Le Halo : une mise en application délicate

La saison 2018 a vu l’introduction d’un appendice qui aura soulevé bien des débats et des noms d’oiseaux : le Halo. Pour ou contre, chacun avait son camp et tenait ses positions. S’il s’est rapidement imposé comme une évidence pour certains, il est temps de prendre un moment pour remonter à ses origines et de dresser le bilan des arguments des détracteurs ainsi que des certitudes apportées par le Halo. Deuxième épisode de la trilogie, retour sur la mise en place mouvementée du Halo.

Suite du premier article lié au bilan du Halo reprenant son historique et la constante amélioration de la sécurité. Rappelons que dans la théorie, le Halo est censé protéger le casque en déviant les débris volants. Imposé pour la saison 2018, le Halo fera se gratter la tête nombre d’ingénieurs. Ces derniers seront chargés d’intégrer la structure de cet arceau en titane sur les monoplaces dont la réalisation est confiée à une entreprise allemande. Son impact est considérable à bien des niveaux, tant sur le plan structurel qu’aérodynamique.

Le surpoids apporté par la structure est estimé à 15 kg : Le Halo représente environ neuf kilos, et il y a six kilos de montants, avec tous les supports.


La chasse au poids devient cruciale et pose problème aux écuries qui sont face à des monoplaces déjà allégées au maximum. Ainsi, la crainte de régimes forcés pour les pilotes émerge.

Chaque écurie est responsable de l’installation du Halo sur les châssis tandis que la fabrication est confiée à un fournisseur spécifique agréé par la FIA, l’entreprise allemande CP Tech.
Le cahier des charges est drastique, le Halo doit pouvoir supporter des forces supérieures à celles de l’arceau de sécurité placé au-dessus des pilotes. Si l’effet sur l’aérodynamique reste limité, les ingénieurs testent néanmoins différents appendices liés au flux d’air afin de tirer avantage de ce nouveau système [illustrés ci-dessous sur la Williams lors du GP de Monaco]

Our halo does a solid job of keeping our drivers secure, just like @NortonOnline and @symantec help secure the team's data! 🌎💻🔒 #MonacoGP #F1 pic.twitter.com/TW9pFAFLTI

— WILLIAMS RACING (@WilliamsRacing) 27 mai 2018


Suite aux différents tests réalisés, des effets inattendus sont constatés à l’image de George Russell, alors essayeur Mercedes, qui souligne un effet positif du Halo en limitant l’éblouissement lors des sessions sous « soleil bas ».
A contrario, Carlos Sainz Jr jugea le dispositif dangereux lors des conditions pluvieuses, le montant vertical perturbant la prise en considération de l’intensité de la pluie et de la conduite à adapter en conséquence.
En dehors de ces quelques cas, très peu de pilotes se plaignent du champ de vision. La FIA s’adapte également afin de ne pas perturber la vision de la rampe des feux de départ en ajoutant une série de feux et en modifiant la hauteur de ceux-ci.
La question de l’extraction des pilotes en cas de retournement est davantage évoquée. Différents tests prouvant que la procédure n’était pas pour autant problématique, le règlement a tout de même été modifié stipulant que le pilote doit pouvoir d’extraire de sa monoplace en sept secondes contre cinq auparavant.

Malgré les différentes validations apportées par la FIA, certains acteurs restent clairement opposés au Halo à l’image de Niki Lauda qui, sans réserve, affirme que « le Halo détruit l’ADN de la F1 ». De même pour Lewis Hamilton qui qualifie le dispositif « le plus laid de l’histoire de la F1 ». Le pilote britannique souhaite même qu’on lui donne la possibilité de rouler sans le Halo.
Romain Grosjean est également opposé à l’arrivée du système : « Je suis contre le Halo, le bouclier, ou quoi que ce soit. Ce n’est pas de la F1. Quand j’ai testé le Halo, j’ai détesté ça. Ça me rendait malade. »

Si l’on connaît l’aversion naturelle qu’à l’Homme envers le changement, rappelons-nous que l’apparition du HANS avait créée le même mécontentement, avant de faire l’unanimité quelques années plus tard.



Jackie Stewart, fervent défenseur de l’amélioration de la sécurité en F1 le rappelle à tous « Il ne faut pas attendre des morts. Dans ce cas précis, la FIA fait exactement ce qu’il faut pour l’introduire [le Halo]. Certaines personnes n’aiment pas, mais ils disaient la même chose des ceintures de sécurité. »
Des arguments qui n’éteignent pas les nombreux débats chez les fans, jugeant en grande partie l’effet visuel négatif du Halo.

Alexander Wurz s’exprime à ce sujet et affirme que « si la compétition tient ses promesses en piste, avec un peloton serré et plusieurs vainqueurs, je vous garantis que 99 % des fans auront vite oublié l’existence du Halo. »

Publié le 05/02/2019 à 19:07:31.

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