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Les autres Français de la Formule 1 : Pierre Guyonnet-Dupérat

À l’approche du Grand Prix de France de Formule 1, qui aura lieu sur le Circuit Paul Ricard du 21 au 23 juin prochain, nous vous proposons de poursuivre les portraits des personnalités tricolores qui travaillent dans le microcosme de la Formule 1. À ce titre, Motors Inside s’est entretenu avec Pierre Guyonnet-Dupérat. L'actuel attaché de presse du Grand Prix de France de Formule 1 a déjà vécu une belle expérience professionnelle au sein de la FIA, au plus près de son président, Jean Todt.

© J.André Motorsportspics - Pierre Guyonnet-Duperat, attaché de presse du Grand Prix de France 2019 !© J.André Motorsportspics - Pierre Guyonnet-Duperat, attaché de presse du Grand Prix de France 2019 !

Cela ne fait que cinq ans qu’il travaille dans le milieu du sport automobile mais Pierre Guyonnet-Dupérat possède déjà une solide expérience ! Après un passage remarqué au sein de la FIA comme proche collaborateur du président Jean Todt, le Français de 29 ans a rejoint au mois de mars l'organigramme du Grand Prix de France, avec toujours cette envie d’excellence et cet amour de son travail, deux principes qui le guident depuis le début de sa carrière.

Pierre, commençons par une question très générale : quel est votre rôle exact dans l'organisation du Grand Prix de France ?

« Je suis attaché de presse pour le Grand Prix de France de Formule 1 et je suis notamment impliqué dans la plupart des missions de communication en rapport avec l'événement. »

Avant ça, vous avez travaillé pour la FIA : quelles missions aviez-vous ?

« Je suis arrivé à la FIA en janvier 2015, pour un stage de fin d'études de six mois, en tant qu'assistant de la rubrique digital. Après ça, j’ai signé un CDI et je suis devenu responsable de cette rubrique ! Je gérais les plateformes digitales de la FIA, le site web, les réseaux sociaux, les applications, tout en menant la stratégie de communication. À cette époque, il y avait pas mal de projets à lancer : j’ai par exemple lancé l'Instagram de la FIA.

Puis, en juin 2016, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le cabinet du président de la FIA, Jean Todt, en devenant chargé de mission et coordinateur presse. Pendant un an et demi, je l'ai accompagné dans ses déplacements, en faisant la liaison avec le département communication et l’ensemble des départements de la FIA, sur tous les sujets que le président souhaitait aborder.

Ensuite, j’ai saisi une nouvelle opportunité, en août 2017, avec la création du poste de responsable média adjoint pour la Formule 1. Je me suis alors occupé des conférences de presse, de la communication média sur les Grands Prix, de la gestion des journalistes, du centre média, des équipes, tout en gérant les sujets de communication liés à la Formule 1 pour la FIA. »

Cette expérience avec la FIA est très riche ! À quel point a-t-elle été marquante pour vous ?

« Avec Jean Todt, j’ai beaucoup appris sur les plans professionnels et personnels, en gérant efficacement et rapidement des situations données. Sa rigueur dans le travail est incroyable, d'autant que c’est quelqu’un qui travaille énormément. Ces 15 mois passés à travailler avec lui m’ont permis de rencontrer la plupart des acteurs importants de ce milieu, de comprendre les liens qui les unissent.

« Jean Todt m’a énormément appris : travailler avec lui a été une expérience inestimable. »

Quel a été votre parcours scolaire ?

« Ma carrière est assez atypique car j’ai un DUT en marketing et un Master en entreprenariat et innovation stratégique : je voulais monter une entreprise à la fin de mes études ! Après une candidature spontanée, je me suis retrouvé à la FIA, dans le cadre d’un stage de fin d’études. Mais j’avais déjà un intérêt pour le sport automobile, »

Justement, qu'est-ce qui vous passionne dans le monde du sport automobile, et plus particulièrement celui de la Formule 1 ?

