Prost position : 10 leçons du Professeur
© TF1 - Alain Prost en 1993 pour son 4ème titre

Prost position : 10 leçons du Professeur

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© TF1 - Alain Prost en 1993 pour son 4ème titre

Alain Prost n’est pas devenu « le Professeur » par hasard : le Français disputait ses courses avec le plus grand discernement et une intelligence indéniable. De plus, jamais un pilote n’était allé aussi loin dans la mise au point de ses monoplaces. Le Français cherchait le plus infime des détails qui pouvait faire la différence et savait se souvenir des points essentiels, ce même des années après.

Ainsi, les anecdotes illustrant la personnalité et/ou la réussite d’Alain Prost durant sa carrière de pilote sont légion. Retour sur 10 moments avec le commentaire du Professeur lui-même [Source principale « Maître de mon destin », Michel Lafon, 1988]

→Karting, 1972-1975. Après s’être pris d’affection pour la discipline, qui n’était pas encore l’école incontournable qu’elle est aujourd’hui, Prost commença déjà à s’investir au maximum. Il n’hésita pas à économiser sur à peu près toutes les sorties prisées des jeunes de son âge histoire de s’acheter un premier karting et un premier moteur pour se faire la main et obtenir de premiers résultats. Il réédita l’expérience pour une plus grosse somme mais pour un meilleur châssis et finit par vivre de sa passion après coup, non sans devenir distributeur officiel pour quelques régions de la SOVAME, une entreprise qui importait les meilleurs châssis et moteurs de la discipline. Le tout non sans échanger quelques coups à cause d’un adversaire peu sportif..

« Un équipier de Goldstein [quatre fois champion du Monde de karting] m’attendait pour me faire un sale coup. Malgré toutes mes précautions, il est parvenu à me pousser en tête-à-queue. Le temps de descendre du kart, de le repousser, Goldstein est revenu juste derrière moi […]. Dans le dernier virage à droite, il m’a mis un énorme coup de pare-chocs m’expédiant à l’extérieur et m’a passé […]. Pendant le tour d’honneur, il m’a attendu, me tendant le bras pour me serrer la main comme il est de coutume en kart. […] Mon sang n’a fait qu’un tour, je n’ai pas hésité une seconde, je l’ai percuté à pleine vitesse et je suis descendu du kart pour lui casser la figure. Le Belge me dépassait de deux têtes mais j’ai quand même réussi à lui en coller une bonne, son nez s’en souvient encore ».

→Volant Elf, 1975. Cet examen de passage a consacré bon nombre de pilotes tricolores et Prost ne fit pas exception. Il choisit de se produire au Paul Ricard, le circuit bénéficiant en effet d’un meilleur climat que Magny-Cours. Ironiquement, il se fit remarquer lorsque la… pluie tomba sur le tracé puisqu’il fut le seul à ne pas partir en travers. Ensuite, il choisit délibérément d’arriver en retard lors de sa demi-finale en prétextant une crevaison afin de repérer la meilleure monoplace qu’il choisit pour la deuxième demi-finale. Enfin, le Volant se passait en même temps que son service militaire et, ayant abusé des permissions, il finit par s’en signer une fausse, bien aidé par son poste de secrétaire qu’il avait réclamé… sans avoir touché à une machine à écrire de sa vie !

« Comme chaque année, à la veille de la finale […], on interrogeait les cinq sélectionnés pour préparer un dossier de presse. A la question « Que ferez-vous si vous n’êtes pas pilote Elf ? », je répondis avec aplomb « Je serai Pilote Elf ». Dans le dossier, il fut écrit très succinctement « N’envisage pas d’échouer à la finale »».

→McLaren, 1980. Prost aurait pu débuter dès la fin de saison 1979 : Teddy Mayer lui proposa un volant pour le Grand Prix des États-Unis. Ne voulant pas brûler les étapes et maîtriser chaque paramètre afin de réussir ses débuts, il refusa tout en proposant un test privé durant l’intersaison, ce que le prédécesseur de Ron Dennis accepta. Après avoir réussi son test comparatif face à l’Américain Kevin Cogan, il fit une première saison convaincante (dominant John Watson, sixième dès son premier Grand Prix) mais sa McLaren était trop fragile et une suspension revêche lui causa ses deux seuls gros accidents en carrière. Souffrant du poignet et exaspéré par cette situation, il planta l’équipe avant le départ du dernier Grand Prix.

