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Alguersuari : "Une Formule 1 devrait être difficile à piloter"

Jaime Alguersuari, qui a quitté la F1 il y a trois ans et qui court en Formule E depuis trois mois maintenant, estime que le pilotage d'une Formule 1 est devenu trop facile et que cela facilite donc l'adaptation des nouveaux arrivants lors de leurs débuts.

© FIA / Formula E - Alguersuari pilote désormais pour l'écurie Virgin Racing en Formule E© FIA / Formula E - Alguersuari pilote désormais pour l'écurie Virgin Racing en Formule E

Jaime Alguersuari, qui a piloté pendant deux saisons et demi pour l'écurie Toro Rosso entre 2009 et 2011, estime que la Formule 1 a bien changé aujourd'hui, qu'elle est plus facile pour les pilotes et donc plus abordable pour les jeunes pilotes, la décrivant même comme « une super-GP2 ».

Le pilote espagnol, qui court actuellement en Formule E pour l'écurie Virgin Racing, a ainsi confié à Reuters son point de vue sur la F1 actuelle : « Je pense qu'une Formule 1 devrait être difficile à piloter, vous devriez vraiment avoir du mal à la piloter. Je me rappelle entraînant mon cou chaque jour pour Suzuka et la Turquie et ces endroits où il est si spécial de piloter en F1. Désormais ... une Formule 1 est devenue une super-GP2 ou une grande World Series. Donc c'est bien plus accessible pour les jeunes pilotes. »

Alguersuari, qui est devenu en 2009 le plus jeune pilote à prendre le départ d'un Grand Prix de F1 à l'âge de 19 ans mais qui verra Max Verstappen battre ce record, lorsqu'il débutera à Melbourne à seulement 17 ans, estime que le Néerlandais n'aura aucun mal à s'adapter à sa nouvelle monoplace, malgré une faible expérience : « Je pense que Verstappen fera du bon travail, clairement. Il va très vite s'adapter, vous verrez comme Kevin [Magnussen] l'a fait chez McLaren. La Formule 1 pour les débutants est désormais bien différente de ce qu'elle était il y a trois, quatre ou cinq ans. »


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19 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Le poids des mots ... "difficile à piloter", cela veut dire quoi ?
A entendre les témoignages de certains pilotes, leur saison 2014 fût perturbée justement par des monoplaces "difficiles à piloter", instables, aux réactions imprévisibles ... Si cela pouvait expliquer ou justifier des performances en-deçà de ce qui était espéré, force est de constater que la maîtrise de ces grands professionnels n'a heureusement pas provoqué de sorties de route multiples.

Alors ? J'interprète ses propos par un accès plus aisé, une capacité plus rapidement assimilable à en tirer un fort potentiel des capacités de la monoplace. Mais il restera toujours les derniers dixièmes, centièmes, millièmes à aller chercher et pour cela, il faudra toujours le talent, cet amalgame d'expérience au sens large, de forme physique et psychique et de travail incluant les méthodes de plus en plus sophistiquées d'entraînement.
Tout le monde sait qu'une voiture "facile" à conduire sera plus performante, donc cela ne peut pas être considéré comme un défaut et il faudrait être particulièrement stupide pour ne pas chercher à faciliter une tâche déjà bien complexe à ses pilotes.
Il y a 33 mois
rico
rico :
Je m'adresse à tous ceux qui ont critiqué et qui continue la performance de Vettel 2014 qu'il est tout à fait compréhensible pour un pilote de son acabit d'avoir des difficultés à piloter la RB10 voiture baladeuse , avec un train arrière instable, un moteur brutal contrairement à ses devancières. Un pilote comme Ricciardo qui a connu l'inverse se trouve donc favorisé.
Vous verrez le vrai Vettel en 2015 avec une ferrari autrement plus performante
Il y a 33 mois
manu
manu :
@ pedrolito

Pat Fry , Neil Martin, Stella , Pedro de la Rosa , Marc Gene ,Hamashita autrement dit tous l'environnement technique qui ont apprécié la valeur de Nando chez Ferrari part rejoindre Nando chez Mc Laren.Ceci prouve que le fiasco chez Ferrari depuis des années est bien la scudéria elle même , pas les pilotes ou les techniciens.
Il y a 33 mois
tulaferme
tulaferme :
@manu :

basta

Il y a 33 mois
arno
arno :
@Aifaim
Même si certains pilote ont éprouvé des difficultés à s'adapter aux nouvelles monoplaces ça ne veut pas dire que pour autant elles sont difficiles à conduire.

