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Retour sur l'ePrix de New York : Et Bird plana sur la concurrence

Lewis Hamilton n'était pas le seul pilote Britannique à l'honneur le week-end dernier. Le pilote DS Virgin Racing a réalisé le doublé lors du premier meeting disputé à Brooklyn. Petit soulagement pour Sébastien Buemi, grand absent mais toujours leader au classement général ! Le résumé non exhaustif des deux jours de compétition.

© DS Virgin Racing - Le rêve américain pour Sam Bird et Sir Richard Branson !© DS Virgin Racing - Le rêve américain pour Sam Bird et Sir Richard Branson !

Comme à Berlin, l'ePrix de New York s'est dédoublé. Après le béton de l'aéroport Tempelhof, place à un décor majestueux, avec Manhattan et la statue de la Liberté en arrière-plan, rien que ça ! Côté piste, les équipes arrivaient toutefois en terre inconnue. Autour d'un tracé relativement court (1,947 kilomètre exactement, répartis en dix virages), les vingt pilotes en lice sont partis à l'assaut le samedi, après un vendredi et un shakedown pluvieux.

Le trust de DS Virgin Racing

Dès lors, les valeurs furent nivelées. À ce petit jeu, c'est bien un rookie qui a fait forte impression lors de la séance qualificative ! Fort d'un pilotage coulé, Alex Lynn, simple troisième pilote jusque-là, réalisait un chrono de 1:03.296 en super-pole et venait battre pour 0,238 secondes Daniel Abt, l'autre surprise de la séance !
Jean-Eric Vergne s'alignait au troisième rang, juste devant Sam Bird à bord de l'autre DS Virgin Racing. Le dernier candidat de la session ruina quant à lui ses chances, à savoir Jérôme d'Ambrosio (Faraday Future Dragon Racing).
Lucas di Grassi décrochait une modeste dixième place, un cran derrière Nico Prost, mais neuf devant Pierre Gasly, intérimaire de luxe et en difficulté à cet instant du week-end.

Longue de 43 tours, la première course de l'histoire new-yorkaise fut mouvementée dés l'envol. Daniel Abt avait pris la meilleure impulsion et s'imposait à l'intérieur de l'étroite épingle du premier virage. Derrière, les bouts de carbone volaient sur la piste : di Grassi évitait de justesse le carton entre d'Ambrosio et la Jaguar de Mitch Evans, qui laissaient leurs espoirs dans l'aventure.
Frustré par la défense jusqu'au-boutiste de son équipier, Bird attendait son heure en troisième position. Dés le neuvième tour, il obtint gain de cause et passa Lynn, qui ne montra guère de résistance.
Sa victoire s'est ensuite construit en huit tours. Au seizième passage, il profita de la première chicane pour se jeter à l'intérieur dans une manœuvre audacieuse. Le risque fut payant, Abt était obligé de battre en retraite, sans pouvoir croiser ! La course des deux pilotes DS Virgin changea alors radicalement de physionomie. Pendant que Bird consolidait sa première place, Lynn manquait d'endurance et se faisait doubler par Vergne, Heidfeld (lui-même dépassé par le Français au 18e tour), Sarrazin et di Grassi.

Juste avant la vague des changements de voiture, Vergne avait cette fois déposé Abt pour la deuxième place. Les deux Mahindra étaient toujours dans les points : Heidfeld tombait au huitième rang, derrière Rosenqvist, remonté de la dix-septième à la sixième position. Les deux voitures indiennes gagnaient encore un cran avec l'abandon de Lynn, lâché par sa transmission. La joie était brève : le Suédois cédait sous la pression de di Grassi. Parti tout seul en tête à queue dans le deuxième virage, Rosenqvist cassait son aileron arrière, son arrêt aux stands lui coûtant définitivement sa belle position. L'équipe n'était pas au bout de ses peines puisque la suspension arrière droite d'Heidfeld se brisa en escaladant durement un vibreur. L'Allemand ne put en revanche regagner son stand. Sa voiture étant stoppée pleine piste, la Safety Car intervenait. Le leader était mis sous pression avec la charge de mener un peloton compact pour les deux derniers tours.