« De temps en temps, Teddy me paraissait raisonner avec cinquante ans de retard : ainsi, pour le Grand Prix d’Italie […], il nous fit lever à quatre heures et demie du matin pour éviter les embouteillages. Évidemment, à cinq heures nous étions au circuit et il nous fallut attendre huit heures pour avoir un petit déjeuner. Dans ces conditions-là, comment être reposé pour se concentrer avant un Grand Prix ? »

→Renault, France 1982. Prost n’a jamais été le favori de la foule dans l’Hexagone et la brouille avec René Arnoux au Grand Prix de France 1982 y fut pour quelque chose. Arnoux devançait Prost et l’équipe lui intima l’ordre d’inverser les positions, le second étant encore en lutte pour le championnat à l’inverse du premier. Arnoux ignora la consigne et remporta la course. Renault, trop contente du doublé, ne lui tint pas rigueur. Trop honnête, Prost dénonça ce geste et fut témoin du désaveu du public : un pompiste le prit pour Arnoux en rentrant du circuit et lui lança qu’il avait eu raison de garder la tête car « ce Prost, c’est un vrai petit con » !

« Je n’avais rien demandé pour la bonne et simple raison que si j’avais été à la place de René, j’aurai refusé. Mais René n’osa pas dire non et il accepta les consignes avant le départ. […] C’était de la folie que d’avoir imaginé un tel plan, c’était méconnaître la qualité première d’un pilote de course. Mais le mal était fait et sur le moment je me sentais floué et comme j’ai la franchise abrupte, j’exprimai ma colère dès la ligne d’arrivée franchise ».

Alain Prost
→McLaren, 1985. Après l’annonce de la retraite de Niki Lauda, Prost eut à nouveau l’occasion d’exprimer sa philosophie de la course.

« Ron Dennis m’avait demandé mon avis pour choisir le nom du remplaçant de Niki pour 1986. Je lui avais donné une liste de quatre noms, quatre pilotes évidemment performants et également susceptibles de travailler pour le succès commun de l’équipe et non pas en égoïste. Je veux dire par là que le succès passe toujours par la collaboration de toute l’équipe jusqu’au départ de la course où, alors, chaque pilote du même team a le loisir de s’exprimer lui-même. Ma liste comportait Keke Rosberg, Michele Alboreto, Elio de Angelis et Ayrton Senna. Et Dieu m’est témoin que je n’avais pas choisi de figurants ! »

→McLaren, Australie 1986. Un final rentré dans l’histoire avec « un petit Français au nez cassé et tordu qui nous a bien eus » à entendre Nelson Piquet. Il faut dire que lui et Nigel Mansell dominaient grâce à leur Williams-Honda mais Prost est resté en lice jusqu’au bout en profitant de leurs erreurs et en tablant sur sa régularité. Il eut même droit à un petit coup de pouce du destin à Adélaïde avec sa crevaison. En effet l’état impeccable de ses pneumatiques fit croire aux ingénieurs de Goodyear que leurs gommes pouvaient durer toute la course. En vérité, c’était le style coulé du Professeur qui permit cela puisque son équipier Keke Rosberg – son antithèse en piste – déchapa à cause de pneus en fin de vie. Le temps que Goodyear se ravise et prévienne les pilotes, Mansell explosa littéralement son pneumatique et Piquet repartit derrière Prost après son arrêt. La voie était libre pour le Français qui décrocha son plus beau titre mondial. Soichiro Honda en fut soufflé et félicita personnellement son futur pilote pour sa performance.

« Je peux dire qu’à ce moment précis, je n’en menais pas large car au bout de toutes ces péripéties, il y avait la consommation d’essence et, de ce côté-là, je n’avais pas eu le temps de ménager mes ressources. A deux tours de l’arrivée, ma jauge était à zéro. Piquet jouait son dernier atout en cravachant tant et plus mais sur la ligne d’arrivée, il restait quatre secondes entre nous. Les quatre secondes les plus longues de ma vie au bout desquelles je laissais exploser ma joie […]. Le lendemain, il y avait devant la porte de chaque chambre du long couloir de l’hôtel les journaux du matin. Le titre : « Prost, champion d’un thriller à Adélaïde » »

