> > > > Richard Phillips nous présente les projets de Silverstone

Richard Phillips nous présente les projets de Silverstone

De même que l'an passé, Fan-F1 est de nouveau dans les paddocks de Silverstone. Nous en avons profité pour rencontrer de nouveau le patron du circuit, Richard Phillips. Celui-ci nous explique en exclusivité ses projets et son opinion, notamment sur le bruit des nouvelles F1.

© Pirelli - Richard Phillips a encore de grands projets pour Silverstone© Pirelli - Richard Phillips a encore de grands projets pour Silverstone

2014 est une année importante pour Silverstone puisque c’est le 50ème Grand Prix que vous accueillez. Pouvez-vous nous détailler les activités prévues à destination des fans pour célébrer un tel événement ?

« Cette année, nous avons décidé de passer à un format sur quatre jours complets puisque nous voulions ouvrir l’accès à la pitlane et avoir un concert le jeudi. Nous avons ainsi accueilli Kaiser Chiefs sur la scène principale du F1 Village. Sur la journée de vendredi, nous avons également mis en place un concours pour que les gens viennent habillés dans des costumes de course des années précédentes afin de gagner des places pour aller sur la grille dimanche. Nous avons également prévu des parades de voitures anciennes sur les trois jours afin de célébrer les voitures qui ont marqué notre histoire. Cela s’est très bien passé puisque nous avons plus de quinze voitures qui roulent et elles sont également visibles en statique. »

C’est la première fois que vous ouvrez la pitlane le jeudi alors que d’autres Grands Prix le font depuis des années. Est-ce que c’est quelque chose de spécial pour cette année ou est-ce que vous envisagez de renouveler l’expérience dans les années à venir ?

« Non, c’est clairement quelque chose que nous voulons mettre en place sur le long terme. Nous voulons que le Grand Prix dure plus longtemps afin de répondre à la demande de plusieurs catégories de personnes. Nous voulons vraiment en faire une semaine complète d’événements. Ainsi nous avons reçu mercredi une conférence pour des entreprises liées de très près aux sports automobiles afin qu’elles puissent réseauter. Le plus d’activités différentes, le mieux ce sera car nous pourrons attirer encore plus de monde. »

Donc le format de quatre jours est celui qui vous voulez adopter pour le futur ?

« En fait, nous pourrions même aller jusqu’à cinq jours. L’important est d’être intéressant pour les gens. Mais il y a plein de choses qui peuvent être intéressantes pour plein de gens différents. Nous faisons attention aux prix que nous pratiquons mais, peut-être, que des jours d’introduction à des prix moins élevés pourraient aider à faire venir des gens plus jeunes afin qu’ils s’intéressent au sport. De plus, cela peut les pousser à utiliser nos campings et à profiter de l’atmosphère générale. »

Votre objectif est donc de vous éloigner des seuls fans de sport automobile mais d’attirer d’autres types de personnes ?

« Oui, je pense que c’est important que nous attirions de nouvelles personnes vers notre sport. Je pense que c’est non seulement important pour nous mais ça l’est également pour le sport, pour les sponsors et donc pour les équipes puisque les sponsors voudront mettre davantage d’argent dans le sport. Nous avons désormais énormément de bonnes personnes qui viennent mais nous devons attirer des jeunes et des personnes qui ont d’autres envies et d’autres aspirations. Ce serait d’une grande valeur pour les sponsors. C’est donc très important que tout le monde travaille pour proposer davantage de produits à différents types de personnes, plus jeunes que celles que nous attirons actuellement. »

L’an passé, vous avez attiré quasiment 300.000 personnes pendant le week-end. Est-ce que le fait que Lewis Hamilton, un pilote britannique, joue désormais le titre a eu un impact positif sur vos ventes ?

« En fait, nous avons souffert de la domination des Red Bull à la fin de la saison dernière. Après notre course, Sebastian Vettel a gagné toutes les courses sauf une. Cela les a conduit à leur quatrième titre consécutif. Cela a eu un gros impact sur les ventes à ce moment-là. Mais c’est vrai que depuis le début de la saison, nos ventes sont allées beaucoup plus vite que nous nous y attendions. Donc au final, nous pensons pouvoir faire au moins aussi bien que l’an dernier. Et hier, nous avons eu 30.000 personnes pour un jeudi. Donc au final, nous sommes plutôt satisfaits. »

En début de saison, nous avons entendu beaucoup de promoteurs se plaindre du bruit des nouvelles voitures. Il y a eu une réunion des différents promoteurs en Espagne. Quel est désormais votre opinion sur la question du bruit ?

