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La petite histoire de Ferrari au Mans

En cette période de fêtes, la Chronique Pitstop ouvre ses livres d'histoire et se replonge dans l'aventure de Ferrari en endurance et plus particulièrement aux 24 Heures du Mans.

© DR - La 312 PB, dernier proto Ferrari officiel au Mans© DR - La 312 PB, dernier proto Ferrari officiel au Mans

Alors qu'elle espère bien dominer le championnat du monde 2014 de Formule 1, Ferrari pourrait bien se lancer dans un nouveau défi à l'horizon 2015/2016 : les 24 Heures du Mans. Enfin quand on parle de nouveau défi c'est sans doute exagéré puisque la marque au cheval cabré a déjà triomphé dans la Sarthe et ce à neuf reprises entre 1949 et 1965. Autrement dit, Ferrari gagnait au Mans avant de gagner en Formule 1 dont la création du championnat du monde date de 1950.

L'édition 1949 de cette course mythique marque la fin d'une trêve de 10 ans pour cause de guerre mondiale. Pour sa première participation, Ferrari n'engage que deux voitures confiées à des écuries privées – en 1962 la marque italienne alignera 15 voitures. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître puisque le bolide, aux mains de Lord Selsdon et Luigi Chinetti, prend les commandes à l'entame de la 10ème heure de course pour ne plus les lâcher. La deuxième Ferrari elle ne verra pas l'arrivée.

En 1954, la Scuderia est engagée en son nom propre, avec trois voitures officielles et deux confiées à des équipes clientes. Les Ferrari 375 Plus officielles sont conduites par les duos suivant : José Froilan Gonzalez - l'homme qui a ramené le premier trophée de vainqueur en F1 en 1951 - et Maurice Trintignant, Robert Manzon et Louis Rosier, Umberto Maglioli et Paolo Marzotto. Pour contrer l'armada rouge, Jaguar aligne elle aussi trois voitures plus une quatrième préparée par l'écurie Francorchamps de Jacques Swaters.
La pluie élague le peloton de cette édition et à quatre heures du drapeau à damier c'est la Ferrari du duo Gonzalez-Trintignant qui mène les opérations devant la Jaguar D-Type de Duncan Hamilton et Tony Rolt. La voiture britannique reviendra en fin de course mais pas suffisamment pour empêcher la marque de Maranello de s'imposer pour la deuxième fois au Mans.

Jaguar prendra sa revanche lors des trois éditions suivantes. En 1955 aucune Ferrari ne voit l'arrivée. En 1956, Olivier Gendebien et Maurice Trintignant montent sur la troisième marche du podium et en 1957, c'est en cinquième place qu'on retrouve la première voiture rouge derrière quatre Jaguar. Entre temps Aston Martin est également venue s'ajouter aux candidates aux places d'honneurs. En 1958, on s'attend à une bagarre à trois pour la victoire mais les hostilités tournent court à cause de nombreux abandons et c'est finalement la Ferrari 250 TR pilotée par Olivier Gendebien et Phil Hill qui s'impose avec treize tours d'avance sur l'Aston Martin du team P & A.G. Whitehead. C'est le même duo qui remportera l'épreuve en 1961 toujours sur la 250 TR ainsi qu'en 1962 au volant de la Ferrari 330. Olivier Gendebien s'offre un quadruplé puisqu'en 1960 c'est associé à son compatriote Paul Frère qu'il sabre le champagne du podium de l'épreuve Mancelle.

Le succès de la marque fondée par Enzo Ferrari durera encore trois ans. Sa dernière victoire au Mans remonte à 1965 avec le duo Rindt - Gregory. Débutera ensuite l'hégémonie de Ford qui remportera les éditions 1966, 1967, 1968 et 1969. Ferrari placera deux voitures sur le podium de l'édition 1967. Une 512 M engagée par une équipe américaine terminera troisième en 1971 alors que le dernier podium date de 1973, deuxième. C'est la dernière fois que Ferrari s'est officiellement engagée au Mans. Aujourd'hui des Ferrari sont alignées en GT.

