Singapour - Course : Vettel, la nuit du chasseur !
F1. Dans une course qui semblait promise à Lewis Hamilton, c'est finalement Sebastian Vettel qui l'emporte profitant de déboires mécaniques du pilote McLaren. L'Allemand devance Jenson Button et Fernando Alonso, qui ne concède que dix points au pilote Red Bull. Outre Lewis Hamilton, Kimi Raikkonen perd du terrain sur l'Espagnol dans la course au titre en terminant sixième.
Après la minute de silence décrétée en l’honneur du Professeur Sid Watkins, disparu la semaine dernière, à laquelle se sont joints, notamment, Jackie Stewart, Niki Lauda ou encore Bernie Ecclestone, le paddock peut reprendre son activité normale et préparer le départ des 24 monoplaces dans la chaleur pénétrante de la nuit de Singapour. Sur la grille, Bruno Senna a reculé de cinq places suite à son changement de boite de vitesses, qu’a aussi effectué Pedro de la Rosa, mais sans conséquences puisque la HRT du pilote espagnol était déjà en dernière position.
Concernant les choix stratégiques, les huit premiers sur la grille s’élancent avec les pneus super tendres (rouges) avec lesquels ils se sont qualifiés, les deux Mercedes ont, elles-aussi, fait le choix de partir avec ces mêmes gommes, n’ayant effectué aucun tour chronométré en Q3. Derrière eux, les Sauber ont évidemment chaussé les pneus tendres, tout comme Nico Hulkenberg sur sa Force India, Jean-Eric Vergne sur sa Toro Rosso, les Marussia et Pedro de la Rosa sur sa HRT.
Au départ, Hamilton prend un bon envol, tout comme Maldonado mais le Vénézuélien manque le premier virage se fait passer par Vettel et Button. Dans le premier tour, Webber passe autoritairement Grosjean. Plus loin, les deux Caterham se sont accrochées, c’est en tout cas ce qu’indique Kovalainen à sa radio. Massa, relégué en dernière position, passe par les stands. Hamilton possède 1.2 seconde d’avance sur Vettel, Button a près de deux secondes de retard sur l’Allemand. Le double champion du monde en titre enchaine les meilleurs tours mais le rapproché n’est pas très significatif avec la McLaren de Hamilton.
Sous les yeux de Katy Perry, Hamilton boucle le cinquième tour en ayant repris quelques dixièmes sur Vettel, à 1.7 seconde. Les deux hommes sont seuls au monde dans ce début de course puisque Button et Maldonado sont respectivement à 6.5 et 8.5 secondes du leader. Chez Lotus, le stand annonce à Romain Grosjean qu’ils n’ont plus sa télémétrie. Kimi Raikkonen est lui ralenti par la Mercedes de Schumacher. Massa, relégué en dernière position, peut s’exprimer pleinement et enfiler les meilleurs tours comme des perles.
Après 8 tours, Hamilton mène devant Vettel (+1.7), Button (+6.5), Maldonado (+9.4) et Alonso (+12.7). Les écarts se stabilisent entre les trois premiers, alors que Mark Webber, coincé derrière Di Resta, est le premier à passer par les stands. Il chausse les pneus tendres et repart derrière la Marussia de Pic. A l’avant, Vettel commet une erreur dans le Singapour Sling et perd 8 dixièmes sur Hamilton. En difficulté avec ses gommes, le double champion du monde en titre passe par les stands pour passer en pneus tendres. Il repart 12ème derrière Pérez dont il se joue quelques virages plus loin. Hamilton semble à son tour en difficulté avec ses gommes, le Britannique perdant près d’une seconde au tour sur Button et Maldonado. Alonso et Schumacher passent aux stands à leur tour.
Au 13ème tour, Hamilton passe par les stands. Il repart juste devant Kimi Raikkonen qui est talonné par Sebastian Vettel. Le pilote Red Bull prend l’avantage sur le Finlandais qui ne s’est toujours pas arrêté et a maintenant en ligne de mire la McLaren du champion du monde 2008. Maldonado, second, passe par les stands, tout comme Raikkonen. Vettel enchaine les meilleurs tours et se rapproche d’Hamilton qui reprend la tête à la suite de l’arrêt de son équipier. Le quatuor de tête est donc inchangé, au 15ème tour, puisque Hamilton devance Vettel, Button et Maldonado. Alonso passant Pérez, à l’agonie sur ses pneus tendres, il se retrouve sixième derrière Nico Hulkenberg qui ne s’est toujours pas arrêté non plus et qu’il passe facilement.
Après 20 tours, l’écart se stabilise entre Hamilton et Vettel (+1.5), les deux hommes suivis par Button (+5.1), Maldonado (+9.0), Alonso (+14.0), Di Resta (+20.2), Webber (+22.3), Rosberg (+28.1), Grosjean (+29.4) et Schumacher (+ 34.9). Le septuple champion du monde va avoir fort à faire puisque Raikkonen luit met la pression mais surtout, Senna revient vite sur les deux hommes.
