> > > > Il y a 20 ans, Olivier Panis remportait le GP de Monaco !

Il y a 20 ans, Olivier Panis remportait le GP de Monaco !

La seule et unique victoire d'Olivier Panis en Formule 1 a été acquise à Monaco, il y a tout juste 20 ans, dans des circonstances de course rocambolesques, desquelles le pilote français s'était extirpé avec talent.

© Ligier - Olivier Panis gagne le GP de Monaco 1996© Ligier - Olivier Panis gagne le GP de Monaco 1996

Il était écrit que ce Grand Prix de Monaco 1996 allait avoir une saveur particulière. Cette saison était la première de Michael Schumacher avec Ferrari. Le nouveau double champion du monde, star de la discipline, avait choisi de relever le dur défi de remettre la Scuderia sur le chemin de la victoire.

Face aux Williams dominatrices de Damon Hill et Jacques Villeneuve, l'Allemand avait fort à faire cette saison. Jusqu'à présent, le Britannique et le Canadien se sont échangés les victoires : trois pour Hill et une pour Villeneuve, lors de sa quatrième participation en Grand Prix. Un exploit retentissant qui place d'emblée le fils de Gilles comme un des sérieux prétendants à la victoire monégasque. D'autant plus que Damon Hill n'a jamais été à son aise dans les rues de la Principauté.

Mais à la surprise générale, c'est bien Michael Schumacher qui signe la pole position le samedi à Monaco. Sa deuxième consécutive après celle acquise quinze jours plus tôt à Imola. Damon Hill, deuxième, était relégué à plus d'une demi-seconde et Jacques Villeneuve, qui découvrait la piste, ne pointait qu'à une décevante dixième place.

Jean Alesi et Olivier Panis représentaient la France cette saison en Formule 1. Le premier au volant d'une Benetton-Renault championne du monde en titre, et le second dans le baquet d'une modeste Ligier-Mugen-Honda, écurie en passe d'être rachetée par un certain Alain Prost.

Le premier coup de théâtre de cette course eu lieu dès le premier tour. A l'image d'Ayrton Senna en 1988, Michael Schumacher part à la faute à l'entrée du tunnel, sur une piste détrempée et doit abandonner sa monoplace rouge rutilante dans les barrières ! Voilà de quoi ouvrir la voie royale à Damon Hill qui se rêve en vainqueur monégasque, 27 ans après la dernière victoire de son père, Graham, grand spécialiste de Monaco avec ses cinq victoires au compteur.

Malchance ou malédiction, le moteur Renault de la Williams du Britannique part en fumée sous le tunnel à la mi-course, laissant les commandes à Jean Alesi. Le Français n'a pour le moment remporté qu'une seule victoire dans sa carrière. Celui que l'on surnomme le Poulidor de la F1, en référence à ses nombreuses deuxièmes places, se voit déjà accrocher à son palmarès une victoire de prestige. Mais à 20 tours de l'arrivée, la suspension de sa Benetton le trahit et le force à l'abandon.

C'est ainsi que l'on voit émerger en tête la Ligier d'Olivier Panis. La course du Grenoblois n'a cependant pas été de tout repos. Parti de la 14ème position sur la grille, il est longtemps resté coincé derrière un petit groupe comprenant notamment Eddie Irvine (Ferrari) et Heinz-Harald Frentzen (Sauber). C'est au prix d'un dépassement autoritaire sur l'Irlandais dans le 34ème tours, au virage du Loews, que la course de Panis prend réellement forme.

La piste s'asséchant, le pilote Ligier met en place la bonne stratégie et évite toutes les embûches d'une piste extrêmement piégeuse. En effet, nombre de ses collègues sont partis à la faute et, en y ajoutant les problèmes mécaniques, la liste des abandons s'allonge de tour en tour. Au rang des échoués, on retrouve notamment Gerhard Berger (Benetton), Rubens Barrichello (Jordan), Jacques Villeneuve, Martin Brundle (Jordan) ou encore Eddie Irvine.

Au final, seules quatre monoplaces franchiront la ligne d'arrivée, offrant un podium inattendu regroupant le vainqueur du jour, Olivier Panis, ivre de joie, le pilote McLaren David Coulthard, qui aura couru toute la course avec un casque prêté par Michael Schumacher à cause d'un problème d'aération sur le sien, et enfin Johnny Herbert, tous deux partis pourtant devant la Ligier du Français.

Jamais plus Olivier Panis ne remportera de Grand Prix. Un violent accident l'année suivant venant interrompre une montée en puissance qui semblait inexorable. Cette victoire, sur le circuit le plus prestigieux du monde, n'en a donc que plus de valeur et ce n'est pas un hasard si l'on en parle encore 20 ans après.


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8 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Si l'on en parle 20 ans après, c'est surtout parce qu'il n'y a pas eu de victoire française depuisn i ici, ni ailleurs...

Cette victoire d'Olivier Panis a un triple point commun avec celle de Jean-Pierre Beltoise, en 1972 : Pour l'un et l'autre, ce fût la seule victoire en championnat du Monde de Formule 1, ce fût à Monaco et sous la pluie. Là s'arrête la comparaison. Beltoise, pilote n°1 de BRM s'était remarquablement qualifié en deuxième ligne. Il prend un départ canon qui le propulse en tête devant LE monsieur pluie de l'époque, Jacky Ickx. Personne ne pourra le suivre.

