Interview : Julien Fébreau vous raconte les coulisses de la F1 sur Canal +

Interview : Julien Fébreau vous raconte les coulisses de la F1 sur Canal +

Suite et fin de notre interview avec Julien Fébreau ! Le journaliste-commentateur de Canal+ analyse notamment l'évolution de la Formule 1 depuis son arrivée sur la chaîne cryptée en 2013.

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© Canal + - La chaine de la F1 en France depuis 7 ans, déjà !
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Une semaine après une première partie consacrée à la victoire de Pierre Gasly à Monza le 6 septembre dernier (partie à lire ici), suite et fin de notre interview avec Julien Fébreau, journaliste et commentateur de la Formule 1 sur Canal + depuis mars 2013.

« Sur Canal+, chaque personne a un rôle bien défini dans l’équipe et on apprécie les qualités de chacun. »


La crise sanitaire actuelle vous empêche de pouvoir vous déplacer sur les circuits. Seuls Franck Montagny, Laurent Dupin et Margot Laffite peuvent s’y rendre. N’est-ce pas trop frustrant ?

« Oui bien sûr, c’est frustrant, car mon métier consiste à commenter les Grands Prix, mais pour cela, il me faut déjà passer du temps avec les gens qui font la Formule 1 !

J’ai besoin d’être auprès des mécaniciens, des pilotes, des ingénieurs et des patrons d’écurie parce qu’on apprend beaucoup de choses à leur contact. Donc oui c’est frustrant, parce que je fais d’abord un métier de terrain, mais maintenant la situation est ce qu’elle est et nous sommes déjà chanceux que la F1 ait pu repartir.

Nous sommes d'autant plus chanceux que Canal+ est l’une des rares chaînes de télévision au monde à pouvoir être physiquement sur place, avec Margot Laffite, Laurent Dupin et Franck Montagny. Grace à eux, on offre à nos abonnés la possibilité d’être sur place sur les 17 Grands Prix de la saison. »


D’ailleurs, ce sont des collègues de travail ou une bande d’amis ? Car aujourd’hui, c’est un peu notre sentiment sur cette équipe qui commente et analyse la F1 sur Canal+ !

« On est une équipe soudée et ce depuis nos débuts en 2013, date à laquelle la F1 est arrivée sur Canal+. C’est vrai que certains étaient déjà des amis avant et tous le sont devenus ! On passe beaucoup de temps ensemble, mais surtout, on s’apprécie et on se respecte beaucoup.

Chaque personne a un rôle bien défini dans l’équipe et on apprécie les qualités de chacun. Nos voyages aussi créent une proximité parce qu’on passe beaucoup de temps ensemble, même plus qu’avec nos familles. On est tous complémentaires et il n’y a aucun problème d’ego.

On est avant tout des amoureux de sport mécanique et de Formule 1. On aime partager cette passion, on est tous sur la même longueur d’ondes. C’est ce qui fait que cette entente va au-delà du travail. On est à l'antenne tel que l’on est entre nous lorsque les caméras s’éteignent. »


« La F1 s’adresse à toutes et à tous, et de plus en plus aux femmes. Ça, je m’en réjouis ! »


Pensez-vous aujourd'hui que Canal+ a réussi à toucher un public diversifié ?

« La F1 s’adresse à toutes et à tous, et de plus en plus aux femmes. Ça, je m’en réjouis ! Beaucoup de personnes autour de moi me disent aujourd’hui : "ma femme, ma copine, mon amie suit la Formule 1 avec moi. Elle est même parfois plus impatiente que moi à l’idée que le Grand Prix débute !".

Je trouve ça génial parce que ça montre que la F1 touche un large public. Je reçois aussi des messages des téléspectateurs qui regardent la F1 avec leur père. Lui-même regardait courir les Senna, Mansell ou Prost ! Je trouve ça cool qu’il y ait une transmission de cette passion d’une génération à l’autre.

À partir du moment où vous racontez des histoires humaines intenses, et c’est le cas en F1 qui est une histoire d’hommes et de femmes passionnantes, vous pouvez alors toucher tous les publics. »


Les audiences de Canal+ sont en augmentation depuis plusieurs années, pas mal pour un sport réputé ennuyeux ! Ne pensez-vous pas aussi que vous avez réussi avec Canal+ à trouver la recette du succès pour rendre la F1 encore plus palpitante ?

« Pour ce qui est de l’aspect ennuyeux, je ne suis pas du tout d’accord parce que ça fait des années que la F1 ne l’est pas. Il ne faut pas confondre l’ennui et la domination d’une équipe. Aujourd’hui, le championnat de France de football est dominé par le PSG, ça ne fait pas de la Ligue 1 un championnat ennuyeux. Dans beaucoup de disciplines, c’est ainsi.

Aujourd’hui, notre rôle est de rendre accessible aux abonnés tous les aspects de la Formule 1. Même l’aspect technique, on ne s’est jamais interdit de le traiter sur Canal+ et Franck Montagny en est le meilleur ambassadeur possible. Il est capable de rendre accessible des choses très complexes. Cela fait partie des choses que les abonnés adorent et effectivement sur Canal+ l’immersion est notre maître mot !

La Formule 1 avait très bien débutée sur Canal+ et elle a encore évolué depuis plusieurs années. On est heureux de voir que les abonnés sont fidèles au rendez-vous des Grands Prix. Mais je pense aussi que c’est parce qu’on a réussi à leur proposer un programme solide et complet. »




« Je pense qu’il faut aujourd’hui plus se concentrer sur les règles de 2022 »


La F1 tente de moderniser son image et son format, quel est votre avis sur les pistes évoquées (ndlr : les grilles inversées), qu’attendez-vous de la saison 2022 et de son nouveau règlement ?

