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Les pilotes aux différentes casquettes

Chaque saison, la plupart des pilotes se consacre à réussir les meilleures performances dans sa catégorie. Courses de vitesse (F1, Indycar..), d'endurance (Le Mans, 24h de Daytona...), rallyes (Dakar...). Chaque discipline demande un entraînement spécifique. Les stratégies de course sont aussi très différentes et il faut les travailler continuellement pour obtenir les meilleurs résultats. La préparation exigée est très contraignante que ce soit en intensité ou en régularité. Il faut aussi être psychologiquement très concentré sur son objectif. Cependant certains pilotes ont, dans leur carrière, roulé au plus haut niveau dans plusieurs catégories voire dans plusieurs sports mécaniques.

© Toyota - Buemi, Nakajima et Alonso représentent bien l'éclectisme des pilotes actuels© Toyota - Buemi, Nakajima et Alonso représentent bien l'éclectisme des pilotes actuels

Sur le plateau actuel de Formule 1 il y a plusieurs pilotes éclectiques : Fernando Alonso (Indycar, Endurance), Kimi Raikkonnen (Rallye), Brandon Hartley (Endurance), Nico Hulkenberg (Endurance), Lance Stroll (Endurance), Esteban Ocon (DTM)...La plupart de ces pilotes ont participé à plusieurs catégories dans une même saison. Le plus souvent dans ce cas, les pilotes ne s'autorisent qu'une ou deux courses dans une discipline différente.

Dans les années 2000 les pilotes ne se spécialisaient que dans une seule catégorie et ne se permettaient que peu de fantaisies. Mais depuis quelques années un bon nombre d’entre eux roulent dans plusieurs catégories ou changent de catégories. La preuve en est qu'à peu près la moitié des pilotes engagés cette année aux 24 heures du Mans ont couru dans d’autre catégories comme Scott Dixon (Ford Chip Ganssi Racing) ou Nicolas Prost (TVR Rebellion) qui roulent respectivement en Indycar et en Formule E. On notera aussi que les trois vainqueurs des 24 heures du Mans 2018 (Alonso-Nakajima-Buemi) ont couru en F1.

C'est surtout aux États-Unis que ce phénomène est répandu. L'Indycar et la Nascar se partagent de nombreux pilotes (Kurt Bush, Sam Hornish Jr, Danica Patrick...). Pour clôturer sa carrière, Danica Patrick a pris le départ de deux célèbres courses de 500 miles : Daytona 500 (Nascar) et l'Indy 500 (Indycar) Elle a surnommé ce duo le « Danica Double » . Régulièrement, des équipes comme Chip Ganassi Racing ou encore Penske présentent des pilotes dans les deux catégories.

Cette pratique n'est pas nouvelle, loin de là. Bien d'autres pilotes se disent tentés par d'autres horizons comme Lewis Hamilton qui se dit intéressé par le challenge du Daytona 500.

Quelques pilotes ont même roulé dans d'autres sports mécaniques comme Jean-Pierre Beltoise et Mike Hailwood qui ont roulé avec succès en moto. L'anglais John Surtees a même été quadruple champion du monde moto en 1956, 58, 59 et 60 puis champion de F1 en 1964 au volant d'une Ferrari. Didier Pironi et Gilles Villeneuve ont respectivement couru en offshore et en motoneige.

Le plus célèbre de ces pilotes éclectiques est sans doute Jacky Ickx qui a remporté les 24 heures du Mans, le Paris-Dakar, a été 2 fois vice-champion du monde de F1 et a même été champion de Belgique de trial en moto. Il n'a hélas pas remporté la triple couronne qui représente le Graal pour ses pilotes multi-disciplinaires.

Cette dernière consiste a remporter les 500 Miles d’Indianapolis en Indycar, Les 24 heures du Mans en WEC et le Grand Prix de Monaco en F1. Le seul pilote à ce jour à avoir réussi cet exploit est le Britannique Graham Hill (Indianapolis 1966, Le Mans 1972 et Monaco à 5 reprises) .

