3 voitures dans le même tour à Barcelone, une première ?

3 voitures dans le même tour à Barcelone, une première ?

Ce n'est pas un scoop, ce grand prix d'Espagne 2020 ne va pas rester dans les annales des courses à suspens. Avec seulement trois voitures dans le même tour à l'issue de la course, le spectacle n'était pas vraiment au rendez-vous. Mais est-ce pour autant une première dans ce sport ? Pas vraiment... Motors Inside vous rafraîchi la mémoire.

Logo Mi Redaction
Rédigé par
© Mercedes - Preuve d'un spectacle tronqué lors du GP du Canada 2019. Sur une sortie de piste, l'allemand Vettel revient en gênant Hamilton et se fait sanctionner de 5 secondes bien qu'il soit resté devant le reste du GP
© Mercedes - Preuve d'un spectacle tronqué lors du GP du Canada 2019. Sur une sortie de piste, l'allemand Vettel revient en gênant Hamilton et se fait sanctionner de 5 secondes bien qu'il soit resté devant le reste du GP
Depuis la domination de Mercedes, puis avant avec la domination de Red-Bull puis plus loin encore avec la domination de Ferrari, les fans de F1 se plaignent toujours et encore du manque de spectacle en F1. Certains Grand Prix à rebondissement viennent raviver la flamme, mais parfois sur des circuits comme ce weekend à Barcelone, on se demande encore où est l'enjeu.

Le circuit de Montmélo coutumier du fait ?


Flash-back en 1993. Toujours en Espagne se déroule la cinquième manche du championnat du monde. A cette époque, ils sont 26 à tenter de se qualifier et 25 à convoiter la victoire. Les ténors sont Alain Prost, Ayrton Senna, Michaël Schumacher, Gerhard Berger, Jean Alesi, Ricardo Patrese, Damon Hill, Rubens Barrichello, etc... Que des noms qui raisonnent encore dans notre esprit. Tous des vainqueurs ou futurs vainqueurs de grand prix. Mais l'issue de la course fut peu ou prou la même qu'il y a deux jours. Alain Prost l'emporte devant Ayrton Senna à 16 secondes et Michaël Schumacher à 27 secondes. Tous les autres concurrents finiront au moins un tour du vainqueur. Voir même deux à partir du sixième Gerhard Berger !
La seule différence vient du fait que l'aléa des pannes mécanique jouait un rôle plus important quant au suspens total. En effet, nous recensons 12 abandons sur cette édition, contre un seul cette année.
De nos jours, il y a plus d'animation en cœur de peloton. Contrairement aux années 90 où les écarts entre les F1 étaient très importants.

Finalement, ce type de classement était la norme...


En se replongeant un peu plus dans les mémoires de la formule 1, nous constatons que ce grand-prix d'Espagne 1993 n'est pas un cas à part.

En effet, en 1998 Adrian Newey a créé une McLaren-Mercedes imbattable. Mika Hakkinen et David Coulthard à leur volant vont ultra dominer le début de saison. Ainsi, à Melbourne pour le grand prix d'ouverture, seules les deux flèches d'argent termineront dans le même tour. Avec 7 dixièmes d'écart à l'avantage du pilote finlandais, mais ça... C'est une autre histoire.
Rebelote pour la seconde manche au Brésil où seuls quatre pilotes termineront dans le même tour. La Ferrari de Michaël Schumacher et la Benetton d'Alexander Wurz seront relégués à plus d'une minute du vainqueur finlandais.
Heureusement qu'à l'époque la fiabilité n'était toujours pas au rendez-vous. Ce qui permit de maintenir un peu de suspense jusqu'en fin de saison.

N'oublions pas non plus les années 2000. Entre 2000 et 2004 c'est Ferrari qui va créer la machine à battre. En 2002, Michaël Schumacher remporte le grand prix d'ouverture. Ils seront trois à finir dans le même tour, Juan-Pablo Montoya et Kimi Räikkönen auront tenté de résister au baron rouge. Il en sera de même pour les courses suivantes.
Preuve de l'écrasante domination des rouges durant cette période.
En 2002, nous vivrons d'ailleurs la saison qui aura vu le sacre de son champion dès l'été. A l'issue du grand-prix de France Michaël Schumacher glane sa cinquième couronne alors qu'il reste encore six grands prix à courir. Cette année-là, Ferrari marquera autant de points au championnat du monde des constructeur que toutes les autres équipes réunies !

Vous vous souvenez de Jenson Button ? En 2009, au volant de sa Brawn GP, il remportera six des sept premières courses de l'année.

Et si la Formule 1 écrivait son histoire par période ?


Ainsi, la domination outrageuse de Mercedes cette année et depuis 2014 n'est pas un fait nouveau. La formule 1 est faite de périodes comme le prouvent les gloires du passé à la peine en ce moment : Williams, Mclaren, Ferrari et d'autres qui ont tout bonnement disparu.
Plus récemment, Red Bull a verrouille les titres pilote et constructeur de 2010 à 2013.
Et si nous nous plaignons du suspens parfois un peu artificiel dû notamment au DRS. N'oublions pas qu'il était très présent dans le passé, mais uniquement dû à un souci de fiabilité.
Actuellement, les écarts en milieu de peloton se sont fortement resserrés, les autos sont fiables. Il ne manque que des pneus à la hauteur de ce sport pour que le spectacle revienne en force. Mais cette fois-ci, il ne sera pas artificiel.

S'inspirer de l'exception de 2012 ?


Comme pour toute "règle", il y a une exception, et nous l'avons vécue en 2012. Ainsi, les sept premières manches ont été remportées par sept pilotes différents. Jenson Button remporta la manche d'ouverture en Australie au volant de sa McLaren. Puis, Alonso, Rosberg, Vettel, Maldonado, Webber et Hamilton se succéderont tour à tour sur la première marche du podium. Pour son année de retour en catégorie reine, Kimi Räikkönen sera le huitième vainqueur de cette folle saison avec Lotus.

La Formule 1 peut donc être un sport où performance, fiabilité, spectacle et suspens se mêlent pour le plus grand bonheur de ses spectateurs. Espérons que la réglementation technique prévue pour 2022 parvienne à trouver cette voie. Notre sport en a grandement besoin !


    Sur Histoire

    La marque F1 est protégée. Motorsinside.com n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group et le contenu que nous proposons n'est pas le contenu officiel.
    Icon For Arrow-up