→McLaren, Brésil 1987. Quelques mois plus tard, non seulement Williams dominait toujours mais en plus, le nouveau châssis arriva tardivement, d’où une mise au point compliquée durant le week-end. Le tout sans compter une nouvelle équipe avec le départ de John Barnard et l’arrivée de Gordon Murray. Prost, disposant d’une mémoire assez incroyable, reprit alors tout à zéro, constatant que sa monoplace est de la même lignée que les précédentes. Il réduisit notamment les appuis puisque les McLaren étaient déjà assez chargées naturellement et copia grosso modo les mêmes réglages que les années passées. Au warm-up, il récupéra une monoplace compétitive et remporta la course. Il avait étonné son monde, y compris dans sa propre équipe.

« C’était une décision difficile car Gordon ne l’approuvait pas et je ne souhaitais pas créer des problèmes au sein d’une nouvelle équipe en train de se chercher. Néanmoins le warm-up prouva que j’avais vu juste […]. Durant le briefing qui suivit, je compris que j’avais impressionné mon monde. Ron Dennis riait, ce qui était plutôt rare chez lui et [Stefan] Johansson hochait la tête, admiratif ».

→McLaren, 1988. Avez-vous tout entendu sur la rivalité Prost-Senna ? Voici comment le Professeur entama les hostilités une fois les deux dans la même équipe.

« Pour lui montrer que chez McLaren, on partageait tout, je lui fis une petite farce. Je devais prendre le volant pour essayer un certain nombre de choses sur ce circuit de Rio, puis il était convenu que les mécaniciens mettraient des pneus neufs sur la voiture et qu’à son tour, il me relaierait. […]. Je dis donc tous mes essais puis je rentrais aux stands et tandis que les mécaniciens mettaient des pneus neufs, je restai impassible au volant. Ayrton n’était pas content, il tournait en rond dans les stands en maugréant « ce n’est pas juste, ce n’est pas juste ». Lorsque les pneus furent installés et les crics délestés, je dégrafai mon harnais ».

Alain Prost
→Ferrari, Mexique 1990. Probablement la plus belle victoire du Français. Personne ne le voyait gagner en partant de la treizième place, sauf lui. Constatant que sa monoplace allait aussi vite avec le plein qu’à vide et conscient de sa difficulté à mettre en température les pneus de qualifications à cause de son style de pilotage, il sacrifia volontairement son samedi afin de mettre le doigt sur le réglage parfait pour la course. Ce qu’il fit, lui permettant de remonter sans trop tirer sur ses pneumatiques, contrairement aux McLaren. Berger dut changer prématurément de pneus et Senna déchapa en fin de course. Prost remporta la course à la surprise générale et entama une série de trois victoires d’affilée dont la centième de Ferrari au Grand Prix de France.

« Dans un tel moment, on oublie les jours sombres et les heures difficiles. On repousse tout, les polémiques, les accusations, les exagérations. Pour moi, cette victoire valait une couronne mondiale ! »

→Ferrari, Japon et Australie 1991. Un an et demi après, le torchon brûlait entre le pilote et son équipe, celle-ci ayant pêché par conservatisme et se minant avec les luttes de pouvoir incessantes depuis la mort d’Enzo Ferrari. Résultat, Prost ne remporta pas la moindre victoire, une première depuis 1980. Pire encore, après avoir comparé la direction de sa voiture à un camion à Suzuka, le Professeur fut renvoyé par sa hiérarchie alors qu’il négociait un poste de directeur sportif en plus de son rôle de pilote ! Le comble fut atteint quinze jours plus tard lorsque Luca Di Montezemolo, remplaçant le président de Ferrari viré à son tour, rappela Prost pour l’engager à nouveau !

« Ils ont saisi un prétexte quelconque et je leur ai malheureusement fourni. Je n’ai jamais dit que ma Ferrari était un camion, j’ai dit que la direction était aussi dure qu’un camion. Là encore, la presse a déformé mes propos et fait croire que j’avais comparé ma monoplace à un camion. Or, lorsqu’au procès [Prost avait attaqué l’équipe pour la rupture de contrat] on a voulu faire passer le film de l’interview, il n’a jamais été possible de le retrouver. Bizarre, non ? ».