Actuellement, seuls deux des pilotes en activité totalisent deux des trois conditions pour prétendre réussir cet exploit. Juan Pablo Montoya à qui il manque Le Mans et Fernando Alonso qui a échoué en 2017 à l'Indy 500. Les deux pilotes espèrent bien sur concrétiser leur ambition.

Le profil du pilote éclectique que l'on croyait disparu depuis quinze ans revient donc en force. Que ce soit avec des carrières parallèles ou pour des reconversions en fin de carrière, nombreux sont les pilotes qui ont roulé, roulent ou rouleront avec plus ou moins de succès dans plusieurs catégories de haut niveau.


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7 réactions sur cet article Donnez votre avis
TUR
TUR :
Article très instructif et avec beaucoup d'anecdotes
Merci !!
Il y a 7 jours
Marie Claire TUR
Marie Claire TUR :
J ai adoré cet article.
Beaucoup d explications intéressantes sur les pilotes d avant et les nouveaux.
Merci à la personne qui a écrit cet article
Il y a 7 jours
yanoo11
yanoo11 :
Franchement je trouve pas que la triple couronne a perdu de sa superbe. Il y a bien les 500 miles qui sont toujours aussi dures mais le grand prix de Monaco il suffit de partir en pôle position pour gagner même en faisant le bouchon et les 24h du Mans il suffit d'être dans la seule écurie d'usine LMP1...
Il y a 7 jours
Marc Diskus
Marc Diskus :
yanoo11@
Ah oui ! Pour gagner la triple couronne il suffit de faire la pole à Monaco , d'être dans la seule équipe d'usine en LMP1 et de piloter à la limite de l'humain à Indy 500 pour gagner à 400 km/h , avec une ou deux longueurs de voiture d'avance sur la concurrence !

Tu peux voir les choses comme ça mais les 2 pilotes en passe de rejoindre Graham Hill au sommet de la course automobile ( Juan Pablo Montoya et Fernando Alonso ) nous diront un jour ce que cela représente .
Il y a 6 jours
Sull
Sull :
Pour élargir un peu l'horizon, citons également le rallycross où officient Loeb, Solberg, et Ekström, qui ont connu le succès en rallye ou en DTM.
Il y a 6 jours
GV27
GV27 :
Pour Loeb,il faut citer le rallye,le rallycross,le dakar,les 24h du Mans,Pikes peak,les Xgames,la Porsche cup,la course des champions et des essais en F1....
Il y a 6 jours
Aifaim
Aifaim :
Pour faire bonne (?) mesure, Graham Hill courait aussi le rallye Monte-Carlo.
Il faut aussi rappeler une évidence : avant de courir les 24 Heures du Mans, Indianapolis et le championnat du monde de F1, tous les pilotes ont nécessairement conduit dans d'autres disciplines. Et puis, depuis la génération Prost tout le monde est passé par le kart.

Il fût une époque où les firmes couraient en F1 mais parallèlement dans d'autres disciplines, ce qui impliquait que les pilotes sous contrat y participaient de facto. Ainsi, Surtees, Bandini, Jacky Ickx, Regazzoni chez Ferrari, McLaren, Hulme chez McLaren... Les exemples sont par dizaines voire centaines. Il faut rappeler aussi que les pilotes n'ont pas toujours gagné des sommes énormes et que faire des piges ou des championnats multiples étaient financièrement rentables voire vitaux.

Mais ce qui a énormément freiné la dispersion, ce sont les contrats émanant d'équipes qui avaient la trouille de perdre bêtement leurs pilotes et de ruiner la saison.

Une anecdote que les anciens connaissent : Lorsque Stewart a commencé à courir chez Tyrrell avec un châssis Matra, son équipier s'appelait Johnny Servoz-Gavin. Pour se distraire, un week-end, il participa à une course en 4x4 en sous-bois et il se prit une branche dans le visage, une épine se fichant dans l'oeil. Négligée, l'infection lui perturba la vision, ses courses s'en ressentirent et il abandonna la compétition. Son remplaçant fût François Cevert, mais, comme écrivait Kipling, ceci est une autre histoire...
Il y a 6 jours
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