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Bilan mi-saison : Haas, l'ascension continue

Pour sa troisième saison, l'équipe américaine occupe une très belle cinquième place au championnat des constructeurs, notamment grâce à la régularité des performances de Kévin Magnussen. Elle a aussi du composer avec les nombreuses erreurs de Romain Grosjean, qui va devoir continuer de remonter la pente.

© Haas F1 Team - Magnussen a éclipsé un Grosjean brouillon sur cette partie de saison © Haas F1 Team - Magnussen a éclipsé un Grosjean brouillon sur cette partie de saison

5e au championnat des constructeurs : 66 pts

Le cas du Haas F1 Team est symptomatique. Arrivée en 2016, l'écurie, cliente de Ferrari, représente le nouveau modèle de la Formule 1. Un petit budget mais un partenariat étroit avec la Scuderia, l'utilisation de nombreuses pièces de la voiture italienne et un moteur sur-vitaminé : la VF-18 est redoutable, surtout sur les circuits de ligne droite, que cela plaise à ses adversaires ou non. La progression est belle, et les évolutions aérodynamiques ont apportées un vrai plus en cours de saison, sur l'aileron avant ou le fond plat.

Ce qui se traduit par un beau bilan comptable : 8 entrées dans les points en 12 courses, et un superbe week-end sur le Red Bull Ring, conclu par une 4e et 5e place. 29 points à la pause en 2016, 47 en 2017, et 66 cette année : la progression est impeccable. Et encore, Haas aurait pu faire mieux cette année ! Outre l'inconstance de Grosjean, l'écurie a laissée filer deux entrées dans le top 5 en Australie. La faute à des roues mal serrées, contraignant les deux pilotes à l'abandon. Pourtant, l'écurie est à 16 points de Renault et la quatrième place des constructeurs.

Les pilotes

Le rapport de force s'est clairement inversé. Leader de l'écurie depuis son arrivée en 2016, Grosjean n'est plus la locomotive sur cette première moitié de saison. Place à un Kévin Magnussen étonnant ! Le Danois a toujours gardé son coup de volant agressif (Pierre Gasly peut en témoigner, tassé contre le mur à 300 km/h à Bakou), mais désormais la performance et la constance sont au rendez-vous. Jamais il n'était autant entré dans les points en une demi-saison ! Certes, "K-Mag" n'a pas obtenu le meilleur résultat de l'équipe en course, mais ses dirigeants ont apprécié sa capacité à garder la tête froide en toutes circonstances. Et même en qualifications, il surpasse son équipier. L'ancien pilote Mclaren et Renault a donné du crédit à sa carrière.


En face, le chaos, et des rares éclaircies. Clairement, Romain Grosjean est retombé dans ses travers de 2012. Faute de concentration inconcevable sous régime de Safety Car à Bakou, crash dangereux au départ en Espagne, agressivité non maîtrisée en France, deux accrochages en course (dont un avec Magnussen) en Grande-Bretagne pour un abandon... la liste est trop longue. Sans oublier un autre crash en qualifications, en France ! Cerise sur le gâteau, sa communication souvent maladroite, à chaud certes, mais terriblement pénalisante pour son image.
Après une série incroyable de huit courses sans point, l'ancien pilote Lotus a quand même apporté une quatrième place à l'écurie en Autriche, profitant des abandons du duo Mercedes et de Ricciardo. Il s'est aussi régalé en Allemagne, sixième après plusieurs dépassements en fin de course, sur une piste humide. Mais à la régulière, Grosjean est surclassé par son équipier. Embêtant pour le supposé pilote numéro 1, qui a coûté une dizaine de points à son équipe.

Face à face... Score
1En Qualifications9-3 pour Magnussen
2En Course8-3 pour Magnussen

* : la statistique ne prend pas en compte les cas de double abandon (en Australie ici)

PiloteQualifications : nombre de top 10Qualifications : meilleure placeCourse : nombre de top 10Course : meilleure placeNombre de points au championnat
1Kévin Magnussen85e (Australie & Allemagne)75e (Bahreïn & Autriche)45
2Romain Grosjean85e (Autriche)34e (Autriche)21

La suite de la saison

Maintenant, le Haas F1 Team peut-il aller plus haut ? Permettez-nous d'en douter pour cette fin 2018 : l'absence de l'écurie aux essais privés le prouve, la firme basée en Caroline ne roule pas sur l'or. Dés lors, comme depuis deux ans, l'équipe américaine ne développera guère sa voiture. Sa chance ? Les derniers soucis financiers de Force India et l'instabilité de Mclaren. Avec sa puissance moteur, Haas pourrait garder sa cinquième place et entrer pour la première fois dans le top 5 des constructeurs.

Du côté des pilotes, il faudra gérer le cas Grosjean. Le Français n'a pas sa place assurée pour 2019. Même si l'écurie lui est reconnaissante d'avoir débuté à ses côtés en 2016, la patience des dirigeants n'est pas infinie. Le baquet sera « considéré après le break de l'été » a récemment déclaré à ce sujet Guenther Steiner. Derrière, l'écurie américaine a au moins une nouvelle perspective, avec la potentielle arrivée de Sergio Pérez, et sa valise de billets. Oui, le Haas F1 Team est devenu bankable !