Il y a quelques jours, Luca di Montezemolo, qui avait été à l'origine de la fin du programme d'endurance en 1973, a indiqué de Ferrari pourrait revenir au Mans dans un ou deux ans. Si ce projet devait voir le jour ce serait avec la structure AF Corse qui engage déjà les 458 Italia en GT. Si rien n'est encore officielle, ce possible retour a toutefois déjà été salué par Mark Webber qui verrait bien un line-up composé de Fernando Alonso et Valentino Rossi...


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10 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
1949 : Lord Selsdon et non Sheldon, en fait le titre nobiliaire de Peter Mitchell
1954 : Ferrari 375 Plus et non SP
Gendebien s'offre un triplé consécutif mais bien 4 victoires avec 1958, un record qui sera égalé ( puis battu) par son compatriote Jacky Ickx en 1977.
Il y a 70 mois
VENON
VENON :
Incollable Aifaim! Avez-vous déjà entendu le bruit de cette 312p? Fabuleux, et il s'agit si je ne me trompe d'un flat 12 n'est-ce pas?
Il y a 70 mois
milano
milano :
Aifaim c'est notre polo la science de fanf1 :)

Il y a 70 mois
Aifaim
Aifaim :
Milano@, Venon@, les apparences sont trompeuses : Si vous compariez mes petites connaissances au gouffre de mon ignorance, vous auriez le vertige !
Venon@, en fait, il s'agit, sur la photo, d'une 312 PB. Pour le bruit, c'est oui. A l'époque, je travaillais au virage de Mulsanne (au bout de la ligne droite des Hunaudières, donc je m'en suis régalé pendant les essais et la course. Malheureusement, le flat italien n'avait pas l'aboiement rageur du V12 Matra. Quant à la Ferrari 312 P, elle était équipée d'un V12 mais avait perdu de sa prestance avec l'âge et une ... préparation de Chinetti (NART).
Il y a 70 mois
Aifaim
Aifaim :
Pour en revenir à cette photo, savez-vous qui est au volant ? Un certain Helmut Marko. Il terminera 2e des 1000 km de Zeltweg 1972 avec Carlos Pace, un pilote de F1 qui disparaîtra dans un accident d'avion.
Il y a 70 mois
VENON
VENON :
@Aifaim:Vous êtes trop modeste, il est vrai que le v12 à un bruit plus rageur qu''un boxer et cette barquette je l'ai vue à un Ferrari days à Spa dans le début des années 2000 avec à son volant un certain Jacky Ickx et j'avais trouvé ce bruit vraiment gratifiant surtout lorsqu'il abordait la ligne droite et en décélération et rétrogradage avec ses petarades.
Il y a 70 mois
Aifaim
Aifaim :
Je n'avais pas fait attention à la légende de la photo : Non seulement il s'agit d'une 312 PB et non 312 P mais surtout, il est absolument faux d'écrire qu'elle est la dernière Ferrari proto ayant disputé les 24 heures du Mans : En 1974, la vieille 312 P, recarrossée (hélas !), est revenue mais, surtout, de 1995 à 1999, des Ferrari 333 S/P privées ont disputé les 24 h.
Il y a 70 mois
VENON
VENON :
@Aifaim:l'incollable n'est-ce pas la rédaction?
Il y a 70 mois
La rédac'
La rédac' :
Cher Aifaim, nous vous remercions encore et toujours pour votre attention et votre savoir encyclopédique !

La plupart des erreurs ou inattentions relevées ont été corrigées :)

Encore merci à vous et de un Joyeux Noël !
Il y a 70 mois
Aifaim
Aifaim :
chers amis de la Rédaction, merci tout d'abord de votre message outrancier d'éloges car mes connaissances s'amenuisent avec l'âge même si mes archives et Internet rafraîchissent la jachère.
Merci aussi de ne pas prendre ombrage de mes propos quand ils relèvent une inexactitude.
Le site doit s'enrichir des connaissances, des réflexions voire des expériences des uns et des autres pour profiter à tous et toutes. Presque un voeu pour 2014 ...
Il y a 70 mois
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