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Présentation - GP de Hongrie : Soixante-dix petits tours et puis s'en vont

Onzième manche de la saison, le Grand Prix de Hongrie va clôturer une première partie de saison riche en actions. Sebastian Vettel arrive à Budapest avec une petite unité d'avance sur Lewis Hamilton. Le vainqueur du duel ce dimanche partira donc en vacances en tête du championnat.

© Force India - Un dernier virage à ne pas manquer pour s'offrir une occasion de dépassement© Force India - Un dernier virage à ne pas manquer pour s'offrir une occasion de dépassement

« Son tracé technique demande une concentration maximale sur tout le tour. Il y a beaucoup de petits changements rapides de direction et la configuration sinueuse fait qu'il faut toujours être sur LA trajectoire pour faire le meilleur temps. Un tel tracé et les fortes températures rendent les conditions difficiles dans la voiture et vous avez besoin d'un très bon châssis pour vous inscrire en courbe au bon moment, pour avoir une excellente sortie et enchaîner avec le prochain virage. »

Circuit ô combien singulier, le tourniquet hongrois tel qu'on le surnomme fait la part belle aux voitures les plus agiles. Comparé aux secteurs 1 et 3, où l'on trouve les longs virages en parabole, le secteur 2 (virage 4 à 11) est une enfilade de courbes réduites et de cassures qui demande des réglages fins et surtout la plus grande précision pour conclure un très bon tour. Par ces mots, Stoffel Vandoorne résume bien ce que tout pilote cherche à accomplir. Pour se faire, conduire à la limite est nécessaire, au risque de la dépasser - comme Lewis Hamilton l'an dernier, auteur d'une belle équerre dans le virage 11 en EL2.

Voici un petit tour du propriétaire pour les intéressés.

Une course historique à plus d'un titre

Organisé depuis 1986, le Grand Prix de Hongrie a été la première course de Formule 1 à franchir le rideau de fer. Si des éditions s'étaient bien déroulées en sol magyar à l'avant-guerre et avant la création officielle du championnat du monde de Formule 1 en 1950, l'édition de 1986 a été vécue comme une véritable révélation pour cette partie de l'Europe.

Le circuit, sinueux et souvent qualifié de rébarbatif par de nombreux pilotes, n'a pas connu beaucoup d'évolutions depuis les années 80, si ce n'est un allongement de la ligne droite de départ/arrivée pour y améliorer la vitesse de pointe et donc favoriser les dépassements avec un gros freinage à l'entame du premier virage.

Cependant, quelques courses spectaculaires ont eu lieu sur le Hungaroring. L'affrontement entre les deux Brésiliens, Ayrton Senna et Neslon Piquet, dont ce dernier est sorti vainqueur au prix d'un dépassement somptueux tout en glisse, a notamment marqué la première édition.
Réputé peu propice aux dépassements, la piste a pourtant offert de belles passes d'armes comme lors de la victoire de Nigel Mansell en 1989 qui, parti du milieu de grille, allait remonter jusqu'à la tête pour s'offrir un succès mémorable au volant de sa Ferrari.

Plusieurs pilotes ont également remporté leur première victoire ici comme Fernando Alonso en 2003, Jenson Button en 2006 ou Heikki Kovalainen deux ans plus tard. D'autres comme Felipe Massa, ont des souvenirs moins joyeux en piste puisque c'est lors des qualifications du Grand Prix de Hongrie 2009 que le Brésilien a subi l'accident le plus grave de sa carrière lorsqu’il a été percuté au visage par un élément de suspension de la Brawn GP de Rubens Barichello, écartant le pilote Ferrari durant plusieurs mois de la Formule 1 pour une convalescence douloureuse. L'année suivante, alors dans une Williams, le recordman de départs se faisait à son tour une grosse frayeur, dans un dépassement resté pour la postérité face à Michael Schumacher.


Hamilton va t-il surfer sur la vague ?

