> > > > Bilan 2017 - Toro Rosso : Le grand perdant du milieu de tableau

Bilan 2017 - Toro Rosso : Le grand perdant du milieu de tableau

Après l'écurie américaine de Gene Haas, MotorsInside poursuit ses bilans et se penche sur le cas Toro Rosso. Après une saison 2016 en demie-teinte, Toro Rosso n'a pas inversé la tendance cette saison et s'est raccroché aux seuls éclats de Carlos Sainz avant qu'il ne soit transféré chez Renault. L'instabilité a régné au sein de l'équipe et pour la première fois depuis longtemps en Formule 1, une équipe a terminé avec deux pilotes différents des titulaires annoncés en début de saison.

© Toro Rosso - Une photo de famille inédite, sans les pilotes titulaires du début de saison© Toro Rosso - Une photo de famille inédite, sans les pilotes titulaires du début de saison

7ème au championnat, 53pts
Meilleure qualification : 6ème
Meilleur résultat en course : 4ème

Avec la plus belle livrée de la saison selon les observateurs, Toro Rosso est arrivé à Melbourne avec l'intention de s'affirmer dans la première partie du tableau. L'exercice est réussi en Australie et en Chine, ce malgré l'abandon de Kvyat à Shanghai sur problème hydraulique.

A partir de Bahreïn les choses se sont compliquées, l'échec de l'accès à la Q3 est devenu une réalité persistante et le Top 10 s'est éloigné pour l'Espagnol et le Russe. A l'intérieur de l'équipe, la hiérarchie s'est à nouveau établie en faveur de Sainz. S'il fait jeu égal en qualifications, Kvyat accuse le coup en course et c'est presque toujours Sainz qui ramène les points. On peut noter sa performance au Grand Prix d'Espagne, en partant dernier il décroche la 10ème place et le petit point qui en découle.

Le recul de la petite Scuderia se fait de plus en plus pesant sur le plan de la performance et la tournée européenne n'inversera pas la tendance. La Q3 devient un rêve peu accessible et l'équipe se raccroche aux éclats de Carlos Sainz en course, comme à Monaco avec une 6ème place, alors que Daniil Kvyat accuse toujours plus le coup et ses abandons sur panne mécanique ne l'aident pas. Comme au Canada, les monoplaces de Faenza ne rallient pas l'arrivée en Autriche. Pire encore, Kvyat renoue avec ses démons et fauche Alonso et Verstappen dès le premier freinage.

Au retour de la trêve, la Belgique et l'Italie sont deux Grands Prix difficiles et c'est à nouveau Sainz qui apporte un point à l'équipe à Spa-Francorchamps. Suite au Grand Prix de Singapour où Sainz signe sa meilleure performance avec une 4ème place et où Kvyat termine une nouvelle fois sa course dans le mur, le couperet tombe.

Avant la Malaisie Toro Rosso annonce le débarquement de Kvyat au profit de Pierre Gasly. Le Français se montre solide tandis que Sainz abandonne consécutivement à Kuala Lumpur et à Suzuka, pour sa dernière avant de prendre la place de Jolyon Palmer chez Renault. Aux États-Unis, Kvyat revient pour un one-shot au côté de Brendon Hartley qui remplace Sainz. Le Russe décroche son dernier point avant de rendre son baquet à Gasly parti défendre ses chances de titre en Super Formula.

Les trois dernières courses de la saison sont difficiles pour les petits taureaux. Avec deux rookies les chances de points sont maigres pour la structure italienne, d'autant que la performance est de moins en moins au rendez-vous. Gasly et Hartley parviennent tout de même à convaincre Franz Tost et Helmut Marko, qui les confirment pour 2018.

Note de la rédaction : 11/20

Carlos Sainz :

9ème au championnat, 54 pts (48)
Meilleure qualification : 6ème
Meilleur résultat en course : 4ème

Quand on fait le bilan comptable, Carlos Sainz a porté son équipe cette saison. Meilleure qualification, meilleur résultat et 90 % des points apportés au compte du constructeur, le contrat est rempli pour l'Espagnol. Presque retenu chez Toro Rosso pour une troisième saison, Sainz s'est démarqué de la meilleure des manières pour décrocher son transfert chez Renault à partir du Grand Prix des États-Unis.

En forme sur l'ensemble de la saison, Sainz a connu régulièrement l'entrée dans les points malgré quelques moments d'absence, comme à Sakhir où il embroche Stroll en sortant des stands ou au Canada lorsqu'il s'accroche avec Romain Grosjean. Celui a qui son équipe devait sa 6ème puis sa 7ème place au classement Constructeurs a aussi eu des moments de gloire. A Monaco il se qualifie 6ème et franchis la ligne d'arrivée à cette même place. En Hongrie il termine 7ème au prix d'une passe d'armes qui tourne en faveur de son aîné ibérique de chez McLaren et à Singapour il culmine en récupérant la 4ème place que les prétendants habituels avaient laissé vide.

Après ce meilleur résultat de la saison, on peut regretter ses deux erreurs sur l'exigeant circuit de Suzuka, qui ne pardonne ni les escapades hors du bitume comme en essais, ni les écarts de trajectoires comme en course. Dommage que cela est été sa dernière avec la structure fille de Red Bull avec son transfert chez Renault.