Je rejoins Alguersuari sur un point c'est qu'avant 2009 rares ont été pilotes à accéder à la F1 sans faire toutes leurs classes dans les formules de promotions ou en tant que pilote essayeur.
Le seul nom qui me vient en tête à avoir réussi cela avant 2009 c'est Raikkonen passé directement de la Formule Renault Britannique à la F1.
Or depuis maintenant des années on voit arrivé en nombres des pilotes ou plutôt des interfaces baquet volant arriver directement en F1 sans être passé par le GP2, si vous rajouter à cela l'interdiction des essais libres, il apparaît qu'il est possible (j'aurai tendance à dire facile) pour un pilote d'être performant en F1 en ayant très peu roulé, démontrant ainsi qu'il n'y a plus de gap entre une F1 et une Formule Renault tant aussi bien au niveau du pilotage que du réglage puisque celui-ci est effectué par les ingénieurs.

C'est pourquoi j'aurai tendance à dire que les F1 depuis 2009 qui même si elles ne sont peut-être pas plus faciles à pousser à leurs limites, permettent plus aisément de réaliser de bonnes performances sans le moindre bagage en terme de pilotage d'une F1 et encore moins technique, il est loin le temps ou sauf pour les extraterrestres il fallait faire ses gammes dans la discipline reine pendant deux à trois ans pour devenir un bon pilote de F1 capable d'être performant et maîtrisant les subtilités (j'aurais tendances à dire les susceptibilités) de la voiture en matière de réglage qui était alors primordiales.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
arno@, j'avoue n'avoir pas le temps de me plonger dans mes archives et, de toute façon il serait inutile de spéculer sur le terme "rare".
De tout temps, des pilotes ont sauté la dernière étape. parmi les plus emblématiques, Alain Prost, Michael Schumacher, Ayrton Senna ... Mais déjà, dans les années 60, Colin Chapman recrutait des jeunes espoirs en F3 (John Miles, Dave Walker) qu'il lançait dans le grand bain.
En France, il y a eu aussi Jean-Luc Salomon : Grand athlète international sur 5000 m à l'époque des Jazy, Wadoux est essayeur chez Michelin. Il remporte le Volant Shell en 1969. Il se tuera à Rouen en 1970 quelques jours avant son rendez-vous chez BRM pour un essai en F1.
Il y a 33 mois
Carlos S.
Carlos S. :
Dixit un anciens pilote qui n'avait pas du tout la grosse tête..... Marre des ces anciens pilotes aigris qui crache sur la F1 et c'était mieux avant etc....
Il y a 33 mois
Wam
Wam :
Et encore avant, il y avait toutes les aides électroniques au pilotage et les essais privés. Mais il n'y avait pas les jeux Playstations réalistes. :-)
Il y a 33 mois
arno
arno :
@Aifaim
A la fin des années 1970 l'antichambre de la F1 devient de moins en moins la F2 qui était en perte de vitesse et de plus en plus la F3 et principalement le championnat britannique puis est apparu le championnat de F3000 en 1985 pour remplacer la F2.

Prost passe par la F3 française et européenne fin des années 70.

Senna après avoir été testé par Brabham et Mclaren en 1982 effectue une saison en championnat britannique de F3 avant de trouver une place en 1984 chez Toleman.

Schumacher lui est recruté en tant que pigiste sans être passé par la F3000 son talent fera le reste pour rester en F1.

John Miles si mes souvenirs sont bon à couru en F2, quand à Dave Walker je ne le connais pas.

Jim Clark il courrait pour Lotus et quand une place c'est libéré au sein de l'écurie F1 il c'est vu proposé un volant dans les points lors de son 2 ème GP et sur le podium au bout du 4ème sa carrière était lancée.

Et vous remarquerez qu'à l'époque les pilotes de F1 étaient testés alors qu'aujourd'hui on annonce le nom des futurs titulaires avant même leurs premiers tours de roues au volant d'une F1 ce qui prouve bien qu'il n'y a pas grande difficulté pour un bon pilote de monoplace à être suffisamment performant d?emblée en F1.