Ce Grand Prix est pour le moins paradoxal. Première course de la deuxième partie de saison sur le papier (11/20), le Hungaroring constitue pourtant un instant charnière. Avant la pause estivale, le résultat de dimanche donnera le ton pour le final de cette année 2017, qui commencera à partir de Spa-Francorchamps.
Pour ce faire, tous les regards seront tournés vers le rapport de force Ferrari-Mercedes. Car depuis Monaco, théâtre de la dernière victoire des Rouges, la courbe s'est inversée. La formation triple tenante du titre a repris la main sur le plan statistique, avec trois victoires dans la musette et un score épatant de 151 points sur 172 possibles, seul le fameux Grand Prix d’Azerbaïdjan ayant fait défaut. Alors que Mercedes pointait à 19 points (179 vs 196) au soir du meeting en Principauté, la voici... 55 points devant (330 vs 275) !

Sur le plan individuel, l'avance de Sebastian Vettel a aussi fondu comme un esquimau sur une plage d'été. Sur ses terres il y a deux semaines, Hamilton est revenu à un petit point : 177 vs 176. Fin mai, le quadruple champion du monde possédait une victoire d'avance : 129 vs 104 !
Rappelons pour cela que cette remontée s'est accélérée en Grande-Bretagne. En route pour le podium, Räikkönen (troisième à l'arrivée) puis Vettel (septième) ont crevé coup sur coup leur pneumatique avant gauche.

Mais la régularité des deux principaux prétendants au titre reste très intéressante. L'un comme l'autre ont scoré à chaque sortie depuis le Grand Prix de Malaisie en octobre 2016, soit exactement quinze courses, série en cours. Petite curiosité au passage, après Rosberg l'an dernier, Hamilton fait face à un autre pilote Allemand. Il y a douze mois, sa victoire à Budapest lui avait permis de prendre la tête du championnat pour la première fois de la saison, face à un certain Nico Rosberg, vainqueur à l'époque de la manche inaugurale en Australie... comme Vettel en mars dernier, et leader depuis !

Pour ce dernier, la Hongrie sera surtout une chance ; celle de reconstruire un petit matelas de sécurité. Sa seule victoire locale a marquée les esprits : en 2015, quelques jours après le décés de Jules Bianchi.

De l'autre côté, leurs équipiers ne manqueront pas d'encouragements ! Traditionnellement, une grosse colonie finlandaise se déplace jusqu'en Hongrie pour supporter ses héros. Kimi Räikkönen et Valtteri Bottas auront par conséquent la sensation d'évoluer à domicile autour du redoutable tourniquet ! Le deuxième cité aura l'occasion de mesurer sa popularité, après sa deuxième victoire en Autriche et sa convaincante deuxième place à Silverstone, après une remontée de sept places. Avec vingt-trois points de retard, rien n'est encore perdu pour le pilote frappé du numéro 77.
Et de toute évidence, méfiance. 250 points sont encore à distribuer lors de ce championnat du monde 2017 !

Derrière, l'équipe Red Bull cherchera encore à sortir de la mêlée. L'empattement court et l'aérodynamique de la RB13 offre à ses deux pilotes un gage de réussite sur un tel type de circuit. D'autant que Daniel Ricciardo connaît déjà le chemin de la victoire, après son beau succès acquis ici même dans des conditions changeantes, en août 2014.

Moins puissant qu'un moteur Mercedes ou Ferrari, le moteur Renault tâchera également d’entraîner Nico Hülkenberg vers la fin de sa maudite série. Rappelons que l'Allemand, fort de 125 engagements en Grand Prix, n'est plus qu'à trois courses du record d'Adrian Sutil. Celui du plus grand nombre de départs sans finir sur un podium ! Heureusement, la RS17 semble avoir franchi un cap, après un dernier week-end solide, conclu par une belle sixième place.
Même encore en retrait, pour sûr, l'écurie alimentera les discussions. Le siège de Jolyon Palmer est brûlant et la rumeur d'un retour officiel de Robert Kubica en Grand Prix se précise. Si sa voiture lui permet de prendre le départ, le Britannique jouera sa peau en Hongrie. Pendant ce temps, le Polonais sera présent derrière le volant lors des essais privés de mi-saison, disputés dans la foulée de la course...

Autre écurie sous les feux de la rampe, le duo Mclaren-Honda doit aussi profiter de cette fin de semaine pour marquer de nouveaux points. Les deux points engrangés à Bakou ne suffiront pas à colmater les brèches et une énième contre-performance pousserait un peu plus Fernando Alonso vers un départ. Après tout, Sauber, le plus proche rival, n'est qu'à trois points...

