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Les anciens de la F1 : Montoya, l'homme le plus rapide de l'ouest

Juan Pablo Montoya est devenu, ce dimanche 6 juillet, le vainqueur le plus rapide de l'histoire sur une course de 500 miles en Indycar, 14 ans après sa dernière victoire en amérique du nord et 9 ans après ses derniers succès en F1. C’est l’occasion de revenir sur la carrière de ce fougueux Colombien.

© jpmontoya.com - Juan Pablo Montoya prend beaucoup de plaisir depuis son retour en monoplace© jpmontoya.com - Juan Pablo Montoya prend beaucoup de plaisir depuis son retour en monoplace

Vainqueur au bout des 200 tours de l’oval de Pocono, Juan Pablo Montoya prouve, s’il en est besoin, qu’il n’a jamais perdu sa vitesse… ni sa fougue ; en démontre un aileron avant endommagé dans une passe d’arme musclée. Cela ne l’a pas empêché de décrocher le record de la victoire dont la vitesse moyenne est la plus élevée de l’histoire sur une course de 500 miles : 325,73 km/h (surtout grâce à un seul drapeau jaune sur les 2h28 de course).

Les débuts prometteurs

Montoya
Après une initiation au Karting par son père, Juan Pablo commence le sport auto en 1992 en gagnant la moitié des courses de la Formule Renault colombienne. En plus de sa scolarité, le jeune Montoya enchaîne les cours de pilotage et la compétition dans plusieurs disciplines sur le continent américain. Il alterne la monoplace et le touring car, parfois la même année, en remportant à chaque fois des victoires et plusieurs championnats.

Il fait le saut vers l'Europe en 1995 et se fait rapidement remarquer par un certain Helmut Marko (aujourd’hui conseiller de Red Bull Racing), qui le recrute dans son écurie de F3000 en 1997. Ses exploits dans l’antichambre de la Formule 1 attirent l’attention de l’écurie Williams F1 (qui le surveillait depuis 2 ans), lui faisant signer un poste de pilote d’essai la même année. Il manque de peu le titre mais décroche la couronne en 1998 en battant Nick Heidfled. Il signe de beaux exploits : un record de 4 poles positions d’affilées en début de saison et une victoire à Pau avec un tour d’avance sur le deuxième.

La désillusion et le retour triomphant en Amérique

Montoya
Malheureusement la situation financière chez Williams est difficile et la promesse d’un poste de titulaire à court terme s’efface pour Montoya. Le patron, Frank Williams, réussit un échange qu’il pense avantageux pour l’équipe. Il souhaite un pilote d’expérience capable de scorer et d’attirer de nouveaux investisseurs. Il envoie donc le colombien aux États-Unis, en championnat CART chez Ganassi Racing, en échange du double champion en titre, l’Italien Alessandro Zanardi.

Montoya
Au final, la situation est bénéfique pour Montoya, qui se retrouve au volant d’une voiture capable de gagner des courses, alors que Zanardi déçoit. Il surprend tout le monde en devenant en 1999 le 2e pilote à remporter ce fameux titre de monoplace dès son année de “rookie” (débutant), après Nigel Mansell. L’année suivante il signe l’exploit d’une victoire dès sa première participation aux 500 miles d’Indianapolis, alors sous l’égide du championnat Indy Racing League (depuis fusionné avec le CART pour devenir l’Indycar Series). Ces exploits ne passent pas inaperçus outre-Atlantique et Williams, qui le surveille discrètement, fait revenir Juan Pablo pour l’année 2001.

Le grand bain chez Williams-BMW

Montoya
L’écurie anglaise bénéficie du soutien financier de BMW et d’un moteur d’usine depuis l’année précédente, mais la machine n’est pas encore bien huilée. En 2001, Montoya fini à la 6e place du championnat, grâce à une victoire en fin de saison en Italie et malgré 11 abandons en 17 courses, dont 6 casses mécaniques. Même s’il termine deux places derrière son coéquipier Ralf Shumacher, sa compétitivité est indéniable… autant que son agressivité et sa mauvaise habitude à dépasser ses limites.
2002 restera une de ses meilleures années. Il est juste devant son coéquipier au championnat (sans signer de victoire) et le meilleur des “autres”, c’est à dire 3e derrière les Ferrari de Schumi et Barrichello.

