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L'habile communication de Mercedes sur le DAS

Coup de maître technologique et de communication, le DAS a permis à Mercedes de monopoliser les conversations au cours de la première semaine d'essais à Barcelone.

© MotorsInside - On a beaucoup parlé du train avant des Mercedes© MotorsInside - On a beaucoup parlé du train avant des Mercedes

La première journée d'essais à Barcelone a été marquée par les discussions autour de l'étonnante ressemblance entre la Racing Point et la Mercedes de l'an dernier. Si cela créait un peu d'agitation, notamment au sein des équipes de milieu de grille, cela n'avait pas de quoi créer un psychodrame dans un paddock où la proximité d'Haas avec Ferrari ou d'Alpha Tauri avec Red Bull est établie depuis des années.

Par contre, c'est un véritable tremblement de terre qui a frappé le microcosme rassemblé à Barcelone en ce jeudi matin. En effet, des images embarquées sur la Mercedes de Lewis Hamilton montraient clairement qu'en entrée de ligne droite, le Britannique était en mesure de faire bouger la profondeur de son volant. Dans un second temps, les images montraient que ce mouvement avait un impact direct sur le carrossage du train avant !

Les images furent ainsi vues et revues par tout le media center ainsi que dans toutes les équipes pour comprendre le fonctionnement d'un tel mécanisme et les avantages qu'il peut apporter. Avec une telle nouveauté, la venue de James Allison, le directeur technique de Mercedes, et de Lewis Hamilton à la conférence de presse organisée pendant la pause déjeuner ne pouvait qu'attirer les foules.

L'ingénieur britannique y avait ainsi un grand sourire et n'a pas cherché à évacuer le sujet. Il a même revendiqué l'innovation et a même donné le nom utilisé en interne : "Je ne vais probablement pas vous en dire beaucoup plus que ce que vous avez vu à la télé mais oui, nous avons un nouveau système dans la voiture. Nous avons un nom pour lui : on l'appelle DAS si ça peut vous intéresser. Cela apporte simplement une nouvelle dimension à la direction pour le pilote. Nous espérons que cela nous servira cette année. Mais nous allons garder pour nous comment cela fonctionne précisément et pourquoi nous l'utilisons."

Dans la foulée, il réaffirma que ce projet avait discuté et approuvé par la FIA. Cela n'a de toute façon pas d'impact sur le déroulement des essais hivernaux puisque seuls les commissaires sportifs de la FIA sur les Grand Prix peuvent déclarer si la voiture est légale ou pas.

Il n'en fallait pas plus pour que toutes les équipes soient interrogées sur le sujet. Daniel Ricciardo se révélait beau joueur en saluant le sens de l'innovation des champions du monde en titre : « J'adore voir ça, chapeau bas à eux. Ils ont dominé toute la période turbo et ils continuent à pousser tout le monde alors que ça devrait être à nous de les bousculer. Ils sont la référence à l'heure actuelle et peu de monde aurait penser à ce système. »

Chez Ferrari, on devait bien reconnaître qu'il allait voir consacrer des ressources pour étudier cette nouveauté, comme l'a déclaré Mattia Binotto : « Je pense que nous devons comprendre comment cela fonctionne et quel peut être le vrai gain de performance. Je ne pense pas que nous en ayons encore une bonne compréhension. Sans aucun doute, nous allons analyser ça et le développer si cela vaut le coup. »

C'est là que réside peut-être encore plus la performance de Mercedes : forcer tous ses concurrents à passer du temps et de l'argent sur un système qu'elle a déjà développé, sans qu'ils soient certains que cela permettra de combler l'écart de performance.

Surtout il faut se rappeler que si Liberty Media n'avait pas décidé pour la première fois que les essais hivernaux étaient un événement officiel, il n'y aurait pas eu la couverture télévisée effectivement en place et les images de caméras embarquées n'auraient pas été disponibles. L'ensemble du plateau aurait pu découvrir ce système à Melbourne. Mais Mercedes ne pouvait ignorer cette transparence accrue. Au point qu'on peut se demander si l'objectif de le dévoiler si tôt n'était pas précisément de perturber le plan de développements de ses rivaux...

Avec la participation de www.racingbusiness.fr


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3 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
On peut aussi penser que Mercedes a joué sur les deux tableaux, celui de l'innovation et du prestige technologique.
La couverture médiatique ne lui a rien coûté et elle a occulté tout le reste, adversaires inclus... dont l'image est de facto un peu plus ringardisée !

Comme l'article le souligne, à chaque Grand Prix, le DAS aurait été sous la menace d'une épée de Damoclès par l'interprétation des commissaires quant au respect du règlement. Non seulement, il y aurait eu le risque de ne pouvoir s'en servir mais aussi celui de passer pour des tricheurs... tout particulièrement dès Melbourne!

En ne cachant rien, on a vu que Mercedes en sort auréolée du prestige technologique, et de l'autorisation de fait d'en bénéficier toute la saison. Car, en l'interdisant pour 2021, cela revient à contraindre les commissaires de chaque GP à l'autoriser toute cette année...
Il y a 1 mois
LH#44
LH#44 :
Le DAS n'influence pas le carrossage mais le pincement.
Il y a 1 mois
V6 Turbo
V6 Turbo :
Ce que j'adore dans ce DAS c'est qu'il concrétise une idée hypersimple que personne n'avait osé (ou pensé) mettre en oeuvre. Et bien sûr que ça marche...
Il y a 1 mois
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