Autriche : 5 questions essentielles juste avant la reprise !

Autriche : 5 questions essentielles juste avant la reprise !

Près de 4 mois après l’annulation du Grand Prix d’Australie, la Formule 1 effectue son grand retour ce week-end en Autriche, sur le circuit du Red Bull Ring. Une reprise dans un contexte inédit, sous fond de coronavirus, avec des interrogations dominantes.

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© Mercedes-AMG Petronas Formula One Team : la Mercedes W11 new-look sera-t-elle la référence du plateau pour la reprise ce week-end ?
© Mercedes-AMG Petronas Formula One Team : la Mercedes W11 new-look sera-t-elle la référence du plateau pour la reprise ce week-end ?
Une reprise début juillet, 8 courses programmées (pour l’instant), toutes en Europe, sans spectateur : conséquence de la crise sanitaire du coronavirus, la saison 2020 de Formule 1 est, et sera unique. Et les questions essentielles ne manquent pas !

1. Une ambiance surréaliste ?


En Formule 1, il y a aussi un monde après Covid-19. A quelques heures des premiers tours de roue, chaque équipe s’installe sur un espace restreint dans le paddock : fini (provisoirment) les gros motors-homes, place à des auvents et à des tentes au bout de chaque garage, pour respecter la distanciation sociale. Chaque pilote aura par exemple son propre mobil-home, comme dans un camping en vacances.

Le personnel a aussi été limité au minimum : chaque team vient en Autriche avec un maximum de 80 personnes (contre 130 pour une course avant Covid-19). Bien évidemment, tout le monde portera un masque, mécanicien, ingénieur, sans oublier le pilote !

A côté de la piste, le choc sera énorme : pour la première fois dans l’histoire de la Formule 1, les essais et la course se dérouleront sans spectateurs, à huis-clos. En clair, pas de supporters hollandais en furie sur les dépassements de Max Verstappen ce week-end !

Avec la distanciation physique, la journée de course est aussi profondément modifiée : moins de monde sur la grille (40 personnes maximum par équipe), pas d’hymne national côte à côte pour les pilotes et surtout pas de podium à l’arrivée : une cérémonie plus courte aura lieu directement à la descente des voitures, sur la piste. Et impossible d’assister à une scène d’empoignade Ocon-Verstappen façon Grand Prix du Brésil 2018 : les pilotes devront aussi respecter la distanciation sociale entre eux !

C’est à ce prix que la nouvelle saison peut s’élancer ce dimanche. Alors, la saveur sera-t-elle la même que sur un Grand Prix l’an dernier ?

2. Mercedes en favori devant Red Bull pour l’ouverture ?


Le confinement est passé par là, mais rien ne change : avant le début de la saison, l’écurie allemande reste la cible, au vu d’une saison 2019 écrasante (15 victoires sur 21). Les essais privés ont en plus permis à Mercedes d’introduire une nouvelle arme fatale, le DAS (Dual-Axis Steering), pour améliorer le pincement des roues et la température des pneumatiques via le volant. Un système qui provoque notamment la colère du Red Bull Racing : l'écurie de Christian Horner envisage de déposer une réclamation si le DAS est utilisé en Autriche.

Heureusement l’espoir reste permis sur le Red Bull Ring, un circuit étroit (4,318 kilomètres), gourmand en appuis, qui avait fait souffir la Mercedes W10 en 2019, avec des soucis de refroidissement, lors d’une course disputée sous une forte chaleur.

Et si l’écurie de Brackley a amélioré son sytème de refroidissement avec la W11, un adversaire sort du lot : le Red Bull Racing, qui se comporte bien à domicile, avec 2 victoires sur les 2 dernières courses du Red Bull Ring, avec Max Verstappen.
Le Hollandais pense d’ailleurs en toute confiance que son équipe est “plus forte que l’an dernier”. La RB16 arrive avec des améliorations, sur le châssis, et un moteur Honda boosté. Des améliorations également pour Mercedes mais pas pour Ferrari, qui reste avec son package de la fin février, lors des essais privés à Barcelone. Les prochaines améliorations attendront... le Grand Prix de Hongrie, dans deux semaines !

Avant les premiers tours de roue, la tendance donne donc un match Mercedes vs Red Bull, avec Ferrari en retrait. Mais avec l’écurie de Maranello, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre : favorite début 2019 après les essais privés, la Scuderia avait pris une claque à Melbourne avec Vettel 4e devant Leclerc 5e.

A noter au passage que cette lutte pour les sommets sera inhabituelle : fini les Fléches d’Argent, Mercedes débarque avec une livrée inédite, de couleur noire, à l’initiative de Lewis Hamilton. Un signe fort dans la lutte contre le racisme dans le monde, au soutien du mouvement Black Lives Matter.

