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Mercedes, Ferrari, Red Bull : un plan à trois historique ?

Cette saison 2018 offre une curiosité : trois équipes se partagent les six premières victoires, une première depuis 31 ans. Un présage d’une lutte intense ?

© Red Bull Racing / Getty Images - Tous les regards seront tournés vers Red Bull, en route vers la confirmation à Montréal ? © Red Bull Racing / Getty Images - Tous les regards seront tournés vers Red Bull, en route vers la confirmation à Montréal ?

Dominateur au début de l'ère des V6 Turbo-Hybride, Mercedes a depuis appris à partager. Après trois années seul au sommet, la firme de Brackley a connu un exercice 2017 plus difficile, avec seulement 12 victoires au compteur, sur 20 courses inscrites au calendrier. Un comble par rapport aux 16/19 de 2014 et de 2015, et aussi au vu des 19 coupes de vainqueur empoché sur les 21 Grands Prix de 2016.
Et comme l’an passé, la marque à l’Etoile a déjà “lâché” trois courses sur les six premiers meetings ! Mais cette fois, la menace vient autant de Ferrari et Red Bull, ce qui n’était pas le cas il y a douze mois, quand Sebastian Vettel avait gagné à Melbourne, Sakhir et Monaco. Cette année, Mercedes doit composer avec l’Allemand (encore vainqueur à Melbourne et Sakhir)... mais aussi Daniel Ricciardo, le fer de lance Red Bull à Shanghai et à Monaco.

Cette situation posée est en fait étonnante, sur ces dernières saisons. En effet, il faut remonter… à 1987 pour voir un tel cas de figure. À l’époque, Mclaren (Alain Prost), Williams (Nigel Mansell) et Lotus (Ayrton Senna) avait chacun triomphé avec leur équipe à deux reprises sur les six premières manches.

1987 : six premières coursesEquipe victorieusePilote vainqueur
1Grand Prix du BrésilMclarenAlain Prost
2Grand Prix de Saint-MarinWilliamsNigel Mansell
3Grand Prix de BelgiqueMclarenAlain Prost
4Grand Prix de MonacoLotusAyrton Senna
5Grand Prix des Etats-UnisLotusAyrton Senna
6Grand Prix de France WilliamsNigel Mansell

L’équipe Williams avait ensuite pris les devants, Mansell et Nelson Piquet, son équipier, s’était disputé le titre, finalement revenu au Brésilien à une course de la fin. Les deux pilotes n'ont laissée que des miettes sur la fin de saison; avec 7 victoires sur les 10 courses plus restantes.

Plus globalement, les saisons 2012 et 2013 avaient fait encore mieux. En 2012, cinq équipes s’était même succédé sur la plus haute marche du podium (Mclaren, Ferrari, Mercedes, Red Bull, Williams) avant que Mark Webber, pilote Red Bull, ne s’impose à Monaco. En 2013, quatre équipes s’étaient distinguées : Lotus, Red Bull, Ferrari et Mercedes. Ceci étant, l’issue de ces deux exemples invite à la réflexion : autant le titre de 2012 s’était joué lors du dernier Grand Prix au Brésil (Vettel sacré, face à Alonso), autant la saison 2013 avait été pliée avec le quatrième sacre de Vettel, à quatre courses de la fin.


Au-delà du chiffre... un favori se dégage-t-il pour la suite de la saison ?

Il faut quand même nuancer. Avec 110 et 96 points respectivement, les couples Mercedes/Hamilton et Ferrari/Vettel ont les meilleures chances de jouer le titre. Toujours à l’aise sur les circuits aux longues courbes et sur des pistes peu abrasives, Mercedes a un petit pas d’avance, en disposant d'une machine un peu plus stable en appuis que sa devancière. Hamilton a enchaîné une victoire chanceuse (Azerbaidjan) et une victoire sans contestation (Espagne), aidée par le changement d’épaisseur de la bande de roulement sur les pneumatiques Pirelli. Malgré une puissance moteur désormais égale à Ferrari, l’équipe allemande a encore de beaux atouts pour aller conquérir les deux couronnes, une cinquième saison supplémentaire. Mais il ne faudra pas oublier Vettel, accroché par Verstappen en Chine (8e), à l’aise avec sa Ferrari lorsque les températures s’élèvent, autant sur les circuits sinueux que rapides.