« On est tous dans l’attente de ce nouveau règlement, parce qu’il y a des promesses faites sur le papier. Mais il y a d’un côté les simulations et puis il y aura surtout ce que la réalité nous apportera. On ne peut pas devancer ce moment où les voitures de 2022 prendront la piste, car c’est seulement là que l’on se rendra vraiment compte de leur fonctionnement. L’objectif est qu’elles puissent se suivre de beaucoup plus près et qu’elles puissent s’attaquer plus facilement. C’est cela que l’on attend avec impatience !

Un changement aussi radical de règlement permettra, on l’espère, à une écurie comme Ferrari de combler son retard et à d’autres écuries d’exploiter au maximum les nouvelles règles techniques pour revenir au plus près des meilleurs.

Maintenant pour ce qui est des grilles inversées, c’est juste des hypothèses posées sur la table, elles n’ont pas l’air de séduire. Je pense qu’il faut aujourd’hui plus se concentrer sur les règles de 2022 et voir comment les monoplaces se comportent. Si le spectacle et les dépassements sont au rendez-vous, alors la question des grilles inversées n’aura plus de raison d’être ! »


D’où vous est venu cette envie de commenter le sport automobile ? Votre région de naissance (la Bretagne) n’est pas forcément réputée comme étant une terre de sport automobile !

« C’est pourtant une grande terre de sport automobile, on y trouve le Rallycross qui est une discipline du grand Ouest ! D’ailleurs le plus grand évènement de Rallycross de la planète est organisé en Bretagne à côté de Rennes, à Lohéac. Ce sont près de 90 000 spectateurs qui s’y rendent chaque année. Maintenant, c’est vrai que la Bretagne est moins une terre de circuit asphalte.

Ma passion, elle est venue de mon père qui était pilote de Rallycross. J’ai passé mon enfance sur des paddocks de Rallycross autour de voitures de course à courir ou à faire du vélo avec les autres enfants de pilotes.

C’est plus tard que j’ai découvert la Formule 1. J’ai dû commencer à la regarder aux alentours de 1992. Je suis allé voir mon premier Grand Prix, en vrai, en 1999 à Magny-Cours et ce soir-là, je me suis rendu compte que je voulais plus que tout au monde travailler dans ce milieu. C'est devenu mon objectif et je suis plus qu’heureux d’avoir pu y arriver ! »


On vous voit régulièrement échanger le micro contre un volant, pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets ?

« Je fais du sport auto depuis 2008, du Rallycross principalement. Je cours pour une écurie qui s’appelle DA Racing, basée près de Bordeaux. Je devais rouler sur une de leurs voitures en championnat de France, mais malheureusement cette année il n’y a pas de championnat ! Chaque année, j’essaye de faire un maximum de courses en Rallycross au volant de cette Peugeot 208 Supercar de 600 chevaux. C’est une voiture extraordinaire à piloter.

J’essaye aussi, quand j’en ai l’opportunité, de participer à d’autres courses comme le week-end du 3 octobre où j’ai roulé en Alpine Cup sur le circuit du Castellet. L’Alpine est une voiture vraiment géniale de par son look, mais aussi et surtout par ses performances, c’est une voiture très intéressante à piloter en compétition.

Et puis mi-octobre, je vais participer à une course d’endurance à Magny-Cours. C’est bien, je vais avoir la chance de courir sur les deux grands circuits français qui ont dernièrement accueilli la F1 ! C’est au volant d’une Vortex que je vais participer à cette compétition. J’ai déjà eu la chance d’essayer cette voiture il y a quelques semaines en compagnie de mon copain Arnaud Tsamère. J’ai vraiment hâte de pouvoir courir avec cette voiture. »




« On peut toujours progresser. Même mon commentaire du Grand Prix d’Italie aurait pu être meilleur ! »


Cette année vous commentez sur Canal+ votre 8ème saison en F1, votre 16ème au total. Beaucoup de pilotes n’ont pas eu cette longévité. On vous retrouve également dans le jeu officiel de la Formule 1. Pensez-vous avoir atteint la consécration en tant que commentateur sportif ?

« Non la consécration, c’est de commenter un bon Grand Prix tous les dimanches, qu’un Français le gagne ou pas. Il n’y a pas cette notion de consécration, on n’est jamais arrivé au bout, on peut toujours progresser. Même mon commentaire du Grand Prix d’Italie aurait pu être meilleur !

Je l’ai personnellement réécouté à la fois pour le plaisir, mais aussi pour améliorer certaines choses. Je veux juste continuer à bien travailler et à mieux maîtriser ce sport complexe. En effet, on ne connaît pas les règles et les statistiques sur le bout des doigts. Il y a toujours des choses à apprendre. il y a toujours matière à s’améliorer ! »


Comme les pilotes vous êtes toujours dans la recherche du dernier dixième et de l’amélioration !

(Rires) « Oui, mais il faut rester humble. Ce métier, ce sport, c’est ce que j’aime plus que tout, mais il ne faut pas oublier qu’on ne sauve pas le monde. Il y a des infirmières et des personnes du monde médical qui le font actuellement. Il faut donc rester à sa place et juste se concentrer pour donner du plaisir aux gens qui nous suivent sur Canal+. Je tente simplement de le faire de mon mieux ! »

Un grand merci à Julien Fébreau pour cette interview passionnante ! Vous retrouvez la voix de la F1 sur Canal+ pour le prochain weekend de Grand Prix, le 23-24 et 25 octobre sur le circuit portugais de Portimao.


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