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Verstappen fait voler la filière Red Bull en éclats !

La victoire de Max Verstappen au Grand Prix d'Espagne a apporté un vent d'air frais sur la Formule 1, après deux saisons de domination sans partage de Mercedes. Mais l'éclosion de ce jeune talent risque bien d'avoir des conséquences fâcheuses sur le reste du vivier de la filière Red Bull.

© Red Bull - Les deux hommes forts de Red Bull actuellement© Red Bull - Les deux hommes forts de Red Bull actuellement

Un seul Grand Prix au volant de la Red Bull à moteur Renault et déjà une première victoire pour Max Verstappen ! Le Néerlandais n'y est pas allé de main morte et a démontré à ses dirigeants qu'ils avaient fait le bon choix en le titularisant en lieu et place de Daniil Kvyat pour le début de la saison européenne.

Au premier rang des battus, le Russe a été forcé d'être beau joueur. Il est allé serrer la main de son remplaçant juste après la course et s'est même permis de signer le meilleur tour en course, le premier de sa carrière, juste au moment où celle-ci, justement, est au creux de la vague. Un sursaut d'orgueil qui prouve à qui veut bien le voir que Kvyat n'est pas totalement fini.

Sa carrière chez Red Bull, elle, et dans une moindre mesure chez Toro Rosso, n'est, par contre, pas loin de se terminer. Le Russe s'ajoute à la longue liste des mis au placard de la filière autrichienne, au même titre que les Scott Speed, Vitantonio Liuzzi ou autre Sébastien Bourdais. A la seule différence près que Kvyat a eu la chance de trouver refuge chez Toro Rosso. Mais vu que le but de l'équipe basée à Faenza est de produire les futurs titulaires pour Red Bull, on voit mal comment le jeune russe pourrait trouver un avenir dans cette filière. Un retour chez Red Bull est désormais improbable !

Une filière qui a mis sur la grille de nombreux pilotes talentueux et qui semble changer de référence à chaque saison. Ces deux dernières années, Daniel Ricciardo était présenté comme le futur meneur. Aujourd'hui, sa côté de popularité au sein de l'équipe autrichienne a pris un sacré coup. Mis à part en qualifications, l'Australien s'est fait dominer tout le week-end par son jeune équipier. Certes, en course, il a été victime d'une stratégie douteuse et a mené la majorité du Grand Prix. Mais en Formule 1 et face à son coéquipier, seul le résultat compte. Max Verstappen étant en train de devenir le nouveau chouchou du paddock et des dirigeants de Red Bull, ne serait-il pas temps pour Ricciardo d'aller voir ailleurs ?

L'autre victime de l'ogre Verstappen est son ancien équipier chez Toro Rosso, Carlos Sainz. Dans un moindre mesure cependant. L'Espagnol aurait pu prendre ombrage de la promotion du Néerlandais en direction de Red Bull. Pourquoi ses patrons lui ont-ils préféré son équipier ? Cette question a dû traverser l'esprit du pilote Toro Rosso, mais sa course en Espagne, où il a tenu la troisième place pendant un temps pour finalement signer le meilleur résultat de sa carrière en Formule 1, a prouvé qu'il avait bien digéré cet affront. Sa domination totale sur Daniil Kvyat a également marqué les esprits. Aura-t-il cependant une chance de se retrouver chez Red Bull aux côtés de Verstappen dans un avenir proche ? L'histoire d'amour entre l'équipe championne du monde et le Néerlandais est faite pour durer, au grand dam de Kvyat qui ne retrouvera plus sa place. Du coup, l'avenir de Sainz est soumis à deux facteurs importants : la continuité de ses performances en piste et le futur de Daniel Ricciardo.

Paradoxalement, la filière Red Bull n'a jamais aussi bien fonctionné, avec un pléthore de pilotes talentueux. Mais justement, avec quatre pilotes de grand cru et seulement deux places dans l'équipe de pointe, des décisions difficiles doivent être prises, souvent au détriment de l'humain. Ce n'est pas Daniil Kvyat, pourtant honorable pilote, qui dira le contraire.


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3 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Christian Horner a déclaré qu'avec Ricciardo et Verstappen, RedBull disposait d'une des meilleures paires de pilotes du plateau et ce pour plusieurs années. C'est dire si l'avenir est a priori bouché pour les autres.

Mais ce qui vient de se passer est tout de même exceptionnel dans le management de RedBull pour les pilotes ayant eu des résultats probants : Coulthard : 4 saisons puis retraite, Webber : 7 saisons, Vettel : 6 saisons, tous partis de leur plein gré. Ricciardo en est à la 3e.

Finalement, ce qui arrive à Kvyat ressemble à la destinée de Jean-Eric Vergne, l'un et l'autre repêchés chez Toro Rosso parce que sans réels reproches à leur encontre mais "un poil" moins performants que le "choisi".

Pour Sainz, Kvyat, mais aussi pour Gasly et les autres, à plus ou moins long terme, c'est un coup de frein à leur carrière et il va leur falloir commencer à regarder chez les voisins mais ils ont aussi leurs filières respectives ou ils vendent les volants.

