F1 - Singapour : Chiffres et données techniques

Petit tour d'horizon des contraintes techniques qu'impose le circuit urbain de Marina Bay sur le châssis, le moteur et les pneumatiques des monoplaces de Formule Un.

Pour le 14ème rendez-vous de la saison 2012 de Formule 1, tout le Formula One Circus se rend à Singapour, pour ce qui est le seul Grand Prix nocturne de Formule 1. Il y a 1600 projecteurs afin d'éclairer la piste et de ne pas avoir de zone d'ombre sur le circuit. Cela requiert plus de 3 millions de watts afin d'alimenter ces projecteurs qui sont reliés entre eux par plus de 108 kilomètres de câbles.

Le circuit singapourien est un tracé en ville et donc compliqué à aborder pour les pilotes, d'autant plus qu'il tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ce qui met à l'épreuve des muscles du cou moins utilisés habituellement.

Il possède 23 virages et de grosses zones de freinage ce qui en fait le circuit le plus difficile pour les freins des monoplaces de F1. Contrairement à Monza, dernière course disputée, le circuit urbain de Marina Bay requiert d'avoir beaucoup d'appuis sur sa monoplace, car c'est un circuit en ville et parce qu'il y a peu de lignes droites.

Coté pneumatiques, circuit en ville oblige, Pirelli proposera aux 12 équipes du plateau ses gommes les plus tendres, les supertendres à flancs rouges et les tendres à flancs jaunes. Comme en 2011, la zone DRS sera située sur la ligne droite du circuit, qui débute après le virage 5. La détection se fera quant à elle au niveau du virage numéro 4.

La stratégie devrait revêtir une importance particulière ce week-end, car si la dégradation des pneumatiques ne devrait pas être trop importante, compte tenu des caractéristiques de ce circuit en ville, les qualifications seront cruciales car il est difficile de dépasser à Singapour. Il faudra également que les stratèges sachent réagir vite en cas d'intervention de la voiture de sécurité, cette dernière étant intervenue au moins une fois lors des quatre Grand Prix disputés à Singapour depuis 2008.

Singapour côté châssis


Giampaolo Dall’Ara, Responsable de l'ingénierie de piste chez Sauber F1 Team :
« Singapour est un circuit en ville avec beaucoup de virages et de courtes lignes droites. Dépasser est donc difficile, ce qui rend la qualification particulièrement importante. Une bonne motricité est cruciale sur ce genre de circuit d'accélération/freinage avec beaucoup de virages pris à basse vitesse et seulement quelques-uns à moyenne vitesse. Dans certains endroits, la piste est très bosselée - c'est quelque chose qu'il faut garder en tête lorsque l'on règle la voiture. Vous devez avoir un oeil sur les freins, parce qu'ils ont peu de temps pour refroidir entre les virages.

La surface de la piste n'est pas très abrasive. Pirelli a prévu les Super Tendres et les Tendres, qui devraient bien fonctionner en qualifications, mais je ne m'attends pas à voir des stratégies à un arrêt en course. En ce qui concerne la tactique, il faut prendre en compte une chose, c'est que la probabilité d'avoir une intervention de la voiture de sécurité est élevée sur ce circuit. Cela signifie qu'il faut constamment avoir en tête la longévité des pneumatiques, et dans le même temps, être prêt à tout moment à changer nos plans en cas de déploiement de la voiture de sécurité. »


Singapour côté moteur


Rémi Taffin, Responsable des opérations de piste chez Renault Sport F1 :
« Après des circuits très rapides comme Spa et Monza, nous allons à Singapour, sur l’un des tracés les plus lents de la saison. Seulement 46 % du tour est couvert à pleine charge et les vitesses maximales ne sont pas très importantes. Nous nous concentrons davantage sur la linéarité de la puissance dès les plus bas régimes et sur la réactivité du moteur à l’accélération.

La consommation est l’une des plus élevées de l’année. Le tracé est une succession d’accélérations et de freinages. Au départ, les monoplaces seront parmi les plus lourdes de toute la saison. Pour éviter de terminer avec trop de carburant — et donc de perdre du temps à cause du poids — ou avec trop peu d’essence, les pilotes jouent continuellement avec les réglages du moteur pour ajuster la richesse du mélange. Comme le besoin de puissance est moins important sur ce Grand Prix, nous essayons de proposer des modes avec un minimum d’injection d’essence afin de réduire le poids de la monoplace au départ. Le carburant agit comme un lest durant les premiers tours.

