la traction et des freinages que de virages à fortes énergies : il faut s’assurer que les pneus ne se fatiguent pas à la fin des relais en particulier.

En dépit du fait d’être monté sur le podium, cela n’a jamais été, pour moi, un circuit particulièrement excitant sur lequel piloter. Mais il est très important dans l’histoire et la culture de la Formule 1 : la première fois que j’ai couru là-bas, la Hongrie était encore de l’autre côté du Rideau de Fer, et le Grand Prix a fait partie de ces choses qui ont amené du changement dans tant de pays de cette zone, qui était encore communiste à l’époque. Ce fut une période historique incroyablement excitante et la course fut le symbole de la libération qui arrivait. Ces jours sont maintenant loin, mais les fans sont toujours aussi passionnés et c’est pour cette raison que c’est toujours un plaisir de revenir. »

Le Hungaroring en chiffres


Longueur du circuit du Hungaroring4,381 km
Nombre de virages14 (8 à droite et 6 à gauche)
Vitesse moyenne182 km/h
Vitesse de pointe303 km/h
% d’un tour à pleine charge47
Consommation de carburant1,9 litres par tour ; 62 l/100km
Record du tour1:19.071 (Michael Schumacher, Ferrari, 2004)

Le Grand Prix de Hongrie 2012


Pole position :
Lewis Hamilton (McLaren) en 1:20.953

Podium :
1 - Lewis Hamilton (McLaren)
2 - Kimi Räikkönen (Lotus)
3 - Romain Grosjean (Lotus)

Meilleur tour en course :
Sebastian Vettel (Red Bull) en 1:24.136

[A partir des communiqués publiés par la FIA, Pirelli, Renault Sport F1 et Sauber F1]

De notre envoyé spécial au Hungaroring


Preview, Hungaroring et Technique




4 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Je me souviens toujours de la théorie de Jackie Stewart concernant les circuits très sinueux avec difficulté de dépassement : En course, il ne faut pas privilégier un appui maximum. Ainsi, même si le temps au tour s'en ressent, ceux qui sont derrière resteront derrière en courbe et seront moins rapides dans les lignes droites. Mais force est de constater qu'une vérité des années 70 n'a plus la même pertinence aujourd'hui : L'utilisation des moteurs a infiniment progressé en souplesse ce qui autorise une reprise couplée à la tenue de route autorisant une bien meilleure sortie de virage. Verdict en piste !
Il y a 83 mois
QuentinF1
QuentinF1 :
Aifaim, cette théorie semble être celle appliquée par Mercedes, ils ont des vitesses de pointes élevées, contrairement aux RBR !! Ils savent qu'ils vont perdre du temps en virage mais qu'il faudra être plus rapide en ligne droite pour ne pas se faire doubler.

Un exemple, GP de Hongrie 2006, Schumacher n'avait plus les bons pneus sur la piste séchante, à chaque début de ligne droite la voiture derrière revenait à sa hauteur mais la Ferrari ayant une vitesse de pointe plus élevée réussissait à repasser devant.

Bien sur, c'était le temps où il n'y avait pas de DRS ...
Il y a 83 mois
milano
milano :
C'est la que le DRS fait perdre un peu le charme .
Il y a 83 mois
Adelin
Adelin :
Je trouve que le DRS n'est pas plus mal, car il permet quand même quelques petits truc, comme des dépassements au virage 3 !
Il y a 83 mois
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