> > > > 1 000e Grand Prix : la course marquante des rédacteurs

1 000e Grand Prix : la course marquante des rédacteurs

Le Grand Prix de Chine marque la 1 000e course de l'Histoire du championnat du monde de Formule 1. Pour cet événement spécial, chaque rédacteur de Motors Inside vous propose de revenir sur son Grand Prix le plus marquant.

© Red Bull Racing - Quelle est votre course fétiche ?© Red Bull Racing - Quelle est votre course fétiche ?

1 000 courses, un chiffre fort ! Pour cette occasion spéciale, la rédaction de Motors Inside se livre un peu plus que de coutume, puisque chaque rédacteur revient sur la course qui a marqué sa passion pour la discipline. Subjectifs car forcément personnels, ces choix vont peut-être vous étonner !

Axel Brémond : Grand Prix du Portugal 1995 - Estoril - 577e course

La première image qui me revient en tête lorsque je me rappelle du Grand Prix du Portugal 1995, c'est l'accident spectaculaire au départ d'Ukyo Katayama au volant de sa Tyrrell. Un vol plané au dessus des autres monoplaces et un atterrissage forcé sur le toit auront malheureusement empêché le valeureux japonais de prendre le second départ de la course quelques minutes plus tard même si, à cette époque pas soi lointaine (je ne suis quand même pas si vieux !), chaque pilote disposait d'un "mulet", une seconde monoplace de remplacement en cas de problème.

Le reste de la course aura été plutôt anecdotique dans mes souvenirs, si ce n'est la victoire du tout jeune David Coulthard sur sa Williams, que je ne connaissais finalement pas plus que les autres car c'était en fait la première course de Formule 1 que je regardais de toute ma vie. A cette époque, ma passion pour la course automobile était surtout vécue à travers ma console Super Nintendo et le jeu Grand Prix sur lequel je m’évertuai au volant de la McLaren MP4/7A de Michael Andretti, à battre mon frère sur la Williams FW14 de Nigel Mansell sur fond de saison 1992.

Aujourd’hui, je me rend compte que j'ai vécu avec passion quasiment la moitié des Grands Prix de l’Histoire de la Formule 1, d'abord derrière ma télé, puis ensuite sur place, dans le paddock, avec la volonté de vous faire ressentir les même frissons qui me parcourent à chaque fois que j’entends un moteur démarrer ou que je vois un pilote réaliser un exploit.

Romain Mathon : Grand Prix de Saint Marin 2005 - Imola - 735e course

La troisième victoire de Fernando Alonso en Formule 1, s'est jouée à 2 dixièmes à l'arrivée de ce Grand Prix. L'Espagnol, qui avait signé la deuxième place lors des qualifications, s'est retrouvé pourchassé par Michaël Schumacher dans les 15 derniers tours. L'Allemand, sur Ferrari, pourtant parti 13e, n'a jamais pu dépasser la Renault d'Alonso. Mais la tension était à son comble : quelle lutte !

L'histoire montrera plus tard que la RS25 et son moteur 3.0L V10 était alors la meilleure monoplace de l'année 2005, offrant le premier titre constructeur et pilote de l'ère moderne à Renault.

Alexandre Lepère : Grand Prix du Brésil 2008 - Interlagos - 803e course

É-P-O-U-S-T-O-U-F-L-A-N-T ! Installé avec un ami devant TF1, je n'avais pas spécialement de préférence entre Felipe Massa et Lewis Hamilton. Mais quel pied ! 11 ans après, tous les souvenirs sont encore là.

Je me rappelle exactement de la tension sur la grille avant le départ, avec la foule en délire au moment de l'arrivée de la pluie. Je me souviens aussi du crash du premier virage, avec ce pauvre David Coulthard à bord de sa Red Bull livrée blanche, pour son dernier Grand Prix. Evidemment, je retiens cette lutte à distance pour le titre entre Massa et Hamilton. Tenant scrupuleusement les classements des deux championnats après chaque course, j'avais préparé un tableau des possibilités en fonction de l'évolution du Brésilien et du Britannique. Je n'arrêtais pas de vérifier qui était virtuellement champion du monde !