Coup de théâtre à Singapour puisque Lewis Hamilton est au ralenti et doit abandonner ! Un problème de boite de vitesses semble être à l’origine de cet arrêt prématuré. Sebastian Vettel prend la tête et creuse légèrement l’écart avec Button. Alonso, nouveau quatrième, hausse le rythme derrière Maldonado mais l’écart ne baisse pas de manière sensible. Webber ouvre la deuxième salve d’arrêts, au 29ème tour, en chaussant les pneus super tendres pour une fin de course agressive.
Après 30 tours, Vettel mène devant Button (+2.9). Derrière eux, Maldonado et Alonso plongent dans les puits. Deux stratégies différentes : le Vénézuélien repart en pneus super tendres alors que l’Espagnol chausse les tendres. Le pilote Williams se retrouve bloqué derrière un duo Rosberg-Grosjean, en lutte pour la cinquième place. C’est donc une lutte qui se met en place entre la Williams et la Ferrari.
Au 33ème tour, Karthikeyan s’accidente dans le tunnel et la voiture de sécurité fait son entrée en piste ! Une tradition à Singapour. Vettel, Button et Maldonado passent par les stands, mais Alonso reste en piste l’Espagnol est donc troisième. Les cartes sont donc rebattues puisque Vettel mène devant Button, Alonso, Di Resta, Hulkenberg, Webber, Pérez, Rosberg, Grosjean et Maldonado. Le Vénézuélien qui doit abandonner, sur ordre de son stand, suite à un « problème hydraulique ».
Au 39ème tour, et après plus d’un quart d’heure derrière la voiture de sécurité, Vettel repart devant Button, Alonso et les deux Force India. Webber se joue de Hulkenberg et prend la cinquième place. Derrière, Pérez septième se manque, Rosberg et Grosjean le passent. Vergne n’y parvient pas, tente de passer le Mexicain au freinage mais, derrière lui, Schumacher manque son freinage et harponne la Toro Rosso. Les deux hommes abandonnent dans un déluge de carbone. Sortant de leurs voitures indemnes, ils se tapent dans le dos dans l’échappatoire. Le safety car est de nouveau de sortie à Singapour. Webber, Hulkenberg et Pérez en profitent ravitailler.
Au 43ème tour, la course est relancée. Vettel conserve la tête devant Button, Alonso, Di Resta et Rosberg. Au premier freinage, Raikkonen attaque Grosjean pour la sixième place, mais le Français ferme la porte. Plus loin, pour la neuvième place, Senna est aux prises avec Massa. Les deux hommes se touchent mais le pire est évité car Massa parvient à contrôle sa voiture. Dans la manœuvre, le pilote Ferrari passe, Senna s’écartant finalement pour éviter l’accrochage. Le Brésilien est maintenant derrière Ricciardo, pour le compte de la huitième position.
Après 45 tours, Vettel devance Button (+1.9), Alonso (+5.9), Di Resta (+7.0), Rosberg (+9.1), Grosjean (+9.9), Raikkonen (+10.8), Ricciardo (+13.9), Massa (+14.2) et Senna (+15.1). Massa, en super tendres, passe finalement Ricciardo et s’échappe très rapidement. De la 11ème à la 14ème place, un train s’est formé composé de Kobayashi, Webber, Hulkenberg et Pérez. Grosjean, sur ordre de son équipe, laisse passer Raikkonen qui joue le titre et doit limiter la casse face à Alonso. Pérez tente de passer Hulkenberg mais les deux hommes se touchent : quelques dégâts sur les deux voitures, mais rien de rédhibitoire. Plus loin, c’est Webber qui attaque Kobayashi. Le Japonais résiste un virage mais ne peut pas plus. Voulant en profiter, Hulkenberg plonge à l’intérieur mais le pilote Sauber le touche. L’aileron avant endommagé, Kobayashi ralentit, tout comme l’Allemand, victime d’une crevaison à l’arrière gauche. Pérez gagne deux places dans l’affaire.
Après 52 tours, Vettel devance Button (+2.7), Alonso (+11.4), Di Resta (+13.4) et Rosberg (+20.7). Il devient clair que la course dépassera les deux heures et n’ira donc pas au bout des 61 tours initialement prévus. Webber passe Senna, en difficulté avec ses pneus, pour la dixième place. A l’avant, Vettel accroit son avance sur Button. A quatre minutes du terme, un duel océanique se profile pour la neuvième place entre Daniel Ricciardo et Mark Webber.
Sebastian Vettel l’emporte donc à Singapour devant Jenson Button et Fernando Alonso. L’Allemand remporte sa 23ème victoire et la 31ème victoire de Red Bull. Il fait surtout un rapproché au championnat, revenant à 29 points de Alonso qui sauve les meubles. Le grand perdant du jour reste Lewis Hamilton, victime d’un problème de boite de vitesses alors qu’il menait la course.