3. Dans quel état d’esprit arrive Sebastian Vettel ?


Sans volant pour 2021, à l’aube de sa dernière saison chez Ferrari, Sebastian Vettel va-t-il lâcher les chevaux ? Probablement : l’Allemand a pu se régénérer pendant la trêve hivernale et le confinement, après une saison 2019 éprouvante, avec la montée en puissance de Charles Leclerc. Cette année, Sebastian Vettel peut piloter avant tout pour lui, avec moins de pression sur ses épaules. Par le passé, le quadruple champion du monde a déjà démontré sa pointe de vitesse lorsque la confiance est de son côté, chez Red Bull bien évidemment, mais aussi par intermittence chez Ferrari, exemple sur la première partie de 2018.

Dans une moindre mesure, on surveillera également l’évolution de Daniel Ricciardo et Carlos Sainz, qui commencent leur dernière saison, chez Renault et McLaren. Avec un futur assuré, l’Australien et l’Espagnol sont capables de grandes performances, pourquoi pas vers un podium ? Deux pilotes à l’avenir déjà tracé : ce qui n’est pas le cas de la majeure partie de la grille,13 d’entre eux n’ont pas de contrat pour 2021. Les premières courses seront aussi l’occasion de se montrer et de faire grimper sa cote sur le marché des transferts, en pleine Silly Season ! Attention à l’empoignade dans les premiers virages ce dimanche...

4. Renault, McLaren, Racing Point : qui sera le meilleur outsider ?


La question est classique sous l’ère hybride, mais la curiosité est toujours celle de savoir qui se détachera en 4e force du plateau, dans l’hypothèse (probable) où le trio Mercedes-Ferrari-Red Bull a gardé son avance.

Sur la lancée des essais hivernaux, Renault peut nourrir des ambitions. L’écurie française a fait un pari pour 2020, avec une voiture plus épurée, différente de la précédente, un aileron avant plus fin par exemple. Plus stable à l’arrière, la RS20 a montré un très bon rythme de course à Barcelone, battu seulement par Mercedes sur des relais courts. Sur le Red Bull Ring, l’écurire française arrive d’ailleurs avec de nouvelles améliorations sur son châssis.

Préservé pour l’instant par le plan d’économie post-Covid de la maison-mère, le Renault F1 Team a un gros coup à jouer sur ce début de saison. Une aubaine pour Daniel Ricciardo et Esteban Ocon, qui prendra enfin un départ en Grand Prix, après un an et demi d’absence !

Face à elle, l’écurie Renault affrontera normalement McLaren. Première voiture entiérement conçue par le directeur technique James Key, la MCL35 a elle aussi épatée en rythme de course lors des essais privés de Barcelone. Moins en rythme de qualifications, ce qui peut faire mal sur le trace étroit du Red Bull Ring.

La dynamique quand même est bonne pour McLaren, après une excellente saison 2019, terminée à la 4e place du classement des constructeurs. Les difficultés financières peuvent en revanche déstabiliser l’équipe, qui a emprunté 164 millions d’euros à la banque de Bahrein pour survire dans la crise économique post Covid-19.

Dans le mileu de peleton, on scrutera aussi de près les performances de Racing Point, avec sa RP2020, véritable clone de la Mercedes 2019.

À Barcelone, l’analyse des données montrait que la Racing Point était la troisième voiture du plateau en vitesse pure derrière Mercedes, Red Bull… et devant Ferrari ! Emmené par le chasseur de podiums Sergio Pérez (8 top 3 pour Sauber et Force India), l'écurie de Silverstone est la grosse cote du début de saison. Ensuite, le faible développement annoncé de la voiture devrait faire rentrer l'équipe dans le rang, avant l’arrivée d’Aston Martin en 2021.

Derrière, qui d’Alpha Tauri (ex Toro Rosso), Haas ou Alfa Romeo s’en sortira le mieux ? Visiblement, Alpha Tauri qui a trouvé une bonne base cet hiver, avec un châssis prometteur et un moteur Honda de plus en plus performant. Le team principal Franz Tost compte sur l’expérience de Pierre Gasly et Daniil Kvyat, auteurs d’un podium chacun en 2019.
De son côté, l’équipe Haas va déjà tenter de gommer les démons de 2019, en trouvant de la constance sur la nouvelle voiture. Alfa Romeo semble aussi encore légérement en retrait, même si le Grand Prix d’Autriche avait bien réussi aux hommes de Frédéric Vasseur en 2019, avec une double entrée dans les points de Kimi Raikkonen (9e) et d’Antonio Giovinazzi (10e).

5. Williams sera-t-elle toujours larguée ?


Le sursaut après l'annus horribilis ? L'équipe de Frank Williams devrait se rapprocher du peloton sur le début de saison. Il était difficile de faire pire mais la nouvelle Williams l’a montré à Barcelone, elle est plus rapide que sa devancière. Illustration avec le chrono de George Russell (1:16.871) lors de la deuxième semaine des essais privés, à deux dixièmes de la Racing Point de Pérez, avec les mêmes gommes tendres.

Avec sa nouvelle livrée, l’écurie Williams doit ramener des bons résultats, pour sa crédibilité, et sécuriser l’avenir à long terme, très incertain sur le plan financier.
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