> > > > Philippe Vandel : la F1 "c'est à la fois la NASA et la corrida"

Philippe Vandel : la F1 "c'est à la fois la NASA et la corrida"

Philippe Vandel est le speaker officiel du Grand Prix de France durant tout le week-end. Il va avoir la lourde tâche d'accompagner le public et de lui commenter l'action en piste durant les séances et la course. Motors Inside a rencontré dans le paddock ce véritable passionné de Formule 1.

© GP de France - Philippe Vandel est un vrai connaisseur de F1© GP de France - Philippe Vandel est un vrai connaisseur de F1

Difficile de parler d'interview quand on passe un moment avec Philippe Vandel ! L'homme est un passionné et comme tous les passionnés, la discussion s'anime quand on parle de Formule 1, de réglementation, du Grand Prix de France ou de la série Netflix...

Son débit de parole est presque aussi impressionnant que son expérience de journaliste. Une de ses professeurs lorsqu'il était à l'école à Paris pour devenir ingénieur du son ne s'est pas trompée en lui disant :«  Toi, tu es fait pour parler dans les micros, pas pour les regarder ! » et il a mis ce conseil en pratique, touchant du doigt beaucoup de ses passions, dont le sport automobile et la Formule 1.

Enfant, Philippe Vandel collectionnait les magazines Sport Auto et avait les murs de sa chambre tapissés de posters de voitures de course. Une passion de l'automobile qui trouve évidemment son sens à travers la Formule 1 : « Quand j’étais petit j’achetais déjà Sport Auto. Je lisais Sport Auto et Pif ! Toute ma chambre était tapissée de voitures. Depuis, je n'ai pas raté un seul Grand Prix à la télévision mais à tel point qu'en début d'année, je note dans mon agenda les week-ends de Grand Prix pour être sûr que, de partout où je sois, il y ait une télévision.  »

Cette passion lui aura notamment permis de couvrir une saison entière de Formule 1, en 1998, pour Canal + Numérique et lui permettre ainsi de voir le grand cirque du sport automobile de l'intérieur. Il a ainsi pu constater l'esprit de compétition exacerbé qui règne en maitre dans le discipline reine : « Ce qui m'a fasciné c'est que c'est à la fois la NASA et la corrida. Par exemple, si la NASA envoie un véhicule sur la lune, le véhicule revient, ils sont contents, en F1 ils ne sont pas pas contents parce qu'il y a une équipe qui aurait pu faire pareil avec deux secondes de moins. Donc ils développent toujours tout, ce qui est complètement dingue. »

La notion de danger, toujours présente en Formule 1 et la dimension humaine de ces combats de gladiateurs sur quatre roues le fascine également :«  J'ai des souvenirs d'une époque où tous les ans des gens disparaissaient. Tu collectionnais des photos de pilotes en étant enfant et à la fin de l'année, ils étaient morts. René Arnoux m'avait dit un jour : "conduire une F1, c'est pas comme taper dans une balle avec une raquette !", les pilotes mettent leur vie en jeu. »

Mais cet amour inconditionnel de la discipline ne l'empêche pas d'avoir un regard critique sur l'état actuel de la Formule 1 et sur le côté ubuesque de certaines règles : « Aujourd'hui la Formule 1 est devenue trop aseptisée. Les pilotes ne sont pas assez proches des gens, il manque un côté humain. Le mystère et le syndrome Mylène Farmer ça n'est pas bon du tout. Il faut que les gens soient proches des gens. Au niveau du règlement, par exemple, je trouve ça idiot qu'il n'y ait plus qu'un seul manufacturier de pneumatiques. Avant, même si tu avais une monoplace un peu moins bonne, tu pouvais te rattraper parce que tu avais des Michelin ou autre. Ce que je trouve génial en Formule 1 c'est que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé. Un autre exemple, quand ils ont inventé la Tyrrell à six roues, personnes n'a eu l'idée de dire qu'il ne fallait que quatre roues et un jour un ingénieur décide de sortir une monoplace à six roues. »

Les récents débats autour de la pénalité de Sebastian Vettel au Canada ne l'ont pas non plus laissé insensible : « Sebastian Vettel est pénalisé pour une manœuvre un tout petit peu litigieuse qui, par ailleurs, dans d'autres circonstances de course, n'a pas été pénalisée. Il perd la course et ça fait gagner Mercedes sept fois d'affilée...tu voudrais essayer de pénaliser ce sport, tu ne t'y prendrai pas autrement. Les règles sont injustes mais il faut surtout que le règlement soit compris par le public. Le règlement peut être sévère mais il faut qu'il soit visible. Par exemple, en hockey sur glace, quand un joueur est pénalisé, il va en prison. On voit le joueur dans sa prison, on voit l'équipe jouer avec quelqu'un en moins, on respecte l'arbitre, c'est clair ! »

Homme de télévision, Philippe Vandel n'a bien sûr par manqué de regarder Drive To Survive, la série Netflix consacrée à la Formule 1 : « C'est une porte d’entrée que je recommande à tous. J'ai adoré ! » nous confie-t-il avec enthousiasme.

Il n'hésite pas non plus a défendre la discipline face aux critiques redondantes dont elle peut être victime, notamment à propos de sa mauvaise influence sur l'environnement :«  L'excuse de la pollution est évidemment un pipeau puisque toute une saison de Formule 1 pollue moins qu'un seul vol Paris/Guadeloupe. Donc je pense à tous les beaux esprits qui ont pris une fois un vol long courrier et qui critique la Formule 1 sur cet aspect. Les faits comptent plus que les mots. Ce qui est formidable en Formule 1 c'est que comme il faut aller le plus vite possible, il faut que la voiture soit la plus légère possible et qu'elle consomme le moins possible, donc plein d'avancées technologiques d'aujourd'hui sur la consommation des voitures viennent de la Formule 1. »

Du coup, sa présence en tant que speaker officiel a été comme une évidence pour les organisateurs du Grand Prix de France : « Ils me l'ont demandé ! C'est par l'entremise de Carole Capitaine, avec qui j'avais travaillé à l’Équipe et qui maintenant travaille pour les 24 heures du Mans, elle a suggéré mon nom en disant que j'étais capable d'accepter. Je n'ai même pas hésité. »

Pour la course, Philippe Vandel aimerait revoir Renault aux avants postes, surtout à domicile : « J'aimerai bien que Renault reprenne la place qui est la sienne. Mais à Montréal, voir Bottas qui n'arrive pas à revenir sur Ricciardo, ça m'a fait plaisir. Leur situation me fait quand même de la peine parce que j'ai connu Renault devant tout le monde à chaque fois qu'ils revenaient en Formule 1. »

La discussion continuera à s'animer autour de thèmes tout aussi différents que la musique, la télévision ou le journalisme mais le point commun qui relie tous les centres d'intérêt de Philippe Vandel tient en seul mot : la passion !

De notre envoyé spécial au Castellet


Castellet, 2019 Suivant Précédent Imprimer l'article Envoyer l'article par e-mail à un ami




Laisser votre avis
Conditions d'utilisation
  • Les commentaires n'engagent que son auteur,
  • Le site ne peut être tenu responsable lors de conflit ayant pour origine un commentaire publié sur le site,
  • Les commentaires irrespecteux ou insultants seront supprimés,
  • Le site se réserve un droit de modération et de suppression.
Optimisation





Ce site internet est non officiel et n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group. Plus d'information dans nos mentions légales.