Forcément, la fin est mon moment le plus fort. Le retour de la pluie nous a littéralement excité mon ami et moi ! Les murs de ma maison ressentent encore nos cris ! Comme tout le monde, nous avions pensé que le championnat était plié au moment du dépassement de Vettel sur Hamilton à deux tours de la fin. Et comme le trio de commentateurs Malbranque-Laffitte-Moncet, nous sommes tombé dans le panneau au moment où le pilote McLaren a franchi la ligne... en cinquième place, suffisante pour le titre ! Ni moi ni mon ami n'avions remarqué la Toyota de Glock à la dérive dans les derniers mètres. Autre souvenir fort, ma compassion pour Massa, qui m'a marqué avec ses larmes sur le podium. Le Brésilien méritait un titre, mais le sport n'est pas une science exacte, la Formule 1 encore moins, ce qui fait son charme !

Charline Menant : Grand Prix du Japon 2014 - Suzuka - 912e course

Faisant partie de la nouvelle génération de spectateurs, je n'avais pas encore assisté à ce genre d'accident, aussi grave que celui de Niki Lauda en 1976, ou celui de 1994, fatal à la légende Ayrton Senna.

Les conditions météorologiques sont très difficiles pour les pilotes au départ, je m'attends à du spectacle. Une pluie torrentielle s'abat sur le tracé japonais, à tel point que quelques jours plus tôt les instances de la Formule 1 se posent la question d'un changement de jour pour le départ de la course. Celui-ci est finalement donné dimanche, comme prévu, mais sous régime de voiture de sécurité. Rapidement, les pilotes souffrent d’aquaplaning, plusieurs d'entre eux partent à la faute. La course est ponctuée d'averses et de drapeaux rouges. Je me souviens m'être quelque peu désintéressée de mon écran jusqu'au tour qui a fatalement changé l'issue de la course.

Adrian Sutil sort de piste au 41ème tour, sa monoplace est en cours d'évacuation, mais ce n'est qu'au tour 44 que l'on envoie la voiture médicale et la voiture de sécurité sur l'asphalte. L'incompréhension se fait sentir, je me rappelle attendre les explications de Julien Fébreau, mais il n'en a pas ou du moins pas encore. La caméra montre à la fois le paddock Marussia et le lieu de l'accident de Sutil mais sur l'écran c'est le nom de Jules Bianchi qui apparaît. C'est d'ailleurs certainement l'image qui me revient le plus quand je repense à cette course. On comprendra plus tard que l'espoir français a heurté une dépanneuse, un grave accident qui lui coûtera finalement la vie le 17 juillet 2015.

Aussi cruel soit-il, ce Grand Prix m'a rappelé à quel point la Formule 1 était un sport dangereux. Malgré les progrès constants de la sécurité, le risque mortel fera toujours partie du jeu...


Omar Badir : Grand Prix du Brésil 2016 - Interlagos - 955e course

Nous sommes le 13 novembre 2016. Le championnat est plus indécis que jamais, la tension est à son comble, à une course de la fin de cette saison. Nico Rosberg peut mettre fin à tout suspens en remportant cette course, Lewis Hamilton de son coté peut retarder l’échéance à Abu Dhabi et croire en ses chances – minuscules - de renverser la vapeur.

La star locale Felipe Massa pense rouler pour la dernière fois devant le public auriverde. Il prolongera d’une année supplémentaire après le départ de Bottas vers Mercedes. Sous une pluie battante, la course est lancée après 7 tours de Safety Car. A la reprise, Max Verstappen donne le ton de ce qui sera une leçon de pilotage dans des conditions pluvieuses. Dans le premier virage, le Néerlandais plonge à l’intérieur et dépasse Kimi Räikkönen. Qualifié d’agressif par certains, le pilote Red Bull ne compte pas changer cela. Encore moins après l’appel de Toto Wolff à Jos Verstappen – le père de Max – pour lui demander de se calmer et de ne pas fausser la concurrence entre les 2 pilotes Mercedes.

Au 44e tour, Verstappen, après un mauvais choix stratégique de pit stop se retrouve à la 16e place, à 16 tours du drapeau à damier. Il entame une folle remontée en pleine pluie, un show comme on en avait rarement vu dans la F1 contemporaine. Sebastian Vettel, Valteri Bottas, Daniel Ricciardo, Sergio Perez, tous subiront les foudres de la monoplace n° 33, le Batave prenant des trajectoires dignes d’une course de karting. Il finira à la 3e marche du podium. Le monde de la Formule 1 est resté sans voix face à cette prestation. Et moi aussi !