Toutefois Sam Bird gardait la main sans sourciller, pour empocher sa première victoire de la saison ! Jean-Eric Vergne échoua à un souffle, tout en menant une grande performance collective pour Techeetah, qui décrochait le premier double podium de son histoire. Le petit coup de pouce du destin était en effet venu de la défaillance de Daniel Abt, déchu du podium dans le premier virage du dernier tour, suite à un problème de gestion électrique.
Le rival de Buemi décrochait pour sa part les douze points de la quatrième place après avoir évité le pire, son propre équipier à l'arrêt ! Avant de rentrer dans le rang par la suite, le Faraday Future Dragon Racing était aussi à la fête avec l'inattendue cinquième place de Loic Duval. Dans ce classement, le bel effort était pour Pierre Gasly, qui battait une première fois Nico Prost. Autre pilote affecté par un souci dans le dernier tour, Tom Dillmann offrait néanmoins un point sur un plateau à la Jaguar d'Adam Carroll.


Le dimanche, rebelote !

Décomplexé, Sam Bird s'emparait de nouveau du premier strapontin lors de la super-Pole. La marge fut cette fois bien plus infime face à Felix Rosenqvist, toujours redoutable dans l'exercice face au chronométre. Bird avait établi la marque en 1:02.285 mais le Suédois échoua à seulement 37 millièmes ! Jean-Eric Vergne était aussi une nouvelle fois dans le coup avec sa troisième position.
L'identité des deux derniers du top 5 fut en revanche différente. Surtout pour Pierre Gasly, qui se faisait remarquer, en dépit d'un gros blocage de roue. Après un seul jour de roulage privé à bord de la Renault e.dams, le champion GP2 2016 allait chercher la quatrième position, après que Nick Heidfeld se soit fourvoyé dans son tour lancé. La comparaison entre le Normand et Nico Prost était clairement à son avantage, le fils du Professeur ne terminant que quinzième. Les deux Abt Schaeffler rentraient un temps dans le rang, avec une huitième et une neuvième place, Abt devant di Grassi.

La deuxième course du week-end fut marquée par le retour en grâce du team Mahindra. Mais la même carte est sortie du chapeau ! À l'image de samedi, le poleman fut destitué de son bien au départ. Rosenqvist faisait la peau à Bird. L'Anglais n'abandonnait pour autant ses rêves de victoire. Installé sur le porte-bagage, il profita d'un bref full-course yellow pour passer à l'offensive au dixième tour.
L'épingle du sixième virage était le lieu du crime : le procédé restait le même, avec un freinage tardif et une parfaite protection de la trajectoire en sortie de virage.

Suivant cette action, le parcours du banlieusard londonien fut irréprochable. Son arrêt au stand a été parfaitement exécuté à la suite d'une autre séquence de full-course yellow. La fin fut sans histoires et Sam Bird venait ramasser sa deuxième victoire du week-end, rappelant ainsi l'exploit similaire de Nico Prost à Londres lors du final de la première saison. Les mots du vainqueur étaient bien évidemment dithyrambiques à l'égard des siens, membres du DS Virgin Racing :

«Quel week-end, pour moi et mon équipe ! La voiture était comme sur des rails, avec une gestion de l'énergie sensationnelle ! C'était historique, non seulement pour la Formule E, mais aussi pour le sport mécanique en général. Être la première personne à gagner une course automobile à New York, quel sentiment incroyable ! »

Pour Rosenqvist, deuxième sur le fil, la course d'équipe a été essentielle. Il faut dire que l'ex-pilote DTM revenait de loin. Sur sa deuxième voiture, il fit un reset involontaire sur son volant. Recevant des informations erronées sur sa consommation, sa progression fut ralentie quelques instants. Obligé de laisser passer Heidfeld, il retrouva sa place sur la fin, la deuxième.
« Je ne voyais pas DS Virgin aussi fort : Sam a conduit à merveille ! De mon côté, j'ai eu quelques problèmes sur mon estimation d'énergie lors du second relais. Nous avons donc décidé de laisser passer Nick. Quand cela fut réglé, j'ai pu me concentrer de nouveau sur mon pilotage. Nick a été judicieux de me redonner la place ! »

Une telle tactique a ainsi permis d'endiguer le retour d'un jeune Français dans le vent. Les deux compères furent directement menacés par le retour de l'épatant Pierre Gasly. Le protégé Red Bull fit le show et termina sa course dans une position peu académique, en tentant le tout pour le tout sur Heidfeld, en se portant à sa hauteur dans la dernière chicane. Quitte à heurter le mur à l'extérieur et à finir la course à la dérive !


