> > > > Troisième voiture en F1 : Irrationnel pour Mallya, trop tard pour Boullier

Troisième voiture en F1 : Irrationnel pour Mallya, trop tard pour Boullier

Les discussions autour de la troisième voiture ont cours depuis plusieurs mois mais un tel projet est loin de faire l'unanimité : Vijay Mallya et Eric Boullier, avançant des arguments différents, repoussent l'idée sans toutefois l'exclure totalement.

© Sutton - Vijay Mallya en appelle à une meilleure répartition des revenus© Sutton - Vijay Mallya en appelle à une meilleure répartition des revenus

Face aux risques réels de voir plusieurs écuries disparaître, ce qui entrainerait automatiquement le passage en dessous du minimum de 20 voitures requis et donc un risque de remise en cause du système actuel de répartition des compétences et des revenus en discipline reine, une disposition des accords Concorde (qui courent jusqu’en 2020) entre FIA, écuries et FOM pourrait prévoir la mise en place d’une troisième voiture parmi les écuries restantes pour atteindre le quorum.

L’opposition à la mise en place d’une telle règle est importante. Seule l’écurie Ferrari s’est positionnée en sa faveur, motivée par la survie des accords susmentionnés qui lui assurent un pécule important (au minimum 5% des bénéfices de la F1) pour sa simple participation au championnat, quels que soient ses résultats. Bernie Ecclestone a pour sa part également appuyé une telle hypothèse, lui aussi en ayant dans un coin de son esprit les accords conclus qui pourraient être remis en cause, ce qui pourrait potentiellement permettre à la FIA de reprendre la main sur le système actuel.

Pour plusieurs directeurs, en revanche, une troisième monoplace par écurie créerait des risques à la fois sur le plan économique mais aussi sur le plan pratique.

Une compensation en cas de troisième voiture
Vijay Mallya, le co-propriétaire et directeur de Force India, pointe l’aspect irrationnel de la démarche mise en avant, alors qu’il souligne que d’autres solutions existent pour assainir la situation du paddock : « Je sais que ça a été discuté à chaque course, à chaque opportunité dans le paddock concernant la survie ou non de certaines écuries. Pourquoi cette incertitude ? Cette incertitude résulte du déséquilibre et d’une certaine irrationalité sur la manière dont les revenus sont partagés. »

En effet, la répartition des revenus de la discipline reine fait la part belle aux grosses structures qui sont aussi les plus victorieuses car les plus compétitives. Ainsi, Red Bull, Ferrari, McLaren, Mercedes et Williams se sont partagées à elles seules 63% des revenus - avec des primes liées aux victoires sur les trois dernières saisons (7,5% des revenus), notamment - quand les six autres écuries doivent se contenter des 37% restants. Et parmi ces dernières, seule Lotus siège au Groupe Stratégique de la F1 (organe tripartite composé à parts égales de représentants de la FIA, de la FOM et des écuries), qui est à l’origine de l’ensemble des décisions concernant l’avenir de la discipline reine.

« Les grosses équipes prennent une part importante du gâteau et les équipes plus petites ont moins en conséquence. C’est ce qui ajouter à toute cette spéculation, » explique l’Indien à ESPN F1. « La meilleure manière de faire cela est de créer une Formule 1 plus rationnelle qui donne à tout le monde une chance de ne pas juste survivre mais de pourvoir être compétitif et qui rend la F1 encore plus intéressante. »

Le directeur de l’écurie Force India espère une compensation en cas d’obligation de faire rouler une troisième monoplace : « Nous demandons une compensation pour construire une troisième voiture, nous n’allons pas le faire gratuitement. Je suis sûr que le détenteur des droits commerciaux en a conscience, il doit rendre cela économiquement viable. »

Il craint aussi l’archi-domination d’une équipe dans ces conditions : « Cette année vous voyez les deux Mercedes devant tout le monde. Ces dernières années, nous avions les Red Bull devant tout le monde, donc maintenant vous voulez qu’un podium soit entièrement occupé par une équipe. Cela n’a pas beaucoup de sens, n’est-ce pas ? »

« L’ADN de la Formule 1 – vous lisez des livres, vous voyez des films, voyez l’époque de Jack Brabham ou l’ancienne époque McLaren ou quand Bernie avait une équipe, Williams quand Frank s’occupait de l’équipe – ce sont des histoires qui vous donnent des frissons. Elles sont très excitantes, c’est l’évolution de la Formule 1. Maintenant, il n’est pas question de développement technologique, » regrette-t-il. « Une question constante à travers tout le paddock est de savoir qui ou qui ne va pas survivre. »

