F1 - Avant Goût du Grand Prix de Hongrie

A l'occasion du Grand Prix de Hongrie, Motorsinside.com vous propose de découvrir ou redécouvrir l'histoire de ce Grand Prix qui nous a souvent réservé des courses à rebondissements.  Icon For Chat#6  5
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© Ferrari /
Dire qu’on ne s’ennuie jamais au Hungaroring ferait rire bon nombre de passionnés de Formule Un, pourtant, bien que le tourniquet magyar ne soit pas véritablement favorable aux dépassements et à l’action, les courses y sont généralement épicées et surprenantes.

Le dimanche 10 août 1986, plus de 200.000 personnes se sont données rendez-vous sur le Hungaroring pour assister au premier Grand Prix à se disputer au-delà du Rideau de Fer, dans un pays qui sera le premier à le rompre en mai 1989 (cf. le dernier SAV de la F1), même si la Formule Un avait déjà fait une incursion dans la partie occidentale de Berlin, sur le circuit de l’AVUS, en 1959. En pole position, Ayrton Senna bien évidemment sur sa Lotus devant Piquet (Williams), Prost (McLaren) et Mansell (Williams). Le natif de Sao Paulo prit un bon départ mais au 11ème tour, le carioca s’empara de la tête de course avant que la pauliste ne se fasse surprendre par Prost. Après l’abandon du français, Piquet passa par les stands, laissant Senna en piste, s’efforçant de faire la différence pour reprendre la tête après son arrêt, ce qu’il parvint à faire. Mais le double champion du monde – alors en route vers sa 3ème et dernière couronne – est en grande forme et comble l’écart qui le sépare de Senna. Piquet fait alors une première tentative de dépassement, se jetant sur les freins à l’intérieur de Senna, un poil trop tard pour pouvoir empêcher le pilote Lotus de décroiser, mais au tour suivant, le pilote Williams passe cette fois-ci le brésilien par l’extérieur, roulant les roues à moitié dans le gazon et ponctue son dépassement pour la victoire, d’une magnifique glissade tout en contrôle qui fera dire à Jackie Stewart : « C’était comme faire un looping avec un Boeing 747. »

Le pilote Williams allait doubler la mise l’année suivante. Après une âpre bataille avec Berger (Ferrari), le Brésilien occupait la troisième place derrière Nigel Mansell et Michele Alboreto lorsque le moteur de l’italien rencontra un problème. On se dirigeait alors vers un doublé Williams lorsqu’au 71ème tour, Nigel Mansell perdit sa roue arrière droite, offrant ainsi, bien malgré lui, la victoire à son coéquipier, qui venait de répondre aux sirènes de Lotus pour reprendre le baquet laissé vacant par Senna pour 1988.

En 1989, après avoir dominé la course la saison précédente, Senna se contenta de la deuxième place derrière la Williams de Patrese. Le Brésilien hérita cependant de la place de leader, lorsque l’Italien tomba en panne de radiateur. Mais une nouvelle fois, Ayrton allait devoir résister à la remontée d’un de ses rivaux, Nigel Mansell, parti en 12ème position sur sa Ferrari. Au 58ème tour, alors que les deux pilotes s’apprêtaient à dépasser Stefan Johansson, l’Onyx du Suédois ralentit soudainement, souffrant de problèmes de boite de vitesse. Si Ayrton Senna fit montre de bon reflexes en débordant l’Onyx sur la droite, Nigel Mansell fut encore plus prompt et s’empara de la tête d’une course qu’il s’en allait remporter.

L’édition 1990 allait une nouvelle fois ne pas être de tout repos pour Ayrton Senna. En difficultés avec les nouvelles gommes de Goodyear, le brésilien se contente de la 4ème place en qualifications derrière Boutsen, Patrese et son propre coéquipier, Berger. En course, l’autrichien prend le meilleur départ et s’intercale entre les deux pilotes Williams alors qu’Ayrton Senna reste bloqué derrière Jean Alesi. Lorsqu’il parvint à avoir le dessus sur l’Avignonnais, au 21ème tour, le brésilien fut contraint de repasser aux stands suite à une crevaison et retomba à la 10ème place. Profitant des abandons de Prost et d’Alesi, le pilote McLaren revint sur les cinq premiers. Berger décida alors d’anticiper son arrêt pour monter des pneus neufs en espérant que cela lui permettrait, à terme, d’avoir le dessus sur Boutsen, indéboulonnable leader. Senna profita alors de l’attaque avortée de Mansell sur Patrese pour s’emparer de la 3ème place, derrière Nannini. Au 64ème tour, le brésilien se jeta à l’intérieur de l’italien à la chicane, le percuta et l’envoya dans le bac à graviers. Magic s’évertua alors à chercher la faille pour dépasser Boutsen, en vain, le Belge passant le drapeau à damiers en vainqueur.