« À la base, j’étais passionné par le rallye et les véhicules historiques ! C’est un virus qui m’a été transmis par mon père, un pilote de rallye-raid, qui a participé à plusieurs reprises au Paris-Dakar. En fait, j’ai toujours connu mon père sur la route des circuits et des rallyes. S'agissant de la Formule 1, j’ai commencé à la toucher du doigt il y a une quinzaine d’années : mon père était très proche d’un ancien pilote, Clay Regazzoni, qui a notamment piloté pour Ferrari. Je l’ai énormément côtoyé.

Ce qui me plait, c’est tout ce qui fait l’ADN de la Formule 1 : la recherche de l’excellence, la prise de décision rapide, la rigueur, le dépassement de soi. Dans une équipe, j’aime bien cette image d’unité pour amener un pilote et sa voiture à la victoire. C’est quelque chose de déclinable dans l'organisation d'un événement comme le Grand Prix de France.
 »

Comment peut-on faire carrière dans ce monde assez fermé de la Formule 1 ?

« Il y a beaucoup de gens qui oublient qu’il y a des passerelles. Il n’y a pas uniquement les corps de métier liés à l’ingénierie, il y a aussi un large écosystème F1. Il y a les sponsors, les organisateurs de Grands Prix, les promoteurs, la FIA et toutes les équipes. Il suffit d’être audacieux, d’aller vers les gens. »

« Ce monde de la Formule 1 n’est pas aussi fermé qu’on ne le pense ! »

Pensez-vous que la France soit suffisamment représentée en Formule 1 ?

« Aujourd’hui, oui. Historiquement, le premier Grand Prix de Formule 1 s’est tenu en France, l’acronyme de la FIA est français et sa présidence est gérée par un Français. Depuis deux ans, nous avons donc le retour du Grand Prix de France, on a une équipe entièrement française, des managers et des pilotes français…c’est plutôt bien représenté ! »

Est-ce que selon vous il y a eu une volonté réelle et des actions concrètes pour que la France renforce sa présence en Formule 1 depuis quelques années ?

« Je ne sais pas si on peut parler de volonté nationale mais on ressent une vraie ferveur pour le sport automobile en France. Des leaders d’opinion, des meneurs, des gens qui prennent des décisions dans le sport automobile sont Français, ça l’a toujours été, aussi bien au niveau de la FIA que dans l’histoire du sport automobile en général. Le couac a été de ne plus avoir de Grand Prix pendant 10 ans, mais aujourd’hui il est de retour et c’était le dernier maillon qui nous manquait. Mais cela fait plus de 110 ans qu’il y a cet engouement et cette passion pour le sport automobile !

Il y a un vrai lien entre le sport automobile et la France, un lien qui perdure et ne fait qu’augmenter : sinon nous n’aurions pas eu ce succès au Castellet l’an passé.  »

« Le Grand Prix de France est là pour 5 ans, on espère le renouveler pour dix années supplémentaires ! »

Si vous deviez garder un seul souvenir de votre présence en Formule 1 vous choisiriez lequel ?

« C’est assez difficile de choisir car pour moi tous les Grands Prix sont marquants. Peut-être le Grand Prix du Mexique 2018 car j’ai pu faire découvrir à mon épouse le monde du sport automobile de l’intérieur, elle qui en est très éloignée. Lui faire voir comment cela fonctionnait, lui faire rencontrer des pilotes, pouvoir lier le milieu professionnel, mon hobby, et ma vie personnelle... ça m'a marqué ! »

En dehors de la Formule 1, avez-vous du temps pour d'autres passions ?

« Ça peut faire un petit peu prétentieux mais je suis particulièrement passionné par mon travail. Je suis passionné par le fait de pouvoir contribuer, de ma petite position, à un objectif commun, que ce soit au sein de la FIA ou comme aujourd’hui pour le succès du Grand Prix de France. Travailler avec les équipes et faire en sorte que le Grand Prix sera encore meilleur que l’année dernière et moins bon que l’année prochaine. Mais j’aime aussi beaucoup le cinéma... même si je n’ai pas trop le temps de m’y consacrer ! »

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