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Quid du dopage en sport automobile ?

Le dopage en sport automobile n'est pas à proprement parler un sujet brûlant, pourtant, avec les aveux de Frank Montagny contrôlé positif lors d'un week-end de course de Formule E, le thème devient d'actualité.

© Ferrari - Le dopage en F1 existe-t-il vraiment ?© Ferrari - Le dopage en F1 existe-t-il vraiment ?

Il est peu courant, en sport automobile en général et en Formule 1 en particulier, de parler de dopage. Pourtant, les instances dirigeantes et plus particulièrement la FIA, sont organisés pour contrôler les pilotes et dépister les tricheurs. Comme l'a prouvé très récemment l'affaire impliquant l'ancien pilote de Formule 1 et actuel pilote de Formule E, Frank Montagny, ces contrôles sont efficaces. Même s'il est vrai de dire également que le doping n'est pas aussi bien organisé que dans certains autres sports.

Avant Frank Montagny, l'exemple le plus parlant est sans aucun doute Tomas Enge. Le pilote tchèque, champion de F3000 en 2002 se verra déchu de son titre après avoir été contrôlé positif à la marijuana. Quelques années plus tard, il sera de nouveau suspendu suite à un nouveau contrôle positif.

Certes, on peut se demander ce que la marijuana peut apporter de plus à un pilote automobile. Lors de son second contrôle positif, Enge arguera qu'il a une autorisation pour la prise de médicaments inscrits sur la liste de produits interdits, suite à une pathologie qu'il soigne depuis des années. Cette explication n'est pas sans rappeler certaines excuses de coureurs cyclistes, dans un sport encore et toujours associé au dopage de haut niveau.

On ne peut pas encore rapprocher les sports automobiles du cyclisme dans ce domaine, tellement le monde du vélo a été bâti depuis des dizaines d'années autour de pratiques pour le moins douteuses. Mais les interrogations restent cependant les mêmes. Où commence le dopage ? A partir de quel moment peut-on dire qu'un sportif est dopé ?

Déjà, dans les années 80, on évoquait le dopage comme stimulant, notamment pour les séances de qualifications, afin de se donner l'élan nécessaire, physiquement, pour tenir les contraintes d'un tour rapide. Alain Prost émettait d'ailleurs lui aussi certains doutes sur ces pratiques, tout en affirmant ne pas faire partie des tricheurs, comme il le précisait dans une interview donnée au magazine Playboy en 1988 : « Il y a eu des doutes émis l'année dernière au sujet de certains pilotes. Et cela, uniquement lors des essais qualificatifs. Ils auraient pris quelque chose qui fait de l'effet sur une période très courte, pour, par exemple, faire un bon temps sur un tour. En course, on a remarqué aussi que certains éprouvaient une fatigue qui était un petit peu, bon, à mon avis, anormale. Ce qui signifierait peut-être que les produits qu'ils ont ingurgités n'ont pas eu l'effet désiré. Dans les sports où l'on se dope, personne n'a jamais vu personne avaler un quelconque produit! De toute façon, souvent, "dopage" est un bien grand mot. Dans certains sports, il est tout à fait normal de rééquilibrer l'organisme avec des médicaments. » Cette dernière phrase renvoie donc à l'interrogation première, à savoir : où commence le dopage ?

Pour en revenir au cas plus récent de Frank Montagny, le pilote français a avoué avoir pris un dérivé de cocaïne, mais pas réellement dans l'intention d'améliorer ses performances. Sa prise de drogue, assimilée à du dopage dans le monde du sport, était vraisemblablement plus un geste personnel et intime que réellement intentionnel avec pour ambition d'impacter ses capacités de pilote.

Il est très rare qu'une telle affaire voit le jour en sport automobile de haut niveau, c'est pour cela que les aveux de Frank Montagny doivent être traités avec parcimonie et intelligence. Cependant, cette affaire démontre bien que la lutte anti-dopage en sport automobile est réellement efficace.

Pour avoir un autre regard sur le dopage en sport automobile, vous pouvez consulter un article de Quentin Laurent, publié sur MotorsInside en octobre 2012 : Le dopage en Formule 1, entre mythe et réalités.


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20 réactions sur cet article Donnez votre avis
Supervroum
Supervroum :
Moi, je me dope au Bourgogne, Pommard et consorts, avec les fromages qui vont bien avec !!
Le tout finit avec une fine à la poire aussi vieille que ma mémoire !
J'avoue, je suis coupable de sieste après tout ça !!
Bon, c'est pas pour mes perfs de conducteurs, car je ne prends pas le volant après ! :)
Il y a 57 mois
PetiteMachine
PetiteMachine :
Je ne pense pas que le contrôle positif de Montagny prouve l'efficacité de la lutte anti-dopage en sport-auto. Les sportifs qui se dopent connaissent généralement les parades pour les contrôles urinaires surtout pour un produit basique tel que la cocaïne.