La saison suivante, les rôles allaient cependant être inversés avec le Brésilien dans le rôle de la proie et les pilotes Williams dans la peau du chasseur. Bien qu’auteur du meilleur envol, Petrese vit la McLaren de Senna, alors en pole, lui refermer la porte d’une façon que l’Italien jugera agressive. Senna ne parvenant cependant pas à prendre ses distances, il resta sous la menace de Patrese qui ne tarda pas à passer le relais à son coéquipier, Nigel Mansell. Le britannique tenta à son tour sa chance à l’assaut de la citadelle brésilienne, mais le pilote McLaren se ménagea peu à peu une marge de sécurité suffisante pour monter sur la plus haute marche du podium.

En 1992, le Brésilien allait une nouvelle fois devoir calmer les assauts du pilote Williams qui restait sur un bilan de huit victoires en dix courses disputées. Voulant éviter de percuter son coéquipier, alors parti de la pole position, le Britannique laissa le champ libre à Senna et Berger qui s’emparèrent des deuxième et troisième place derrière Patrese. Après avoir dépassé Berger, Mansell se heurta à nouveau à la forteresse brésilienne qui fut bien aidée dans sa défense par une erreur de Mansell qui le relégua à nouveau derrière Berger. Au 39ème tour, Patrese partit à la faute et abandonna le leadership à Senna que Mansell renonça à aller chercher, préférant assurer une deuxième place synonyme d’une couronne mondiale après laquelle il courrait depuis 13 longues années, un record toujours d’actualité.

L’année suivante, les pilotes Williams sécurisèrent la première ligne mais le poleman, Alain Prost, cala au départ du tour de chauffe et fut contraint de s’élancer en queue de peloton. Logiquement, ce fut donc Damon Hill qui se retrouva en tête du Grand Prix. Rien ne put alors empêcher la marche victorieuse du jeune britannique qui remporta ainsi son premier Grand Prix avec une minute douze d’avance sur son plus proche poursuivant : Riccardo Patrese. Devant subir des réparations sur son aileron avant, Alain Prost perdit 7 tours et termina bon dernier du Grand Prix, ce qui ne l’empêcherait cependant pas de coiffer une 4ème couronne mondiale en fin de saison.

En 1994, l’atmosphère était pesante sur le Grand Prix de Hongrie, Benetton étant impliqué dans une nouvelle polémique technique après l’embrasement de la monoplace de Verstappen lors du Grand Prix précédent. Pourtant, Michael Schumacher, parti en pole, parvint à conserver sa position malgré un piètre envol en se jetant devant la Williams de Damon Hill, avant de remporter la victoire. L’année suivante, Williams domina outrageusement les qualifications et le course, Damon Hill remportant la course devant son coéquipier, David Coulthard, et reléguant tous ses rivaux à plus d’un tour. La course fut cependant marquée par un incident qui intervint dans le garage Benetton, une fuite sur la pompe à carburant de Michael Schumacher eut pour conséquence de renvoyer la voiture de l’Allemand avec moins de carburant que nécessaire pour finir la course. Le champion du monde en titre dut donc repasser par les stands avant d’abandonner suite à une panne électrique.

En 1996, le titre semble promis à Damon Hill mais Jacques Villeneuve se rend en Hongrie avec l’espoir de réduire l’écart de points qui le sépare son coéquipier au championnat pilote. Michael Schumacher signa la pole en devançant de justesse Damon Hill et Jacques Villeneuve. Bénéficiant de la ligne « propre », Villeneuve et Alesi, respectivement 3ème et 5ème s’élancèrent mieux que Damon Hill, Irvine et Berger, respectivement 2ème, 4ème et 6ème. Bloqué pendant plus de 20 tours derrière Alesi, Hill réalisa d’emblée le meilleur temps dès que l’avignonnais rentra aux stands mais se retrouva à nouveau derrière le pilote Benetton, pénalisé par le trafic. La même mésaventure arriva à Villeneuve qui échoua à nouveau dans les échappements de Schumacher à la sortie des stands. Mais lorsque l’Allemand ressorti des stands après son deuxième arrêt, il se retrouve bloqué derrière Berger, ce qui permit au Canadien de s’emparer de la tête de la course qu’il n’abandonnera plus qu’à Damon Hill le temps des ravitaillements. La deuxième place se joua donc entre le britannique et l’allemand. Alors que les mécaniciens de Williams se préparaient à accueillir Hill, Schumacher tomba dans le piège et se jeta dans la ligne des stands, Hill restant quant à lui sur la piste pour aligner les meilleurs temps et se constituer une marge suffisante pour conserver sa deuxième place après son propre arrêt. Avec ce doublé, et l’abandon de Michael Schumacher, Williams remporta le titre constructeur alors que Damon Hill voyait l’échéance de son propre sacre être reportée après la victoire de Villeneuve.