L’usure des pneumatiques est aussi assez élevée, car l’asphalte est abrasif sur ces routes ouvertes à la circulation en temps normal. L’absence de gomme déposée sur la trajectoire en début de week-end est un autre paramètre primordial à prendre en compte. Nous pouvons réduire l’usure des pneumatiques en jouant sur les réglages du moteur afin de gagner de la stabilité à l’arrière et de l’adhérence. Grâce à ces options, nous permettons aux écuries de bénéficier d’un peu plus de liberté pour choisir leur stratégie.

Nous savons que nous avons la capacité de signer de bons résultats dans les rues de Singapour. Le RS27 s’est montré compétitif en ville et sur les circuits plutôt lents depuis le début de la saison. Nous sommes impatients de travailler avec nos partenaires pour les aider à réaliser une belle course. »


Singapour côté pneumatiques


L'avis de Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport :
« Personnellement, j’adore le Grand Prix de Singapour : il s’agit d’un superbe spectacle nocturne, avec une atmosphère fantastique et un grand challenge pour nos pneus. En raison des circonstances inhabituelles dans lesquelles se dispute la course sous plus d’un millier de projecteurs, les équipes et les pilotes doivent vraiment penser à la stratégie sur une piste où les conditions et l’évolution diffèrent de ce que l’on peut rencontrer de jour. Un facteur pouvant certainement entrer en jeu est la voiture de sécurité.

Elle a été nécessaire lors de tous les GP qui se sont tenus à Singapour jusqu’à présent depuis 2008. Cela signifie que les stratégies doivent être flexibles afin de pouvoir bénéficier de n’importe quelle neutralisation potentielle. Avec un taux d’humidité constamment élevé, il n’a cependant pas encore plu à Singapour en GP et cela devrait être la même chose cette année. Nous devrions ainsi voir le meilleur des performances des composés F1 les plus tendres de la gamme.

L’an dernier, la course fut remportée avec une stratégie à trois arrêts par Sebastian Vettel, mais Lewis Hamilton termina 5ème en s’arrêtant 4 fois et en écopant d’un drive through. Les vitesses moyennes ne sont pas très élevées et la dégradation ne devrait ainsi pas être un problème si le patinage est maîtrisé en sortie de virages lents, pour éviter la surchauffe. »


L'avis de Jaime Alguersuari, pilote d'essais Pirelli :
« Singapour offre une importante dégradation thermique en raison des températures élevées, mais la première chose que l’on remarque est l’humidité, qui est l’un des facteurs en faisant une course si difficile pour les pilotes. Les tendres et les supertendres sont un excellent choix pour ce tracé : il est bon de revenir sur les composés les plus tendres après les dernières courses au cours desquelles furent utilisés les mélanges les plus durs et l’on peut en tirer les meilleures performances.

Le feeling à Singapour est un petit peu comme celui de Monte-Carlo mais avec plus de fun, car il y a plus d’opportunités de dépassements. Je ne pense pas qu’il faille tenter une stratégie à un arrêt comme à Monaco, ceci dit. Je pense que nous verrons plutôt deux arrêts. Le taux de dégradation est très faible en raison du peu d’énergie qui traverse les pneus. Il y a beaucoup de virages mais ils sont tous assez lents. »


Singapour en chiffres


1:45.599 : C'est le record du tour du circuit de Marina Bay, il a été signé par Kimi Raikkonen en 2008 lorsqu'il pilotait encore pour la Scuderia Ferrari.

3 : C'est en G, la force la plus élevée à laquelle sont soumis les pilotes lors d'un tour du circuit à Singapour.

5 : Le Grand Prix de Singapour 2012 ne sera que la 5ème édition du rendez-vous de nuit du championnat du monde de Formule 1.

9 : C'est en seconde la durée de la plus longue période passée à fond par les pilotes à Singapour.

295 : C'est la vitesse maximale atteinte par les pilotes sur le circuit de Marina Bay selon McLaren.

400 : C'est en mètres la longueur de la voie des stands, l'une des plus longues de la saison.

[A partir des communiqués publiés par la FIA, McLaren, Pirelli, Renault Sport F1 et Sauber F1]

Publié le 20/09/2012 à 13:56:58.

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