Classement du Grand Prix de Singapour 2012 :
N° | Pilote | Equipe | Temps | Ecart | Tours |
1 | Vettel | 2h:00:26.144 | 59 | ||
2 | Button | +8.959 | 59 | ||
3 | Alonso | +15.227 | 59 | ||
4 | di Resta | +19.063 | 59 | ||
5 | Rosberg | +34.784 | 59 | ||
6 | Raikkonen | +35.7 | 59 | ||
7 | Grosjean | +36.6 | 59 | ||
8 | Massa | +42.8 | 59 | ||
9 | Ricciardo | +45.8 | 59 | ||
10 | Webber | +47.1 | 59 | ||
11 | Perez | +50.6 | 59 | ||
12 | Glock | +91.9 | 59 | ||
13 | Kobayashi | +97.1 | 59 | ||
14 | Hulkenberg | +99.4 | 59 | ||
15 | Kovalainen | +107.9 | 59 | ||
16 | Pic | +132.3 | 59 | ||
17 | De la Rosa | +1 tour | 58 | ||
18 | Senna | Abandon | +2 tours | 57 | |
19 | Petrov | +2 tours | 57 | ||
20 | Vergne | Accident | +21 tours | 38 | |
21 | Schumacher | Accident | +21 tours | 38 | |
22 | Maldonado | Hydraulique | +23 tours | 36 | |
23 | Karthikeyan | Accident | +29 tours | 30 | |
24 | Hamilton | Transmission | +37 tours | 22 |
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De plus, les présentateurs de TF1 m'ont énervé avec leurs pneux Tendres et Durs !!! Pourquoi ne disent-ils pas tout simplement Tendres et Super-Tendres ???
Bref, un beau GP mais pas mis en valeur...
Vu le nombre de caméra sur le circuit et les deux interruptions de course, je n'ai jamais vu les images de Massa...
Plus généralement, je me demande comment une même réalisation peut faire un travail à ce point différent d'un grand prix à un autre.
@DINO : alors, on ne pense toujours pas que Lotus est en perte de vitesse ? J'insiste: comme je l'ai dit il y a 3 semaines, depuis le début de l'été les Lotus ne volent plus, ne serait ce qu'en fin de course. Aujourd'hui, Ferrari (Alonso) est clairement devant, les Mercedes font jeu égal, et il y a toujours, au gré des circuits, une ou deux Sauber/FIndia/Williams devant, en qualif ou en course. Raiko sauve les meubles mais qui croit encore à une victoire d'une Lotus ?
Si tu relis ma réponse, j'ai simplement dit qu'il fallait attendre que la Lotus soit sur un terrain où on l'attend davantage. C'était prématuré, après une course, de dire que Lotus était en perte de vitesse.
On a en effet retrouvé à Singapour les faiblesses que l'on avait pu voir à Spa. On verra à Suzuka, sur un terrain qui pourrait lui convenir, mais personnellement, je n'enterre pas Lotus.
Cette saison, il n'y a pas que le développement d'une monoplace qui peut expliquer des contre-performances.
Je persiste et signe donc à dire qu'à l'époque de ton commentaire, c'était trop tôt pour être aussi catégorique. S'ils gagnent des courses ou font des podiums dans les prochaines semaines, tu auras l'air malin.
Pour mémoire, il y a un mois et demi, on s'inquiétait pour McLaren et on estimait que Ferrari avait une des meilleures, si ce n'est la meilleure, voiture. Avec ce genre de prédiction, on a une chance sur deux de passer pour un devin.
Comment expliques-tu le double podium de Budapest ainsi que le podium de Raïkkonen en Allemagne et en Belgique ?
De plus, à Singapour, ils ont eu des problèmes sur un tour rapide. En course, les Lotus sont toujours aussi fortes, sauf qu'on ne peut pas doubler sur ce circuit.
Concernant ce week-end, ils ont été loin en partie parce qu'ils sont partis sur une piste de réglages totalement foireuse.
Bien évidemment qu'il y a sans doute un petit coup de mou en matière de développement, ça se voit également chez d'autres écuries, notamment Ferrari, mais ça n'est pas forcément le seul paramètre.
Pour le moment, la Lotus ne m'a impressionnée qu'à deux endroits : Bahreïn et Hongrie.
J'insiste, il y a deux mois, on se demandait si McLaren n'était pas sur le déclin et on a vu la suite. Il faut aussi noter que Lotus s'est beaucoup concentré sur son Super DRS mais ils ne l'auront qu'à Suzuka vraisemblablement.
Et puis il ne faut pas oublier que les équipes n'ont plus forcément autant de temps pour développer et essayer de nouvelles pièces. En Belgique, il a plu le vendredi, en Italie il fallait intégrer d'Ambrosio et visiblement, à Singapour, Lotus n'avait pas amené grand chose parce qu'ils attendent Suzuka.
Pendant ce temps là, Mercedes, Ferrari et Force India n'ont pas changé de pilote en cours de route et ont roulé pendant 3 jours à Magny-Cours où ils ont soit testé des pièces, soit des réglages.
Et puis, comme tu le dis, les autres équipes ont travaillé sur la compréhension des pneus, ce qui était la force de Lotus depuis le début de saison. Il faut quand même rappeler que le parcours de Lotus cette saison, c'est un petit miracle pour une écurie qui a un budget bien inférieur à ses rivales directs.
Par ailleurs, je n'aime pas trop entendre Raiko dire qu'il s'est "ennuyé" quand tous les autres pilotes disent avoir aimé la course.