F1 - La 25ème reluisante : Jackie Stewart, Monaco 1973

F1 - La 25ème reluisante : Jackie Stewart, Monaco 1973

Pour célébrer le 25ème succès de Lewis Hamilton lors du Grand Prix de Chine, Fan-F1 vous propose un dossier spécial sur les 25ème victoires des pilotes qui sont entrés dans la légende. Second numéro : Jackie Stewart et sa victoire à Monaco, en 1973.      1 réaction

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© ANEFO / Joost Evers - Stewart a souvent eu les honneurs du podium en 1973
© ANEFO / Joost Evers - Stewart a souvent eu les honneurs du podium en 1973
Jackie Stewart a remporté le Grand Prix de Monaco 1973. Il s’agissait de son 25ème succès.

Le contexte
Après cinq épreuves dans ce championnat 1973, Emerson Fittipaldi et Jackie Stewart semblent être les deux hommes qui se disputeront le titre. Le Brésilien, au volant de la Lotus 72D puis 72E, est en tête au championnat avec 35 points, devant l’Ecossais et ses 28 unités. Ils se sont partagé les succès jusqu’ici : Fittipaldi a soulevé le trophée du vainqueur en Argentine, au Brésil et en Espagne alors que Stewart s’est imposé en Afrique du Sud et en Belgique.

Ce dernier dispose de la Tyrrell 006. Cette voiture a une histoire particulière : en fin de saison 1972, le châssis de la 005 de François Cevert – l’équipier de Stewart – est indisponible. Au lieu de reconstruire une voiture identique, Ken Tyrrell décide de bâtir une version légèrement revue et corrigée pour Cevert. Le Français disposera donc seul de la nouvelle 006 pour les deux derniers GP de 1972 (avec un podium à la clé aux Etats-Unis), mais aussi pour les deux premières courses de 1973 puisque son équipier double-champion du monde décide de conserver sa 005 en attendant la 006/2. Il en disposera à partir du Grand Prix d’Afrique du Sud.

La 006, comme sa devancière, est une monoplace à empattement court qui sied à merveille au pilotage de Jackie Stewart. De plus, elle s’avère fiable. De son côté l’Ecossais s’avance en terre monégasque avec, à son compteur personnel, deux titres et 24 succès. Il a donc l’occasion d’égaler son illustre compatriote, le légendaire Jim Clark.

Côté circuit, une nouveauté est à signaler : la ligne droite qui s’étendait du Bureau de tabac au Gazomètre n’est plus. En effet, la construction d’une piscine aux dimensions olympiques oblige le tracé à la contourner : ainsi naissent le S de la piscine et la Rascasse, rallongeant la piste de 133 mètres. En conséquence, les organisateurs réduisent la distance de course de 80 à 78 tours.

La course
Le week-end démarre bien pour Jackie Stewart qui signe la pole position. Mieux encore, son rival et leader du championnat, Emerson Fittipaldi, n’a pu faire mieux que 5ème. Mais, au moment de s’élancer, Stewart se manque et la Tyrrell n°5 est reléguée en 4ème position après le premier virage. Le meilleur envol est à mettre au crédit de François Cevert qui vire en tête, devant Ronnie Peterson (Lotus) et Clay Regazzoni (BRM).

Cependant, trop optimiste sur une bordure, le Français est victime d’une crevaison dès la deuxième boucle ; il doit ralentir et laisser passer la meute. Peterson hérite donc de la première place. Il creuse aisément l’écart face à un Clay Regazzoni en difficulté avec sa modeste BRM et qui ralentit Stewart, Fittipaldi et son équipier, Niki Lauda.

Le Suisse subit la pression de trois titres de champion du monde derrière lui et finit par craquer : dans le 6ème tour, il se rate à la sortie du Tunnel et part en tête-à-queue. Tout le peloton le passe. Stewart et Fittipaldi ont donc vu le bouchon sauter et, dès lors, ils haussent le rythme, revenant à grandes enjambées sur Peterson. Ce dernier, en plus, souffre de problèmes d’alimentation. Il ne peut résister aux assauts de l’Ecossais et du Brésilien qui le passent au début du 8ème tour.

Dès lors, la lutte s’engage entre les deux favoris pour le titre. Mais sur un tracé aussi spécifique et demandant le maximum de précision, l’osmose entre la Tyrrell 006 et Jackie Stewart est quasi-parfaite. Imperceptiblement, il s’échappe et creuse un écart de quelques secondes avec la Lotus d’un Emerson Fittipaldi qui, malgré sa relative proximité, ne mettra jamais l'Ecossais suffisamment sous pression. Enchaînant pourtant les tours rapides, surtout en fin de course, le champion du monde 1972 échouera à 1.3 seconde de son rival sous le drapeau à damier.

