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Les autres Français de la Formule 1 : Julien Simon-Chautemps

En marge de la deuxième édition du Grand Prix de France de Formule 1 qui se déroule au Castellet, nous vous proposons de poursuivre les portraits des personnalités tricolores qui travaillent dans le microcosme de la Formule 1. Dans le paddock du Circuit Paul Ricard, nous sommes donc allés à la rencontre de Julien Simon-Chautemps, l’actuel ingénieur de piste de Kimi Raikkonen au sein de l'équipe Alfa Romeo

© Alfa Romeo - Julien Simon-Chautemps est l'ingénieur piste de Kimi Raikkonen© Alfa Romeo - Julien Simon-Chautemps est l'ingénieur piste de Kimi Raikkonen

Avec plus de 10 ans d'expérience en Formule 1, Julien-Simon-Chautemps est un ingénieur réputé dans le paddock. Il a travaillé avec de nombreux pilotes tels que Robert Kubica, Jolyon Palmer, Romain Grosjean, Marcus Ericcson et aujourd'hui Kimi Raikkonen, nouant parfois avec eux des liens très forts.

Depuis cette année, il travaille au plus près du pilote Finlandais et les deux hommes mettent à profit leur recherche de l’excellence pour faire progresser Alfa Romeo tout au long de la saison.

Quel est votre rôle au sein de l’équipe Alfa Romeo ?

« Je suis l’ingénieur piste de Kimi Raikkonen. Je suis chez Alfa Romeo/Sauber depuis 3 ans, je travaillais précédemment avec Marcus Ericsson. Un ingénieur piste c’est le responsable d’une des voitures, c’est moi qui suis en contact direct avec le pilote. Je suis le seul accrédité à lui parler. C’est très important qu’il n’y ait qu’une voix qui lui parle car à 300km/h, on a pas envie d’entendre plusieurs personnes parler.
Je m’assure que la voiture aille le plus vite possible. Pour cela je travaille avec une équipe de 5 ou 6 ingénieurs (performance, aéro, moteur, pneu, power unit) et 6 ou 7 mécaniciens. Une part de mon boulot c’est de leur donner des listes de travail. Durant les sessions, j’ai un retour de toutes ces personnes pendant que la voiture roule et c’est à moi de filtrer les informations qui m’arrivent pour les transmettre à Kimi [Raikkonen].
Après, quand je rentre l’usine, je passe entre 1 et 2 jours à analyser la course qu’on vient de faire et 3 ou 4 jours à préparer le week-end suivant. »

Comment s’organise votre quotidien durant un week-end de Grand Prix ?

« Pour les courses européennes, on arrive généralement le mercredi soir. Le jeudi matin on a une série de réunions sur les pneus, la stratégie etc…c’est un peu une routine. On donne la feuille de réglages aux mécaniciens, on se rend dans le garage FIA pour qu’ils inspectent la voiture, après on met le pilote dans la voiture pour vérifier que les pédales, la ceinture, tout fonctionne correctement.
Les vendredi, samedi et dimanche, on a des réunions avant et après les roulages jusqu’à la course du dimanche. »

Et votre travail une fois à l’usine ?

« A l’usine c’est plus un travail d’analyse, d’exploitation de données du week-end. C’est important d’avoir un retour vers les gens de l’usine pour qu’ils comprennent quoi améliorer pour aller plus vite.
Après, je suis un pistard comme on dit, j’ai toujours fait ça toute ma vie donc je préfère être sur les courses. »

Quelle a été votre formation ?

« J’ai fait une école d’ingénieur à Paris, l’IPSA, spécialisée en aéronautique et aérospatiale, c’est une école d’ingénieur classique en 5 ans. Ensuite j’ai fait beaucoup de stages durant mes études, entre 2 et 6 mois de stage chaque année. »

Et une fois diplômé ?