L'ancien pilote BMW livre ici son point de vue sur cette arrivée étonnante :
« Gasly était revenu très fort lors des derniers tours. Il a tenté de me dépasser avant le dernier virage, fort heureusement à l'extérieur. Je ne l'ai pas encouragé d'aller à l'intérieur, tout en lui laissant assez de place. Nous nous sommes quand même touchés, involontairement bien sûr ! C'est dommage de finir là dessus ; au moins, nous avons franchis la ligne d'arrivée. »

L'optimisme (non-récompensé) de Gasly restera quand même l'une des images fortes de cette course. Rageant également au vu de sa péripétie lors de la deuxième FCY. Guère habitué avec la procédure, il se plaça 50 km/h bien avant la limite autorisée. Alors que les pilotes ont effectivement quinze secondes pour se mettre au régime requis, le Rouennais a ainsi adopté la vitesse au bout du décompte du commissaire, soit après dix secondes !
Ceci étant, le plus important était ailleurs. Sa performance a marqué les esprits. Il faut se rendre compte du périple que connaît actuellement le jeune Français, partagé entre la Super Formula Japonaise et son programme de pilote d'essais pour Red Bull Racing. Une fois encore, Gasly domine dans cette course Nico Prost, (qui finit sixième à trente secondes), tout en se mettant en travers de la progression de di Grassi.

Pour le Brésilien, on notera un passage de la neuvième à la cinquième place finale, sans pour se battre pour la victoire ou le podium avec les quatre pilotes de tête. Autre exemple des nombreux soucis mécaniques rencontrés par les pilotes à New York (fin de saison oblige ?), ce dernier a connu un problème avec son volant, qui n'affichait pas les bonnes informations de sa gestion d'énergie. A l'image de Rosenqvist, du temps et de la concentration ont été perdus par le prétendant dans la course au titre.

Lésé le samedi, Tom Dillmann se rattrape aussi avec une belle sixième position. Jean-Eric Vergne participe aussi à la fête en tant que quatrième pilote français dans le top 10(huitième). La course du dimanche fut plus brouillonne pour le Parisien, voiture endommagée dés le premier tour après avoir participé à l'empoignade générale du départ.
Pour être tout à fait complet, Robin Frijns (Amlin Andretti) et Jerôme d'Ambrosio ramassent les petits points de la neuvième et dixième place. Au contraire de l'écurie Jaguar, qui voit filer un bon résultat à cause de la négligence d'Adam Caroll, qui a ralenti son effort un tour trop tôt, perturbé par l'arrivée de Sam Bird juste derrière lui.


Le gagnant au classement général ? Buemi !

Le patron n'était donc pas présent à New York, retenu par ses obligations en WEC du côté du Nürburgring.
Sébastien Buemi reste toutefois en tête du classement général des pilotes, avec dix points d'avance sur Lucas di Grassi. Opportunité manquée pour le Brésilien, qui n'a pu récolter que vingt-deux unités. Le rythme décevant en qualifications aura pesé sur une piste qui s'est révélée pauvre en dépassements.

Autre bénéficiaire du week-end américain, évidemment Sam Bird ! Le double vainqueur reste dans la course au titre, en se hissant au quatrième rang. L'écurie franco-britannique a progressé, retrouvant un standing similaire à la précédente saison (quatrième du classement général, une victoire). Mais à 57 points de la couronne, sur 58 encore à distribuer ; il faudra plus qu'un miracle pour la star de New York. Le constat est similaire pour Rosenqvist, troisième avec 104 points au compteur.

PiloteEquipeTotal
1S. BuemiRenault e.Dams157
2L. di GrassiABT Schaeffler Audi Sport147
3F. RosenqvistMahindra Racing104
4S. BirdDS Virgin Racing100
5N. ProstRenault e.Dams84
6N. HeidfeldMahindra Racing78
7J. VergneTecheetah74
8J. LopezDS Virgin Racing50
9D. AbtAbt Schaeffler Audi Sport47
10N. Piquet JrNextEV33
11O. TurveyNextEV26
12R. FrijnsAndretti20
13L. DuvalDragon Racing19
14P. GaslyRenault e.Dams18
15S. SarrazinTecheetah17
16M. EvansPanasonic Jaguar Racing16
17M. EngelVenturi16
18J. d'AmbrosioDragon Racing 11
19A. da CostaAndretti10
20T. DillmannVenturi10
21E. GutiérrezTecheetah5
22A. CarrollPanasonic Jaguar Racing5
23A. LynnDS Virgin Racing3
24M. ConwayDragon Racing0
25Q. MaTecheetah0