En 1997, Damon Hill fut à deux tours de son plus bel exploit lorsqu’il fut trahi par sa mécanique. Alors que Schumacher et Villeneuve se partagèrent la première ligne, dans cet ordre, le champion du monde 1996 hissa son Arrows-Yamaha au 3ème rang des qualifications : un exploit en soi. En course, Hill prit le meilleur envol et se retrouva dans les échappements de Schumacher alors que Villeneuve, auteur d’un piètre départ, chuta à la 6ème place. Au 6ème tour, Damon Hill s’empara de la tête de course en dépassant un Michael Schumacher en délicatesse avec ses pneus. Le Britannique s’envola alors en tête du Grand Prix, disposant jusqu’à 35 secondes à trois tours du drapeau à damiers lorsque sa voiture commença à ralentir, perdant 9 secondes au 75ème tour puis 20 secondes au tour suivant, la faute à un problème hydraulique qui permit à Jacques Villeneuve de remporter la course. Hill et Arrows se contentèrent d’une décevante seconde place qui constituait malgré tout la meilleur performance de la saison pour le champion du monde en titre. « Peut-être devrais-je être satisfait de finir second » déclara après course le patron de l’écurie Arrows, Tom Walkinshaw, « mais je suis juste énervé. »

En 1998, Michael Schumacher délivra une de ces courses dont il a le secret. Derrière les deux McLaren pendant la première partie de la course, il profita des ravitaillements pour faire une série de tours de sortie des stands exceptionnelle qui lui permit de passer les deux McLaren qui le devançaient. Michael s’imposa devant Coulthard, Villeneuve, Hill et Frentzen, ce dernier réalisant un véritable exploit en finissant la course alors qu’on lui diagnostiquera, quelques heures plus tard, une salmonellose après qu’il se soit montré incapable de marcher en sortant de son cockpit.

En l’an 2000, Michael Schumacher réalisa une splendide pole position mais fut surpris lors du départ par Mika Hakkinen, parti en 3ème position sur la grille de départ et qui se jeta à l’intérieur du premier virage pour s’emparer de la tête de course. Deuxième, Schumacher n’eut plus qu’à tenter de maintenir l’écart, en vain, avant de résister jusqu’au drapeau à damiers aux assauts de David Coulthard. Le Finlandais empocha ainsi sa deuxième victoire d’affilé sur le circuit hongrois.

L’année suivante, le Kaiser coiffa sa 4ème couronne mondiale et remporta son 51ème Grand Prix, en Hongrie, égalant ainsi parfaitement les statistiques d’Alain Prost. L’année suivante, nouveau doublé pour la Scuderia qui empoche ainsi le titre mondial des constructeurs alors que Rubens Barrichello signe sa 3ème victoire en carrière, devant un Michael Schumacher déjà champion du monde. Depuis, le Grand Prix de Hongrie connut 8 vainqueurs différents en 9 Grand Prix, dont 3 néo-vainqueurs.

En 2003, Fernando entra dans l’Histoire de la Formule Un en devenant le plus jeune pilote à remporter un Grand Prix depuis Bruce McLaren au Grand Prix des Etats-Unis 1959, presque 20 ans, jour pour jour, depuis la dernière victoire d’une voiture frappée du Losange, au Grand Prix d’Autriche 1983. Après avoir signé la pole position, l’Espagnol profita de l’avantage considérable que représente cette position pour se porter en tête de course alors que les Williams, s’élançant sur la partie sale de la piste, se retrouvèrent 8ème pour Montoya et 18ème pour Ralf Schumacher au terme du premier tour. Mark Webber se retrouva ainsi en deuxième position, sa Jaguar retenant la meute en chasse derrière l’Espagnol. Ainsi, le pilote Renault creusa rapidement un écart suffisant pour remporter sa première victoire, s’offrant symboliquement le scalpe de Michael Schumacher à qui il prit un tour à quelques enjambées du drapeau à damiers.

En 2004, Michael Schumacher domina logiquement le Grand Prix. L’année suivante, l’Allemand signa ce qui restera comme son unique pole position de la saison mais ne put cependant rien contre un Kimi Raïkkonen en verve qui le délogea de la tête de course grâce à un arrêt aux stands éclair de la part de ses mécaniciens.

