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Règlement de la Formule 1 : quand instabilité rime avec attractivité

La FIA vient d'annoncer un certain nombre de modifications du règlement pour la saison 2014, dont une, controversée, est le doublement des points inscrits lors du dernier Grand Prix. Ce n'est pas la première fois que la FIA se lance dans une partie de dés pour améliorer le spectacle. C'est une habitude depuis maintenant quinze ans.

© Fan F1 - La FIA nous a encore sorti de nouvelles réformes inattendues de son chapeau.© Fan F1 - La FIA nous a encore sorti de nouvelles réformes inattendues de son chapeau.

Lundi, la FIA a surpris tout le monde en sortant de nouvelles mesures applicables dès la saison 2014. Deux d'entre elles font particulièrement parler fans et observateurs : les numéros permanents pour les pilotes et le doublement des points inscrits lors du dernier Grand Prix. Une mesure prise pour « maximiser l’attention sur le championnat jusqu’à la fin de la saison », comme décrit dans le communiqué de la FIA.

Avec une audience de 500 millions de personnes dans 187 pays différents, c'est aujourd'hui la priorité des instances dirigeantes de la F1 : garder le caractère de spectacle international et donc son attractivité économique en tant que marché potentiel pour toute entreprise qui souhaiterait y investir.
La priorité de la réglementation a toujours été d’assurer la sécurité des Grands Prix pour les pilotes, les spectateurs et les commissaires de piste. Mais une autre facette s'est révélée : la redistribution des cartes. Au début des années 1990, les Williams-Renault écrasaient tout sur leur passage, notamment grâce à leur avance technologique au niveau de l'électronique. En 1994, les aides électroniques sont bannies. Ce genre de manoeuvre destinée à améliorer le spectacle s'est généralisé au début des années 2000.

Deux barèmes de points en sept ans

Si à cette époque, la combinaison Schumacher-Ferrari a de loin été la meilleure, leur domination écrasante a porté préjudice à la discipline. En 2002, ils remportent huit des onze premières courses, Michael Schumacher s’assurant le titre de champion du monde dès le Grand Prix de France, au début de l’été. Il termine la saison avec onze victoires en 17 Grands Prix et 144 points, soit quasiment le double du deuxième, son coéquipier Rubens Barrichello, qui a glané 77 unités. En 2004, c’est un véritable monopole. Ferrari et Schumacher s’imposent, en décrochant haut la main douze des treize premières courses de la saison.

La FIA se lance alors dans une profonde rénovation du règlement, entre réduction des coûts et recherche de spectacle. Le barème de points change deux fois en sept ans, passant de six places récompensées (10 points pour le premier, 6 pour le deuxième, 4 pour le troisième, 3 pour le quatrième, 2 pour le cinquième et 1 pour le sixième) à dix (25, 18, 15, 12, 10, 8, 6, 4, 2, 1). C’est la première fois depuis 1950 que le barème est aussi instable. Grâce à cette mesure, la FIA s’attend à avoir un championnat plus serré.

La recette introuvable des qualifications

De la même manière, la séance de qualifications, organisée pour répartir les pilotes sur la ligne de départ le dimanche, change de caractéristiques tous les ans entre 2003 et 2010. Jusqu’en 2003, les pilotes disposaient de quatre tentatives pour réaliser le meilleur temps possible durant une séance d’une heure. Aujourd’hui les qualifications se découpent en trois parties, Q1, Q2 et Q3. A la fin de la Q1, les six pilotes les moins rapides sont éliminés, puis les six suivants lors de la Q2. Les meilleurs se disputent la pole position lors de la Q3. Cette configuration améliore le trafic en piste et donc, la qualité du spectacle proposé.

DRS et gommes tendres

Pendant la course non plus, le spectacle n’était pas toujours au rendez-vous. Au début des années 2000, les dépassements se faisaient de plus en plus rares. L’aérodynamique sophistiquée des voitures a rendu les voitures particulièrement sensibles au moindre flux d'air turbulent. Même en étant en position de dépasser un concurrent, un pilote souffrait à contrôler sa voiture. Il préférait donc attendre derrière.
La solution a été le DRS (entré en vigueur en 2011), l’aileron flexible qui s’ouvre au moment où le pilote dépasse, ce qui lui octroie une puissance supplémentaire de 20 à 30 kilomètres/heure à celle qu'il avait quand il était fermé. Le résultat, certes artificiel, est immédiat. Dépassements, attaques, contre-attaques... Le spectacle est assuré pour les téléspectateurs du monde entier qui s'ennuient devant des processions de voitures, même les plus rapides au monde, les unes derrière les autres.

Dans le même ordre d’idée, la FIA impose un manufacturier de pneus unique, afin à la fois d’arrêter l’escalade budgétaire de la guerre des pneus, notamment entre Michelin et Bridgestone au début des années 2000 et de réguler le spectacle. En 2011, c’est Pirelli qui est choisi comme partenaire du championnat du monde de Formule 1.
Le manufacturier italien a d'emblée créé des gommes les plus tendres possibles afin de multiplier les arrêts aux stands et augmenter le spectacle. Cette mesure a atteint un point de non-retour cette année, avec des délaminations provoquées par une usure excessive des gommes et donc, un danger pour les pilotes.

La dernière mesure sortie du chapeau de la FIA ne sera en tout cas pas un danger pour les pilotes, même si elle risque de dénigrer les autres courses. Mais la F1 est un show. Ce label de discipline spectaculaire intéresse les pays du monde entier, prêts à payer plusieurs millions pour accueillir un Grand Prix. C'est une marque de prestige.


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