Chez les constructeurs, trois équipes sont encore en lice pour le sacre. Là aussi, Renault e.dams tient la corde. L'avance s'est même creusée sur Abt Schaeffler, forte désormais de 65 points, et de 77 sur Mahindra. La consécration dés la première course de Montréal le samedi est tout à fait envisageable pour le team de Jean-Paul Driot. Malgré son week-end formidable (56 points inscrits), le DS Virgin Racing est hors course, avec 106 points de débours.

EquipeTotal
1Renault e.Dams259
2Abt Schaeffler Audi Sport194
3Mahindra Racing182
4DS Virgin Racing153
5Techeetah94
6NextEV59
7Andretti30
8Dragon Racing30
9Venturi28
10Panasonic Jaguar Racing21

Et maintenant, place à la finale de la saison ! Après Londres en 2015 et 2016, Montréal aura l'honneur de clore la troisième saison de Formule E, le samedi 29 et le dimanche 30 juillet. Alors, rendez-vous dans dix jours non loin des rives du Saint-Laurent !


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3 réactions sur cet article Donnez votre avis
Aifaim
Aifaim :
Buemi absent réalise une bonne opération. C'est une consolation vis-à-vis de ses déboires personnels et sa Toyota en championnat du monde d'endurance. Porsche, à domicile, a atomisé la marque japonaise. Une course qui mérite aussi un "retour"...
Il y a 5 mois
casper
casper :
regardé les deux courses en live, le samedi était très chouette, le dimanche moins.
le samedi çà s'est battu de partout et il y a eu pas mal de dépassements (et des vrais) avec des voitures à quelques mm de la précédente qui la pousse dans ses rentranchement jusqu'à soit l'erreur lu pilote précédent soit l'ouverture.
je voulais suivre gasly qui avait loupé sa première qualif mais qui a bien remonté en course avec des dépassements propres. le second jour montre une belle adaptation de ce jeune à cette discipline. s'il fait une course moins brillante sa qualif fait le travail. au passage on pourrait croire qu'il atomise le pauvre prost, c'est à la fois vrai et faux, prost est mauvais en qualif mais fait deux courses très solides ensuite c'est qui les 2 fois gagne le plus de place et fait le plus de dépassements (je n'ai pas compté mais ci ce n'est pas lui il doit être le second). Prost souffre uniquement en qualif, c'est donc un bon pilote d'équipe là pour assurer les points.
du côté des autres sarrazin fait deux chouettes courses (surtout le samedi) et montre qu'avec une voiture compétitive il vaut mieux que son classement actuel. Vergne est égal à lui même, brillant mais jamais suffisant pour gagner.

le départ côté sale, je ne sais pas si c'est voulu mais ce n'est pas malin

et le full course jaune je ne suis pas fan non plus surtout pour les raisons qui ont amené les 2 occurences, les commissaires sont probablement moins nombreux qu'en F1 mais c'est long à dégager une voiture, et les débris sont laissés sur la piste...
Il y a 4 mois
Aifaim
Aifaim :
Motorsinside a supprimé le DTM des disciplines chroniquees. Le site devance Mercedes qui suivra le mouvement des grands constructeurs à partir de 2019 en Formule E.

Cette décision n'est pas sans conséquences. Pour le championnat allemand qui aura du mal à pallier la disparition d'un concurrent fidèle depuis sa création (1988). BMW en chemin vers la FE, Audi déjà en place, la désaffection pourrait faire boule de neige et rayer de la carte un championnat totalement atypique.

Est-ce si grave ? Pas forcément car tous ces constructeurs sont sérieusement impliquées en GT3 et GT4, des catégories à grand succès y compris au niveau international.

On sait que la BMW M8 va rejoindre le GTE - elle roule déjà - l'an prochain. Il n'est pas exclu que ses deux concurrents prennent le même chemin, c'est-à-dire celui du WEC et donc du Mans dans les années à venir....
Il y a 4 mois
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