Enfin, n'oubliez pas de surveiller les jeunes pousses comme le lait sur le feu. Chez Toro Rosso, Daniil Kyvat ne pourra se permettre un troisième crash consécutif dans le premier tour. Helmut Marko sera attentif !


Pour (vraiment) tout savoir…

Avec un circuit aussi sinueux on aurait pu s'attendre à ce que Pirelli apporte les pneumatiques ultra-tendres. Mais les hautes températures que l'on peut rencontrer dans la région ont conduit le manufacturier italien à préférer un choix classique.

Retrouvez les choix individuels des pilotes :


Pour pouvoir utiliser le DRS, les pilotes devront se porter sous la seconde de leur prédécesseur à l'entrée du dernier virage (le T14) afin de bénéficier du système sur la ligne de départ-arrivée, ainsi qu'entre les virages 1 et 2.

Si vous levez les yeux au ciel, vous constaterez qu'il sera partiellement voilé tout au long du week-end, avec des températures comprises entre 22 et 26°C en matinée et entre 27 et 30°C pour les séances d'après-midi. À l'inverse de Silverstone aucune pluie n'est attendue, que ce soit pour les qualifications ou pour la course.

N'oubliez pas le programme TV !

Extrait du Jeux F1 2013


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9 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Le choix du nombre de pneus par type de gomme est intéressant. A priori, le "médium" réduit à une unité symbolique à l'unanimité montre bien qu'il ne servira quasiment pas. Que dire de n'avoir prévu que deux trains "soft" par beaucoup, sinon que c'est risqué. Il faudra en réserver obligatoirement un pour la course. Ne disposer dès lors que d'un équipement pour tous les essais libres, c'est peu : une crevaison lors d'une tentative de longue distance privera d'enseignements importants ou condamnera à utiliser des pneus usagés en course, donc de réduire de plusieurs tours un relais dont la longévité est l'attrait principal.
Il y a 20 jours
Aifaim
Aifaim :
Le tableau est incomplet : manquent Sauber, Haas et Renault...
Il y a 20 jours
GillesBodin@MotorsIn
GillesBodin@MotorsIn :
@Aifaim Il faut cliquer sur la photo pour voir l'ensemble du tableau.
Il y a 20 jours
AP01
AP01 :
En marge de ce GP, voici exactement ce que j'ai annoncé il y a 2 ans et que dont j'ai à nouveau parlé au cours des derniers mois : la F1 va devenir une franchise, comme la NBA ! www.actuf1.com/article/207304

Ainsi, les milliardaires et manufacturiers vont pouvoir définitivement s'amuser entre eux, à terme, car acheter la franchise vaudra assurément des centaines de M$ et, probablement dépassera le milliard de $ à terme.

Mais il en aura encore qui ne verront dans ce sport et dans ceux qui le dirigent que des philanthropes qui pensent juste à faire le bonheur d'un petit garçon triste dans une tribune...
Il y a 20 jours
profx
profx :
theatre de ka je crois seule victoire de boutsen, bien aidé par senna qui bouchonnera le reste du peloton.
mais l image forte de ce circuit est et restera pour moi le depassement facon rallye de picquet.
Il y a 20 jours
Axel@Motorsinside
Axel@Motorsinside :
Pas la seule, mais la dernière des trois ;)
Il y a 20 jours
dabass44
dabass44 :
Je ne penses pas que le nombre de soft soit si important, ont peut pensé au vu de ce petit nombre que les écuries se sont rendu compte que la plage d'utilisation était sensiblement la même que la plage des super soft, non?
Il y a 19 jours
Aifaim
Aifaim :
dabass44@, Il faut bien passer les "soft" en essais, ne serait-ce que pour mesurer leur longévité sur cette piste. Si une crevaison ou un tête-à-queue survient, le train n'est plus opérationnel. Comme, il faut en réserver obligatoirement un pour le Grand Prix, c'est une information dont le pilote ne disposera pas, ce qui peut lui poser problème dans sa prévision de stratégie en course.
Il y a 19 jours
dabass44
dabass44 :
Aifaim@: Tout à fait, je ne dis pas le contraire, je disais juste que le petit nombre peu peut être s'expliqué comme ça. Dan le sens ou on utilise plus de trains pour les réglages que pour les test de longévité.
Il y a 19 jours
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