Simon Besnard : Grand Prix des États-Unis 2018 - Circuit des Amériques - 994e course de l'histoire

Objectivement pas la meilleure course en terme de dépassements et de duels, mais ce Grand Prix a une saveur toute particulière pour moi. Alors que Ferrari semble avoir mis un genou à terre et que les deux titres semblent leur glisser entre les doigts, Kimi Raïkkonen nous livre des duels de toute beauté face à Max Verstappen et Lewis Hamilton. Après plus de 100 courses sans victoire, le Finlandais s'impose et retarde l'issue d'un titre acquis au pilote Mercedes.

Ce n'est pas tant l'issue de la course ou son contenu qui en fait pour moi la meilleure course de la Formule 1 mais son contexte dans laquelle je l'ai regardé. Nous sommes en fin de championnat : je partage ce moment avec mon père, mon frère et mon meilleur ami. On criait dans le salon en critiquant les mauvaises stratégies, tandis qu'on s'exclamait au moindre dépassement ! Un vrai moment de partage, qui illustre à mon sens, toute la beauté de ce sport !


Nicolas Lherm : Grand Prix des États-Unis 2005 - Circuit d'Indianapolis Motor Speedway - 740e course de l'histoire

Il n'est jamais évident pour un enfant de 16 ans d'imposer la loi des sports mécanique pendant le repas du dimanche soir. D'autant plus dans une famille trop peu concernée par ce sujet et stricte sur les protocoles culinaires.
C'est pourtant l'épreuve que j'ai dû braver ce dimanche 19 juin 2005.
Déjà infecté par le virus de la Formule 1, je ne pouvais manquer le seul grand-prix de l'histoire qui allait voir se disputer pour la victoire seulement six monoplaces et ce, après un incroyable épisode de l'ère moderne de la Formule 1.

Un léger retour sur l’événement s'impose.
Vendredi 17 juin 2005, la piste de l'incroyable circuit d'Indianapolis Motor Speedway, terre ancestrale des courses de NASCAR adulées par les américains accueille la F1 européenne.
Ce circuit emprunte une grande partie à l'anneau ovale qui a fait la renommée du circuit américain. Le banking (ou virage relevé) constitue l’intérêt principal du tracé puisque celui-ci reste relativement peu commun aux F1.
Le manufacturier principal de l'époque, Michelin, équipe 14 des 20 monoplaces du plateau. La firme française, partageant la fourniture pneumatique avec Bridgestone, ne connais que trop peu les virages relevés de la sorte et les énormes contraintes latérales qu'ils engendrent.
Le journal sportif du soir m'informa de l'incroyable scénario du jour à Indianapolis : plusieurs monoplaces ont violemment heurtées le mur bordant l'ovale suite aux crevaisons des pneus Michelin. Je me souviens des paroles incrédules des commentateurs qui comprennent rapidement la source du problème.
Les pneumatiques Michelin ne supportent pas les contraintes du banking et ne participeront pas à la course.
Après de nombreux rebondissements dont ma jeunesse n'avait que faire, je restait uniquement focalisé sur le grand-prix du dimanche soir en France.

C'est après un combat acharné et une âpre négociation pour quitter la table que je rejoins la petite TV de ma chambre équipée de sa fidèle antenne portative en V.
Quel plaisir quand j'arrive à distinguer, au milieu de la friture multicolore du poste, la ligne de départ, constituée des six monoplaces équipées par Bridgestone. Quel spectacle peu commun, de voir une telle situation.
Mon euphorie s'est rapidement éteinte pendant la course ennuyeuse qui s'est est suivie,remportée par Michael Schumacher.

L'histoire dira que Michelin remboursa les places aux spectateurs américaine déçus d'assister à un si maigre spectacle, eux qui sont habitués au NASCAR et ses centaines de dépassements.
Fiasco de Michelin et du grand-prix, ce n'était pas l'heure de se réjouir de la qualité française. 16 ans et déjà cette fierté du drapeau et de ses couleurs. Cet épisode de l'histoire de la F1 rappellera à tous que cette discipline est un sport extrême, tant pour les pilotes que pour les technologies en vigueur.