Contenu écrit par Matthieu Mastalerz et diffusé par www.FranceF1.fr
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    AP01, 4 Mar. 2016, 8:58

    Total plaisir que de lire cet article très intéressant et qui change des : "untel espère marquer le plus de points possibles", le néant du scribouillard sportif ! De belles anecdotes et notamment une info que je connaissais pas du tout : le fait que Di Montezemolo ait rappelé Prost quinze jours après son licenciement pour le reprendre.


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    10PA, 4 Mar. 2016, 17:03

    sans déconner!!! il t'en avait jamais parlé?!!....


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    albert, 11 Mar. 2016, 10:56

    Prost professeur de quoi? Renault a perdu à cause de son caractère le voilà maintenant ambassadeur de Renault?


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    arno, 11 Mar. 2016, 14:34

    @albert Les seuls responsables de la perte du titre en 1983 c'est Renault pour avoir refusé de porter réclamation malgré le fait d'avoir la preuve que la Brabham-BMW de Piquet utilisait de l'essence non conforme.


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    ayenge, 12 Mar. 2016, 12:08

    @albert: Hum, avec tout le respect, Prost fait sans aucun doute partie des 5 meilleurs pilotes que la F1 ait connue (même si j'admet qu'il est très difficile de faire des comparatifs d'une ère à l'autre). Et ce que dit Arno est vrai: Piquet a gagné le championnat avec une essence non conforme mais Renault a refusé de porter réclamation. C'est ainsi, c'est l'histoire ! Cette issue en queue-de-boudin aura eu en tout cas un impact certain sur la suite de la carrière d'Alain et sa décision de passer chez McLaren avec les succès que l'on connait. On apprend toujours de ses aînés et c'est certain que Prost a aussi apprit de sa cohabitation avec Lauda mais je puis te dire que Alain a apporté à la F1 - au niveau pilotes en tout cas - ce soucis du détail (il ne laissait absolument RIEN au hasard), de la perfection qui feront école longtemps encore. On ne peut dignement et raisonnablement pas remettre en question les qualités et le talent d'un pilote 4 fois champion et 4 fois vice-champion car à ce niveau-là cela ne tient plus du hasard. Aussi c'est quand même le seul pilote à avoir tenu la dragée haute à Ayrton à matériel égal... Imagine un peu quelle saison on aurait vécu en 1988, 89, 90 s'il n'y avait pas eu Prost en face et seulement Senna au volant de cette terrible machine qu'était la MP4/4 (5 & 6) ???? A l'actif aussi de Prost c'est que c'est lui qui mettait au point avec ses ingénieurs les McLaren en limant le bitume pendant 2 mois pendant que Ayrton passait ses vacances au Brésil (ce n'est pas une critique mais une réalité) et quand Ayrton prenait le volant de la voiture à son retour, il trouvait une machine à gagner, ultra-bien réglée et scotchée au bitume. D'ailleurs, l'impression de "lenteur" dégagée par le style d'Alain tenait souvent à ces deux éléments: une conduite coulée (il avait horreur de martyriser le matériel) et aussi le fait que tout était parfait, la voiture littéralement mise sur des rails car comme je l'ai dis plus haut il visait la perfection) et ces deux éléments combinés donnaient une impression de "flottement mais je peux te garantir que le prof allait très très vite ! Le type a son caractère mais il n'a rien à envier à tous ses égaux: Tous les grands ont eu des caractères très forts (souvent des râleurs) mais le succès est à ce prix. Quand on est trop 'effacé' on se fait vite écraser par la concurrence et en premier lieu par son équipier.


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    albert, 12 Mar. 2016, 16:04

    @ayenge demandes à Ferrari son rapport avec Prost, parfois, je le compare à Marko sur son comportement envers enault.Ghosn a la mémoire, Prost ne fait pas partie de l'organigramme


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    J-Loo, 12 Mar. 2016, 17:56

    @ albert Tu pense t'arrêter quand de raconter n'importe quoi ?


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    arno, 12 Mar. 2016, 21:03

    @albert Il faut croire que Ferrari n'avait pas de problème avec Prost puisque son retour à Maranello était prévu en 1995 en cas de non venu de Schumacher.


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    GV27, 13 Mar. 2016, 2:46

    @albert, faut lacher le zinc,il y a qu'un pilier de comptoir de la F1 pour penser que Prost n'était qu'un "mauvais caractère".Et le surnom du professeur vient du fait que c'était le pilote qui pilotait avec sa tête et pas qu'avec ses c... comme la majorité de ses adversaires....Un grand pilote mais surtout un excellent stratège. Il n'avait pas besoin qu'on lui explique depuis les stands comment économiser ses pneus ou son carburant. Il peut encore faire la leçon à certains pilotes modernes!


