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Magneti Marelli nous présente sa stratégie dans les sports automobiles

A l’occasion du Grand Prix d’Italie, nous sommes rentrés en exclusivité dans la zone d’accueil permanente de Magneti Marelli en plein cœur du circuit de Monza. Nous y avons été reçus par Eugenio Razelli, le PDG de l’entreprise, et Roberto Dalla, son directeur des sports automobiles.

© Magneti Marelli - L'entreprise italienne équipe de nombreuses écuries en F1 et dans d'autres sports© Magneti Marelli - L'entreprise italienne équipe de nombreuses écuries en F1 et dans d'autres sports

L’entreprise a une longue histoire avec les sports automobiles puisqu’ils font partie intégrante de son activité commerciale depuis sa création en 1919 : « Cela fait presqu’un siècle que nous sommes présents dans les sports automobiles. Au fil des années, Magneti Marelli s’est structuré pour gérer les sports automobiles non pas comme simplement une passion mais bien pour leur donner une identité et une mission très claires au sein de cette immense entreprise qu’est Magneti Marelli. » a ainsi déclaré M. Dalla.

Il faut ainsi ne pas oublier que l’entreprise a généré en 2013 un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards d’euros en 2013 et emploie 37.000 personnes réparties sur 85 sites dans le monde. La division que dirige M. Dalla est évidemment modeste à l’échelle de ce mastodonte : « Malheureusement ou heureusement, les sports automobiles ne sont pas si grands que cela chez nous. Une centaine de personnes travaille sur le sujet chez nous mais je suis fier de dire que l’importance que nous avons au sein de l’entreprise n’est pas triviale. »

La description de M.Razelli est ainsi très claire pour le rôle qu’il attend de cette division : « J’aime à considérer les sports automobiles comme une ile. Une ile dans le sens où elle est totalement indépendante et qu’elle requiert beaucoup d’attentions particulières. Mais dans le même temps, cela doit être une ile qui dispose de nombreux ponts avec le reste du monde afin de profiter de toutes les opportunités de croissance. »

Trois missions : l’innovation, la promotion de la marque et les bénéfices

La mission qu’il a confiée à M. Dalla et ses équipes est très claire : « Les sports automobiles doivent favoriser l’innovation. Cela doit permettre à l’entreprise d’explorer de nouveaux territoires, de tester immédiatement de nouvelles solutions et estimer si de nouvelles applications doivent être développées. »

Cette directive présidentielle a été favorisée par les changements dans la réglementation que nous avons pu voir dans de nombreuses disciplines à commencer par la F1 au cours des dernières années. M. Dalla a ainsi commenté : « Les sports automobiles et la F1 en particulier sont de plus en plus proches de l’industrie automobile au sens général. C’est donc beaucoup plus simple de justifier les investissements que nous faisons dans ce secteur. »

Cependant, l’entreprise n’investit pas dans l’innovation seulement pour la beauté du geste et l’amour de l’innovation mais également afin de promouvoir sa marque et son savoir-faire, comme le détaille Roberto Dalla : « En travaillant sur les bijoux que sont ces voitures et en mettant notre logo dessus, nous sommes capables de dire que nous sommes impliqués dans l’aspect technique de ces voitures. Le fait que nous soyons présents dans un tel environnement est une déclaration très directe des capacités au sein de notre entreprise. »

Le troisième élément de la stratégie dans ce secteur est que les sports automobiles sont considérés comme une activité commerciale comme les autres à l’intérieur de l’entreprise : «Les bénéfices sont un élément important pour notre activité. Evidemment, étant donnée notre taille, vous pouvez imaginer que nos bénéfices ne vont rien changer à l’échelle de Magneti Marelli mais, pour nous, il est important de ne pas gâcher de l’argent dans ce que nous faisons. Au bout du compte, si nous pouvons être au moins à l’équilibre, c’est une très bonne chose car cela permet de ne pas avoir à demander de l’argent supplémentaire au PDG. »

Plus que l’argent qui est dégagé dans ces activités, l’intérêt d’être considérée comme une division à part entière est que cela force son personnel à être concentré sur des éléments qui ont une valeur marchande : « Si nous ne faisons pas attention à nos bénéfices, nous risquons de diminuer notre efficacité. »

Trois éléments techniques à développer : les groupes motopropulseurs, la connectivité et l’électronique

Une fois que nous avons détaillé les trois missions principales de la division sports automobiles, nous nous sommes intéressés aux éléments techniques que Magneti Marelli propose à ses clients. Le premier est lié aux groupes motopropulseurs : « Nous avons été très impliqués dans le développement dans les technologies depuis de nombreuses années et encore plus ces toutes dernières années. L’hybride est un élément important mais, de manière générale, avoir des moteurs plus petits, plus efficaces nous a donné beaucoup de travail. »

