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Australie : Les tops et les flops de la rédaction

Vous connaissez la formule : débattons des principales satisfactions et déceptions de ce premier week-end de la saison 2019, disputé sur le tracé de l'Albert Park, à Melbourne.

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Le top 3 :

Valtteri Bottas 2.0

Transfiguré. L'adjectif résume parfaitement la métamorphose du premier vainqueur de l'année. Fini la saison 2018 timorée, sans victoire, dans l'ombre écrasante de Lewis Hamilton. Place à un pilote régénéré par l'hiver, plus incisif, tant sur la piste que dans sa communication, en atteste son message radio après sa victoire (« aux principaux concernés... allez vous faire foutre ! ») ou son refus de ralentir pour aller chercher le point du meilleur tour.


Détenteur un instant de la pole le samedi, Valtteri Bottas a réalisé un départ impeccable le dimanche, et n'a surtout laissé aucune chance à Lewis Hamilton par la suite. Alors, certes, nous savons que le champion du monde en titre a couru une bonne partie de la course avec un fond-plat abîmé. Il n'empêche, le Finlandais avait déjà fait le travail en début de meeting, en tenant la Mercedes #44 au-delà de la seconde d'écart. Un écart qui est quand même de 21 secondes à l'arrivée.

Oui, cette quatrième victoire est la plus belle de la carrière de Valtteri Bottas. Il y avait du Nico Rosberg 2016 dans ce succés. Une performance digne d'un futur champion du monde ? Attendons quand même la suite de la saison pour confirmer cette hypothèse...


Max Verstappen, l'âge de raison ?

Si on parle de révolution pour le premier pilote cité, l'hiver du deuxième pilote de ce bilan n'a pas freiné sa dynamique. Déjà auteur d'une belle fin de saison 2018, avec 5 podiums lors des 5 dernières courses, Max Verstappen entame 2019 avec une probante troisième place. Le Néerlandais a fait le job et mené seul son équipe, pendant que Pierre Gasly restait englué dans le peloton. Week-end plein pour le plus jeune vainqueur en Grand Prix, qui avait battu la Ferrari de Leclerc à la régulière lors des qualifications.

Sa course fut très intelligente, avec une stratégie pneumatique adéquate et surtout un dépassement clinique au 31e tour face à la Ferrari de Vettel. Verstappen apporte au passage le premier podium de Honda, depuis son retour en Formule 1 début 2015. Ce top est donc aussi pour le motoriste japonais, déjà bien adapté à la RB15, qui a fait oublier le bloc Renault. Qui a dit que l'on ne pouvait pas réussir avec un moteur Honda dans le dos ? Allô McLaren ?


Lance Stroll, la belle remontée

Le Canadien a maximisé sa stratégie pour décrocher les deux points de la neuvième place. Pourtant, rien ne laissait présager un tel résultat avant le Grand Prix. Lance Stroll avait stoppé ses qualifications en Q1, en 16e position, à la régulière. Mais le nouveau pilote Racing Point a perpétué ce qui est une qualité chez lui : son départ, en ayant gagné trois positions à l'issue du premier tour, pour se retrouver derrière son équipier, Sergio Pérez. Sur une voiture marquée par de nombreuses évolutions depuis Barcelone, le fils du propriétaire a ensuite profité de Giovinazzi pour gagner des places, l'Italien d'Alfa Romeo ayant retardé bon nombre de ses adversaires.

Passé au stand au 27e tour pour son arrêt, Stroll enfilait les pneumatiques durs et ressortait 10e. Il a ensuite été cherché la neuvième place sur la piste, en poussant Daniil Kvyat à la faute, le Russe étant passé par le gazon au 36e tour. C'est donc bien lui et non Pérez qui amène les premiers points de Racing Point en Grand Prix. Une belle façon de justifier son arrivée en lieu et place d'un certain Esteban Ocon.


Le flop 3 :

Scuderia Ferrari largement en dessous des attentes

La référence de l'hiver interroge. Devant lors des essais de pré-saison, l'équipe italienne n'a pas tenu la distance face à Mercedes, le samedi comme le dimanche. A sept dixièmes de la pole, Sebastian Vettel n'a pas été cherché la victoire, contrairement à 2017 et 2018. Cette année en Australie, la voiture rouge n'a d'ailleurs jamais été devant la voiture grise, du coup d'envoi de FP1 à l'arrivée du Grand Prix. C'est même une humiliation : le quadruple champion du monde a terminé la course en 4e place, à 57'' de Valtteri Bottas. Si la stratégie pneumatique de l'Allemand était ratée, avec un premier arrêt trop présomptueux, le rythme de la #5 est presque indigne d'une voiture supposée jouer le titre. D'autant que Vettel n'avait guère d'explication sur son manque de vitesse, si ce n'est un manque de grip.