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    ayenge, 13 Mar. 2016, 12:57

    @albert : Je ne sais pas vraiment quelle est la place de Prost au sein de l'organigramme de Renault toujours est-il qu'il fait partie des "Meubles" chez Renault et il a été chargé par Renault d'explorer le terrain pour la reprise de Lotus (et il se voit souvent confier beaucoup de missions de la sorte... quel meilleur ambassadeur Renault pourrait-elle s'offrir ?). Et contrairement à ce que tu penses, Ghosn et Prost s'entendent très bien ! Il faut parfois aussi se poser la question de savoir si cela intéressait Prost d'être à nouveau sous les feux des projecteurs car il sait mieux que quiconque ce que cela lui a coûté (surtout en tant que pilote en 1993 et ensuite en tant que directeur de sa propre écurie que beaucoup se sont évertués à saborder). Sans aucun doute un rôle à la 'Lauda' l'attend au sein du team. Quoiqu'il en soit, en 1990 Prost était très apprécié chez Ferrari et est vite apparu comme le sauveur (n'oublions pas que le coup n'est pas passé loin et sans le crash volontaire d'Ayrton à Suzuka, l'issue du championnat eut peut-être été toute autre car la Ferrari avait pris la mesure de la McLaren et....Senna le savait !) En 1991, Prost a tiré à maintes reprise la sonnette d'alarme par rapport à la "mauvaise voie" que l'équipe suivait (aussi Alain ne voulait plus revivre une cohabitation houleuse avec Ayrton alors que dans l'ombre Cesare Fiorio s'évertuait à essayer de recruter le Brésilien pour remplacer Mansell et reconstituer ainsi le duo Prost-Senna chez Ferrari) et surtout, Ferrari souffrait énormément à l'époque d'un manque cruel de management (la hiérarchie était diffuse et personne ne savait plus clairement quel était son rôle et qui était le patron). Par lassitude, il a lâché cette phrase mythique "l'impression qu'il pilotait un camion" mais il n'était pas loin de la réalité car la politique avait pris le dessus sur la compétition à la Scuderia et dans le groupe FIAT en général. On l'a écarté (non sans un énorme dédit à l'époque... ce dont on parle moins) mais tout ceci est la conséquence de luttes intestines propres à la philosophie de Ferrari à l'époque et finalement les années qui ont suivi ont clairement démontré que Prost avait raison sur la cacophonie qui régnait au sein de ce team. Il aura fallu attendre Todt et sa poigne de fer pour remettre de l'ordre dans tout cela ! Quand on voit aujourd'hui ce qu'à pu se permettre de dire Alonso en plein GP sur le moteur Honda (GP 2 GP2...) on se dit que ce qu'à bien pu dire Prost était anodin à l'époque ! Je le répète, seuls les pilotes "moyens" ou en tout cas ceux qui ne marqueront jamais la F1 de leur empreinte avaient des caractères d'agneaux, les multi-champions ont généralement des caractères affirmés et ils ont un plan de carrière ne souffrant aucun contre-temps ou embûche d'autant qu'elle se veut interne. Ils ont tous un égo sur-dimensionné. Alonso a quasi été viré de chez McLaren après 2007 et c'est presque le même scénario qui s'est reproduit en 2014 chez Ferrari... cela en fait-il un mauvais pilote ? Je crois qu'il ne faut pas faire d'amalgame et comme l'histoire le raconte, avoir viré Prost en 1991 n'a pas empêché Ferrari d'essayer de le recruter à nouveau peu de temps après tout comme Alonso ! Qui aurait imaginé un jour l'espagnol à nouveau sous les ordres de Ron Denis ? Les vérités d'hier ne sont pas nécessairement celles d'aujourd'hui mais il y'en a une qui est évidente: qu'on l'aime ou pas (c'est très subjectif), Prost est au firmament de la F1, c'est indéniable car son palmarès il l'a établi en affrontant les plus grands de la F1 et souvent à armes égales !


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    albert, 14 Mar. 2016, 9:21

    ok les amis vous avez certainement raison , le mien n'est qu'un point de vue


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