Jackie Stewart signe donc en Principauté le 25ème succès de sa carrière. Il est accueilli sur les marches du Palais Princier par Rainier III et Grace de Monaco. C’est sa troisième victoire à Monte-Carlo. Plus important, encore, il revient à quatre longueurs de Fittipaldi au championnat. Il dira, plus tard : « Sans cette ultime victoire à Monaco mon troisième titre n’aurait pas la même saveur. »

L’après…
Extrait du Jeux F1 2013
Ce que le monde de la F1 ne sait pas encore, au soir du Grand Prix de Monaco, c’est que le duel vers lequel la saison semblait s’orienter n’aura pas vraiment lieu. En effet, le compteur d’Emerson Fittipaldi – qui affiche 41 points au soir de la course monégasque – restera bloqué sur ce chiffre pendant quatre courses, la faute à quatre abandons consécutifs en Suède, en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Dans le même temps, Stewart parvient à prendre une avance de 10 points au championnat, seulement serait-on tenter de dire (même si à l’époque, la victoire valait 9 points).

Lorsque Fittipaldi parvient enfin au bout d’une course, en Allemagne sur le circuit du Nürburgring, ce n’est que pour prendre la 6ème place quand Tyrrell s’offre un doublé. Cette nouvelle victoire rapproche un peu plus Stewart d’un troisième titre. Dorénavant, l’Ecossais compte 15 points d’avance sur Cevert et 18 sur le Brésilien. Un nouveau podium en Autriche et une quatrième place à Monza suffisent à le titrer. Il rejoint alors Jack Brabham et ses trois couronnes. Mais Fangio restera, pour lui, inatteignable.

En effet, Jackie Stewart prendra sa retraite en fin de saison, sa décision est prise et gardée secrète. Auréolé de son nouveau titre, il se rend, avec tout le cirque de la F1, à Mosport Park (Canada) et à Watkins Glen (Etats-Unis), pour la tournée nord-américaine, qui doit décider du championnat constructeurs entre Tyrrell et Lotus et du titre honorifique de vice-champion, qui se jouera entre Fittipaldi, Cevert et Peterson. Au Canada, Fittipaldi signe un podium qui le place en position idéale, et qui rapproche Lotus (82 pts) de Tyrrell (83 pts).

A Watkins Glen, Jackie Stewart doit fêter son 100ème et donc dernier Grand Prix, avant de laisser le leadership de Tyrrell entre les mains de son Français de coéquipier. Il sait qu’à plusieurs reprises, durant cette saison 1973, François Cevert ne l'a pas attaqué alors qu'il en avait les moyens, prenant à cœur son rôle de lieutenant, animé par un respect et une admiration sans borne pour l’Ecossais, qui est aussi un vrai ami. Aussi, cette relation particulière de maître à élève est immortalisée une dernière fois, quand les deux hommes discutent, sous les yeux de Ken Tyrrell, de la meilleure façon d’aborder la portion rapide des Esses du circuit américain.

Lors des qualifications, le samedi 6 octobre 1973, alors qu’il ne reste que quelques minutes dans la session matinale, François Cevert s’élance une dernière fois pour améliorer son temps. Dans les Esses justement, il sort à haute vitesse. Jackie Stewart, informé, remonte dans sa Tyrrell pour aller aux nouvelles. Ce qu’il trouve à l’endroit où la carcasse de la 006 s’est immobilisée le convainc d’avancer sa retraite. « J'étais tellement détruit et dégoûté par la sévérité et la destruction de l'accident... » dira-t-il plus tard. Il ne prendra jamais le départ de son 100ème Grand Prix. Tyrrell se retire, laissant du même coup le titre constructeurs à Lotus.

Retrouvez les autres articles de ce dossier spécial :
La 25ème scintillante : Jim Clark, Afrique du Sud 1968
La 25ème vieillissante : Niki Lauda, Pays-Bas 1985


Crédits photo :
Pays-Bas 1973, Ronnie Peterson précède Jackie Stewart, Carlos Pace et François Cevert. Auteur : ANEFO / R. Mieremet


Histoire
     1 réaction

    Aifaim, 26 Apr. 2014, 21:26

    Une autre époque, celle où madame - la sublime Helen - pouvait accompagner son champion de mari sur le podium ...


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