Montoya
En 2003, on prend les mêmes et on recommence, excepté Kimi Räikkönen qui vient intercaler sa McLaren en dauphin du championnat du monde entre l'imbattable Michael Schumacher et Montoya. Cette année-là, il rentre dans la légende en remportant le Grand Prix de Monaco, alors que sa voiture n’était pas la mieux placée pour la gagne.
Début 2004, le Colombien annonce son départ chez McLaren pour l’année suivante. La mauvaise entente dans l’équipe n’arrange rien aux performances en baisse de la Williams. Il finit tout de même 5e du championnat en arrachant une victoire lors du tout dernier Grand Prix, au Brésil, presqu’à domicile. Cette victoire est importante pour lui et il conserve toujours l’exemplaire de la Williams qui lui a permis de gagner en Amérique du sud.

L’espoir au volant de la McLaren

Le pilote colombien fonde beaucoup d’espoir sur sa nouvelle monture, conçue par Adrian Newey. En 2005, l’ingénieur anglais a déjà fait gagner 6 titres constructeur aux monoplaces qu’il a dessiné. Malheureusement, la McLaren MP4-20 est difficile à conduire. Juan Pablo termine 4e du championnat mais avec à peine plus de la moitié des points de son coéquipier, Kimi Räikkönen, 2e du championnat. Pourtant, le pire est à venir.
Newey est recruté par Red Bull pour 2006 et McLaren ne semble pas avoir mis les choses dans le bonne ordre pour sa nouvelle monoplace. Le manque de performance agace le Colombien. Ce dernier annonce l’arrêt de sa carrière en Formule 1 à effet immédiat à la mi-saison, après le Grand Prix des États-unis, au départ duquel il a poussé son coéquipier, causant leurs abandons et celui de 6 autres voitures. McLaren l’a certainement aidé à passer la porte et il est remplacé par Pedro De La Rosa pendant qu’il prépare sa carrière en NASCAR.

Le retour chez Ganassi

Montoya
À partir de 2007, Juan Pablo Montoya retrouve l’équipe Ganassi, avec laquelle il a gagné en monoplace. Il effectue 7 saisons complètes dans la catégorie reine de la NASCAR. Il fait quelques coups d’éclats, principalement lors les 2 circuits routiers (sur les 36 courses de la saison), mais se fait aussi remarquer à cause de son coup de volant offensif.
Cependant, la réussite n’est pas au rendez vous. Il sera présent une seule fois dans le “chase” (la course au titre), en 2009, qu'il termine à la 8e place.

Marre de tourner en rond

Fin 2013, il est remercié par son écurie de NASCAR et prend la décision, sans hésitation, de revenir en monoplace. Il signe un contrat avec le grand rival de Ganassi, l’équipe Penske, et est sponsorisé par Verizon, le partenaire officiel de l’Indycar. Certains l’annoncent hors du coup, à 38 ans et après autant d’années à rouler sur ovale (261 départs). En effet, les performances de son début de saison sont très aléatoires. Mais il montre rapidement sa vitesse à partir de la 8e course en signant deux podiums au Texas, sur l’ovale de Fort Worth et sur le circuit en ville de Houston (un podium 100% colombien avec la victoire de Carlos Huertas et la 3e place de Carlos Munoz).
Continuant sur sa lancée il signe enfin son grand retour lors de la 11e course de la saison 2014 en remportant la victoire sur l’oval de Pocono, en Pensylvanie. En plus du record de la vitesse moyenne d’une victoire sur 500 miles, il confirme sa capacité à gagner dans toutes les catégories auxquelles il a participé depuis ses débuts en compétition, il y a 22 ans.

Montoya
Juan Pablo Montoya est également le seul pilote vivant, avec Jacques Villeneuve, à avoir gagné deux courses de la mythique Triple Couronne (Grand Prix de Monaco, 500 miles d’Indianapolis, 24h du Mans). Seule la course sarthoise manque à leur palmarès pour rejoindre le record de Graham Hill. Mais à la différence de Villeneuve, le Colombien n’est pas attiré par l’endurance, malgré ses 3 victoires aux 24h de Daytona (en 2007, 2008 et 2013).

Le message du bad boy de Bogotá est clair ; grâce à cette victoire il se relance pour le titre en revenant à la quatrième place du championnat Indycar et démontre, s’il était nécessaire, qu’il n’a rien perdu de sa combativité.


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11 réactions sur cet article Donnez votre avis
arkansis
arkansis :
Ce pilote est selon moi l'un des plus grand gâchis de l'histoire de la Formule 1.

Il avait dès le départ tout ce qu'il fallait pour battre tous les records de Schumacher, l'avenir en a décidé autrement.
Il y a 39 mois
Denis 62
Denis 62 :
Ahhhhh Merci pour ce papier sur Montoya, une de mes idoles ! S'il n'était pas tombé sur le Baron Rouge, il aurait pu espérer un titre sans souci.

Un petit mot sur le magnifique début de saison de Simon Pagenaud serait bienvenu également, c'est un des français les plus rapides du moment en monoplace.

