Sécurité : ce qui a sauvé Romain Grosjean en 28 secondes

Sécurité : ce qui a sauvé Romain Grosjean en 28 secondes

Au lendemain du terrible accident du Grand Prix de Bahreïn, remercions cette somme de détails qui ont épargné la vie de Romain Grosjean.

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© Haas - Grosjean a rapidement été pris en charge par le personnel de la voiture médicale
© Haas - Grosjean a rapidement été pris en charge par le personnel de la voiture médicale
La Formule 1 a connu ce dimanche un brutal retour dans le passé : environ 50 ans en arrière, avec cet accident d’une violence inouïe dès le premier tour du Grand Prix de Bahreïn. La Haas de Romain Grosjean a été découpée en deux, en percutant un rail de sécurité… à 221 km/h ! Des circonstances qui nous ramènent notamment en ce funeste jour du 6 octobre 1973, avec le pilote français François Cevert, tué dans un accident en qualifications contre une barrière du circuit américain de Watkins Glen.

Sauf que sur le circuit de Sakhir, nous avons rapidement vu Romain Grosjean conscient, sonné et assis dans la voiture médicale. Le natif de Genève ne souffre “que” de brûlures aux mains et aux chevilles. Un miracle !



Sauvé d’abord par le Halo



Le pilote l’a admis lui-même dans une vidéo postée sur son lit d'hôpital : sans le Halo, Romain Grosjean ne serait plus là pour en parler. C’est bien cet arceau de sécurité qui a sauvé sa vie. Il a absorbé la grande partie de l’énergie des 53G du choc sur la barrière. Le Français est resté éveillé, en sautant de sa voiture piégée dans les flammes. Introduit en 2018, le Halo a pleinement joué son rôle, comme l’a souligné aussi le directeur de la F1 Ross Brawn dans le paddock dimanche soir.

« Il n’y a aucun doute : le Halo a sauvé Romain. Si l’on se rappelle bien, il y avait beaucoup de controverses au moment où il a été introduit. Après ce qu’il s’est passé, je pense que personne ne peut douter de son efficacité.  »

Rappelons quand même que le Halo a été introduit en F1 plus de 3 ans après le crash fatal de Jules Bianchi. Un accident sous la piste mouillée de Suzuka contre une dépanneuse, autorisée par les commissaires et la FIA, malgré le régime de drapeaux jaunes.

« Il n’y a aucun doute : le Halo a sauvé Romain. » Ross Brawn, directeur de la F1


La lucidité d’un commissaire et des occupants de la voiture médicale



Ces héros discrets ont également aidé Romain Grosjean : le docteur de la FIA Ian Roberts et le pilote Alan van der Merwe, à bord de la voiture médicale. Comme à chaque course, les deux compères ont suivi le départ en fond de grille. Ils sont arrivés les premiers sur les lieux de l’accident, avec un commissaire, qui a effectué la course de sa vie, muni d’un extincteur. Un objet permettant à Grosjean de se frayer un chemin dans les flammes en sortant de sa voiture.

« En s’arrêtant, j’ai vu Romain en train d’essayer de s’en sortir » a raconté sur Sky Sports F1 le docteur Ian Roberts, brûlé lui aussi et qui a aidé le Français à franchir la barrière dans les flammes, au risque de sa propre vie. «  Il fallait trouver un moyen pour l’aider, et il y a eu ce commissaire avec un extincteur. ça a été nécessaire pour écarter les flammes. »

De son côté, Alan van der Merwe « n’avait jamais vu un tel feu » depuis qu’il est pilote de la voiture médicale. Il fallait surtout « être instinctif et penser rapidement », au-delà des protocoles de sécurité de la FIA.

Le rôle aussi de la cellule de survie



Au-delà du Halo, les F1 modernes sont devenues plus sûres, grâce à la cellule de survie. Elle aussi a joué son rôle, en restant "intacte", dans la violence du choc. Même séparée de l’arrière de la monoplace, elle a protégé le corps de Romain Grosjean. Cette hypothèse extrême est prévue dans la construction des voitures.

Un équipement salvateur



Autre urgence du docteur de la FIA Ian Roberts au moment de l’évacuation de Grosjean, celle de l’intoxication par les fumées, comme Niki Lauda, touché au poumon en 1976 lors de son accident sur la Nordschleife. Mais l’équipement du Français l’a défendu : son casque, sa visière ou sa cagoule ignifugée. Ou sa combinaison, ultralégère capable (elle aussi) de résister plus de 20 secondes au feu, le temps qu’il a fallu au pilote Haas pour se sortir du brasier.

Des protections jusqu'au bout des doigts, avec ses gants biométriques, équipés de capteurs pour mesurer notamment le pouls ou la quantité d’oxygène dans le sang du pilote.

Comme a justement résumé Julien Fébreau en direct sur Canal+ « tout prend son sens » dans de telles circonstances.

Le courage de Romain



Pilote expérimenté du plateau (179 départs en F1), vice-président du Grand Prix Drivers Association (GPDA) avec Sebastian Vettel, Romain Grosjean s’est aussi sauvé grâce à sa lucidité, et son amour des siens, "en pensant à sa famille et ses enfants" ajoutait dimanche soir sur Canal+ Julien Fébreau, qui est aussi un ami proche du Français.

Une maîtrise des évènements, même dans l’urgence, saluée par le docteur Ian Roberts : « Romain a fait un effort considérable. Le fait qu’il se soit extrait de la voiture lui-même, le fait aussi que l’une de ses chaussures est partie... si l’une de ces petites choses avait changé, le résultat serait peut-être différent. »

Au total, le Français est resté 28 secondes dans le feu de sa voiture. Une éternité, conclue par ce miracle : protégé par ses anges gardiens Jules Bianchi et Anthoine Hubert, Romain Grosjean est en vie et sur ses deux jambes. Et c’est bien là l’essentiel.

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