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Les 20 ans du décès d'Ayrton Senna : témoignage d'Érik Comas

Le 1er mai 1994 a vu la mort d’Ayrton Senna sur le circuit d'Imola, 20 ans plus tard le monde de la F1 célébrait ce triste anniversaire. Fan-F1 vous propose une série de témoignages sur la mort du pilote auriverde. Nous commençons par Érik Comas, pilote de l’écurie Larrousse qui témoigne dans le quotidien français L'Equipe.

© LAT - Le décès d'Ayrton Senna a profondément marqué Eric Comas© LAT - Le décès d'Ayrton Senna a profondément marqué Eric Comas

« Ayrton Senna m'a sauvé la vie »
Grand Prix de Belgique 1992 à Spa-Francorchamps, Erik Comas alors pilote de l’écurie Ligier tape violemment le rail à plus de 300 km/h. La voiture du Français est disloquée, il reçoit une roue dans sa tempe droite. L’ancien pilote de Ligier était KO, le moteur tournait, les risques d’accidents étaient grands.

Par chance, le Français était suivi d’un certain Ayrton Senna qui a garé sa monoplace à côté de la Larrousse accidentée, il a sorti le Français de sa monoplace tout en coupant le moteur. Érik Comas se réveille sur une civière sur le chemin de l’hôpital. Le Français est reconnaissant envers le Brésilien.

Deux ans plus tard, il verra son sauveur du jour être victime d'un terrible accident qui lui coûtera la vie. 20 ans plus tard, le Français s’exprime sur ce fameux week-end à Imola : « Deux ans plus tard, le 1er mai 1994, à Imola, Roland Ratzenberger se tue lors des essais, la veille de la course. Nous étions tous déprimés. La plupart d’entre nous n’avait pas vu la mort de près, en course, et là, un des nôtres n’était plus… Ayrton était ému. Au briefing d’avant-course, il m’a avoué vouloir organiser une réunion des pilotes à Monaco pour améliorer la sécurité sur les circuits et dans les voitures. Je me sentais proche de lui, de ses préoccupations. »

Le déroulement de la course selon Comas
Le Français nous relate cette course dramatique. Il se rappelle un début de Grand Prix chaotique : « Arrive le moment du départ, un accrochage sérieux entre Pedro Lamy [pilote portugais chez Lotus] et JJ Letho [pilote finlandais chez Benetton Ford]. La piste est jonchée de débris. Les officiels font intervenir le Safety Car. On roule en procession. Je me fais harponner l’aileron arrière. Quand la course est relancée, je sens tout de suite une vibration à haute vitesse. Je rentre aux stands. »

Juste après que la voiture de sécurité soit partie l'inéluctable arrive : « Ayrton sort de la piste à Tamburello. C’est la panique ! Drapeau rouge, feu rouge… On m’autorise quand même à sortir en piste avec mon aileron neuf. Me voilà sur Tamburello alors que tous les autres rentrent aux stands. »

Le Français arrive sur le lieu du crash, il se remémore : « Depuis le bord de la piste, on me fait de grands signes… Je vois l’hélico, l’ambulance, la Williams, Ayrton dans la civière, entouré par les médecins. Je m’arrête à côté de l’ambulance et, tout de suite, on me fait monter à l’intérieur. Le casque d’Ayrton est posé sur la banquette : je ne peux pas le regarder, ça fait trop mal. Je reste là, prostré. Je ne peux plus bouger. Je suis à quelques mètres de la civière, à quelques mètres d’Ayrton. Et là, d’un seul coup, je sens monter l’odeur de la mort. Elle me paralyse. »

Choqué par ce qu'il vient de se passer, le Français décide d'arrêter la F1 : « On n’entend plus les voitures, seulement le murmure de la foule qui grossit de minute en minute derrière les grillages. Je retourne aux stands dans une ambulance et je quitte le circuit. J'annonce que je suis forfait. Je ne peux pas courir, je ne veux pas courir. A l’aéroport, la télévision passe des images du Grand Prix et de l’accident. J’ai appris le décès d’Ayrton avant d’embarquer mais j’étais déjà en larmes. Dieu venait de mourir. Ce jour-là, j’ai détesté le Formule 1. La blessure que j’ai au cœur s’est très lentement refermée. Mais je sais que chaque 1er mai, elle se rouvre. »

Une date bien sombre pour tous les fans du champion brésilien.


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Jicé
Jicé :
**** Erik .. tu nous as tous fait mal en racontant ces pénibles circonstances dans lesquelles Ayrton nous a quitté. Moi aussi j'ai du mal à m'y faire; même 20 ans après, par la pensée on revit encore et toujours le même chemin de croix. RIP Ayrton.
Il y a 23 mois
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