« Je n’ai jamais dit qu’un partage des revenus rationnel assure la compétitivité. Mais je peux me permettre de parler de moi : j’ai dépensé moitié moins d’argent et je concurrence toujours McLaren. Williams a dépensé moitié moins d’argent et est devant Ferrari. Donc, je n’ai jamais essayé de dire aux gens que le partage des revenus de la Formule 1 devrait rendre les équipes compétitives. Mais c’est une question constante de survie, ensuite les questions qui en résultent sur les trois voitures, etc. pourraient être éliminées une fois pour toutes : ce n’est pas bon pour le sport. L’ADN du sport a toujours été d’avoir des constructeurs et des équipes privées. Je ne connais aucune équipe privée qui a dépensé plus qu’un constructeur sur les 40 dernières années, » a-t-il conclu.

Trop tard pour la troisième voiture
Pour Eric Boullier, le directeur de la compétition chez McLaren F1, la mise en place d’une troisième monoplace pose aussi des problèmes pratiques ; pour lui, en effet, les écuries ne pourraient être prêtes pour le début de saison 2015 si le feu vert était donné dans les jours qui viennent : « Je pense que le pilote est le plus facile à trouver, » a-t-il expliqué à plusieurs médias lors d’une téléconférence. « Concernant le châssis de la troisième voiture, la logistique et les gens autour, nous aurions besoin d’au moins six mois. »

Le Français estime, pour Autosport, que seule la nécessité amènera vers les trois voitures : « C’est un débat qui n’est pas dans le bon timing, parce que nous devons attendre. S’il y a un besoin de faire courir trois voitures, alors nous verrons. Vous pouvez vous interroger sur beaucoup de choses concernant les revenus, mais si un jour on nous demande d’aider la F1 en faisant rouler trois voitures, alors nous devrons le faire. »


Règlement, et Economie Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




3 réactions sur cet article Donnez votre avis
alpi
alpi :
"j?ai dépensé moitié moins d?argent et je concurrence toujours McLaren. Williams a dépensé moitié moins d?argent et est devant Ferrari." Ce qui prouve, une fois de plus qu'avec une plus juste répartition des bénéfices, les équipes qui galèrent malgré leurs performances (pour certaines) pourraient avoir un avenir pérenne !

Mais quelques gros, qui se partagent l'essentiel du gâteau, ne veulent pas en entendre parler, alors qu'ils dépensent plus en étant moins performants pour certains... Comme quoi, les talents sont peut-être plus chez Force India et Williams que chez McLaren et Ferrari et l'argent ne récompense pas forcément la compétence...
Il y a 65 mois
arno
arno :
@alpi
Qui regarde la F1 pour voir courir Marussia Force India Caterham et Sauber?
Réponse pas grand monde

Ces écuries n'apporte rien à la F1 si ce n'est du nombre et touchent quasiment à elles seules 1/3 des revenus je trouve que c'est déjà beaucoup, même si j'adore Sauber et que je n'ai pas envie de la voir disparaître mais la complainte de Vijay Mallya est franchement hors de propos.

La présence de Force India n'apporte rien à la F1 et il n'y a aucune raison que cette écurie touche autant que Ferrari ou McLaren, ... dont la simple présence génère des millions de revenus contrairement à Force India qui bénéficie déjà d'une part des retombés économiques générés par les grosses écuries et en demander plus est totalement injustifié.
Il y a 65 mois
Aifaim
Aifaim :
Puisque Vijay Mallya se réfère à l'Histoire de la Formule 1, retournons vers le passé : La F1 "de l'époque de Jack Brahbam", c'était Ferrari pas très riche parce qu'indépendant encore et engagé en Endurance sur ses fonds propres. Les autres, c'était de l'artisanat plus ou moins de génie, s'appuyant sur la production de voiture sportive et/ou de course, fortune personnelle et motoristes tout aussi artisanaux. Hormis des passes d'armes de légende, personne aujourd'hui prêterait attention à des courses aux écarts phénoménaux en performance, préparation et fiabilité.

Mais il faut faire attention aux "petites" équipes. Qu'était Williams avant le sponsoring saoudien ? Demandez à Henri Pescarolo ce que valait sa "Politoys" en 1972. Williams a bénéficié d'un ingénieur de grand talent à l'orée de sa carrière, Patrick Head en 1977 ce qui lui amènera le sponsor cité supra. Oui, un grand talent en savoir-faire peut compenser des investissements moins productifs mais à un moment ou un autre, il faut la combinaison des deux pour une performance durable.
Il y a 65 mois
Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.

Ce site internet est non officiel et n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group. Plus d'information dans nos mentions légales.