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La fin de l'innocence d'une génération

L’accident de Jules Bianchi est venu marquer durablement la Formule 1 et ses acteurs. Si jusque là, les pilotes de cette génération n’avaient jamais été confrontés à un tel drame, la réalité leur a brutalement sautés aux yeux.

© MotorsInside / Q.Laurent - Une génération de pilotes brutalement réveillée par l'accident de Bianchi© MotorsInside / Q.Laurent - Une génération de pilotes brutalement réveillée par l'accident de Bianchi

Le 30 avril et le 1er mai 1994, la Formule 1 vivait deux des jours les plus sombres de son histoire. Avec les décès brutaux de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, toute une génération de pilotes a été directement confrontée à la dangerosité de son sport. De cette époque, plus aucun homme n’est encore en activité sur les grilles de départ cette saison. Michael Schumacher ayant été le dernier de cette génération marquée au fer rouge à participer à un Grand Prix, c’était en 2012.

Vingt ans après, une certaine innocence et légèreté flottaient dans les paddocks. Les instances dirigeantes et de nombreux pilotes s’étaient battus pour rendre cette discipline la plus sûre possible, à tel point que même des accidents graves et spectaculaires comme ceux de Robert Kubica au Canada en 2007 ou de Felipe Massa en Hongrie en 2009, faisaient office de miracles évidents aux yeux des participants et des spectateurs.
Les pilotes cependant n’ont jamais oublié l’aspect dangereux de la course automobile, mais ils avaient peut-être un peu tendance à le mettre de côté pensant, à tort ou à raison, que la fatalité ne pourrait pas les toucher. Une génération innocente et presque naïve…

Mais finalement, des dizaines de pilotes ont eu une carrière pléthorique avec un nombre de Grands Prix important, sans connaitre de drames. Des compétiteurs comme Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Ralf Schumacher, Nick Heidfeld, Juan Pablo Montoya ou encore Mark Webber ont fait toute leur carrière avec le spectre de la dangerosité sur leur tête mais sans, avec bonheur, le toucher violemment du doigt.

Désormais, la vingtaine de pilotes de cette saison 2014 sera profondément marquée par cette terrible journée du 05 octobre 2014, qui aura vu un de leurs collègues lutter pour la vie au prix de leur passion commune, comme l’a été la génération de 1994.
D’ailleurs, tout au long de sa carrière en Formule 1, Michael Schumacher, par exemple, a toujours couru en ayant à l’esprit de ce dur moment du 1er mai 1994, comme l’ont prouvé ses larmes en Italie lors d’une conférence de presse après sa 41ème victoire qui faisait de lui l’égal d’Ayrton Senna dans le palmarès de la Formule 1.

Une génération à jamais marquée mais qui devra être le moteur d’une réaction sécuritaire évidemment nécessaire pour faire en sorte que chaque accident de ce type serve au moins à quelque chose. D’abord à faire réagir l’inconscient collectif sur la prise de conscience perpétuelle de la dangerosité du sport automobile et ensuite à amener une réflexion sur les normes de sécurité qui doivent toujours être remises en question pour qu’à l’avenir, l’accident de Jules Bianchi, dont on ne pensait naïvement qu’il ne pouvait pas arriver, ne se reproduise plus. Et ce, quelle qu'en soit l’issue pour le jeune pilote français.


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4 réactions sur cet article Donnez votre avis
Micka
Micka :
Article qui parle beaucoup mais qui ne dit finalement pas grand chose... assez inutile! Et assez faux !
Vous êtes dans la tête des pilotes pour affirmer qu'ils étaient "insouciants" ?
Il n'y a pas eu assez de piqûres de rappel avec les nombreux accidents spectaculaires qu'il y a eu ? Pas besoin qu'un pilote se batte pour sa vie pour qu'ils aient conscience du danger de leur métier !
Il y a 35 mois
chris_lo
chris_lo :
En 2009, il y a eu aussi la mort du jeune Herny Surtees en Formule 2 à Brands Hatch, sans oublier l'accident à Silverstone de Maria De Villota

je ne crois pas que les pilotes actuels ont "oublié" le danger de leur discipline. Mais comme ils le disent souvent, si tu coures en pensant à ce genre de choses, c'est difficile d'être compétitif car le principe réside tout de même dans la recherche de la limite
Il y a 35 mois
Profx
Profx :
si t as la trouille ou tu calle et tu sort de la voiture , lauda l as fait , alors qui sont ils pour se comparer a lui ?
ou alors tu cours mais tu fait des fautes > massa

j' espere ne pas revoir une crise de parano comme par le passe , mais plutot une sorte de coup de spot sur les vraies capacites des diferents pilotes sachant que cela peut encore arrive
Il y a 35 mois
stokapi44
stokapi44 :
c est claire qu ils ne prennent pas le départ avec des pensée d un crash mortelle en tete , mais ils savent tous que le risque zéro n existe pas , les accident fatal de Simoncelli en moto gp ou Dan Weldon en Indycar c est derniere année sont la pour leur rappelé que la mort peut roder meme dans le sport mécanique de aux niveaux et qu a tout moment ca peux arrivé
Il y a 35 mois
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