En 2006, Jenson Button joua le premier rôle d’un Grand Prix digne des plus grandes tragédies avec la pluie pour décor - une anomalie climatique inédite encore aujourd’hui. Dès les qualifications, les deux principaux prétendants à la victoire étaient relégués en 12ème et 15ème position, Fernando Alonso ayant reçu une pénalité de deux secondes sur son meilleur temps pour conduite dangereuse et dépassement sous drapeau jaune alors que l’Allemand reçu la même sanction pour avoir dépassé sous drapeau rouge. Les deux pilotes réalisèrent cependant un départ tonitruant, remontant respectivement en 4ème et 6ème position. Le pilote Renault s’offrit ensuite la tête du pilote Ferrari d’une splendide manœuvre dans le virage 7, profitant de la meilleure efficacité des pneus Michelin dans ces conditions dantesques. Mais le Kaiser allait également devoir céder aux assauts d’un surprenant Jenson Button, pourtant parti en 14ème position, et qui s’était déjà offert Heidfeld, Coulthard, Massa et Fisichella. Au fur et à mesure que les leaders ravitaillèrent, Fernando Alonso hérita de la tête de course et se ménagea une avance suffisante pour pouvoir passer par les puits sans perdre son leadership. Mais les plans de l’Espagnol furent contrariés par l’accrochage de Raïkkonen avec Liuzzi dont il s’apprêtait à prendre un tour, provoquant ainsi l’intervention de la voiture de sécurité. Button, héritant de la 2ème place, se trouva à la lutte avec Fernando Alonso lorsque la course fut relancée. Button s’arrêta le premier aux stands, au 46ème tour mais Fernando Alonso augmenta son avance avant de ravitailler à son tour, au 51ème tour. Cependant, en sortant des stands, l’Espagnol découvrant qu’il manquait un écrou de roue sur sa monoplace, fut contraint à l’abandon, laissant Button en tête qui fila vers sa première victoire en Formule Un, concrétisant enfin tous les espoirs portés en lui.

En 2007, le Grand Prix de Hongrie restera comme le point de rupture entre Fernando Alonso d’un côté et Lewis Hamilton et McLaren de l’autre, l’écurie britannique défendant la cause de son jeune poulain contre l’espagnol qui s’était manifesté lors des qualifications en bloquant son coéquipier afin de l’empêcher de signer la pole position. Ce triste épisode éclipsa à lui-seul la splendide défense du rookie britannique face aux assauts de Kimi Raïkkonen.

En 2008, Felipe Massa réalisa un début de course de haute volée et avait course presque gagnée lorsque Lewis Hamilton souffrit d’une crevaison le contraignant à rentrer aux stands au 41ème des 70 tours. A deux tours l’arrivée, le sympathique brésilien vit son moteur partir en fumée, abandonnant une précieuse victoire – et des points non moins importants – à Heïkki Kovalainen qui n’en demandait pas tant pour signer, à son tour, sa première victoire sur le Hungaroring.

Un an plus tard, le natif de Sao Paulo allait une nouvelle fois faire preuve de malchance en échappant à la mort après un accident effrayant, reléguant la victoire de Lewis Hamilton, pourtant historique, puisque la première pour une voiture équipée du KERS, au rang de simple anecdote, alors que la presse s’enthousiasmait déjà d’un potentiel retour de Michael Schumacher.

Ainsi, n’en déplaise à certains, si le Hungaroring n’est pas le circuit le plus sexy du calendrier et si les courses n’y sont pas toujours des plus passionnantes, il se passe toujours quelque chose sur le circuit magyar.
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    Steve, 30 Jul. 2011, 0:28

    Pour moi, la course d'Alonso sur le Hungaroring en 2006 est son chef d'oeuvre inachevé. A la fois un magnifique souvenir et une déception de ne pas l'avoir vu gagné cette course...


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    jean, 30 Jul. 2011, 0:57

    moi je l'aime bien le hungaroring. les pilotes disent qu'il n'y a pas trop de trajectoire idéale, oui il y a bcp de courbes, je suis d'accord, mais je trouve qu'on s'amuse bien dessus. (sur la PS) c'est l'un de mes circuits préférés...


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    jean, 30 Jul. 2011, 0:58

    Button sous la pluie en 2006.. C'est là qu'on se rend compte qu il a vraiment un talent énorme sous la pluie..


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    Dino, 30 Jul. 2011, 12:11

    Personnellement, c'est un circuit que j'adore et que je défends depuis des années d'abord parce qu'il oblige les pilotes à prendre des risques pour gagner des places et qu'il s'y passe toujours des trucs


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    Bilo, 30 Jul. 2011, 13:17

    Idem. Il y a toujours un événement lors du GP. Et j'adore piloter sur ce circuit, pour moi c'est un régal.


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