F1. Pendant la trêve, MotorsInside vous propose de revenir sur la Formule 1 des années 2000 en vous livrant, deux fois par jour, et jusqu'à la fin de la semaine, une liste de dix faits marquants retenus par la rédaction. Lorsque celle-ci sera entièrement dévoilée, vous aurez la possibilité de voter pour désigner l'image que vous gardez de cette décennie. Revenons pour cette première sur le Grand Prix de Hongrie 2009 et l'accident de Felipe Massa.
L’œil dans le retro
Dimanche 26 juillet 2009. Vêtus de leur habit rouge, les mécaniciens de la voiture n°3 de Felipe Massa s’alignent le long de la rambarde de sécurité. Certains, le regard dans le vide sont comme perdus dans un océan d’incertitude, d’autres, au contraire, ont les yeux fuyants vers l’avant de la grille, là où s’élancera Kimi Raïkkonen dans quelques instants, histoire de penser à autre chose. Au milieu, Rob Smedley tient entre ses mains un panneau sur lequel est inscrit « Forza Felipe nous sommes avec toi »
La veille, sous un ciel immaculé de bleu sur lequel se disputent quelques nuages, les pilotes s’élancent pour exploiter leur dernière chance d’accéder en Q1. Rubens Barrichello, dans la zone rouge, déclenche le chrono mais dès le premier secteur les chances de voir le vétéran brésilien s’extirper de la Q2 sont réduites à néant et Rubinho rentre bredouille dans son garage, déclarant à son écurie avoir perdu quelque chose sur la piste au début de son tour lancé. Quelques instants plus tard, dans la longue montée vers le virage n°4, les caméras s’affolent et se fixent sur la Ferrari de Felipe Massa, encastrée dans le mur de pneus. Les commissaires se précipitent vers la monoplace mais n’agissent pas, le pilote étant visiblement inconscient dans son cockpit lorsque la voiture médicale arrive. La séance vient de se terminer et toutes les voitures rentrent dans leur stands les unes après les autres, les pilotes entrant dans leur bulle comme ils le font lorsque l’un des leurs est encore sur la piste. Sur le muret de Ferrari, les regards sont inquiets alors que Rob Smedley tente de joindre, en vain, Felipe Massa à la radio.
Le drap est tendu au-dessus de la meute qui encercle la Ferrari. La caméra fuit ce spectacle qui évoque bien trop de mauvais souvenirs à la Formule Un et à ceux qui suivent avec passion ce sport, parfois si cruel. Une fois le pilote et sa voiture évacués, les images de l’accident arrivent enfin et glacent d’effroi. Alors que la Ferrari du brésilien décélère soudainement et de façon inexpliquée, le casque du pilote vivote dans le cockpit comme une feuille morte soumise au gré du vent. Les images repassent encore et encore et le ressors de suspension de 800 grammes apparait de plus en plus nettement, percutant le casque de Felipe Massa de plein fouet. Le vice-champion du monde 2008 n’est alors plus que le passager de sa propre monture qui ne refusera pas l’obstacle, quelques secondes plus tard. Comme pour crier la douleur de son pilote, laissé KO debout, le moteur hurlait encore.
Pourquoi cela nous a-t-il marqué ?
Une semaine après la mort de Surtees dans des circonstances similaires, on croyait qu'une nouvelle série noire se préparait.
C'est un accident incroyable quand on y repense.