Il n'y a guère à ma connaissance avant 2009 que Kimi qui après une seule saison de monoplace (en Formule Renault) se soit vu proposer un baquet de titulaire en F1.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
Arno@, mais je n'ai rien dit là-contre. Et d'ailleurs ce que vous dîtes concernant la F3 comme base de recrutement des jeunes talents confirme mes dires à savoir qu'il y a toujours eu des pilotes qui "sautaient" une étape avant d'accéder à la F1.

Pour Jim Clark, ce n'est pas le cas puisqu'il a couru en F2 pour Lotus en 1959 avant d'accéder en F1 l'année suivante. Mais je vous accorde qu'il aurait du, théoriquement courir en F1 en 1959 en parallèle mais à bord de l'Aston-Martin.

A partir de la génération Prost, le karting s'impose rapidement comme LA base du pilotage parce que son rapport poids/puissance, la sensation de vitesse, la sensibilité à l'adhérence et, entre autres, la précision possible des trajectoires se rapprochaient énormément des monoplaces les plus puissantes tandis que les formules intermédiaires, par certains côtés, apparaissaient comme une forme sinon de régression du moins "trop" faciles... enfin, pour les meilleurs !

Ce qui a changé, c'est que, aujourd'hui mieux qu'autrefois, il est possible sans trop de risque d'erreur de repérer un gros potentiel parce que les jeunes pilotes sont très tôt traités en professionnels avec entraînement, suivi technique, physique et logistique en rapport. Ces fameuses filières sont là pour ça. Ce n'est pas un hasard que c'est plutôt dans leurs rangs que se trouvent les "précoces".

Aurait-on imaginé il y a trente ans ces véritables écoles de futurs pilotes (l'Auto Sport Academy du Mans) qui n'ont évidemment rien à voir avec les écoles de pilotage traditionnelles ?

C'est peut-être terrible à dire mais le GP2 et le 3.5 Renault n'auront de raison d'être que comme formules de repêchage pour ceux qui n'ont pas été propulsés avant en F1. Et vu le nombre de places libres en F1 chaque année, franchement ...
C'est pourquoi les décisions qui viennent d'être prises vont en priorité profiter à ces catégories.

Mais si, pour ces raisons évoquées, je pense que les jeunes pilotes s'adaptent plus aisément à la F1 cette saison, il ne faut pas occulter deux choses :
1° La formule était inédite pour tout le monde. Donc, les "Anciens" ont eu aussi à s'adapter
2° Les deux débutants notoires (Magnussen et Kvyat) ont fait jeu égal respectivement avec Button et Vergne en vélocité mais sur la longueur des courses et a fortiori sur celle du championnat, l'expérience a repris ses droits. Comme quoi, la maîtrise d'une F1 demande quand même de l'expérience.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
Arno@, comme vous n'étiez pas sûr de vos souvenirs : John Miles a débuté la même année en Formule 2 et en Formule 1 (1969)
Il y a 33 mois
chris_lo
chris_lo :
@ arno :
pourtant 2009 marquait justement l'évolution vers des monoplaces moins chargées en appui (rappelez vous les ailerons arrières et les ailerons de pontons en 2008) et également sans aides électroniques... donc logiquement, Alguersuari se goure dans son analyse.

et si vous faites gaffe à tous les tests de jeunots cette saison qui ont pu comparé entre les monoplaces de 2010 à 2013 face aux monoplaces de 2014 (Ocon, Verstappen, etc...), ils indiquent tous que le couple des V6 Turbo est plus compliqué à gérer.

donc je ne comprends pas trop ce que dit Alguersuari, même si je suis d'accord avec sa réflexion globale. Faut aussi prendre en compte que comme la F1 se joue désormais à l'endurance, les mecs ne sont plus systématiquement "à fond", donc la monoplace en elle même n'a peut-être rien à voir, c'est juste qu'on "bride" les pilotes au niveau des réglages et du rythme de course pour préserver la conso et les gommes.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
chris_lo@, un grand prix de formule dure entre 1h30 et 2h : Je compare ces épreuves à un 1500 voire 5000 m par rapport à un 100 m que représentent les qualifications. Ce n'est donc pas un sprint échevelé et cela ne l'a jamais été.
Il y a 33 mois
arno
arno :
@chris_lo
Les pilotes ils gèrent, ils ne font que ça d'ailleurs durant une course pour gérer les pneus la conso et le matériel, et donc suivre les ordres des ingénieurs, ils sont réduits aux rôles d'interface baquet volant.
Il sera bientôt plus intéressant de voir des courses de pilote automatiques qu'avec des humains tant le rôle du pilote dans la performance à tendance à être réduit.

