F1 - Quand le duel Massa/Trulli éclipse Schumacher et Hamilton...

Si la bataille entre Hamilton et Schumacher a accaparé l'attention après la course, la déclaration de Derek Daly, quatrième commissaire de course, est plutôt passée inaperçue, malgré ce qu'elle révèle.
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Vous ne pouvez pas être passés à côté cette semaine : la polémique sur le Grand Prix d’Italie et la lutte entre Lewis Hamilton et Michael Schumacher n’en finit pas de faire parler. Sujet de débat bien légitime pour peu que l’on se place dans une position argumentée, il ne sera donc pas question de revenir sur son bien fondé.

L’an passé, pour assurer une sorte de légitimité voire de crédibilité aux pénalités infligées aux pilotes ou aux écuries dans certaines situations de course, a été mis en place le fameux « quatrième commissaire » : un ancien pilote, de renommée mondiale (Emerson Fittipaldi, Nigel Mansell…) ou non, dont le rôle est d’épauler les commissaires de course à proprement parlé et d'apporter son expertise dans l’analyse et le jugement des différends qui peuvent exister au cours d’un week-end de course.

Un système salué à priori et plutôt réussi à posteriori aboutissant souvent à des sanctions raisonnées, plus adaptées tout en restant suffisamment sévères pour ne pas en affaiblir la portée. Un certain nombre de dispositifs techniques, déjà en vigueur ou non, ont accompagné cette nouveauté, à commencé par la régie dans laquelle se trouve jusqu'à une quarantaine d'écrans vidéos permettant, logiquement, d'avoir une vision d'ensemble du tracé et de pouvoir agir au plus vite en cas de problème, avec la possibilité de visionner les images en questions sous une multitude d'angles différents dans le but d'aider les commissaires à prendre la meilleure décision ;cela, notamment, à l'aide d'un logiciel utilisant une technologie satellitaire mis au point spécialement pour lister automatiquement un certain nombre d'incidents potentiels, incidents qui peuvent être revus grâce à un simple clic sur ce listing. La direction de course est aussi en contact permanent avec les écuries via communication radio mais aussi via un système d'alerte SMS qui permet aux équipes de contacter directement la FIA sans devoir passer par un certain nombre d'étapes administratives, susceptibles de ralentir le processus.

Mais ce week-end à Monza, s’est jouée en coulisses et sans que personne n’en soit informé tout de suite après le Grand Prix, une scène assez désolante dont la portée ne semble pourtant pas émouvoir le cénacle de la Formule 1. Derek Daly, qui jouait le rôle de quatrième commissaire pour le week-end lombard, a jeté un pavé dans une mare qui n’a visiblement pas éclaboussé grand monde : « Il y avait un double blocage flagrant. Mais au 20ème tour, le directeur de course, Charlie Whiting, a demandé aux commissaires de regarder un incident entre Felipe Massa et Jarno Trulli. Alors que nous regardions cette vidéo au ralenti, j’ai raté l’incident entre Schumacher et Hamilton. Quand je l’ai regardé chez moi, j'ai pensé que Schumacher aurait dû avoir une pénalité ».

Une déclaration qui prêterait à sourire, si elle n’appelait pas une kyrielle d’arguments contraires. L'essentiel, ici, ne réside pas dans le fait de prendre parti sur la simple question de savoir s’il y avait faute ou non : c’est justement le rôle des commissaires. Mais comment ne pas s’agacer en lisant de tels propos ? Comment ne pas rire en se disant que personne, à commencé par Charlie Whiting, n’a eu l’idée de repasser les ralentis de l’incident entre Schumacher et Hamilton ? Comment ne pas penser à ces pénalités infligées à posteriori, parfois dans un délai de vingt tours après que la faute ait été commise, comme pour Lewis Hamilton à Valence en 2010 après que ce dernier ait dépassé le safety car en course ? Comment, enfin, imaginer qu’un souci logistique ait autant d’influence sur la possibilité ou non de sanctionner une manœuvre potentiellement illicite ?

Souvent raillée pour son manque de discernement dans l’application des règles et dans la mise en œuvre des sanctions, la FIA a beaucoup évolué ces deux dernières années vers des positions plus nuancées, notamment grâce à l’introduction d’un ancien pilote dans la mécanique des décisions. Mais en se rendant coupable d’un déni de justice, en n’offrant pas à ses hommes les moyens d’agir ou de ne pas agir par le biais d’une décision collégiale, elle met à mal le système qu’elle a voulu corriger.
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