Mais, même en sachant que cette voie royale n'aboutira probablement pas à un trône, aucun jeune pilote refusera d'entrer chez RedBull parce que, là, au moins, il gravira quelques échelons supplémentaires dans de bonnes conditions. Et il peut y avoir une vie dans le sport automobile sans RedBull et sans F1.
Il y a 35 mois
Nicolas
Nicolas :
Red Bull est tout de même une équipe très particulière qui ne pense qu'à elle. S'il est bien naturel de vouloir mettre toutes les chances de son côté pour gagner, et donc s'adjoindre les services des meilleurs pilotes, les relations humaines ne sont vraiment pas leur fort.

A commencer par leur relation tumultueuse avec Renault, pour qui ils n'ont toujours aucun égard malgré l'énorme gain en performance par rapport à l'année dernière. Le remplacement du nom par Tag Heuer est une mascarade et permet surtout à RBR de passer le nom du motoriste à la trappe. Il n'y en a que pour la marque RB, et tous ceux qui ont ?uvré derrière ne comptent pas. Pour la mise en valeur des partenariats, on repassera.

De même, les discours du genre on est une belle et grande famille sont difficile à entendre quand on constate une politique de pilotes jetables. Si on suit la logique RB, Max Verstappen se fera dégager comme les autres si un petit prodige sortait d'une rizière avec des talents supérieurs pour autant que ce soit possible. Là où la moralité devient limite, c'est que tout cela doit s'assortir d'une quantité de promesses non tenues. Encenser un pilote pour sa titularisation puis le déblayer peu de temps après est une pratique qui devrait dissuader certains de s'approcher de l'abattoir.

La F1 est un entonnoir qui déborde. Beaucoup de candidats, peu d'élus, et même ces derniers peuvent se voir éjectés par le trop-plein ! C'est cruel mais c'est le milieu qui veut ça. Les pilotes doivent savoir que la carrière d'un pilote de F1 n'a aucun profil type, ce n'est pas quelque chose qu'il est possible de planifier. Le favori d'un jour pour un baquet peut être dans l'oubli le lendemain.
La lisibilité est d'ailleurs compliquée par le fait que les équipes ont des critères de sélection à géométrie variable. Si certaines choisissent par l'excellence en montant des filières de formation, d'autres privilégient des paramètres financiers ou des partenariats opérationnels sans réel rapport avec la compétence en pilotage.

Alors quand un météore déboule là-dedans, c'est le jeu de quilles !
Les répercussions vont même plus loin car ceux qui échouent aux portes de la F1 vont naturellement se rabattre vers d'autres disciplines. Ces dernières voient donc leurs candidats naturels délogés par les pilotes refoulés par la F1. Comme s'ils avaient besoin de ça; il y en a déjà assez qui viennent après leur carrière en F1, maintenant il y en a qui viennent avant...
Le monde du travail est déjà difficile pour beaucoup de gens, vouloir être pilote en F1 c'est chercher la complication.

Toute cette histoire ne fait que confirmer une fois de plus ce que tout le monde sait déjà: tout est affaire de circonstances. C'est la rencontre au bon moment d'un pilote talentueux avec une équipe efficace disposant d'une voiture performante dotée d'une motorisation puissante et fiable. Dès qu'un de ces éléments est absent, ça ne marche plus. Max Verstappen est pour l'instant dans cette configuration favorable, comme a pu l'être Vettel à ses débuts, mais il connaîtra les mês difficultés que les autres quand un des éléments cités ne sera plus au rendez-vous, ce qui était encore la cas il n'y a pas longtemps chez Toto Rosso et pourrait se reproduire à l'occasion d'un changement de réglementation technique. Tous les plus grands y sont passés, aucune raison que cela change. C'est leur façon de traverser l'épreuve qui les distingue.
Il y a 35 mois
Aifaim
Aifaim :
Très très beau texte, @Nicolas. Accéder à la F1 est un concours permanent et ce sont ceux qui sont considérés comme les meilleurs qui y sont et y restent. Combat de gladiateurs mais aussi du sport en général : Les non-sélection pour les Jeux Olympiques, la valse des entraîneurs en football, les transferts, etc... C'est terrible pour qui le vit mais il doit s'y préparer. De tout temps, ne courir ne serait-ce qu'un grand prix est un challenge qui mérite des sacrifices.

RedBull affiche la couleur mais la cruauté n'est pas son apanage. Des grands noms au fil de l'Histoire n'ont pas eu plus d'états d'âme et d'autres y ont perdu leur carrière... sans compter les chantages ! Le vrai/faux accident de Piquet junior pour favoriser la victoire d'Alonso, c'est une menace envers le jeune pilote (ce qui n'excuse rien). Il y a même eu des critères publicitaires qui sont parfois entré en jeu : Deux pilotes de même valeur, si l'un est plus attirant pour le public, c'est vers lui que se tournera le sponsor. @Profx et les quelques autres amateurs vétérans se souviennent de Tambay et Leclère...

Juste, injuste, mérité ou non, opportunité, tout le système de l'excellence est bâti sur une hiérarchie souvent mal construite avec des éléments plus ou moins fiables et crédibles. Concernant Verstappen, Christian Horner explique que la conviction de l'équipe s'est forgée autant sur les résultats que sur les datas recueillis en piste et autres simulateurs. Ce n'est pas nouveau : Jean Todt avait en d'autres temps constitué son équipe Peugeot au Mans de cette manière, éliminant de très bons pilotes "coupables" d'être moins véloces de nuit.
Il y a 35 mois
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