@Aifaim
Il faut comparer une course de F1 non pas à un 1500 ou un 5000m mais plutôt à un semi-marathon le marathon étant les 24h du Mans vu qu'une F1 doit fonctionner au moins pendant un tour d'horloge.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
Arno@, entre les grands prix de F1 et les 24 heures du Mans - sans parler de Spa et du Nurburgring - vous oubliez d'intégrer les courses "ordinaires" d'Endurance de 1000 km ou 6 heures. En monoplace, les 500 miles d'Indianapolis, vous les insérez où dans cette échelle du sprint à l'Endurance ? Je vous rappelle aussi que toutes les formules inférieures à la F1 se déclinent sur des distances plus courtes.
Il y a 33 mois
arno
arno :
@Aifaim
Le problème n'est pas la distance d'un GP mais le nombre d'heure de fonctionnement que doit atteindre une F1 et aujourd'hui une F1 doit fonctionner pendant plus d'un tour d'horloge.
Un moteur pour 4GP c'est environ 6h de course + 2h de qualif + 6h d'essai libre.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
arno@, un grand prix, c'est un P.U et une boîte de vitesses mais aussi, par exemple, des freins et tout un tas d'accessoires et d'éléments qui sont susceptibles de perdre en efficacité au fil des tours. Donc, et depuis toujours en Formule 1, les pilotes ont ménagé leur monture.
Dans les années 50, les "premiers pilotes" se battaient aux avant-postes sans trop ménagé leur monoplace : Si ça passait, tant mieux, sinon, ils récupéraient la mieux placée des voitures de l'écurie soigneusement pilotée et repartaient à fond.
Un jour, Stirling Moss sur Lotus s'avéra très rapide mais devait "logiquement" changer de pneus ce qui eût ruiné ses chances puisque les roues tenaient par cinq boulons. Au départ, ses mécanos préparèrent les pneus de rechange au su et vu de tous. Au départ, l'Anglais prit la tête et s'enfuit sans inquiéter ses adversaires. Sauf que, le trou fait, il pilota à l'économie et termina - de justesse - mais 1er sans changer ses pneus. Je me souviens aussi de la fin de carrière de Maurice Trintignant qui avait acquis une BRM et courut toute la saison sans ouvrir le moteur.

Jusqu'à ces toutes dernières années et les gros progrès en fiabilité, les pilotes ménageaient leur F1 tout en tirant le maximum possible et c'est plus difficile car c'est introduire l'art du "dosage".
Finalement, les restrictions actuelles remettent partiellement les pilotes d'aujourd'hui dans les conditions de précaution d'autrefois. Cela réduit les risques de casse mais aussi les excès de compétitivité anarchiques qui en d'autres temps faisaient abandonner plus de la moitié du plateau ... Pour quel intérêt ?
Il y a 33 mois
arno
arno :
@Aifaim
Non ce ne sont pas les pilotes qui gèrent la fiabilité de leur monoplace ce sont les ingénieurs et les pilotes se contentent d'appliquer les directives.
Il y a 33 mois
Aifaim
Aifaim :
arno@, Les pilotes ont toujours reçu des directives exprimées avant-course et par radio depuis qu'elle existe. Après, le pilote est seul à bord de sa monoplace. Son choix d'obéissance ou non, sa capacité à appliquer les consignes font le reste. Si vous avez connu l'ère des mouchards sur les compte-tours, vous comprendrez tout de suite à quoi je fais référence.
Les temps ont évolué mais, il n'est pas si ancien celui où Räikkönen, Hamilton et Vettel pour ne citer qu'eux faisaient fi des instructions.

Le panneautage et la gestuelle d'antan ont laissé place aux liaisons radio. Les premières n'étaient accessibles qu'une fois par tour au maximum, les secondes sont illimitées. C'est pourquoi ma position sur leur moindre influence est à la fois simple à contrôler et efficiente : contenu libre, durée limitée à 5" (coupure automatique) et nombre limité à 10 en dehors des stands.
Il y a 33 mois
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