Vraiment, l’inconnue la plus grosse à éclaircir reste le cas Red Bull. Les deux succès de Ricciardo sont les plus particuliers : une remontée aidée par la sortie de la Safety Car en Chine, une victoire sur le tracé anachronique de Monaco. Mais n’oublions pas non plus l’accrochage de l’Australien avec son équipier à Bakou, qui lui a coûté la bagatelle de 10 à 12 points, ce dernier étant en bagarre pour la quatrième place au moment du crash. Ko sur un problème moteur à Bahrein dés le premier tour (il s'était qualifié 4e), la régularité de Daniel Ricciardo en a donc pris un sacré coup, indépendamment de son niveau de performance.

Quid de Red Bull au Canada ?

Sur le circuit Gilles-Villeneuve, la performance de l’écurie autrichienne dépendra en grande partie de celle de son moteur. Ce samedi, le clan Renault a annoncé introduire une version B de son V6 Turbo, incluant un gain significatif de performance. Seulement voilà, l’équipe Renault doit encore décider lequel de ses clients bénéficiera de l’évolution : Red Bull ou Mclaren, voire les deux. Un choix qui sera peut-être perturbé par l’annonce de l’équipe autrichienne, qui a retardé d’un mois supplémentaire sa décision de sa couverture moteur 2019.
En attendant, la performance moteur sera cruciale à Montréal, où 59% du tracé est effectué à pleine charge, pour une vitesse moyenne de 215 km/h et des pointes à 350 km/h au bout de la longue ligne droite vers l’enchaînement du 14e et dernier virage.

En revanche, côté fiabilité, Daniel Ricciardo a des gros soucis à se faire. Déjà perturbé à Monaco, il n’est plus qu’à un changement de la limite réglementaire au sujet des turbo-compresseurs et des MGU-H, ce qui entraînera des places de pénalité sur la grille au-delà. Le mal sera cependant déjà présent ce week-end / l'Australien recevra au moins 10 places de pénalité au Canada, selon la récente déclaration d'Adrian Newey.

En tout cas, “the Honey Badger” a affirmé être à « une victoire de la course au titre. » L’Australien veut pour cela empocher une troisième coupe de vainqueur, avant la pause estivale.

« Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas encore vraiment dans mon esprit », a déclaré le principal intéressé, lors de la conférence de presse d’après-course à Monaco.

Ricciardo : « nous devons encore prouver notre performance sur un autre circuit, au moins, avant le break de l’été. Lewis a encore une bonne avance sur moi. »

En écho, Lewis Hamilton anticipe et se réjouit d’une potentielle confrontation. « La Ferrari est toujours la voiture la plus forte. Elle a été bonne sur chaque course de la saison. Et Red Bull continuera à s'améliorer tout au long de l'année. Cette bataille entre les trois équipes est pour moi un gros challenge : j'aime aller au plus profond de mes compétences ! »

Pour arbitrer cette lutte, Pirelli apporte en tout cas les mêmes pneumatiques qu'à Monaco, à savoir les hyper-tendres, les ultra-tendres et les super-tendres. Il reste désormais à savoir quelle équipe décrochera en premier sa troisième victoire de la saison...



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2 réactions sur cet article Donnez votre avis
LH#44
LH#44 :
A voir la répartition des pneus, Mercedes vise presque une course en Ultra et Soft contre Hyper/Ultra pour les autres, à voir dimanche.
Il y a 2 mois
Aifaim
Aifaim :
LH#44@, je dirais que Mercedes se ménage le choix entre les deux possibilités. Passer en Q3 chaussé en Ultra, c'est possible. Dans ce cas, les Hyper ne serviront que pour la chasse à la pole.
Le choix le plus évident mais aussi le plus surprenant, c'est celui de Stroll...
Il y a 2 mois
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