La course de Panis a aussi un rapport avec celle de Maurice Trintignant en 1955 dont les deux victoires en F1 seront ... à Monaco ! Premier pilote de la scuderia, le Français n'avait aucune chance de gagner, surclassée qu'était la Ferrari par les Mercedes, Lancia et Maserati. Il établit un tableau de marche sage mais suffisamment rapide, sans se préoccuper de la frénésie de ses adversaires. Bien lui en prit : Tous cassèrent devant et il apporta la toute première victoire monégasque à Ferrari.

Cependant, il ne faut pas minorer les mérites de Panis. Les incidents mécaniques de Damon Hill et Jean Alesi lui ont facilité la tâche mais tous les autres qui sont sortis de la route se sont révélés moins adroits que le Français qui mena sa course de façon judicieuse
Il y a 35 mois
renard442
renard442 :
vingt ans sans victoire francaise, ça commence a faire long, tres long : - (
Il y a 35 mois
Aifaim
Aifaim :
Tout à fait d'accord, renard442@, et ce record est toujours en cours ! Le précédent qui - croyez-moi ! - nous avait paru interminable avait duré 13 ans, entre la seconde victoire de Trintignant à Monaco (1958) et celle de François Cevert aux Etats-Unis en 1971
Il y a 35 mois
V6 Turbo
V6 Turbo :
@renard442&Aifaim
La nationalité des pilotes perd au fil du temps l'importance qu'on lui donnait il y a encore une dizaine d'années. Les frontières n'ont plus la même signification et les nationalismes s'estompent en sport auto ce qui est à mon sens une excellente chose au final. Aujourd'hui le drapeau national fait encore mousser quelques fans mais c'est la compétence et la qualité des hommes qui compte plus que tout. Il serait aujourd'hui improbable de vouloir créer une écurie 100% française. Les filières de promotion sont multinationalités et les gamins, du kart au GP2 en passant par la F4 et la F3 se connaissent bien sans mettre systématiquement en avant leur nationalité. Il y a des championnats de France de très bon niveau peupés d'étrangers. Et c'est tant mieux. J'ai collaboré des années avec une équipe dont les pilotes étaient la plupart du temps étrangers. On ne s'en portait pas plus mal. En fait c'était complètement naturel et personne n'y pensait. On recrutait les meilleurs, voila l'important. Après l'histoire des moyens dont disposent les gosse, c'est évident que cela compte mais ce n'est pas du tout le seul critère.
Les nostalgiques sont malheureux de cette évolution, pour ma part je trouve que c'est l'homme qu'il faut valoriser. Son origine, bof....pourquoi pas à l'apérode circostance entre potes expat quand on se retrouve à l'autre bout du monde. Oui on aime la France et on le montre, mais quand il s'agit de bosser, seul le résultat compte. Attention je ne mets pas en cause les qualités de nos productions dites"nationales" (terroirs exceptionnels, filières techno de rès haut niveau, etc) sauf qu'en sport auto les contours géographiques sont de plus en plus flous. Heureusement on a d'autres repères.
Il y a 35 mois
madlozoz
madlozoz :
Alesi, c'étais plus un poissart qu'un Poulidor. Poulidor n'a jamais mené le tour de France alors qu'Alesi a mené 19 grand prix dans sa carriere. Et contairement a Poupou, il n'a pas gagné grand chose en dehors.
Il y a 35 mois
Aifaim
Aifaim :
V6 turbo@, vous avez tout à fait raison sur le fond. En sport automobile, les équipes se sont mondialisées depuis plusieurs décennies, ce qui me chagrine nullement.

Lorsque sur ce site j'évoque le passé, parce que j'estime, à tort ou à raison que l'Histoire est à sa place en tout temps, l'atmosphère d'alors était tout autre ... même sans remonter à la propagande allemande des Mercedes et Auto-Union d'Avant-guerre. De par mon âge, j'ai été baigné dans les eaux vives de la Renaissance du sport auto Français, les épopées Alpine et Matra, leurs pilotes de circuit et de rallye, la coupe R8 Gordini, la Formule France, Elf etc... Et ce contexte fait partie intégrante de l'Histoire.

Vous avez raison de souligner qu'il en va tout autrement aujourd'hui et même depuis au moins 20 ans. Nous vivons une époque belle mais il y a eu autrefois une Belle-Epoque, une autre.
Il y a 35 mois
Aifaim
Aifaim :
A propos de "poisse", un des plus grands fût Chris Amon. Le Néo-Zélandais était, à son époque, considéré comme l'un des meilleurs mondiaux mais une malchance tenace - surtout en Formule 1 - le priva de victoires, souvent pour des broutilles.

Savez-vous ce qu'il disait, récemment, à ce propos : "Si ! J'ai eu de la chance puisque je suis vivant..."
Il y a 35 mois
Aifaim
Aifaim :
Panis a gagné sous la pluie... Cette dernière semble avoir déserté le Rocher monégasque depuis 2008 ... fera-t-elle son retour dimanche ? Les sites de météo ne s'avancent pas trop... Alors, Wait and see ou wet ans sea ?
Il y a 35 mois
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