« Mon premier travail a été chez Prema en Formule Renault avec de nombreux pilotes comme Kamui Kobayashi ou Robert Kubica. Je suis passé en F3 et après en GP2. C’est à partir de là que j’ai commencé à rencontrer des gens en Formule 1. J’ai commencé chez Toyota en 2007, j’étais l’ingénieur en performance de Jarno Trulli. Quand Toyota s’est retiré, je suis allé chez Caterham pendant 1 ans puis Renault pendant 6 ans et désormais Alfa Romeo. »

Qu’est-ce qui vous a attiré vers la F1 ?

« C’est quelque chose que je voulais faire depuis que je suis tout petit. Mon père m’avait amené voir un Grand Prix à Monaco quand j’avais 10 ou 12 ans et depuis j’ai toujours voulu travailler en Formule 1. J’aime bien la technique, le coté ingénierie, j’adore l’adrénaline que ça créer pendant les Grands Prix, il y a beaucoup de pression. Mais j’aime ne pas avoir l’impression de travailler quand je vais au boulot. C’est une passion. Il y a tellement de sacrifice qu’on ne pourrait pas faire ce boulot sans être passionné. »

Quels souvenirs marquants gardez-vous de votre expérience en F1 jusqu’à présent ?

« La première victoire avec Kimi [Raikkonen] en 2012 à Abou Dhabi quand il était chez Lotus. Une première victoire ça ne s’oublie pas. Je dirais aussi le podium avec Romain [Grosjean] quand j’étais son ingénieur piste à Spa pour le Grand Prix de Belgique en 2015. On avait beaucoup de problèmes à l’époque chez Lotus, les huissiers nous attendaient à la fin des courses et du coup ça a été un grand moment dans ma carrière. »

Est-ce qu’il y a un lien commun ou au contraire de grandes différences entre les pilotes ?

« Ils sont tous très différents. Il faut se réadapter complétement à chaque fois. Par exemple Kimi est un pilote qui a un ressenti exceptionnel de la voiture. Il pourrait être un très bon ingénieur piste. Marcus était un très gros travailleur, il demandait beaucoup d’informations à la radio. Grosjean avait lui aussi un caractère très différent. Chaque pilote a son caractère et ses particularités. Il n’y a pas de mauvais pilotes en Formule 1. Il y en a juste qui sont meilleurs que d’autres mais ils sont tous bons, il faut juste tirer le meilleur de chacun.

Le feeling est très important entre un pilote et son ingénieur. Il faut évidemment qu’on s’entende très bien. Je passe plus de temps avec eux qu’avec ma famille. Le premier contact est très important. J’arrive maintenant à juger quelqu’un assez rapidement et après il s’agit d’acquérir la confiance du pilote et il arrive un moment où on se regarde et on a même pas besoin de parler. L’humain guide ce genre de relation, rien n’est écrit à l’avance.

J’ai gardé un très bon contact avec tous les pilotes avec qui j’ai travaillé en Formule 1. On s’appelle toutes les deux semaines avec Marcus par exemple et je m’entend toujours très bien avec Romain et Joylon [Palmer]. C’est plutôt un bon signe. »

Que représente le Grand Prix de France pour vous ?

« Ça fait plaisir d’être là, d’autant plus que je viens de la région, je suis né à St Raphaël, c’est un grand plaisir car ma famille peut venir. C’est très important pour la France d’avoir un événement international comme cela. Avoir vu l’an passé tous ces drapeaux français dans les tribunes c’était magique. C’est bien de montrer son attachement. Il y a beaucoup de Français en Formule 1 et à des hauts postes, la France est donc bien représentée en F1. »

Votre femme a récemment lancé une vente aux enchères avec des objets de Formule 1, c’est une démarche assez rare dans ce milieu, vous pouvez nous en parler ?

« Ma femme a eu cette idée pour sponsoriser l’école de nos enfants en Angleterre. Elle manquait de moyen pour acheter des fournitures des ordinateurs et elle a donc eu l’idée de créer cette enchère. Du coup j’ai demandé à mes contacts d’avoir des souvenirs, des objets et ça a bien marché. On a récolté environs 5 000 livres. Ça s’est très bien passé et c’est une bonne chose pour les enfants. »

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