Mon avis est surtout que le petit père Montagny est dans une sale période, limite nervous breakdown, parce qu'il en a marre de collectionner les pin's ? parce que Bianchi ? parce qu'il est obligé de bosser avec Villeneuve ? bref le mec semble au fond et quoi de plus simple que d'oublier avec des prods qui sont aussi simples à trouver de nos jours que de trouver du tabac.

Bref, négligence de sa part, on va pas le féliciter parce que le la drogue c'est MAL mais pas besoin d'en faire tout un plat et de crier au scandale.

J'espère le revoir sur Canal car il est bien le vrai plus de la F1 sur cette chaine.

Bisou
Il y a 57 mois
chris_lo
chris_lo :
de toute façon, vu toutes les communications récentes pour dire que les F1 actuelles étaient "faciles" à piloter, même pour des gamins de 16/17 ans, je ne vois même plus l'intérêt de se "doper" pour signer des performances.

je pense donc que la raison évoquée par Montagny est réelle, c'est juste bête de sa part d'avoir "fauté" avec cette substance et de façon aussi proche d'une compétition (en sachant que dans les urines, la cocaïne disparait très vite)
Il y a 57 mois
Clément
Clément :
Le problème de l'indicateur (les contrôles positifs) ce n'est qu'il n'est pas fiable. Il y a mille et une façons de s'y substituer. Même les responsables de l'AMA le savent et reconnaissent qu'ils n'attrapent que des "simplets". Donc attraper un "simplet" de temps en temps ne prouvent aucunement que la lutte antidopage fonctionne. En sport auto comme dans tout sport il existe des substances qui améliorent la perf en réduisant la fatigue, stimulant les réflexes ou la concentration, réduisant le stress etc. La cocaïne peut en faire partie et possède l'avantage pour le vrai tricheur (je ne dis pas bien sûr que c'est le cas de Montagny) de faire jouer le côté festif, convivial, vie privée au cas où...
Il y a 57 mois
Pedrolito
Pedrolito :
Il est écrit dans ce billet : "le pilote français a avoué avoir pris un dérivé de cocaïne."
Et dans la news traitant de la révélation de du contrôle positif : "le Français a subi un contrôle antidopage révélant la prise d'un produit dérivé de la cocaïne. Les résultats de ce contrôle n'ont pas été contestés et il n'y aura pas de contre-expertise."

Le "dérivé" en question est un métabolite fabriqué par le corps après prise de cocaïne. C'est ce qui est recherché dans les tests pour mettre en évidence une consommation.
En l'occurrence, Montagny n'a pas consommé un dérivé de cocaïne, mais bien de la cocaïne (dont il n'existe pas vraiment de dérivé - ce n'est pas une famille de substance), et ce quelle que soit sa forme. Pour être précis, Montagny n'a pas reconnu avoir consommé un dérivé de cocaïne, mais plutôt être positif à un dérivé de cocaïne (ce fameux métabolite donc).
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Maintenant, ce qui serait intéressant, vu que c'est évoqué dans l'article, c'est que les instances jouent un peu la transparence sur les AUT. Qu'est-ce qui est plus dangereux : un mec qui a pris une ligne de coke deux jours avant une course ou un mec qui va piloter sous l'emprise d'une substance grâce à une AUT ? Le cyclisme et l'athlé sont souvent critiqués, mais au moins, ils sont de plus en plus transparents en la matière.
Même si c'est un autre temps, on peut parler du cas de Lauda après son accident. Il est revenu très tôt à la compétition, alors que les grands brûlés sont généralement sous traitement analgésique plusieurs mois pour calmer les douleurs (les pires qui puissent exister). Que sait-on de son état au moment de prendre part aux derniers GP de la saison 76 ?
Il y a 57 mois
arno
arno :
@Pedrolito
Il existe bien des dérivés de la cocaïne, le plus connu étant le crack.

La dégradation de ces deux molécules par le corps humain générant les mêmes métabolites il est impossible par un test urinaire de déterminer quelle molécule a été consommée, et c'est pourquoi le test urinaire est nommé COC pour cocaïne crack.
Il y a 57 mois
pignon
pignon :
@PetiteMachine : je partage votre point de vue.
d'autant qu'en matière de dopage dans tous les sports de haut niveau c'est l'omerta. Ce sont les masquant qu'il faudrait aussi lister et dépister....
je ne vois pas ce que peut apporter la cocaïne, le cannabis dans les sport mécanique, leur conso rétrécissant le champ de vision (?) ...les bêta bloquant et amphétes ou similaires retardant la fatigue "seraient" certainement plus utilisés...
Dans l'actuelle société, ou il faut aller toujours plus vite que l'autre (1) Ils y a des lieux comme les entreprises ou la médecine du travail souligne l'augmentation importante de l'utilisation de substances faussement amies....
(1) le chronométrage de l'activité humaine, rattachée ou non à une machine se mesure en DMH ...Dix Millième d'Heure... soit 3/10 éme de seconde...Nous sommes tous des champions du monde en puissance...
Il y a 57 mois
arno
arno :
@pignon
Effet de la cocaine :