Cerise sur le gâteau, le pitboard Ferrari s'est aussi fait remarquer avec une consigne donnée à Charles Leclerc, revenu sur les talons de Vettel en fin de course. Le Monégasque avait le potentiel pour passer, mais après un quasi-contact dans le premier virage du premier tour, Mattia Binotto n'a pas voulu prendre de risques : 22 points, c'est tout de même mieux que rien. L'ancien pilote Sauber a accepté la consigne sans rechigner mais il ne faudrait pas qu'une telle situation se répète à l'avenir. Pas de crise donc pour l'instant au sein de la Scuderia Ferrari, qui s'appuie sur le côté atypique de la piste de Melbourne pour justifier sa contre-performance. Il faudra donc réellement commencer la saison à Sakhir dans deux semaines.

Les mécaniciens du Haas F1 Team : cruelle bis repetita

Les scénaristes de Netflix n'auront pas à se creuser la tête pour écrire le scénario du premier épisode de la saison 2019. 12 mois après, les mécaniciens de l'écurie américaine ont provoqué un nouvel abandon, avec une mauvaise fixation de la roue avant-gauche de Romain Grosjean. La même qu'il y a un an ! Petite différence cette année : la voiture #8 a fait sept tours avant de s'arrêter sur le côté. Dommage pour le Français, qui était en course pour le top 10. Pourtant, les mécaniciens s'étaient entraînés tout l'hiver, répétant l'exercice jusqu'à l'épuisement.

Heureusement pour Guenther Steiner et les siens, l'arrêt au stand de Kévin Magnussen a bien été réussi. Le Danois a concrétisé la belle Q3 du samedi, avec une sixième place, et le statut de "meilleur des autres", derrière les cinq gros bras. La nouvelle Haas a du potentiel et peut très clairement jouer la quatrième place des constructeurs en début de saison, face à Renault ou une autre équipe.


Williams : le début du chemin de croix

En 2018, l'écurie anglaise avait déjà son abonnement pour le flop 3. La nouvelle saison ne change rien : pire, la situation s'aggrave à vue d’œil pour Williams. La FW42 est la seule monoplace qui n'a pas progressé par rapport à sa devancière ! Le problème de la monoplace actuelle est d'ailleurs global : George Russell parle de progrès s'estimant « en mois. » La continuité d'un hiver catastrophique, confirmé à Melbourne : même avec toute sa bonne volonté, le rookie britannique (19e) a accusé un déficit de 1'3" en qualifications sur Carlos Sainz, le 18e. En course, le vice champion F2 était bien seul, une minute derrière la Sauber Antonio Giovinazzi.

Week-end encore plus difficile pour le revenant Robert Kubica, qui n'a « jamais autant été dépassé en Formule 1 », de son propre aveu. 6e à l'arrivée à Melbourne en 2017, 14e en 2018 mais devant une Toro Rosso, et donc bonne dernière cette année : la chute de l'écurie Williams est vertigineuse. Du jamais-vu depuis l'aventure Manor, terminée avec un dépôt de bilan fin 2016. On souhaite bien sûr une issue tout autre à une écurie historique de la Formule 1, sacrée à neuf reprises chez les constructeurs.

EquipeMeilleur temps 2019 en qualificationsMeilleur temps 2018 en qualificationsEcart 2019-2018
1Mercedes1:20.4861:21.164-0.678
2Ferrari1:21.1901:21.828-0.638
3Red Bull1:21.3201:21.879-0.559
4Haas1:21.8261:23.187-1.361
5McLaren1:22.3041:23.692-1.388
6Alfa Romeo (ex Sauber)1:22.3141:24.556-2.242
7Toro Rosso1:22.5111:24.532-2.021
8Racing Point (ex Force India)1:22.5321:24.005-1.473
9Renault1:22.5401:23.532-0.992
10Williams1:24.3601:24.230+0.130


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8 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
C'est le point attribué au meilleur tour qui me semble l'information majeure de ce Grand Prix. La nouvelle réglementation va apporter, au delà d'une animation particulière en fin de course, un changement de comportement des pilotes et des équipes.
Bottas a montré le chemin malgré les réticences d'un Wolff qui faisait après course amende honorable vis-à-vis de la désobéissance de son pilote. Chez Ferrari, on se penche sur un rejet qu'il faudra tenter de revoir. Les autres, qu'ils l'expriment ou non vont y venir;

Tactiquement, cela imposera de terminer la course avec les pneus les plus performants et, si possible, en pleine période d'efficacité. C'est donc toute la stratégie qu'il faut revoir puisque conserver un train de pneus quasi-neuf et envisager un arrêt en fin d'épreuve tout en se ménageant un tour clair va devenir une épreuve dans l'épreuve.