À votre tour, dites nous en commentaires le Grand Prix que vous auriez choisi !


Histoire, Grand Prix Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




3 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Pour Axel Brémond@, cinq saisons plus tôt, à Monza, en tout début de course, Warwick se retourne avec sa Lotus en pleine courbe parabolique. C'est suffisamment destructeur pour que la course soit arrêtée. On s'attend à voir le Britannique être sorti et emmené à l'hôpital. Eh bien, non ! A peine sur ses deux jambes, il part en courant récupérer son mulet au stand et il prendra le second départ... C'est la différence avec Katayama. Direction You Tube pour les images.

Mon Grand Prix de coeur, c'est Monaco 1972 et la victoire de Jean-Pierre Beltoise sur la BRM 160B sous une pluie battante. Pour les gens de ma génération, Beltoise est le porte-drapeau du renouveau du sport automobile français. Il est aussi sur You Tube, dans le jus d'un reportage de l'époque (Stéphane Collaro et un jeune coéquipier de rallye qui faisait le tour par tour (Jean Todt)...

L'autre Grand Prix, celui qui a affermi ma passion pour le sport automobile, je ne l'ai pas vu à la télévision ni écouté à la radio. Je l'ai LU. C'est Monaco 1955 à travers le livre ("Pilote de course" bibliothèque verte) co-écrit par le vainqueur, Maurice Trintignant, sur une Ferrari archi-dépassée - et pas seulement sur le papier ! - par les Mercedes, les Lancia et autres Maserati... Une magnifique narration de la course vue de l'intérieur dans l'ambiance d'une époque évidemment révolue...
Il y a 7 mois
Marc Diskus
Marc Diskus :
Le Grand Prix le plus marquant pour moi ?
Imola le Premier Mai 1994 . Une atmosphère funeste après l'accident de Roland Ratzenberger la veille aux essais , le départ angoissant après un accrochage et un pneu qui part dans la foule , Ayrton Senna qui fonce perpendiculairement à 300/h dans un mur à Tamburello ne lui laissant aucune chance de survie . Puis la direction de course qui donne un second départ inhumain , qui entraîne quelques tours plus tard le grave accident d'un mécano qui se fait renversé dans les stands par sa propre voiture . Un GP maudit , qui a peut-être éveillé une prise de conscience collective sur les dangers énormes de la F1 à cette époque , où on s'était endormi sur la sécurité . J'ai renoncé à voir les 3 ou 4 GP suivants puis .....le coeur a ses raisons !

J'ai adoré le film sur Lauda et Hunt , le Yin et le Yang de la F1 , si opposés l'un de l'autre et pourtant si liés . James Hunt qui vient corriger un journaliste qui disait du mal de Lauda le jour de son accident au Nurburgring en 76 , en dit long sur ce qui les liait .
Il y a 7 mois
Grand tout sec
Grand tout sec :
Je pourrais cité les grands prix qui sont pimenté avec tellement d?accrochages, de casses et d'abandon que ceux qui voit le drapeau à damier ressemblent à des survivants.

Mais je vais choisir le grand prix de Bahrein 2012. C'est celui où Romain Grosjean à décroché son premier podium. J'ai commencé a regarder la Formule 1 durant l'année 1998 avec mon père, l'année de mes 8 ans. Déjà plus de 20 ans. Je sais n'avoir pas vu le grand prix de Belgique 1998. J'ai donc attendu 13 ans pour enfin voir un pilote français sur le podium d'un grand prix de F1. Une si longue attente qu'en regardant ça j'ai eu quelques larmes de joie aux yeux.
C'est ce jour là pour avoir mit fin à cette attente que je savais que j'aurais une reconnaissance éternelle envers Grosjean.

Maintenant j'attends le grand prix où je verrais enfin un pilote français s'imposer. Là encore je jubilerai car l'attente aura été bien longue, interminable même.
Peut-être enfin cette année avec Pierre Gasly et sa Red Bull.
Il y a 7 mois
Laisser votre avis
Cet article a plus de deux mois. Les commentaires sont fermés.

Toutefois, vous pouvez nous joindre via la page de contact pour signaler tout problème à la rédaction.

Ce site internet est non officiel et n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group. Plus d'information dans nos mentions légales.