Note de la rédaction : 15/20

Daniil Kvyat :

19ème au championnat, 5 pts
Meilleure qualification : 9ème
Meilleur résultat en course : 9ème

L'inter-saison n'aura pas suffit à Daniil Kvyat pour se remobiliser et retrouver sa pleine performance. Son début de saison est satisfaisant, il fait jeu égal en qualifications avec Sainz mais en course le Russe affiche une moindre performance. Les ennuis mécaniques ne l'épargnent, comme en Chine, au Canada ou en Azerbaïdjan et les pilotes non plus à l'image de Sergio Pérez qui le harponne à Monaco.

En Autriche, Kvyat renoue avec ses vieux démons et au premier virage il fauche Alonso et Verstappen en arrivant beaucoup trop vite. Au fil des Grands Prix il ne retrouve pas le chemin du top 10 alors que Sainz y multiplie ses entrées et les points pour l'équipe. Singapour est le Grand Prix de trop, alors que la course était relancée depuis quelques tours après le carnage du départ, le Russe arrivait de nouveau trop vite en entrée de virage pour terminer sa course dans le mur de pneus.

Cet énième incident l'éjecte de son baquet, Pierre Gasly le remplace. Il peut revenir à Austin car Gasly est au Japon pour la dernière course de Super Formula, pour une performance honorable car il termine 10ème et offre le dernier point de l'équipe. Ce qui devait être normal est devenu une performance exceptionnelle pour le Russe, ce qui lui coûte sa place.

Note de la rédaction : 8/20

Pierre Gasly :

21ème au championnat, 0 pts
Meilleure qualification : 15ème
Meilleur résultat en course : 12ème

Appelé en renfort pour remplacer un Daniil Kvyat effacé, le Français a répondu présent dès son premier Grand Prix, en Malaisie. Il ne marque pas de points pour lui à l'arrivée mais son week-end est une relative réussite. 15ème en qualifications à moins de deux dixièmes de Sainz (14ème) pour sa première, Gasly est rentré dans le dur et avoue manquer encore d'expérience dans la gestion des pneumatiques, ce qui l'handicape en fin de course. C'est d'ailleurs ce qui lui coûte sa première opportunité de points à Suzuka car il doit effectuer un arrêt de plus que prévu après avoir fait un plat sur gommes avant.

Le Grand Prix du Mexique tourne au cauchemar pour lui, après une première séance passée sur le muret - Sean Gelael prenait sa place - sa deuxième séance est vite écourtée par un problème moteur, de même que la troisième. Il ne participe pas aux qualifications car les mécaniciens n'ont pas eu le temps de changer le moteur et part dernier le dimanche. Sa 13ème place en course est une bonne chose alors qu'il découvrait pleinement la piste pendant celle-ci.

Au Brésil et à Abu Dhabi il souffre d'autant plus du manque de performance de sa voiture. A Interlagos il fait montre de lucidité en exploitant au mieux les premiers virages après une triste 17ème place en qualifications. A l'arrivée il est 12ème derrière les Renault de Sainz et Hulkenberg et ne pouvait espérer mieux selon lui. A la fin de la course sur le circuit de Marina Bay il affiche son mécontentement à la radio en déplorant la perte de la 6ème pour Toro Rosso.

Note de la rédaction : 11/20

Brendon Hartley :

23ème au championnat, 0 pts
Meilleure qualification : 13ème
Meilleur résultat en course : 13ème

Après Gasly en Malaisie, Brendon Hartley est annoncé pour les États-Unis pour remplacer Sainz. Le néo-zélandais habitué à l'endurance re-découvre la F1 en effectuant quelques figures artistiques en essais et même s'il est dernier au départ le dimanche après un dernier temps en qualifications et des pénalités pour changement de pièces moteur, il remonte bien dans le peloton en course et termine à une satisfaisante 13ème place pour l'équipe.

Au Mexique et au Brésil il fait partie des victimes du manque de fiabilité du bloc Renault. Il est épargné pendant les essais et les qualifications - exit les EL1 du Grand Prix du Brésil - et prend le coup de massue part deux fois en course. A Abu Dhabi, seul circuit qu'il connait bien pour y avoir roulé en endurance, Hartley affiche une certaine confiance mais de nouvelles pénalités pour changements de pièce moteur viennent ruiner le peu d'espérance qu'il avait. Au drapeau à damiers il est 15ème devant son coéquipier et peut déjà faire un bilan peu concluant de son expérience en F1.

Avec 4 courses disputées, deux abandons sur panne technique et un tas de pénalités que seul McLaren-Honda trouverait insignifiant, le Néo-Zélandais ne retrouve pas la monoplace dans une situation favorable. On espère pour lui et Gasly que la saison 2018 sera plus joyeuse, même si on pourrait frémir d'entendre la futur motorisation de l'équipe par Honda.

Note de la rédaction : 11/20


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2 réactions sur cet article Donnez votre avis
Nicolas
Nicolas :
"et un tas de pénalités que seul McLaren-Honda trouverait insignifiante".
Crue,l mais tellement vrai... mieux vaut en rire.

Il y a 7 mois
Aifaim
Aifaim :
Une équipe B, c'est une équipe B, pour le meilleur et pour le pire. 2017, pour Toro Rosso, ce fût le pire. La monoplace semblait bien faite mais les problèmes de fiabilité se sont cumulés. Côté pilotes, Sainz était très bon mais Kvyat a réalisé une saison de cauchemar, indigne de ses prestations antérieures. Sainz parti chez Renault, Toro Rosso, à court de propulseurs a bu le calice jusqu'à la lie en espérant que ses deux impétrants aient bien préparé 2018. Honda sera meilleur également... Mais les places seront chères.
Il y a 7 mois
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