Mclaren-Honda ou Mclaren-Renault en 2018 ? L'heure du choix arrive pour Zak Brown

Interrogé hier après-midi par un groupe de journalistes dont Motors Inside faisait partie, Zak Brown affirme que le mois de septembre sera décisif pour l'écurie de Woking. Rester avec Honda, continuer avec Alonso, prendre un virage historique... Faisons le point.

Souvenez-vous. Début 2015, le retour d'une association mythique de la Formule 1 faisait saliver le paddock et les fans. 23 ans après, le constructeur britannique et le motoriste japonais s'associait pour une deuxième partie d'une histoire bien remplie, forte de 43 victoires, 4 titres pilotes, 4 constructeurs. Mais après l'idylle de la fin des années 80, la tragédie des années 2010 en plusieurs actes. Après un regain de forme en 2016, le duo plonge de nouveau vers les profondeurs en 2017, comme en 2015 et la neuvième place des constructeurs, devançant seulement une écurie (Marussia en 2015 / Sauber cette année).

Pire encore, la fiabilité catastrophique du moteur liée à un criant déficit de puissance marque les esprits. Le choix de construire une nouvelle unité de puissance pour cette année s'est avérée le mauvais, et de loin. Onze abandons ont déjà été relevés cette saison pour le duo Alonso-Vandoorne. Six sont liés à un problème de mécanique, transmission et surtout moteur.

Quel moteur : la tentation française ?

Justement, qui fournira Mclaren en 2018 ? Dans la balance, Fernando Alonso appuie sa position. Le double champion du monde a récemment lancé un ultimatum : « Honda ou moi ». Mais en réalité, les choses ne sont pas aussi simples pour Zak Brown et les siens. Sur le marché, une alliance avec Ferrari semble inenvisageable, tant par l'histoire ayant opposée les deux équipes que par leurs positions de constructeurs de modèles de luxe.

Dès lors, il ne reste plus sur la table que Mercedes (soit un retour aux sources, délicat de par la domination de l'écurie éponyme)... ou Renault. Et contre toute attente, le motoriste français peut finalement être une option réaliste. Surtout si Red Bull, qui possède Toro Rosso consent à libérer sa petite sœur de son engagement, en la cédant dans un échange avec Honda.

Ce vendredi dans le paddock de Monza, il a d'ailleurs été observé une entrevue au sommet, entre Jerome Stroll, directeur général Renault Sport F1, Cyril Abiteboul, Alain Prost et Eric Boulier, hôte au sein du motorhome Mclaren, après la deuxième séance d'essais libres. Tout ce beau monde a été rejoint par Ross Brawn, en sa qualité de directeur technique et sportif de la Formule 1.

Cette rencontre n'est pas anodine. Le divorce avec Honda prend peu à peu forme. Même si, de nombreux écueils existent encore. Annuler l'engagement actuel pourrait coûter 50 millions de livres à l'écurie. « C'est très compliqué » a admis le boss de Mclaren aux différents micros, dont celui de Motors Inside. « Il y a une variété de pièces du puzzle sur la table, certains sont en notre contrôle, d'autres non. »

En réalité, une date a quand même été évoquée. Il faudra faire vite pour satisfaire la construction des voitures 2018, tant pour la propre écurie que pour Toro Rosso : « Nous n'avons pas à prendre une décision ce week-end. Il faut encore discuter. En fait, notre deadline est fixée au début de ce mois. Je ne peux pas être plus précis pour l'instant. » Et s'agissant de Honda, Zak Brown est resté insondable « je ne ferai pas de commentaires sur nos entrevues avec Honda ».

Un indice évocateur...

Une séparation est pourtant déjà faite, dans l'esprit. l'homme d'affaires persiste et signe. Le couple châssis-pilotes serait monté sur le podium à lui tout seul, indépendamment des soucis rencontrés par Honda. Et justement, une seule préoccupation guide l'Américain pour 2018 : la compétitivité.

« Nous ne pouvons pas supporter de ne pas être sur le podium. C'est une grosse décision, qui implique un grand nombre d'éléments, dont économiques. Mais heureusement nous comptons sur un groupe d'actionnaires extrêmement engagés, ce qui veut dire que nous pourrons prendre une décision sportive, tout en veillant aux intérêts économiques. »

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— Sky Sports F1 🏎 (@SkySportsF1) 1 septembre 2017

Alonso lâchera t-il Woking ?
Ce qui est pour l'instant certain : le renouvellement de contrat de Stoffel Vandoorne, annoncé à Spa-Francorchamps. Pour le reste, l'encadrement Mclaren doit gérer les humeurs d'un pilote à bout. Mais désormais, les deux hypothèses sont admises.

« Les négociations sont en cours et tout se déroule très bien » a indiqué Zak Brown aux journalistes, comme pour se rassurer aussi lui-même« . Mais nous avons un plan B et un plan C si nous ne parvenons pas à un arrangement. »
Pour aller plus loin, le successeur de Ron Dennis a précisé au micro de Sky Sports ne pas avoir reçu d'ultimatum de la part d'Alonso. Juste, « sa décision sera basée sur ce qu'il pense être compétitif ou non. Il n'est pas uniquement focalisé sur le moteur ! »

Dans tout les cas, le remplaçant de Fernando Alonso ne sera pas Lando Norris. Le directeur exécutif de Mclaren Technoilogy Group dit ceci à son sujet : « Il est assez rapide pour la F1 mais nous ne voulons pas accélérer les choses. Il faut lui donner de l'expérience. » Celle-ci passera par une place en F2 en 2018. Nul doute que sa progression est un rayon de soleil dans un océan de malheur.

Malgré tout, une belle forme sur la piste de Monza en essais libres

Pour revenir à la piste à l'état brut, le deux voitures orange et noires ont connu un vendredi étonnamment bon. En particulier au moment de la FP2, conclu en septième et huitième position, à deux dixièmes de la Red Bull de Ricciardo, et devant les Force India ou la Wlilliams de Massa. Vandoorne s'était même déjà invité dans le top 10 en fin de matinée, avec un neuvième temps. Le Belge a qualifié son vendredi de surprenant. Tout l'intérêt est de savoir si le champion GP2 2015 court avec la version "Spec 3.7", montée dans la voiture d'Alonso à l'occasion des premiers tours de roue de la FP1.

Rappelons quand même que ce moteur a été démonté une fois le premier relais passé, ce qui explique cette énième pénalité sur la grille de départ. L'Espagnol a quand même admis avoir eu « un bon feeling sur les deux sessions. »
« Nous avons trouvé de la performance, ce qui est un peu inattendu étant donné la configuration défavorable du circuit. Nous n'en espérions pas autant. »

La mission d'Alonso sera celle d'un équipier de luxe. Comme à Spa mais en inversé, ce sera bien le double champion du monde qui entraînera Vandoorne dans son aspiration. « Stoffel m'a aidé à Spa quand il a reçu ses pénalités. Je vais donc l'aider aussi fort que possible en lui donnant de l'aspiration, et ainsi une belle position pour dimanche ».

Stoffel finishes FP2 in P7, Fernando P8. #ItalianGP 🇮🇹🏁 pic.twitter.com/hQEQk4KUmR

— McLaren (@McLarenF1) 1 septembre 2017



De notre envoyé spécial à Monza

Publié le 02/09/2017 à 11:22:23.

Retrouvez l'article original sur : http://www.motorsinside.com/f1/2017/actualite/22244-Mclaren-Honda-ou-Mclaren-Renault-en-2018-L\heure-du-choix-arrive-pour-Zak-Brown.html

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