L'Indycar est pleine de grands talents, trop souvent sous-côtés par les fans de F1.
Il y a 39 mois
arno
arno :
Pocono ce n'est pas un ovale.
Il y a 39 mois
PrimoAlonso
PrimoAlonso :
Montoya, le type ultra prometteur chez Williams, totalement massacrer par Räikkönen en 2005. Beaucoup moins en 2006 ou les deux était relativement proche mais son sale caractère à eu raison de lui chez Mclaren. Dommage, je pense qu'il aurais pu pas mal d'année en plus. En tous cas, je suis content de son succès.
Il y a 39 mois
Mika
Mika :
@arno,

En effet, Pocono est un oval triangulaire... tout comme Indianapolis est un oval rectangulaire... mais ils sont classés dans la catégorie "oval" par les ricains.
Il y a 39 mois
arno
arno :
C'est surtout que à Pocono il y a 3 virages différents et ce sont souvent les bons pilotes sur circuit routier qui s'y imposent aussi bien en Nascar qu'en Indy parce qu'il faut trouver le meilleur compromis au niveau des réglages et du pilotages entre les 3 virages qui ont des courbures et des inclinaisons différentes.
Alors que sur les "vrais" circuits ovales les virages ont tous souvent la même inclinaison et la même courbure.
Il y a 39 mois
ZAle
ZAle :
Rapide naturellement mais pas assez constant et pas assez travailleur pour la F1.
Il y a 39 mois
rowhider
rowhider :
Montoya fait partie des pilotes arrivés en F1 à la mauvaise époque? Avec son talent naturel exceptionnel il aurait légitimement eu toute sa place dans les années 70-80 où le feeling de la voiture était plus important que l?entrainement physique et les réglages ultra-précis. Vraiment dommage pour la F1 d?avoir perdu un tel pilote et également un « personnage » avec sa personnalité de feu.
Il y a 38 mois
Insoumix
Insoumix :
Je Pousse Michaël...

Ce type n'avait rien à faire en F1, dire qu'il était attendu comme l'arme absolue contre Schumi... Il ne lui manquait que le bélier devant sa monoplace pour mieux foutre les autres en dehors de la piste...
Il y a 29 mois
ayenge
ayenge :
@PrimoAlonso :

Euh je crois qu'il y'a un bug là ! En 2005 c'est Kimi qui loupe le titre de peu face à Alonso !!! Toute la saison s'est limitée à un duel Alonso-Kimi ???

En 2006, Kimi termine le championnat à nouveau 5eme avec 65 points et Montoya 8eme avec 26 points. Il est vrai que Montoya quitte la F1 à partir du GP de France mais aussi, à la décharge des deux pilotes, la saison s'est résumée à comptabiliser les abandons pour ennuis mécaniques !

Montoya pour moi restera une totale énigme ! Pilote rapide et capable de superbes courses mais aussi très irrégulier. Je reste néanmoins "réservé" quant à le mettre parmi les pilotes qui ont marqué la F1 car, pour prendre ses saisons les plus représentatives:

En 2001 il est quand même battu par Ralf Schumacher au championnat (31-49 & 1 victoires contre 3 à Ralf). Mais il n'est pas ridicule pour un rookie.

En 2002, il bat Ralf au championnat (50-42) & Ralf inscrit 1 victoire contre 0 à JP

En 2003, il bat Ralf au championnat (82-58), Ralf manque une course et chacun gagne 2 victoires !

En 2004, il bat Ralf au championnat (58-24) & inscrit 1 victoire contre 0 à Ralf mais à la décharge de Ralf c'est que sa saison a été écourtée à partir du GP de France donc cette saison est peu représentative.

Pour ceux qui s'en souviennent, la cohabitation entre Ralf et Montoya était assez équilibrée finalement et pourtant beaucoup soulignaient que Ralf n'était pas un bon pilote et qu'il ne devait sa présence en F1 qu'à son frère Michael !

Alors de deux choses l'une:
- Soit Ralf était sous-évalué
- Soit Montoya était sur-évalué

Quoiqu'il en soit il a fait de belles choses en F1 mais son passage reste quand même assez furtif pour que je me fasse une opinion tranchée... Un mystère pour moi, j'en conviens ! En tout cas ce qui est certain c'est que c'est un pilote qui n'avait pas froid aux yeux et par certains aspects il me faisait penser à Nigel Mansell !
Il y a 29 mois
ayenge
ayenge :
@PrimoAlonso :

Mille excuses ! J'ai mal lu ton post. L'ai lu à l'envers et par là donc mon post rejoint un peu ce que tu dis !

Méa culpa !

Pas assez dormi! Bon vais me recoucher 1h00 avant l taff cet aprem ;-)
Il y a 29 mois
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