« C’est vrai que nous étions très inquiets après la première course en Australie. La réaction des fans là-bas a été très négative. Nous étions donc inquiets et sommes allés à Bahreïn pour écouter les voitures de nos propres oreilles. Nous avons trouvé que le bruit des voitures était bon. Elles sont certes moins bruyantes mais le bruit sonne bien. Les performances des voitures étaient largement meilleures. Donc la course a été meilleure. Nous avons donc communiqué auprès de nos fans pour les prévenir qu’ils ne s’attendent pas au même type de bruit. Au final, nous ne recevons pas le même retour des fans que ce qu’a pu connaître l’Australie. Il semblerait donc que cela soit désormais accepté par les fans que c’est à ça que ressemble la F1 maintenant. La technologie est la plus évoluée que nous ayons jamais eue. Je pense que le public britannique est un bon révélateur de ce qui est acceptable ou pas. Donc nous verrons à la fin du week-end mais nous sommes confiants. »

Vous avez annoncé un nouveau partenariat commercial avec MEPC pour le développement de Silverstone Park. A quel point cet accord est-il important pour l’avenir de Silverstone ?

« Il est très important. Nous devions obtenir un permis de construire sur l’ensemble de notre propriété. Nous sommes l’un des très rares circuits au monde qui est véritablement indépendant, qui se finance de lui-même. Nous avons donc trouvé nous-mêmes l’argent pour construire The Wing (NDLR : le nouveau paddock) et modifier le circuit. Nous parlons là de plusieurs dizaines de millions de livres sterling. Ce n’était pas tenable pour nous de continuer à honorer cette dette et à payer les intérêts sur cette dette. Nous devions donc trouver un nouveau partenaire et nous sommes ravis d’avoir pu trouver MEPC. Ils nous donnent plus de 32 millions de livres sterling pour environ 800.000 mètres carrés. Cela nous laisse donc largement de quoi faire par nous-mêmes. Mais ce sont de bons partenaires car ils sont là pour le long terme et c’est ce dont nous avions besoin. »

Quel impact a-t-il eu sur votre activité en tant que circuit ?

« Dans tous les cas, nous avions déjà commencé à nous diversifier il y a un moment maintenant. La course en tant que telle ne représente plus que 20% de la marge que nous dégageons. Les autres 80% viennent donc d’autres activités, qui sont tout de même toutes liées à ce que nous faisons en tant que circuit. Mais nous opérons dans le monde entier, sur d’autres événements. Nous nous développons dans la musique, ce qui nous permet d’organiser des festivals de musique. Nous prévoyons également de développer notre héritage et proposer des activités de loisir. Nous devons juste nous assurer que nous sommes bien coordonnés avec MEPC pour les plans de développement à venir. Ils construisent une moitié et nous construisons l’autre. »

Il s’agit d’une relation d’interdépendance entre vous ?

« Tout à fait car Silverstone Park ne peut pas réussir s’il y a un bon circuit au milieu mais nous avons également besoin que de nouvelles entreprises viennent ici pour que nous puissions poursuivre notre développement. Il y a un effet d’entraînement entre nous mais nous devons planifier entre nous pour les décennies à venir. »

Il y a quelques mois, vous avez soulevé des doutes quant au financement public que recevrait le circuit au Pays de Galles. Avez-vous reçu des réponses de la part du gouvernement britannique sur le sujet ?

« Oui nous avons reçu une lettre du Premier Ministre. Le problème est que le Pays de Galles est une zone à fort chômage. Ils peuvent donc recevoir des subventions alors que nous ne pouvons en recevoir aucune. Nous ne sommes pas inquiets qu’ils construisent un circuit mais nous sommes inquiets que cela crée une concurrence déloyale avec d’autres circuits. Nous devons tous payer d’importantes sommes d’argent pour accueillir ces grands événements mais s’il y a de l’argent public qui entre en ligne de compte, les redevances à verser augmentent également. Ce n’est donc pas bon pour le sport non plus. Ce n’est donc pas bon sur le long terme. »

Est-ce que ce nouveau circuit représente une menace importante pour vous par rapport à ces grands événements comme la F1 ?

« Non pas vraiment. Comme je l’ai dit, la majeure partie de notre chiffre d’affaires et de notre profitabilité provient d’autres sources. Nous avons un très bon taux d’occupation, nous sommes engagés dans l’éducation, nous faisons énormément de choses différentes. Cela leur demanderait beaucoup de temps et encore plus d’argent pour essayer de se rapprocher de ce que nous faisons. Nous n’avons même aucune idée de ce qu’ils vont faire puisqu’ils n’ont toujours pas dit d’où venait l’argent et ils n’ont pas commencé les travaux. C’est donc une situation intéressante mais nous avons déjà connu ça avec Donington. Donc nous verrons bien quand il y aura un plan concret. »

De notre envoyé spécial à Silverstone


Silverstone, Circuits Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.






Ce site internet est non officiel et n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group. Plus d'information dans nos mentions légales.