- Euphorie, augmentation de la confiance en soi et sensation d'invulnérabilité
- Amélioration des fonctions cognitives
- Diminution de la fatigue et de la faim
- Augmentation de la résistance à l'effort et à l'endurance
- Amélioration des réflexes
Il y a 57 mois
Clément
Clément :
@Pedrolito : "Dangereux" est une question éthique. Personnelle et tournée vers les autres. L'interdiction elle est morale. C'est la règle, la norme auquelle on se plie. Certaines règles sont donc éthiques. D'autre non. Certaines normes également. Cela vaut pour l'antidopage. Les AUT font basculer la prise de substances vers le soin.
Il y a 57 mois
Carlos S.
Carlos S. :
@ Pigon : "Dans l'actuelle société, ou il faut aller toujours plus vite que l'autre" A cause de qui? Des fans jamais contents (pas vous) Et pour le dopage, faut pas oublier qu'il concerne aussi l'après effort, la récupération etc...
Il y a 57 mois
Pedrolito
Pedrolito :
@Arno

Ce que l'on appelle "crack" est une forme de cocaïne et non un dérivé au sens chimique du terme. C'est une forme adaptée à un certain type de consommation, en l'occurrence l'inhalation. Que l'on appelle cela cocaïne, "crack", "free base", "cocaïne base", le principe actif reste le même. Voilà pourquoi on retrouve le même métabolite.
Comme avec l'alcool, que ça s'appelle "bourgogne", "pommard" ou "poire", le principe actif reste l'éthanol.
Il y a 57 mois
Pedrolito
Pedrolito :
@Clément

Comme s'il n'existait pas d'AUT de complaisance...
Il y a 57 mois
Clément
Clément :
@Pedrolito Oui bien sûr.

@Carlos @Pigon Je n'ai jamais vu une étude qui démontrait que le public en demande toujours plus. Je crois que ce que nous aimons dans le sport c'est l'humain, le duel, la défaillance, l'incertitude. Et oui bien sûr que le dopage est également dans la récup.
Il y a 57 mois
Carlos S.
Carlos S. :
@ Clément : pour le "Des fans jamais contents" je ne parle pas d'étude, mais d'un ressenti perso. Et pour moi c'est plus l'argent et la gloire qui sont la cause du dopage.
Il y a 57 mois
pignon
pignon :
@Carlos S. :" Des fans jamais contents (pas vous)"
cela dépend ce que l'on appel "fan" .Pour moi il y a d'abord l'aspect sportif et fair play en convergence avec le volet technologique et scientifiques , qui sont l'essence même de notre sport. Je dirais qu'il ,m'importe plus d'assister à des "mano à mano" entre "gentlemen's" plutôt que des contre la montre au 1000éme...Quand au dopage pour ma part c'est une tricherie qui fausse la "perf" et fait que le sportif se ment à lui même....Et pour les "pros" ce n'est pas qui est le meilleurs, mais qui (ou quelle équipe ) à le meilleurs sorcier ?...Bien que je ne l'appréciais pas en tant qu'homme et sportif, (prétentieux et tortionnaire avec ses équipiers) j'ai du mal pour ce "pauvre" Virenque tellement pathétique ...à l'insu de son plein gré....Ayant pratiqué le foot et l'athlé à très bon niveau, pour la récup et le repos pas besoin de subterfuges "chimiques" ou "chimériques"...
Il y a 57 mois
pignon
pignon :
arno : mais les effets ne durent pas un weekend de GP...il faut "ravitailler"...en cours de route...
Et ensuite il faut ...redescendre...
Il y a 57 mois
arno
arno :
@pignon
La formule E c'est un ou deux tours de qualif et une course d'une heure dans la même journée.
Il y a 57 mois
LH44
LH44 :
Montagny ou autres , quand on est positif , c'est positif . Pas d'excuses , faut arreter un peu ! Sanction il doit y avoir ! Sinon , ça devient quoi , la fete du slip !!!!
Il y a 57 mois
pignon
pignon :
arno : je parlais pour la F1...voir l'endurance.
je pense que la prise de produit n'est pas d'origine sportive..
Il y a 57 mois
Didi
Didi :
@Arno
Autres effets de la cocaïne qu'il me semble bon de mentionner:
- catastrophe financière
- dépression
- paranoïa
- hallucinations auditives
- destruction de la cloison nasale
etc
Mais effectivement, pour un bon tour de qualif, ça doit le faire.
Je reste persuadé que, les enjeux financiers étant ce qu'ils sont, il y a du dopage dans le sport auto, et il ne s'agit plus de cocaïne.
Enfin, dans ces discussions, on mélange le dopage récréatif avec la recherche de perfs. Ne me dites pas les pilotes des années 70 ne fumaient pas de pétards entre les courses, je ne vous croirai pas ! Aujourd'hui, ils sont beaucoup plus professionnels et doivent s'abstenir ... (ou alors se droguer très professionnellement, mais pas pour s'amuser).
Il y a 57 mois
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