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6 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Quelle question ! Répondre non, sur le plan strictement sportif, c'est estimer que le classement n'est pas en rapport avec la valeur de l'équipe ou teinter son opinion d'une désaffection ciblée sur l'équipe américaine.

Bien sûr, il reste à considérer ceux qui rejetent le "Meccano" Dallara/Haas/Ferrari. Avant tout, il est légal et pas du tout inédit dans l'histoire de la F1. Pour ceux qui s'y sont intéressés, l'avènement du V8 Ford Cosworth a, dès que Lotus en a perdu l'exclusivité, permis à des constructeurs de boulonner à leur châssis des moteur/boîte (Hewland) derrière le pilote, ce qui leur octroyait des performances relativement similaires... à égalité de moyens et de talent.
Personnellement, qu'une équipe américaine, un pays où la F1 est regardée d'un oeil goguenard, se hisse si rapidement parmi les très bons d'un plateau de plus en plus concurrentiel, c'est une jolie réussite à conserver dans les mois qui viennent.
Il y a 10 mois
AP01
AP01 :
"Bien sûr, il reste à considérer ceux qui rejetent le "Meccano" Dallara/Haas/Ferrari. Avant tout, il est légal " : Ah bon ?! Et moi qui croyait que Haas trichait depuis 2 ans et demi et que personne n'avait rien vu ! :-))

Sinon, ce n'est pas parce que ce n'est "pas inédit" que c'est une bonne chose. Avec Haas et Sauber-AR on se dirige clairement vers des écuries avec des équipes satellites qui faussent, d'une certaine manière, le CDM.
Mais rien d'étonnant puisque la F1 se dirige vers une ligue fermée, comme la NBA (cela fait des années que je le prédis) et, à terme, il y aura des manufacturiers qui proposeront leur équipe A et mettront à disposition de partenaires financiers et de sponsors des équipes B (voir C) où on trouvera une ribambelle de pilotes X et Y (y compris des femmes pour la pub) qui seront interchangeables.

Personnellement, je préfèrerais des écuries qui fabriquent la plupart des pièces, pas de fourniture autre que le PU, des budgets capés et largement réduits et des pièces standardisées pour tout ce qui ne relève d'aucun intérêt majeur, style écrous de roue...
Et je bannirais toute assistance au pilotage.

Mais, bien entendu, je ne me fais aucune illusion.

Au rayon "banalités et évidences", Chase Carey vient de déclarer que l'audience baissait dans certains pays parce que la F1 était diffusée sur des chaines payantes ?! Co-mment ?!!! Je comprends pourquoi les ricains sont si forts. Ils arrivent à des conclusions que personne, à part eux, ne pouvait soupçonner ! Et je pense qu'au moins une trentaine de péquins ont du plancher sur la question chez Liberty Media !!!
Il y a 10 mois
Marc Diskus
Marc Diskus :
Quand on voit sur RTL1 que les GP sont diffusés en clair et sans abonnement pendant toute la saison , que les allemands , moyennant leurs pubs pour leurs bières , leurs voitures et leurs produits régionaux , donnent gratuitement la F1 à leurs téléspectateurs , on comprend que TF1 ait accepté de retransmettre 4 GP .

Les retransmissions de GP pour LM sont une affaire uniquement financière mais certaines chaines avec une gestion réfléchie arrivent à rendre la F1 accessible gratuitement à beaucoup de gens .

Quand à Chase Carey , il pourrait aussi négocier avec les représentants de chaines publiques pour ne pas rendre la F1 un territoire réservé aux seuls abonnés de telle ou telle chaine payante . Pourvu que les 30 péquins prévus par AP y arrivent .

D'un autre côté , Quand on voit le faste médiatique donné par l'Europe pour ses championnats et notamment l'athlétisme où les concurrents étaient présentés avec feux d'artifices , étincelles et sono à fond les ballons , on peut être rassuré que Liberty Media ne fait pas le poids mais ce n'est qu'un avis perso .

Il y a 10 mois
Aifaim
Aifaim :
AP01@, quel problème cela poserait-il si la F1 devenait une ligue privée pour le public ? Il me semble que la NBA rencontre toujours un gros succès planétaire et que les meilleurs joueurs de basket du monde y jouent.
La différence fondamentale, c'est la part technologique entrant dans la conception et l'utilisation d'une F1. Il n'y a pas de secret. Obtenir des voitures aux capacités quasiment identiques, tout le monde sait faire : soit on impose un propulseur unique voire deux (Indy - Superformula), un châssis ou deux avec des caractéristiques très proches, soit on instaure une BOP.

Certains acteurs actuels partiraient si la réglementation privilégiait le spectacle à la technicité, à commencer par les constructeurs, la FIA n'aurait plus son mot à dire, sauf qu'elle aurait tout loisir de créer une autre série. Son moyen de pression resterait l'homologation des circuits en refusant, par exemple, la tenue d'épreuves de sa responsabilité sur toute piste recevant la F1 "privée".
Il y a 10 mois
AP01
AP01 :
Je ne sais pas trop si vous me posez une question ou si vous y répondez ?
Il y a 10 mois
Aifaim
Aifaim :
AP01@, je vous pose réellement la question parce que je ne vois pas ce que cela changerait pour le public. De plus, je ne suis pas suffisamment de près les méandres réglementaires et financiers de la NBA pour en avoir un aperçu pertinent.
Il y a 10 mois
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