Il faut aussi regarder ce que représente sportivement cet effort en comparant le chrono de Bottas et la grille de qualification. 19 pilotes ont fait mieux. Bien sûr, les conditions et les réglages ne sont pas identiques mais il y a de la marge...
Il y a 4 mois
Marc Diskus
Marc Diskus :
Message radio après sa victoire hier de Bottas « aux principaux concernés... allez vous faire foutre ! » . Je ne vois pas trop à qui s'adresse le message mais Valtteri devait en avoir gros sur le coeur . C'est bien une initiative personnelle de sa part d'aller chercher le meilleur tour , preuve de sa parfaite maîtrise personnelle de sa course hier . Encore un de ces " Flying Finns " méconnu .

Je ne vois pas trop où Lewis est allé abîmer son fond plat arrière pendant la course , à aucun moment il n'est sorti durement sur un vibreur ou dans l'herbe . Hauteur arrière plus basse sur sa monoplace ?

Monsieur Binotto à mettre à mon avis sur le même plan que les mécanos du pneu avant gauche de Grosjean : une maladresse lourde pour le moral des pilotes Monégasque et Français . Avis personnel .
Il y a 4 mois
Aifaim
Aifaim :
Marc Diskus@, nombre de sites ont demandé à Bottas de s'exprimer sur son ... doigt d'honneur verbal à l'arrivée. Il déclare l'avoir adressé à tous ceux - en particulier la presse - qui l'ont blessé et enterré un peu vite au fil de ses déconvenues de l'an passé. "Bottas is back" eût été plus "seyant", plus châtié, mais la violence du propos est probablement à la mesure de ce qu'il a psychologiquement enduré. L'incident ne mérite pas qu'on s'y attarde plus que cela... sauf peut-être chez ceux qui se sont fait une joie d'enfoncer de leurs écrits un homme dans une mauvaise passe a priori révolue.
Il y a 4 mois
AP01
AP01 :
L'un des flops principaux est le retour de Kubica ! On ne tire pas sur une ambulance (un blessé en tout cas) mais il n'y a pas lieu de le protéger non plus. Il n'est pas à plaindre et c'est lui qui a absolument voulu revenir en F1.
D'après certains articles que j'ai pu lire, il semble penser qu'il sera remplacé en court de saison, au bout de quelques GP. Et cela pourrait intervenir assez rapidement ama.
J'aimerais bien que @V6Turbo me donne son avis sur Kubica.
Il y a 4 mois
Tat
Tat :
@Marc Diskus
Le message de Bottas s'adresse à tous, journalistes, forumeurs, qui comptaient sur lui dès son arrivée pour battre Hamilton, qui ont été révoltés qu'il n'y arrive pas, et qui le lui ont fait payer chèrement en 2018 par les insultes, le mépris, un lynchage médiatique inédit.
Bottas, un très bon pilote qui a la montagne Hamilton en face... Il se doute que cet épisode de gloire pourrait ne pas durer ; et il en profite légitimement pour prier tous ces haineux aux motifs inavouables d'aller se faire enc... ce qui est la vraie traduction de "fuck you!"
Il y a 4 mois
Marc Diskus
Marc Diskus :
Tat@
Je crois bien que ce que vous dites traduit le ressenti de Bottas à l'arrivée . Un peu inédit quand-même ! Mais le trop-plein doit bien sortir un jour et comme vous le faites remarquer justement , demain est un autre jour pour lui aussi .
Il y a 4 mois
James
James :
Les consignes d'équipe de Ferrari dés le premier grand prix alors qu'ils devaient leurs deux pilotes libre de se battre en piste. De plus dans le presque accrochage, c'est le petit protégé qui tasse Leclerc.
Il y a 4 mois
renard442
renard442 :
moi je pense que la relative méforme des renault est une info importante de ce premier gp, combien d'années va t-il falloir a l'ex regie pour nous pondre une voiture au top?.Pour moi c'est cela l'info du week-end, je n'aime pas red-bull mais leur capacité a concevoir de bonnes voiture m?étonne d'années en années .
pour en revenir a la bagarre pour le titre, ce sera peut-etre une lutte a cinq !!!!
Il y a 4 mois
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