Pendant l’intersaison, M. Dalla s’était inquiété que toutes les voitures puissent abandonner en Australie puisque la technologie était tellement différente et compliquée : « Le challenge que nous avions face à nous était extraordinaire. Je suis fier de dire et de rapporter ce que m’a dit M. Razelli m’a dit à ce sujet : « Je suis impressionné qu’en Australie tout ait fonctionné. Parce que d’un point de vue d’ingénieurs, ce que nous avons fait avec les équipes est extrêmement impressionnant. »

En effet, les équipes ont eu très peu de roulages lors des essais mais les différentes parties prenantes se devaient de rendre un spectacle à la hauteur de la réputation de la Formule 1, le tout dans un environnement économique qui n’est pas le meilleur et le plus porteur : « Une nouvelle fois, cela montre que les sports automobiles sont un excellent moyen de concrétiser rapidement des idées. »

Un second élément technique qui est au cœur des préoccupations de Magneti Marelli est la connectivité. C’est un élément où elle est très proche de la division pour les véhicules de série car de nombreuses améliorations peuvent être réalisées dans ce domaine : « Grâce à la connectivité, nous pouvons améliorer la sécurité, la performance et la gestion de la voiture. » En Formule 1, toutes les monoplaces équipées par l’entreprise italienne sont donc reliées à un réseau propre afin de pouvoir transférer des données à travers la télémétrie.

Le dernier élément technique sur lequel les hommes et femmes sous la responsabilité de M. Dalla travaillent est l’électronique. En effet, la performance est de plus en plus obtenue à travers des éléments électroniques : « Cela a été notre principale activité à nos débuts et nous continuons à progresser dans ce domaine afin de permettre des modifications rapides sur les voitures mais également avoir une vision très claire et détaillée de chacune de nos voitures en temps réel. »

Gérer la confidentialité entre les écuries

Mais la firme transalpine se retrouve dans la situation où elle doit à la fois promouvoir la connectivité mais également la confidentialité de ces données puisqu’elle fournit de nombreuses écuries concurrentes du paddock. Le point de départ de chacun de ses produits est donc de partir d’une technologie qu’elle maitrise en interne avant de le proposer aux écuries en sachant qu’elle va devoir la personnaliser et l’adapter aux besoins de ses différents clients : « Nous ne voulons pas développer un produit et aller dire aux écuries : ‘’voici mon produit et prenez-le comme il est. S’il ne vous convient pas, tant pis, prenez en un autre.’’ Ce que nous cherchons à faire est de donner un cadre aux écuries dans lequel elles peuvent elles-mêmes développer leurs propres variations. L’intérêt pour nous est que cela nous permet également de progresser en termes de connaissance et de savoir-faire. »

Le dirigeant italien nous donne ainsi l’exemple de l’unité électronique qui gère désormais l’hybride sur les F1 comporte deux micro-processeurs différents : le premier, programmé par Magneti Marelli est relié au moteur et le second, programmé par l’équipe, est relié à la voiture. Deux situations peuvent alors se présenter : soit l’écurie se sent suffisamment puissante dans la programmation et décide de coder son propre micro-processeur. Dans ce cas, le fournisseur ne sait rien de ce qui se passe. Soit l’équipe décide d’également confier cette tâche aux hommes de M. Dalla.

La révolution de l’hybride

Le dernier sujet que nous avons évoqué ensemble est la question de l’hybride. On peut voir que de nombreux constructeurs ont suivi la tendance lancée par Toyota à la fin des années 1990. Désormais, les sports automobiles sont également lancés dans ce processus, avec la F1 et l’endurance comme fers de lance : « Nous sommes convaincus qu’un jour, tôt ou tard, toutes les compétitions automobiles seront hybrides. L’hybride est une énorme révolution. Comme toutes les révolutions, tout n’est pas sous contrôle, tout n’est pas compris mais ce que nous savons, c’est que depuis 2008, nous le comprenons mieux chaque jour qui passe. C’est le meilleur moyen d’augmenter l’efficacité des groupes motopropulseurs. Ces gains d’efficacité pour la compétition le seront également pour les véhicules de série. Un moteur électrique a une efficacité de plus de 80% alors qu’un moteur à combustion a une efficacité de 25%. Ce n’est pas possible que cette technologie ne perce pas à l’avenir car, même s’il y a des problèmes, la base est la bonne ! Nous devons nous assurer que cette base soit développée et devienne un standard. »

De notre envoyé spécial à Monza


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2 réactions sur cet article Donnez votre avis
ayrton
ayrton :
Oh ben , sur la photo , il y a deux voitures qui vont vite cette année ....... bon , je dis ça , je dis rien !!
Il y a 66 mois
BusinessF1
BusinessF1 :
Ce sont des voitures de l'année dernière : les deux ont donc gagné l'an passé ;)
Il y a 66 mois
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